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02/03/2010

Crise de nerfs

C’est une histoire aussi saisissante que vraie que m’a racontée l’autre jour Hélène Geoffroy, conseillère générale socialiste de Vaulx en Velin. Lors d’une assemblée générale des salariés de l’entreprise Florence et Peillon, une entreprise industrielle en difficulté, mais c’est là aujourd’hui un pléonasme tant le monde de la finance soutenu par le gouvernement a pris le pas sur l’industrie malgré les discours toujours ronflants de Sarkozy.

Lors de cette assemblée générale on annonçait la liste des personnes licenciées. Soudain l’une des salariés est prise d’une violente crise de nerfs et doit être conduite d’urgence à l’hôpital. C’est le choc de la perte de son emploi pense-t-on alors. Et bien non c’est parce qu’elle n’est PAS sur la liste des licenciés que cette personne a craqué. Voila bien une situation qui interpelle sérieusement. On peut d’ailleurs la rapprocher de l’action de ces travailleurs de Meyzieu qui ont retenu leur direction non pour maintenir leur emploi mais pour obtenir une prime supra légale de licenciement. Ainsi donc les salariés ont aujourd’hui intégré le déclin de l’activité et ne posent plus vraiment dans une perspective inverse. Dès lors le montant de la prime de licenciement devient l’objet principal des luttes du désespoir. Le « no future » est entré dans les mœurs. Derrière cela il y l’endettement des familles qui, avec cette prime, effacent pour un temps l’ardoise ; quant à demain on verra bien, on fera avec. Voila qui modifie complètement l’approche des luttes sociales aujourd’hui et il n’est pas étonnant que les actions pour des hausses de salaires reviennent plus fort à l’ordre du jour.

Voila qui doit aussi amener le monde syndical et la gauche à se pencher sur le problème et à proposer des issues totalement revisitées aux conflits sociaux. Quant aux perspectives politiques elles ne pourront pas se résumer à des propositions économiques construites au tableau noir par quelques experts fussent ils internationaux. La situation exige au contraire un vrai travail de fond qui passe par une analyse approfondie de ce qui fait craquer une salariée parce qu’elle n’est pas licenciée.

Philippe Dibilio

19/03/2009

Saumon

saumon3.jpgJadis, il y avait la « vie en rose ». Aujourd’hui, c’est presque une évidence, il y a la vie « en saumon ». A celles et ceux qui éprouvent ce sentiment étrange que tout va mal, je suggère la lecture quotidienne des pages économiques du Figaro, les célèbres pages saumon, qui s’avèrent, par ces temps difficiles, un véritable passeport pour le paradis.

Prenez la question de la crise. Inutile de flipper, d’avoir le spleen ou la peur du lendemain. En lisant, ne serait-ce que les titres du quotidien, vous vous rendrez compte que l’issue est une question de mois. On nous annonce en effet tranquillement dans l’édition de mardi « Le rebond fin 2009 » ou bien « La reprise début 2010 » à deux pages d’écart. Pas convaincu, le lecteur ne peut se mettre qu’à planer quand, une page plus loin, on indique en format King-size que « La valeur de la France est estimée à 12 513 milliards d’euros ». Ouf ! se dit-on et en poursuivant le feuilletage du cahier économie on découvre toutes les bonnes nouvelles qui, au garde-à-vous, attendent le lecteur au coin de chaque page. L’engagement de la distribution à baisser les prix, les investissements de la RATP grâce au plan de relance, la baisse de la TVA pour la restauration sont autant d’éléments chargés de nous redonner un moral jusqu’ici en berne. Dans la vie couleur saumon, rassurez-vous, les mauvaises nouvelles existent aussi mais étant de la taille d’un timbre poste, on se dit qu’elles relèvent de l’anecdote au point que « Le plan de sauvegarde de l’emploi » (Sic !) de chez Amora, le conflit de Continental ou la hausse de l’inflation et du chômage dans la zone euro passent par pertes et profits pour Le Figaro.

Avec le rose saumon du Figaro, le rose-bonbon gouvernemental et le légendaire bleu horizon de l’UMP on peut se dire, qu’en ce printemps naissant, la France est sur le point de reprendre des couleurs. A se demander pourquoi les milliers de manifestants qui vont arpenter les rues de nos villes aujourd’hui ont tendance à voir le pays couleur « gris caserne ».

Lyon, le 19 mars 2009.

 
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