Avertir le modérateur

13/05/2009

La valorisation de l’expérience d’un grand patron

parisot.jpgLe MEDEF vient de désigner l’ancien patron d’AXA, Claude Bébéar, pour présider un comité des sages chargé à la demande du gouvernement de « veiller à ce que les dirigeants mandataires sociaux mettant en œuvre un plan social de grande ampleur ou recourant massivement au chômage partiel reconsidèrent l’ensemble de leur rémunération ».

Pas très adepte de ce genre de contrôle, Laurence Parisot a réussi à désigner une personnalité « incontestable » pour présider ce que De Gaulle aurait appelé un « machin ». Fine mouche, elle a prévu que le machin en question ne puisse pas s’autosaisir. Il ne s’intéressera donc et ne répondra qu’aux conseils d’administration ou aux comités de rémunération qui auraient brusquement des scrupules quant à leurs habituelles pratiques. Et quand on connaît l’indépendance de ces derniers par rapport aux dirigeants en place…

La personnalité « incontestable » choisie est un connaisseur en la matière : sa dernière rémunération comme président du directoire d’AXA en 1999, s’élevait à 516.000 euros de salaire fixe et 2,2 millions d’intéressement. À peine plus que les 800.000 euros qu’il vient d’annoncer dans un louable bien que tardif effort de transparence et qui correspondent désormais à sa modeste retraite et aux nombreux jetons de présence qu’il continue de percevoir dans divers conseils d’administration. Il faut bien se tenir au courant.

Certes, à défaut d’être un dirigeant modestement retraité, Claude Bébéar est un entrepreneur à la réussite incontestable. Le caneton déchaîné bien connu a beau dire, l’homme qui a réussi à accumuler en vingt ans une fortune d’un milliard d’euros - une broutille - est un gagneur. En 20 ans, il aura ainsi accumulé 64.000 années de SMIC, ou 30.000 années de revenu moyen de patron de TPE, ou bien encore 20.000 années de revenu moyen de patron de PME !… Quand bien même le cancan serait dix fois trop bruyant, il y a du grain à moudre, pour reprendre l’expression d’un ancien responsable syndical.

Ses amis et lui n’ont pas peu contribué à la consanguinité des conseils d’administration dans lesquels ils officiaient et officient encore. Cooptés, nombre d’entre eux savent entretenir leur réseau d’amitiés et obtenir de leurs pairs des émoluments confortables. C’est ainsi qu’en 2005 par exemple, on payait 3 millions d’euros à Daniel Bernard de Carrefour, cinquième salaire français , 2,8 millions d’euros à Igor landau chez Aventis, septième salaire français, 2,5 millions d’euros à Henri de Castries d’Axa, treizième salaire français.

Quand Colette Neuville, présidente d’une association de défense d’actionnaires minoritaires déclare « Ils vivent sur une autre planète, souvent au mépris de leurs salariés et de leurs actionnaires » ou quand Pierre-Henry Leroy, président de Proxinvest affirme que « Bébéar et ses amis font partie de ceux qui ont encouragé une incroyable course à l’échalote, parfois déconnectée des performances des sociétés », ils méconnaissent l’irremplaçable expérience que l’homme était en train d’acquérir pour servir à la moralisation des salaires à partir de maintenant.

Il faut valoriser cette expérience. Je brûle d’impatience de connaître le nom des autres sages.

Jean-Paul Schmitt

--

[EDIT JYS]

Dictionnaire Historique de Lyon.jpgA l'occasion de la sortie du "Dictionnaire historique de Lyon", les auteurs Patrice Beghain, Bruno Benoit et Gérard Corneloup accompagnés par leur éditeur Stéphane Bachès, dédicaceront leur ouvrage à partir de 16h à la Librairie Passages (11 rue de Brest, Lyon 2ème). La présentation aura lieu quant à elle à 18h30.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu