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24/10/2010

Jim et moi

JimHarrison-ReturningtoEart.jpg?size=81482Les heures passées dans les trains forgent et entretiennent les bons lecteurs, c’est d’ailleurs à ce titre que ce moyen de locomotion mérite le respect et les encouragements en particulier face à l’avion. La rentrée littéraire de septembre nous a proposé, au milieu d’un fatras, un nouveau Jim Harrison, un recueil de nouvelles intitulé « Les jeux de la nuit » et traduit par l’indispensable Brice Matthieusent. Ce bon vieux Harrison m’avait choqué en quittant Christian Bourgois pour Flammarion histoire probablement d’encaisser. Harrison, et il le sait parfaitement bien, ne serait rien ou pas grand chose sans Christian Bourgois, le talent d’écrivain n’étant pas la seule composante du succès pour s’imposer dans un pays comme le notre. Du coup, attitude parfaitement imbécile, je n’avais pas acheté l’objet du délit à savoir le précédent bouquin, le premier paru chez Flammarion, menant une sorte de petit boycott personnel. La risible période de froid entre Harrison et moi-même étant terminée, j’ai donc entamé la lecture de ce recueil de trois nouvelles dont la lecture devait s'achever initialement dans le train entre Lyon et Bruxelles. Je crois que c’est dans le supplément littéraire du Figaro que l’on avait écrit que Harrison n’était jamais aussi bon que sur ce format de romans que l’on pourrait qualifier de courts. La chose est juste. Le 1 500 mètres est la distance de prédilection du gros Jim qui n’est plus assez explosif sur le sprint et franchement balourd sur 10 000 mètres. Avec la belle Sarah et le vieux Tim, Jim Harrison nous piège à nouveau à la perfection pour nous entraîner dans des parages qui, pour tout vous dire, sont à priori très loin de me faire vibrer. Avec le gone Samuel personnage de la dernière nouvelle, Harrison, me semble-t-il, fait encore plus fort en nous enfermant dans un récit aux limites du para-normal. Sensible aux vins et à nos vignobles Jim Harrison sera heureux quand il apprendra que je suis réconcilié avec lui et que je vous encourage à lire ce « Jeux de la nuit » qui s’avère un très bon millésime.

> Jim Harrison, « Les jeux de la nuit », traduction Brice Matthieusent, Flammarion, 21 euros

> Brice Matthieusent dont les fans de Harrison doivent posséder « Jim Harrison de A à X », collection titres chez Christian Bourgois.

Lyon, le 24 octobre 2010.

Photo: DR

 
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