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02/07/2009

Train-train

32736a-distribution_de_billets_de_500_euros.jpgIl n’est probablement pas trop tard pour rendre hommage et justice au député René Dosière qui chaque année, inlassablement, scrute les comptes de la présidence de la république sachant que le tout récent Congrès de Versailles vient de relancer la polémique sur le train de vie Elyséen. Sur un autre plan la facture concernant la virée antillaise de Nicolas Sarkozy mériterait également quelques explications. Le ratio nombre d’heures passées/coût devant nous interroger.

Soyons clairs, que le Président dispose de moyens adaptés à son activité est chose normale mais il n’en demeure pas moins qu’une bonne dose de transparence mérite d’être administrée à la comptabilité présidentielle. C’est le sens de l’interpellation de René Dosière et on ne peut avec lui que s’interroger sur des méthodes comptables qui se résument à bien peu de choses. Le fait, par exemple, que sous la rubrique « dépenses courantes » on retrouve sans les identifier les dépenses de réception, de nourriture, de téléphone et courrier, les fluides ou les fournitures administratives et informatiques pose problème.

Pour les personnels ce n’est pas mieux. Le nombre de personnes travaillant pour l’Elysée demeurant mystérieux.

D’ici quelques jours la « Garden Party » du 14 juillet va encore mettre en évidence le flou artistique des dépenses présidentielles sachant que le nombre d’invités à 67,45 euros l’unité est passé l’année dernière de 5 500 à 7 050.

Sur de pareils sujets, le risque est toujours grand de sombrer dans une contestation populiste et donc peu ragoûtante. Raison de plus, au lieu d’écarter d’un revers de manche les arguments du député socialiste de l’Aisne, que l’Elysée adopte des méthodes qui sont celles exigées en matière de comptabilité publique. Si dans la dernière période le budget de l’Etat a progressé de 2,8%, l’augmentation de près de 19% de celui de l’Elysée nécessite la transparence. Le député Dosière le rappelle chaque année et il serait également temps que la représentation nationale s’intéresse aux coûteux déplacements du chef de l’Etat. Le chiffre de 2,5 millions d’euros avancé pour celui du 12 mai à Nancy laissant rêveur.

Lyon, le 2 juillet 2009.

24/06/2009

Etapes

congres-versailles.jpgLe discours de Nicolas Sarkozy devant le Congrès était-il creux comme le prétend Laurent Fabius ? J’ai presque envie de dire qu’importe tellement ce jugement de valeur a peu d’impact et met une fois encore le PS en situation de réagir avant de réfléchir.

Il était évident que Sarkozy allait faire du Sarkozy et que son discours allait une fois de plus relever du propos électoral, mais en attendant ça marche puisque les électeurs sont au rendez-vous de l’UMP. Alors le président de la République peut rebondir sur l’actualité comme à propos de la burqa ce débat lancé aujourd’hui on ne sait trop pourquoi par notre ami André Gerin mais que Sarko saisît au bond non sans malice. Il peut lancer des idées dont on ne sait pas si elles prendront corps mais qui résonnent dans les esprits comme le lancement d’un emprunt national pour affronter la crise ou le paiement d’un an de salaire et de formation pour tout licencié économique.

La question reste de savoir s’il sera entendu des français qui pour se faire une idée sur ce discours auraient peut-être besoin de quelques éclairages politiques accompagnés de propositions solides. Car, au fond, les français n’ont aujourd’hui que « l’offre politique » que leur propose Sarkozy et cela lui donne de l’avance. Il est vrai que lorsque Ségolène Royal réunit quelques pointures, comme elle l’a fait récemment à Paris, pour analyser la crise et ouvrir des pistes pour en sortir, c’est le silence total dans les média. Mais c’est aussi malheureusement le black out au PS. Dommage ! Et pourtant il faudra bien à un moment ou à un autre se relever les manches pour construire ce projet qui réveillera la gauche et qu’amis et militants attendent avec une impatience qui en devient lancinante. Un projet qu’il serait plus efficace de préparer ensemble plutôt que chacun dans son coin en s’occupant ensuite de celui ou celle qui le portera. Après tout on peut toujours faire un rêve et même penser que ce processus se mette en route avant le prochain discours d’étape de Nicolas Sarkozy.

