Avertir le modérateur

04/09/2010

L’homme de l’été

brice-hortefeux-cout-depense.jpgC’est sans conteste l’homme de l’été. Même Estrosi doit se faire une raison, sur cinq longues semaines estivales, Brice Hortefeux demeure le meilleur des Sarko-Boys, celui qui a été capable, comme le lui avait demandé son chef, d’occuper sans avoir besoin de le demander les médias presque chaque jour. C’est par une interview au Monde du dimanche 22 août que l’Auvergnat a atteint l’apothéose en s’en prenant à « La gauche milliardaire » (Sic!) histoire d’enfiler à bon compte un costume de fils du peuple ce qui après tout n’est pas un mince exploit pour un fils de banquier né à Neuilly.

Ayant tout obtenu de son ami Sarkozy, sauf son diplôme de Sciences Po, Hortefeux a donc joué cet été le seul rôle qui puisse lui convenir. Celui de porte flingue, de voix de son maître, de lieutenant comme on aime tant le lire dans les colonnes du Figaro. Successivement Directeur de Cabinet du Maire de Neuilly, Administrateur territorial en poste à la Mairie de Neuilly, Chef de cabinet du Maire de Neuilly devenu ministre du budget, Brice Hortefeux est nommé préfet en 1995 enfilant par la suite des missions tant pour le compte du gouvernement que pour le président du sénat. Ministre dévoué des uns mais surtout de l’autre, Hortefeux est un bon spécialiste des astuces et blagues très limites au point que, suite à celle proférée l’an passé lors de l’université UMP, il se trouve un tribunal, celui de Paris, pour condamner l’intouchable pour injures à caractère raciste mais l’intéressé a, par la suite, fait appel.

En vérité, sans son pote, le protégé du président ne serait probablement grand-chose. Spécialiste du coup de menton et des propos honteux sur commande, Hortefeux n’est rien en dehors de sa base de Neuilly et d’homme de Sarko. Ayant beau présenter aux médias son profil le plus auvergnat, Hortefeux n’est pas grand-chose du côté de Clermont-Ferrand et le fait de renoncer à concourir en 2007 pour la municipale est assez éclairant. En fait son seul soutien dans la zone s’appelle Charasse le très Sarko-compatible sénateur fraichement recasé au Conseil Constitutionnel. Celui que le journaliste François Reinhard a désigné, avec complaisance, comme « Le mécano de Sarko » restera probablement dans l’histoire comme l’incarnation de ce petit personnel de la Vème république béatement dévoué au chef en raison d’une envergure modeste. En attendant, Hortefeux exprime un des aspects les plus nocifs de la politique conduite dans notre pays au point que par ses agissements et ses propos l’actuel ministre de l’intérieur est sur le point de revaloriser l’image des Marcellin, Bonnet, Poniatowski, Pasqua ou Pandraud, c’est dire !

Lyon, le 4 septembre 2010.

Photo: DR

06/02/2010

Sa différence

joxe.1203944263.jpegEn quittant le Conseil constitutionnel, Pierre Joxe a décidé, en publiant un livre intitulé "Cas de conscience" de rompre le silence qui entoure les décisions prises dans ce type de conclave. Ce "cas de conscience" est en fait "une étude de cas" puisque l'ancien ministre socialiste traite dans son ouvrage de trois dossiers, la loi Perben 2, le contrat première embauche (CPE) et la nomination de responsables de l'audiovisuel public par le Président de la République, pour évoquer les nombreux désaccords qu'il a eu à surmonter.

N'oublions pas que Joxe était bien seul dans le grand bain politiquement monocolore du Conseil constitutionnel. L'exercice consistant aujourd'hui à éoquer quelques secrets de délibérations est donc une première qui mériterait bien évidemment de faire école. En effet contrairement à ses homologues d'Allemagne, d'Espagne et surtout des Etats-Unis, l'expression en France d'"opinions différentes" est prohibée. En proposant de faire évoluer cette pratique, Joxe a de toute évidence mis les pieds dans le plat et il convient de saluer l'initiative. Cela étant, compte tenu du départ de Joxe et de ce que va être d'ici quelques temps la composition du Conseil constitutionnel on peut toujours s'interroger sur la probabilité d'expression "d'opinions différentes". Mis à part Jean-Louis Debré, je ne vois pas quant à moi grand monde. C'est dire !

> Le Nouvel observateur, 4/02

> "Cas de conscience", éditions Labor et Fides, 245 pages, 19,50 €.

Lyon, le 6 février 2010.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu