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05/08/2009

L comme « La route du rock »

L2.jpgComme votre compte en banque peut en témoigner, les festivals se multiplient ici et ailleurs comme des petits pains. Pas toujours sympathiques et accueillants ces rassemblements souvent pénibles et convenus se ressemblent tous au point qu’en juillet il était presque impossible d’échapper à Kravitz et Placebo. Parmi cette bourrative offre estivale, « La route du rock » (Saint-Malo), malgré certaines poses indies, est probablement une des rares occasions d’aller à la rencontre d’artistes dont la valeur moyenne est très largement au dessus du cours habituel des choses.

Me concernant, une fois de plus, mes quelques obligations m’interdisent de faire la route de Saint-Malo mais je me dis que ce n’est pas une raison pour en priver les autres. A l’occasion de sa 19ème édition, le festival Maloin qui se tient les 14, 15 et 16 août, autant dire dans dix jours, mérite, si vous aimez privilégier la qualité aux gros-porteurs, de faire un petit crochet s’il vous arrive de croiser à l’ouest.

Dès le vendredi, le retour attendu des mythiques My Bloody Valentine devrait faire l’affaire et la foule se précipitera pour s’imbiber des nappes tordues et saturées des guitares de la formation de Kevin Shieds. A mon très humble avis, c’est un petit peu plus tôt dans la soirée qu’avec Tortoise cela devrait encore plus le faire tant la mixture ethno-jazz-rock de la formation de Chicago devrait marquer cette première soirée du festival. Le lendemain, fête de Marie, les Lyonnais iront boire un peu de cidre plutôt que d’assister au set de Peaches qu’ils préféreront aller applaudir à Woodstower. Avec successivement les charmants écossais de Camera Obscura et le remuant duo anglo-ricain, The Kills, la soirée du 15 août sera d’autant plus parfaite qu’un peu plus tôt avec Papercuts et St Vincent, le groupe de Annie Clark, la lente tombée de la nuit bretonne devrait laisser aux festivaliers quelques bons souvenirs. La troisième journée de ce rendez-vous indie Maloin n’est pas mal non plus puisque la grande scène du Fort de Saint-Père accueillera à la file indienne Andrew Bird, Dominique A et les Grizzly Bear ces héritiers très lointains et new-yorkais des Beach Boys. Ça ne s’invente pas !

« La route du rock », Saint-Malo les 14, 15 et 16 août avec également The Horrors (UK), Deerhunter (US), Crystal Stilts (US), Forest Fire (US), The Present (US) et les Frenchies de Delano Orchestra et Patriotic Sunday.

Bruges, le 5 août 2009.

03/08/2009

K comme « Kureishi (Hanif) »

K.jpgParu dans sa traduction française il y a tout juste moins d’un an, « Quelque chose à te dire » de Hanif Kureishi est peut-être le bouquin de l’année littéraire qui se termine. Certains n’hésitent pas à dire qu’il s’agit du livre de la maturité, de son meilleur. Ayant lu comme beaucoup de monde « Le bouddha de banlieue » il y a maintenant bien longtemps, je dois vous avouer être incapable de dire si ce « Quelque chose … » est la crème de la crème dans l’œuvre déjà considérable de Kureshi. C’est en tout cas un excellent livre.

« Quelque chose à te dire » est une sorte de comédie douce-amère ancrée dans les milieux de l’immigration anglo-pakistanaise et plus généralement un parcours dans la société pré-Thatchérienne des années soixante-dix jusqu’à nos jours. Le narrateur de ce roman, psychanalyste, est comme un double de l’auteur, le point de convergence des moindres hoquets d’un petit monde ou se mélangent sexualité, morale, famille, foot, rock and roll ou attentats.

51KaV3WkKeL._SL500_AA240_.jpgSouvent drôle, à l’occasion terrible, parfois nostalgique, toujours teinté d’ironie, ce Kureishi est à recommander en particulier à ceux qui désespèrent parfois à la lecture de certains auteurs en vue de notre littérature. Kureishi n’est ni sociologue, ni « psy » et pourtant dans son labyrinthe on approche de très près une société anglaise qui perd parfois la boule, on sonde aussi, par le truchement de Jamal le psychanalyste les âmes et les cœurs.

Au tout début de « Souvenirs et divagations », Kureishi écrivait, « Mon père aurait voulu être écrivain. Je ne me souviens pas de lui désirant autre chose ». Avec ce « Quelque chose … » le rêve du père de Hanif Kureishi est largement dépassé. Son fils est un grand écrivain. Pourquoi pas de la graine de Nobel ?

  • > Hanif Kureishi, « Quelque chose à te dire », Traduction Florence Cabaret, Christian Bourgeois éditeur.

Bruges, le 3 août 2009.

 
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