Philippe Dibilio

Photo: DR

27/11/2008

Avenir commun et désirs partagés

normal_coeur-nuages.jpgJohn Kennedy Toole, avant que son œuvre ne connaisse un destin brillant mais posthume, avait pris soin de noter en exergue de son roman « La conjuration des imbéciles » cette phrase de Swift que je dois vous avouer avoir des difficultés à considérer au regard des quelques jours de gloire que le PS vient de s’offrir. Jonathan Swift écrivait donc, « Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on le peut reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui ».

Concernant donc le Parti Socialiste, suite au vote des militant(e)s intervenu le 20 novembre, j‘ai tendance à penser que nos ligués à nous s’avèreront peut-être sur la durée des imbéciles mais nous pouvons, cette fois-ci avec certitude, affirmer qu’au terme de ce « débat » de congrès ils sont plus méchants que bêtes.

Reste à envisager le premier terme de la formule de Swift qui nous parle de l’apparition d’un génie. Pour être honnête et toujours au regard de ce qui s’est produit après le vote désormais historique du jeudi, j’ai quelques difficultés à qualifier ainsi ceux qui étaient face aux ligués. En effet après tant de hurlements et d’exigences on constate, maintenant que la température est revenu à la normale, qu’au lendemain du Conseil National on assume enfin, non pas une défaite mais plutôt le fait, à partir d’une dynamique politique impressionnante, une situation de minoritaire, minoritaire d’une poignée de voix, parfois suspectes, mais minoritaire tout de même.

Adieu comptages, recomptages et décomptages, adieu nouveau vote, adieu recours à la justice, adieu toutes ces agitations et contestations improductives qui nous conduisent à penser qu’il n’est point question de génie dans toute cette affaire.

Avec toute modestie qui est la mienne, lundi dernier ici même, je m’efforçais, peu ou prou, de dire cela et je demeure surpris que Ségolène Royal et quelques uns de ses proches équipiers se soient perdus dans des arguties qui ne pouvaient déboucher sur rien de bon.

Il conviendra, de toute évidence, de tirer le bilan d’un tel épisode très loin d’être anecdotique. S’il venait à l’idée de certains d’envisager, sous la forme différente d’une motion une vie commune, plutôt que de s’en remettre au destin d’un génie et à certaines coteries, je suggère que face aux ligués, histoire de rénover les pratiques, on en finisse avec les mauvaises habitudes et les pratiques douteuses. C’est le seul moyen d’avoir un avenir commun et des désirs partagés.

Lyon, le 27 novembre 2008.

21/11/2008

Red

Logo PS Bull.jpgAlors que les adhérents du Parti Socialiste votaient hier au soir dans leurs sections, sur France 2, « Envoyé Spécial » s’interrogeait sur cette fameuse boisson énergisante, le « Red Bull ». Comme quoi, il n’y a pas que le PS qui veut virer au rouge puisque ce très chimique « taureau rouge » est sur le point de faire passer chez les jeunes le coca pour de l’eau bénite.

Jusqu’ici la France affichait moue et dégout face à ce « taureau rouge » que notre administration avait tendance à considérer comme un produit dopant. De guerre lasse, aujourd’hui, comme dans la plupart des pays, « le taureau rouge » est autorisé avec les réserves d’usage, puisque on demande aux assoiffés de limiter la consommation de « Red Bull » à deux canettes de 25 cl par jour. Je vais vous faire grâce de la composition de cette boisson, qui, pour donner de l’énergie, n’hésite pas à faire de la chimie un art majeur.

Du côté du PS c’est un peu le même principe car la nouvelle union des laborantins associés contre Ségolène Royal rêve d’une mixture politique qui tire aussi sur le rouge mais concernant ce nouveau « Red – PS » il convient tout de même de s’interroger sur sa composition chimique qui, élaborée par quelques œnologues rémois, est potentiellement en passe de proposer aux français un précipité qui à terme risque de faire, comme disait l’autre, « pschitt » !

Le « Red PS » proposé à la commercialisation est, il faut le dire, d’une rare complexité chimique. En voici le détail

  • 18% d’acide Lillois régénéré de Modem peu nocif provenant de jardins ouvriers.
  • 5,7% de Jospinine
  • 9,3% de précipité de Delanoë traité à la caféine
  • 17% d’eau gazeifiée provenant des monts Fabius
  • 1% de vitamine Utopique plus connue sous le nom de vitamine F.
  • 3,5% de Rocardo-glucose
  • 2,5% de saccharose-nomadique connue dans le grand public sous le nom de « Montebourienne »
  • 21% de colorants « Red plus » Emanuellohamontiques avec quelques traces de Melenchonite.
  • 0,3% Moscose, anti-dépresseur qui pris à une si petite dose est sans effet
  • 1% de Cambédélices
  • 1% de « Jack-Jack » sorte de précipité de vote constitutionnel difficile à doser

Le reste étant constitué d’une série d’acides très instables dont le célèbre « pot hollandais » célèbre dans les milieux cyclistes. J’espère que maintenant vous comprenez pourquoi tout cela fait peur et pourrait provoquer à brève échéance des troubles majeurs du comportement, et à plus long terme une issue fatale. En quelque sorte « Red mort ».

Lyon, le 21 novembre 2008.

17/11/2008

Socialistes sous observation

logo PS.gifC’est donc les militants socialistes qui vont devoir réussir là ou le congrès de Reims a connu l’échec. Face à l’impossible synthèse nocturne et à l’absence d’accord entre les quatre principales motions, le vote qui interviendra en fin de semaine dans les sections sera donc décisif. Telle est la réalité.

En effet, en face de la raideur d’un trio Aubry – Delanoë – Hamon, par ailleurs inopérant pour tracer la moindre voie commune, les multiples tentatives de Ségolène Royal pour trouver une synthèse ont été combattues d’arrache pied au point que l’on se demande pourquoi ce qui était depuis des semaines de l’ordre de la nuance est devenu à Reims de l’ordre du rédhibitoire. La réalité est ainsi faite.

Jeudi, les adhérents vont donc voter. Il n’est pas besoin d’être grand clerc pour admettre que si un(e) premier(e) secrétaire n’émergeait pas lors de ce vote du 20 novembre, le scrutin de deuxième tour du lendemain risquerait de se révéler à très haut risque pour le PS avec la reconstitution perverse d’un front anti-Royal agrémenté des petits arrangements traditionnels entre chefs à plumes.

Ce matin, à quatre jours de ce vote, inutile d’indiquer que les électeurs socialistes, d’où qu’ils viennent dans le précédent débat de motions, seront sous observation de la part des Français. Ils seront donc, dans la perspective de remobilisation unitaire formulée par Ségolène Royal devant le congrès, conscients de vivre une situation proche du point de non retour, le pire étant devant nous, si la querelle Rémoise se perpétuait le lendemain. Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt. Si jamais un second tour s’imposait le vendredi, veille du troisième du samedi destiné à installer la direction nationale, l’heure des combines artificielles reviendrait au galop avec, cette fois-ci un effet dévastateur démultiplié.

Alors que pour les Français, ceux de gauche comme les autres, la nécessité est bien de construire une grande alternative républicaine et sociale face à Sarkozy, soyons certain qu’un épilogue aussi désastreux creuserait encore plus le fossé qui les sépare de socialistes plus préoccupés à leur yeux par leur jeu interne que par la mobilisation contre la crise épouvantable qui les frappe.

En se saisissant des éléments de convergence proposés à Reims par Ségolène Royal les militants socialistes disposent encore des cartes pour construire ce parti neuf et combattant que le congrès de Reims devait remettre sur les rails. Ils ont quelques jours pour réfléchir à la question.

Lyon, le 17 novembre 2008.

14/11/2008

Avant le Congrès

Je ne suis pas certain qu'à 15h, le Congrès s'ouvrira sous les meilleures auspices. La stratégie TSS "Tout sauf Ségolène" commence à provoquer une ambiance extrêmement nocive et les alliances les plus cocasses sont manifestement recherchées entre Martine Aubry, Benoît Hamon et Bertrand Delanoë. Ségolène Royal quant à elle a fait valoir des propositions concrètes de rassemblement contenues dans un certain nombre de courriers envoyés à chacun.

Afin de vous éclairer je vous renvoie à ces textes.

13/11/2008

Solferino

SR meeting.jpgDans le cadre du Congrès de Reims, pendant la longue phase de débat autour des motions, nous sommes nombreux, et c’était le point de vue défendu par la contribution « La ligne claire » dès avant l’été, à avoir de façon inlassable dit et redit qu’il s’agissait de faire de ce Congrès un élan vers la rénovation et non la présidentialisation. Samedi, ici même, en conclusion de mon billet, je ne faisais que réaffirmer cette évidence non sans m’inquiéter.

Depuis, comme on pouvait l’imaginer, la grande comédie socialiste est revenue au devant de la scène avec ses roucoulades, ses exclusives, ses grands airs d’opérettes usés et ses postures éculées et stéréotypées.

Comme le précisait Gérard Collomb, en particulier dans son entretien à LCI repris hier sur ce blog, notre souhait était qu’autour de la motion arrivée en tête, un rassemblement puisse s’opérer avec, à la clé, la possibilité d’avancer une candidature de synthèse. De ce point de vue, j’estimais que celle de Vincent Peillon, pouvait nous permettre d’avancer tous ensemble vers une saine rénovation partagée, une remise au travail mais aussi des signes lisibles de renouvellement.

Manifestement, dans ce parti, plus grand-chose ne tourne rond et l’idée de faire du PS une force neuve n’est que le cadet des soucis de certains. Quelques-uns des dirigeants socialistes semblent même avant tout motivés par l’idée d’exclure Ségolène Royal d’une solution politique basée sur des convergences réelles. L’idée d’une nouvelle mais illusoire bataille de Solferino semblerait tout compte fait séduire quelques hiérarques comme si à l’instar de l’Italie du 19ème siècle la moindre unité pouvait accoucher d’un affrontement Rémois. Que l’on se souvienne du fait que de la bataille sanglante de Solferino, celle du 24 juin 1859, est née la Croix-Rouge de Henri Dunant et je ne suis pas certain qu’en fin de semaine prochaine, à Reims, un industriel suisse passe par là et songe à se préoccuper du sort des gisants abandonnés sur le champ de bataille d’un congrès qui, si les choses continuent ainsi, pourrait devenir encore plus maudit que celui de Rennes.

A deux jours de l’ouverture du congrès, hier soir sur TF1, Ségolène Royal a réaffirmé avec mesure, beaucoup de mesure, que tout était ouvert, intact. Selon l’ex-candidate à la présidentielle, jusqu’à samedi, jour du dépôt des candidatures comme jusqu’à jeudi, jour du scrutin, sa disponibilité, sa volonté de rassemblement pour un congrès apaisé étaient une volonté première et de ce fait la question du / de la Premier(e) Secrétaire n’était pas un préalable pour elle. Exprimant avec calme et conviction son souhait d’être « rassembleuse pour tous, pour un, pour deux, pour trois » Ségolène Royal a pris à témoin devant les Français hier soir sur TF1 des adhérents socialistes qui, fatigués par cette guerre de tranchée, pourraient lui dire plus vite qu’on ne peut le penser leur volonté de rassemblement, qu’ils viennent de la motion A, B, C, D, E ou F.

