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11/10/2010

Lui-même

Jean-Louis-Borloo.jpgC’est ainsi et il convient de s’y faire. Chaque dimanche nous apporte son lot de sondages et celui proposé hier par le Parisien nous dit que Nicolas Sarkozy continue de perdre des plumes. Quant à la traditionnelle enquête d’opinion commanditée par le JDD elle nous indique que Jean-Louis Borloo, le chou-chou du même Sarkozy, est encore loin du zénith même si on s’efforce un peu partout de faire dire du bien de celui que l’Elysée semble vouloir pousser vers Matignon. Quant à savoir si Borloo pourrait faire un bon Premier Ministre ils sont, selon l’IFOP, 60% à répondre « Non ». On a donc connu booster plus efficace pour propulser un type sur la deuxième marche du pouvoir. Dans ce contexte plutôt morose, notre homme n’offre même pas une tête d’homme d’Etat et à lire le JDD on a la très nette impression que c’est Borloo lui-même qui a pris les choses en main avec pour objectif de dire le plus grand bien de lui-même, Lagarde et Alliot se chargeant de l’inverse. « Je suis quelqu’un de fiable, confortable et sans emmerdes » dit Borloo comme si se comparer à une Dacia pouvait être une qualité pour un futur Premier Ministre. Devant les journalistes, si l’on en croit le JDD, Borloo a même expliqué qu’il était « celui que l’on envoie toujours quand l’armée régulière a failli ». Fillon et l’UMP apprécieront ! Face à ceux, ils sont légions, à penser que le radical mal peigné n’est pas de taille, Borloo essaie de renvoyer une bonne image clamant son nouveau credo, « j’ai pris de bonnes résolutions cet été. » L’histoire ne nous dit pas si quelques-unes des prières de Sarkozy au Vatican étaient destinées à ce que le divin supporte le valenciennois mais il n’empêche que le Ministre de l’Ecologie redouble d’efforts depuis la rentrée comme s’il ne fallait compter que sur ses propres forces. Borloo fait désormais de la gym, il va chez le coiffeur et tente de se tenir soigné. De tels efforts seront-ils récompensés car suffisants ? Seul Dieu et Sarkozy le savent peut-être. Plus difficile, le Premier Ministre Jean-Louis Borloo est-il vraiment formaté et suffisamment fiable pour, deux années durant, conduire les troupes de Sarko à la victoire ? C’est bien entendu une toute autre histoire et il m’est agréable d’en douter.

Lyon, le 11 octobre 2010.

NB: Il y a une dizaine de jours j'étais l'invité de Surf TV. Sujet imposé: l'affaire Bettencourt (cliquer sur l'image pour lancer la vidéo).

JYS Surf TV.jpg

10:16 Publié dans Politique & politiques... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : borloo, jdd, ifop, sarkozy, fillon, le parisien, lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

09/10/2010

Sous le soleil de l’UMP

panneau-solaire.jpgEn l’espace d’un temps et trois mouvements, en annonçant vouloir réduire les installations de panneaux solaires photovoltaïques, le gouvernement vient de fragiliser nombres de petites entreprises qui travaillent dans une filière loin d’être solide dans notre pays.

Parce qu’en France on accusait un grand retard, face à l’Allemagne, au Japon et surtout à la Chine, le Ministère de l’écologie avait mis en place des mesures invitant les particuliers comme les professionnels à se tourner vers cette technologie. Compte tenu de l’absence de vision et de stratégie globale de la part de Borloo et de sa majorité, c’est la Chine qui avait principalement été en capacité de tirer profit de telles mesures, les incitations fiscales provoquant un aberrant soutien à nos concurrents. Depuis donc quelques semaines, budget 2011 oblige, les autorités françaises songent à faire marche arrière en annonçant la fin prochaine de ces réductions fiscales, fragilisant ainsi un tissu de pme qui était pourtant loin d’être en grande forme. Cette réaction qui tourne le dos au bon sens est, pour ne prendre que cet exemple, exactement à l’opposé de ce que, nos voisins allemands avaient jadis imprimé, à savoir prendre des mesures du même type d’emblée présentées comme figurant dans un système annoncé comme dégressif. Si le duo Bargoin-Estrosi persistait à prendre de telles mesures, il est clair, en particulier dans notre région et singulièrement dans notre espace métropolitain, que toute une filière de production et de recherche serait pénalisée. Comme l’écrit Geneviève Fioraso la dynamique député socialiste de l’Isère, « A quoi sert de financer la recherche sur le photovoltaïque et le rachat de l’électricité produite si c’est pour acheter des panneaux aux chinois dont on ne compte ni le coût carbone, ni la capacité à être maintenus, à garder une performance stable dans le temps pas plus que les modalités de recyclage au terme de ses 15 années de fonctionnement garanties ». On pourrait rajouter a quoi sert d’affaiblir une filière nationale qui ne demandait, à condition d’être soutenue, qu’à monter en puissance en garantissant une réelle qualité ? Décidemment, même le soleil commence à en avoir assez d’un président et d’un gouvernement qui, non seulement salissent tout ce qu’ils touchent, mais qui pénalisent aussi tout ce qui bouge.

Lyon, le 9 octobre 2010.

Photo: DR

27/09/2010

A star is born

francois-fillon-unite-nationale1222669696.jpgLundi en quinze, suite à un sondage publié la veille par le J.D.D., je m’efforçais d’expliquer que, bien qu’en sursis, le premier ministre en titre était sur le point de devenir l’alternative à droite, le grand concurrent de Sarkozy pour 2012. Deux semaines plus tard le phénomène semble non seulement perdurer mais se renforcer. A l’occasion du ripolinage de sa maquette, le Figaro Magazine vient de publier un sondage qui est, à droite, un véritable plébiscite pour Fillon.

La droite française redemande donc du Fillon, souhaite avec force le voir succéder à lui-même à la tête du gouvernement au point que désormais Alliot-Marie et Lagarde enregistrent 40 points de retard et Borloo pas moins de 52.

Tandis que les candidats s’activent pour faire valoir leurs bons services pour être dans le futur équipage, que d’autres lorgnent sur le parti présidentiel et que les guerres font rage, Fillon toise l’ensemble, Sarkozy compris, en démontrant à ce beau monde qu’il est le seul à pouvoir conduire la droite à la bataille contre le parti socialiste.

En face de lui, Sarkozy semble à la peine. Avec un Copé à la manœuvre, un Guéant qui laisse indifférent, la clique Morano-Estrosi-Hortefeux-Woerth à la ramasse, le président a la scoumoune et, même si cela devait lui rester en travers de la gorge, seule Alliot-Marie pourrait à terme apparaître comme le plus petit dénominateur commun pour tirer un gouvernement nouveau dont on peut s’interroger, dès avant sa constitution, sur sa capacité à mener la mère des batailles.

Lyon, le 27 septembre 2010.

Photo: DR

13/09/2010

Remanier pour gagner plus

francois-fillon-300x300.jpgQui peut bien succéder à François Fillon ? Telle est la question, angoissante pour certains, que se pose la droite depuis des mois. En annonçant de manière incongrue un remaniement ministériel des mois à l’avance, Nicolas Sarkozy ne s’est bien entendu pas facilité la tâche. Puisque il s’agit désormais de démontrer, en désignant un nouveau Premier Ministre, qu’un vent nouveau va souffler sur le pays, Sarkozy semble dans l’obligation de renvoyer dans ses foyers celui que le président appelait jadis son « collaborateur ».

Hier, en commandant un sondage à l’IFOP histoire de tester la performance des postulants, le JDD n’a pas nécessairement éclairé la lanterne de Sarkozy. En effet, 55% des Français interrogés pensent que Fillon devrait se succéder à lui-même. Si 66% des sympathisants socialistes ne seraient pas mécontents de voir l’homme de la Sarthe revenir au pays, à droite, ils sont 86% à plébisciter Fillon et à souhaiter le voir rester à Matignon. Même si l’actuel premier ministre doit se réjouir de cette confiance il convient de dire que les électeurs de la majorité ne rendent pas totalement service à Fillon en s’exprimant aussi massivement pour lui. Ils devraient savoir que la meilleure des choses pouvant arriver à leur champion est de se voir viré de Matignon, histoire de dégager la perspective d’un véritable boulevard électoral si Sarkozy continuait à piquer du nez au point de devenir tricard. Fillon est une alternative plus que sérieuse en cas de démonétisation de l’actuel locataire de l’Elysée. Fillon le sait et l’espère. Quitter en martyr Matignon est donc la meilleure des choses qui pourrait lui arriver.

