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02/07/2010

Vers une métropole lyonnaise

3.jpgAujourd'hui c'est à un véritable marathon métropolitain que nous nous livrons puisque dès 9 heures, à l'invitation de la Communauté d'Agglomération du Pays Viennois, nous allons sceller un accord à quatre entre le Nord-Isère, le Grand Lyon, Saint Etienne et Vienne. Dès 11 heures s'ouvre à Givors l'Assemblée générale de la R.U.L. (Région Urbaine de Lyon) qui regroupe les collectivités qui couvrent la grande région lyonnaise à hauteur d'environ 3 millions d'habitants. Dès 16 heures c'est à Bourgoin-Jallieu que le Conseil Général de l'Isère nous invite à réfléchir sur l'avenir des territoires situés au nord du département en espérant que le président Vallini arrivera à se convaincre, par lui-même du fait que le phénomène métropolitain initié, entre-autre par Gérard Collomb et Alain Cottalorda, est désormais irréversible. Même si depuis des mois, c'est en faisant parfois la moue que les édiles départementaux de l'Isère se confrontent à la montée du phénomène métropolitain dans la région lyonnaise, nous pouvons demeurer optimistes quant à la capacité des élus départementaux à accepter la réalité telle qu'elle est. Longtemps en retrait, le Conseil Général de l'Isère et son président André Vallini ont donc décidé de provoquer le débat quant à l'avenir du Nord Isère. C'est de toute évidence une excellente chose et nul ne comprendrait qu'une telle initiative puisse être une simple diversion.

Lyon, 2 juillet 2010.

Photo: DR

12/06/2010

Sot, Socialiste

fesses1.jpgAprès un court séjour au pays de la saucisse, je serais tout à l'heure de retour dans celui de la quenelle et tenez vous bien, après m'en être pris lundi à thréard du Figaro, je m'en voulais de laisser tranquille un socialiste nommé Christian Manable, patron du Conseil général du Côté d'Arras et censeur qui s'assume. En effet, le chéfaillon en question qui, n'en doutons pas mériterait de devenir chef d'escadrille, vient de procéder à l'interdiction d'une exposition consacrée à des dessins érotiques intitulée « Pour adultes seulement ».

Deux oeuvres dont l'une d'Alain Gauthier montrant une foufounne épilée, motivent le censeur car elles heurtent nous dit cet authentique défenseur de la cause féminine, ses valeurs de gauche. « Image dégradante de la femme », « ambiguïté par rapport à la représentation de l'enfance », exposition inopportune, l'édile admettait au quotidien le Monde qu'il risquait « de passer pour un facho, un pisse-vinaigre, un censeur » tout en proposant que les dessins en question aillent se faire voir dans une galerie privée mais en aucun cas dans une institution publique comme la bibliothèque d'Amiens. J'ignore comment ce Manable se situe dans la géographie des coteries internes du PS et cela importe peu, mais je constate que cet individu n'est l'objet d'aucune condamnation de la part de la direction d'un Parti qui s'était, rappelez vous fortement mobilisé contre Frêche, l'ancien Maire de Montpellier ayant quant à lui fait beaucoup pour le développement de la danse contemporaine dans notre pays , un art qui il est vrai consiste avant tout à se trémousser à moitié à poil sur scène.

Francfort, le 12 juin 2010.

Image: DR

20/01/2010

Sélectif

musee.jpgJ’ai toujours beaucoup de mal à admettre l’indignation sélective et pourtant très répandue en particuliers dans les milieux bobo-bling bling qui ont succédé aux figures de la gauche caviar qui nous avait édicté un véritable manuel des causes défendables et celles bien sûr qui ne l’étaient pas. J’ai d’autant plus de mal que ce sont aujourd’hui certains journalistes qui se sont engouffrés dans cette spécialisation s’éloignant ainsi de la véracité des faits selon la belle formule de Stendhal. Sans aller chercher parmi les grands enjeux de la planète nous en avons eu un exemple ces derniers jours dans la vie lyonno-lyonnaise. Au terme d’un appel d’offre le SYTRAL a retenu pour deux lots de travaux de dévoiement de réseaux d’eau en vue du prolongement de la ligne T4 du tramway un même groupement d’entreprises. Ce groupement propose un prix nettement supérieur de celui des autres concurrents mais très proche de l’estimation du donneur d’ordre. Une entreprise non retenue décide alors de faire un recours devant le tribunal administratif et cherche pour cela des arguments juridiques comme le fait que le Sytral n’ait pas demandé par écrit une justification aux soumissionnaires qui avançaient les prix les plus bas. Jusque là rien que de plus ordinaire dans le jeu habituel des appels d’offre où le perdant d’un jour, qui est souvent le gagnant du lendemain, peut contester un choix. Mais dans la presse locale un vent d’indignation se lève, le Sytral, de Bernard Rivalta bien sûr, aurait des pratiques bizarres en matière d’appel d’offres. Et le soupçon enfle à propos du groupement au prix le plus élevé. Et de jongler avec les chiffres, toujours impressionnants pour de tels travaux, et de défendre l’intérêt du contribuable évidemment mis à mal. En fait il n’est heureusement pas exceptionnel qu’un donneur d’ordre public choisisse non pas le moins mais le mieux disant et c’est en général le bon choix et le plus transparent. A s’attacher au moins cher non seulement on prend des risques en matière de qualité mais le corollaire est une litanie d’avenants au marché qui grignotent l’économie de départ et qui sont votés dans la discrétion et l’indifférence générale. Quant aux pratiques du Sytral la juridiction saisie vient de se donner six mois pour trancher. Bref, on s’indigne dans le landerneau.

Et voila qu’au même moment le Conseil Général de Michel Mercier choisit entre les deux prétendants à la reprise des travaux du musée des Confluences. On ne va pas épiloguer sur ce dossier où la notion de dépassement du prix a atteint des sommets himalayens et pour lequel le président a beau nous dire que cela se paiera sans augmentation d’impôts il reste qu’avec la différence entre l'estimation et le coût c’est à une baisse d’impôts à laquelle on aurait dû avoir droit. Et pourtant là le chœur des indignés ne trouve rien à redire ; au contraire. Ils louent la prudence de Mercier qui a pris le plus cher pour se donner des garanties de sécurité reprenant exactement les arguments du Sytral pour justifier son propre choix. Mais là plus d’indignation ! Alors comprenne qui pourra et surtout quel crédit accorder à de tels jugements.

Philippe Dibilio

13/06/2009

Brouilles et embrouilles

Affiche%20%202009%20350.jpgLa chose pourrait apparaître comme touchante mais elle frise tout de même à l’embrouille. L’association « Blues à Jarnioux », un village du Beaujolais, organise ce soir un petit festival avec en « tête d’affiche » Beverly Jo Scott et surtout, je vous le donne en mille, Ten Years After. Ce groupe jadis conduit par Alvin Lee (le guitariste le plus rapide du monde !) existe donc encore. Je dois vous avouer qu’en consultant le flyer de l’évènement cela m’a fait un choc. Là où les choses se compliquent c’est que, probablement pris d’un certain remord, les organisateurs se sont autorisés à porter, en dessous de la mention « Ten Years After » le nom des musiciens qui composent actuellement le célèbre combo. Point de Alvin Lee. En petit, tout petit, très petit on distingue celui du bassiste (leo Lyons), du batteur (Ric Lee), du clavier (Chick Churchill) tous membres de la formation d’origine mais aussi celui d’un dénommé Joe, je n’arrive même pas à lire son nom, supposé être le lead guitar et chanteur de la formation. Ce soir, à la reprise de « I’m Going home » cela risque de jeter un froid du côté de Jarnioux.

Embrouille pour embrouille, celle de Jarnioux demeure plutôt sympathique à côté de toutes ces collectivités locales qui investissent des sommes dingues dans des festivals dont l’intérêt est loin d’être évident. L’argent public est dans nos provinces, mais aussi en Ile-de-France, sur le point de devenir le meilleur ami du rock-and-roll et on peut se demander ce qui peut bien légitimer un tel mouvement sachant que l’audace et la qualité des plateaux sont rarement au rendez-vous. Plus compliqué est le dossier du Festival de Fourvière qui, dopé par le seul Conseil Général du Rhône, fait valoir une programmation de très bonne qualité, voire de très haute qualité, dans une absence de transparence financière qui renvoie à des temps anciens. Une opacité qui engendre les plus folles rumeurs sur le coût des plateaux et les cachets pratiqués. Il serait probablement utile, pour faire taire ces bruits et élucubrations que le Conseil Général indique ce qu’il en est réellement au risque de voir la suspicion gagner à l’avenir du terrain et la brouille s’installer avec le contribuable.

Vous me direz que, par les temps actuels, dans bien des cas, argent public ou pas, les organisateurs de ces festivals d’été subissent la loi de quelques stars qui, constatant la baisse généralisée des ventes de disques, se refont la cerise en se produisant en échange de cachets loin de ce qui est pratiqué « indoor » le reste de l’année. On se souvient l’an passé des 3  à 400 000 euros qui auraient été réclamés par Radiohead. Cet été, à lire quelques indiscrétions dans la presse on évoque parfois des sommes à faire frémir. Rendez-vous à la fin de la saison pour faire le bilan, en toute transparence il va s’en dire.

  • > « Blues à Jarnioux » avec Ten Years After, Beverly Jo Scott, Planet Janis, ce soir à partir de 18h30. Renseignements sur bluesajarnioux.com

Lyon, le 13 juin 2009.

 
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