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Albert Camus

Ce soir, conférence et vernissage de l’exposition consacrée à « Albert Camus et les libertaires » autour de l’ouvrage paru chez EGREGORES éditions.

Librairie « Le bal des ardents, 17 rue Neuve, Lyon 1er arrondissement.

Contact 04 72 98 83 36, www.lebaldesardents.com

Lyon, le 13 novembre 2008.

12/11/2008

Congrès PS

Gérard Collomb s'est exprimé sur le Congrès du PS ce matin sur LCI au micro de Christophe Barbier. Voici l'intégralité de l'entretien avant que, demain, je revienne sur les petits pas et les grandes manoeuvres du Congrès de Reims.


LCI le 12 novembre from Gérard Collomb on Vimeo.

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27/10/2008

Motion

Je m'envolle aujourd'hui pour Erevan afin de poursuivre le travail concernant le jardin de Lyon qui va être réalisé dans l'arrondissement d'Erebonni. Au PS, pendant ce temps, la surchauffe est patente car la semaine prochaine, plus précisemment le jeudi 6 novembre, les militant(e)s vont se déplacer de 17h à 22h dans leurs sections afin de voter pour l'une des motions soumises pour le Congrès de Reims qui se déroulera les 7 et 8 novembre. Inutile de dire que cette échéance devrait être cruciale tant les capacités d'action et l'image du PS se dégradent. Comme vous le savez, signataire de la contribution "La ligne claire", je me suis engagé derrière la motion E dont le premier signataire est Gérard Collomb.

Souvent on m'interroge sur mon choix et on me demande quelles sont les orientations principales de cette motion. Une courte synthèse vallant mieux que de nombreux billets sur mon blog, voici les principaux axes, ici résumés, qui permettent à celles et ceux qui, socialistes ou non, entendent mieux comprendre les enjeux de ce prochain Congrès. Cliquez ci-dessous et vous en saurez plus.

Motion E.jpg

Invit Peillon.jpgVincent Peillon.jpg

07/10/2008

L’assourdissant silence

Logo PS.jpgAh l’assourdissant silence des Socialistes !
Que le thème est porteur. Comme cela vole bien dans l’air du temps - cet air qui décoiffe les petits et chapeaute les puissants.
Nous aimons nous flageller ? La belle affaire ! Il y a dans les medias et sur nos blogs de quoi mettre nos sangs dans tous les sens.
Que je sache, les élections ont eu lieu. Et nous sommes en démocratie que diable. Nous avons voté, majoritairement, à la présidentielle, pour Nicolas Sarkozy : certains franchement, mais beaucoup de nos belles âmes progressistes ont permis son arrivée au pouvoir en savonnant les planches de leurs propres tréteaux. Peut-être est-ce cela que nous voulons fustiger…
Il paraît qu’il faut que les Socialistes proposent… Pour le peu qu’en rapportent les médias, cela semble aider considérablement ce cher Nicolas à mettre sur le marché des litres et des litres de Canada dry. Mais je crois savoir que les Socialistes(*) ont mis en fûts un nouveau nectar en cours de maturation ; laissons-le prendre ses degrés d’alcool pour la prochaine foire nationale ou européenne où la concurrence sera rude. Pas la foire de Reims : le vin n’est pas à maturité et les producteurs ne se sont pas encore mis en coopérative. Pour continuer à filer la mauvaise métaphore : quand le vin est tiré il faut le boire ! Et celui, amer, du caviste Nicolas est surabondant sur le marché aujourd’hui.
Quant aux idées… Elles existent, mais sans le pouvoir, c’est au mieux la spécialité des docteurs derviches tourneurs producteurs de miel de synapses. On en a besoin, comme on a besoin de l’avis et de la participation des habitants de la cité. Mais sans la possibilité de les passer dans l’action, c’est stérile.
Au fait, j’oubliais : il existe pourtant bien des lieux où le pouvoir, pragmatique, fait passer les idées progressistes dans les faits en faisant de l’économie un levier pour le bien-être des gens. Par exemple, et pour être un peu chauvin, à Lyon, au Grand Lyon et à la région Rhône-Alpes.
Et si les Socialistes s’inspiraient de cela pour mener le combat national ? Banco !
Des vers de mirliton me remontent (comme disait mon grand-père après un bon plat de patates au lard). Vite fait sur le gaz et pour vous éviter silices et fouets, une rengaine façon Balasco :


