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17/06/2009

La mercerie du Père Michel

Mercier.jpgMichel Mercier pourrait « donner une assise plus large encore à Nicolas Sarkozy » affirmait récemment Dominique Paillé, le porte-parole de l’UMP en vadrouille à Lyon. D’ailleurs « il apporte régulièrement les voix qui manquent à l’UMP pour être majoritaire dans cette assemblée [le Sénat] », rajoutait-il.

Certes, Michel Mercier a les épaules larges et de quoi bien remplir toute assise ministérielle suffisamment confortable proposée par Nicolas Sarkozy dans un souci d’ouverture bien compris. Les rumeurs – ces bruits qui transpirent avant d’avoir couru – sont allées bon train ces derniers temps. Et pas un train de sénateur. On le voyait à la Réforme Territoriale récemment, ensuite à l’Agriculture ou, si l’on en croit l’Express de la semaine passée, au Logement à la place de Christine boutée ailleurs.

L’homme connaît son terrain. Un terrain bien centriste, notamment celui de l’Ouest du département où l’on s’affirme sans étiquette pour taire une sympathie somme toute bien démocratique pour la politique qui conserve les choses en l’état et qui craint la nouveauté. Un terrain où l’on n’aime pas trop parler de politique. Où, dans le même temps, la solidarité et le bien vivre ensemble (parfois un peu trop entre soi) jouent plutôt bien. Sa solide silhouette lorsqu’elle arpente ce terrain cache bien la souplesse de son échine.

Sans y toucher, en l’intégrant au gouvernement, Nicolas Sarkozy fait la nique à la direction nationale du PS pour qui les territoires sentent par trop la province et le méthane. Il envisage donc d’acheter le fonds de commerce de Mercier. Le magasin pourrait en même temps lui servir de vitrine Modem. Car il y a de tout dans la mercerie rhodanienne du Père Michel. Même du Modem pas tout à fait Modem. Et il y a du choix si l’on en juge par quelques clients.

En 2008, Azouz Bégag venu chercher de quoi faire un patron pour une veste aux municipales et quelques ourlets façon Modem, est reparti les points dans ses poches. Dans le même mouvement, il a fourgué tout un lot de toile que l’on se ramasse à Geourjon.

Pour la couture dont il est un expert, il excelle à emmêler des fils de diverses nuances pâles - en camaïeux de bleu toujours - et il n’hésite jamais à une petite démonstration de son art. En témoigne l’une des dernières leçons du madré sur du Madras, le mois dernier. En fin de réunion de quartier dans son bourg, fuse la question qui tue « Quand allez-vous redevenir maire de Thizy ? » : le doigt habile et sans dé quittant la couture du pantalon, Michel a cousu d’un joli fil décoloré un « Il faut que je réfléchisse à comment répondre à votre question. Reposez- moi la dans un mois et demi ».

J’oubliais : la mercerie est aussi abondamment dotée de toile thermocollante double face dont il maîtrise toutes les techniques. Jusqu’aux étamines à fromage que les fabricants de Rigotte de Condrieu reconnaissants lui achètent désormais en quantité pour son intervention en faveur de l’inoubliable AOC.

Quant aux boutons, il ne les vend pas. Parfois, il en donne...

Jean-Paul Schmitt

02/06/2009

Bayrou, l’ambidextre

Bayrou coucou.jpgLa démarche est habituelle en période électorale : « je m’adresse à vos électeurs, mais votre parti ne m’intéresse pas » (si ce n’est pour en dire au passage un petit de peu de mal).

La formule a déjà servi et sert toujours aux candidats de tous bords. Cette fois-ci, c’est François le Béarnais qui nous la sert dans Libé du 26 mai dernier.

Comme tout le monde le sait, son ambition est avant tout française. C’est son droit. C’est respectable. Ce n’est pas tout à fait ma tasse de thé, même si certains de ses amis lyonnais me sont sympathiques. Quand il traite PS et UMP de gangs d’hypocrites - ce que lui et ses amis ne sauraient être, bien entendu - il est tentant de lui répondre, formule contre formule, comme Martin Schultz, le président du groupe socialiste : « François Bayrou parle comme Karl Marx en exil lorsqu’il est à la maison, mais à Bruxelles, il est avec les sauvages néo-libéraux ». Mais, foin des bons mots, voyons les actes.

Le groupe avec lequel votent les 11 et désormais 6 députés Modem à Bruxelles est l’ALDE (Alliance of Liberals and Democrats for Europ). Il compte un bon nombre d’ultra-libéraux et 75 des 99 membres sont inscrits à l’ELDR, véritable parti libéral européen pour lequel la liberté du marché prime. Malgré la ligne fluctuante des votes du Modem et au-delà des affirmations générales du Béarnais, dont une des perles roses est « l’Europe doit se faire autour d’un projet de société, pas d’un marché », voyons ce qu’il en est en réalité au Parlement européen.

Quel est ce projet de société ? Celui où règnent la concurrence sans frein et le dumping social? Il ont voté contre les amendements socialistes qui voulaient limiter la concurrence fiscale déloyale et installer un salaire minimum en Europe. Celui du nivellement par le bas des droits sociaux ? Ils ont voté pour les amendements ou les projets qui baissent les charges patronales sur les salaires. Celui où les services publics sont livrés à la seule rentabilité de court terme ? Ils ont voté contre l’adoption d’une directive cadre qui garantissait la pérennité de leur mission d’intérêt général. Ils ont voté avec l’UMP contre l’exclusion explicite de ces services des règles de concurrence « pure et parfaite ».

Et demain, qui croire ? Quand les Socialistes affirment que des normes sociales et environnementales doivent être introduites dans les règles d’échanges externes, le Modem, lui, y va carrément d’un « les produits qui entrent en Europe doivent être soumis aux mêmes règles que ceux que nous fabriquons chez nous » !… C’est presque du Besancenot dans le texte. Et tant pis si cela tue les échanges avec les pays en développement. De toute façon, François ne s’est jamais engagé à quitter les ultra-libéraux de l’ALDE. Alors…

François, barre à bâbord et feu de tribord, c’est un coup à chavirer !

Jean-Paul Schmitt

29/10/2008

Eléments concordants

michel mercier.jpgIl est une rumeur qui reprend vigueur, c’est celle consistant à prévoir pour la seconde partie du mois de janvier le remaniement ministériel tant attendu par Michel Mercier. Mais pourquoi y prêter plus d’attention aujourd’hui qu’hier, me direz vous? Peut être parce que, comme on le dit dans le langage policier, des éléments concordants apparaissent à l’horizon du calendrier politique.

En effet, c’est en janvier que la France passera la main de la présidence de l’Union Européenne ce qui ramera l’attention sur la situation politique intérieure. Par ailleurs, le Congrès de l’UMP aura lieu dans les mêmes eaux et, on le sait Nicolas Sarkozy veut débarquer Devedjian du secrétariat général au prétexte qu’il a du mal à faire tourner la machine, notamment face à un Jean François Coppé qui s’appuie avec efficacité sur le groupe à l’assemblée nationale, qu’il préside, pour occuper le terrain. Dans le même temps Sarkozy veut faire un peu de ménage dans un gouvernement où la cacaphonie est de mise et l’art de la boulette aussi. C’est donc en s’appuyant sur ses sept super ministres que le Président de la République va jeter les bases de l’ossature de son prochain conseil des ministres. Mais ce sera aussi le temps des récompenses. Et Michel Mercier attend la sienne eu-égard aux bons et loyaux services qu’il a rendu en sa qualité de président du groupe centriste au Sénat au moment du vote de la réforme constitutionnelle. Et, là encore l’opportunité est au rendez-vous puisque la loi qui autorise un sénateur devenu ministre à redevenir sénateur au terme de son passage au gouvernement rentrera en vigueur également autour du vingt janvier. Les voilà donc les éléments concordants. Michel Mercier le sait et force le destin en donnant de sérieux gages à Nicolas Sarkozy. Sur la réforme des collectivités tout d’abord pour dont il apparaît soudainement comme un partisan, y compris sur le point consistant à réduire le champ des départements. Sur le plan de l’organisation politique également.

Quand François Bayrou fait pencher son discours à gauche en déclarant comme en fin de semaine à Roubaix : « Sarkozy assume le capitalisme, moi je ne pense pas que c’est un modèle pour la France, je ne crois pas dans la distinction entre une capitalisme financier mauvais et un capitalisme industriel vertueux. Mon modèle est humaniste. Tout ne se résume pas à la production et à la consommation ». Qui dit mieux !

Mercier tient absolument à se distinguer de tels propos, c’est pourquoi il s’est approprié l’idée de Jean-Luc Da Passano de créer dans le Rhône le Rassemblement des Démocrates une structure refuge pour tous les centristes qui ne tiennent pas à s’identifier au Modem de Bayrou et qui conservent ainsi leur positionnement à droite. Bref, Mercier est prêt, seul problème pour lui il aura du mal à avoir le ministère de la Justice qui risque de revenir à Devedjian, Sarkozy lui devant bien ça.

Philippe Dibilio

 
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