Où sont donc les Socialistes ?
Où est donc leur beau projet ?
Tirez pas sur ces pianistes,
Cacophoneurs enragés.
Leur mue se fait à bon train
N’en déplaise au gouverneur
Rond de sons, gavé de grains
Qui s’amuse à l’embrouilleur.

Jean-Paul SCHMITT
---
(*)Je mets à chaque fois une majuscule à Socialistes. Le style est certes un peu plus pompeux, mais c’est un nom propre. Et puis, pour ne rien vous cacher et au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, je les aime bien.

22/09/2008

Qu’est-ce qui va se passer ?

logo PS.gifHier dimanche, au cimetière de « La Mouche », en marge de la cérémonie d’hommage aux victimes de la shoah, comme plus tard lors des manifestations célébrant le 17ème anniversaire de l’indépendance de la République d’Arménie, de nombreux compagnons de route de la gauche sont venus m’interroger sur l’état du malade. Vous avez compris qu’il s’agissait du Parti Socialiste. La plupart d’entre eux se sentaient obligés de m’entourer d’un certain réconfort amical en évitant d’employer un mot ou une formule qui pourrait s’avérer blessant. En attendant chacun essayait d’en savoir plus. On pourrait d’ailleurs résumer leur interrogation commune par la question, « Alors qu’est-ce qui va se passer ? ».

Il faut dire qu’entre l’alliance de Bertrand Delanoë signée avec quelques autres, dont une brochette d’archéos, les coups de boutoirs quasi mono-maniaques de Martine Aubry à l’égard de Ségolène Royal et la plongée dépressive de Moscovici s’apercevant qu’en énonçant l’idée d’un congrès de rénovation et non de présidentialisation seuls les amis de Ségolène Royal pouvaient converger, mes interlocuteurs tous préoccupés par l’issue du Congrès de Reims affichaient une mine de compassion comme si, arrivé au bout de l’au-delà, le PS n’avait plus comme solution que de choisir une pierre tombale.

Remarquez que du côté des quelques élus communistes présents, et non des moindres, la tendance n’était pas non plus à la gaudriole sachant qu’après celui du PS cela sera au tour du PCF d’entrer en scène. En rajoutant à cela les effets de la catastrophe financière et la légitime inquiétude qui émerge à chaque fois que le Président de la République parle de « réformes », je peux vous assurer que dans cette situation interlope le baromètre n’était pas au « beau fixe ».

Dans une Tribune au Monde du même jour, l’ex socialiste, Jean-Pierre Jouyet, à propos de la crise financière expliquait naïvement, « nous pensions, après la crise Enron en 2001, que les acteurs financiers avaient compris l’importance de l’éthique ». En détournant ces propos, j’ai très envie de dire à quelques dirigeants socialistes, que « nous pensions, après la déculottée de Jospin en 2002, que le Parti Socialiste avait compris le sens de cette défaite ». Comme quoi, c’est aussi illusoire d’attendre de la part des milieux financiers un sens de l’éthique que de la part de certains socialistes d’intégrer la réalité telle qu’elle est.

Lyon, 22 septembre 2008.


 
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