Pour ce qui concerne la petite demi-douzaine de successeurs possibles, Sarkozy peut continuer à être soucieux. Si on écarte un Copé qui ne souhaitera pas se faire piéger, un Bargoin dont le papillonnage semble être la ligne, reste Borloo et les deux dames du président. Avec respectivement 41, 37 et 31%, Alliot-Marie, Lagarde et Borloo ne crèvent pas le plafond. Les deux ministres souffrent, pour l’une d’incarner une continuité revêche, et pour l’autre une inexpérience totale Reste Borloo. En faisant des efforts pour séduire la droite et en prenant un abonnement au pressing, il souhaite ce bâton de maréchal mais à bien des difficultés, pour s’imposer et à démontrer au président et à sa majorité qu’il sera capable d’aller se battre en 2012 comme un mort de faim pour faire triompher la droite.

Lyon, le 13 septembre 2010.

Photo: DR

09/09/2010

Gambetta

200px-Borloo-181207.JPGIl est assez amusant d’écouter les propos du personnel politique de la droite à propos d’un Jean-Louis Borloo que quelques-uns aimeraient caser à Matignon et dont on craint beaucoup à l’UMP l’irrésistible ascension. En vérité détracteurs et supporters de Borloo trouvent à l’ancien avocat de Bernard Tapie une qualité commune, celle d’être incompréhensible par le commun des mortels. Les uns, vous l’avez compris regrettant la grande difficulté du Ministre d’Etat à articuler quelque chose de construit, clair et déchiffrable, les autres étant persuadés que leur champion demeurant la plupart du temps imbitable, nul dans le pays ne songerait à contester le charabia valoisien de l’ex maire de Valenciennes. Côte coupe de douilles, c’est du pareil au même. Les potes du ministre pensent que sa chevelure hirsute incarne assez bien le charme créatif et une pensée truffée d’épis, les autres, tout au contraire préférant mettre en avant la perfection capillaire d’un Fillon sponsorisé par Pento.

Jargon incompréhensible, coiffure rebelle et pas toujours très nette ne sont pourtant pas les seuls éléments qui divisent le petit monde de la Sarkozie à propos de Borloo. Les hallucinations borlesques pré-Copenhague ont laissé par ailleurs des traces tenaces qui, interprétées aujourd’hui par les détracteurs disqualifient définitivement un type dont le baratin illuminé ne passe plus. Tout au contraire, les propos, nécessairement durables du ministre provoquent une légère lévitation parmi les quelques groupies bigotes qui considèrent leur gourou comme une lumière.

N’ayant aucune raison de me mêler des tenants et aboutissants de ce débat qui fracture la droite française, je dois tout de même vous avouer qu’après avoir entendu les fameuses « dix propositions » livrées à Lyon le weekend dernier par Borloo devant ses amis, me voilà sur la plus extrême défensive tant le discours du chef valoisien me paraît plus proche d’un Darry Cowl lèche botte que de Gambetta.

Lyon, le 9 septembre 2010.

Photo/ DR

26/03/2010

Mercenaire

eric-woerth-municipales-2008.1209985754.jpgTout a été dit et redit depuis le début de la semaine à propos de ce remaniement liliputien spécialement dédicacé à l’UMP. Le débarquement dans la douleur d’un Xavier Darcos au destin Versaillais. Amara et Besson sauvés peut-être pour la dernière fois des eaux boueuses du marigot majoritaire. Petite pincée de Chiraquisme, Baroin étant désormais en charge de l’abyssal déficit qu’il dénonçait hier. Zeste de Villepinisme avec la récupération de l’homme Tron, un Libéral pur-sucre chargé de compter fleurette aux fonctionnaires. Copé en embuscade et Sarko se projetant déjà en 2011 avec ce qui sera alors le véritable remaniement du mandat, une opération destinée à prolonger le bail du Président.

Taxe carbone en fumée, pleurnicherie de la championne de karaté et silence coupable de Borloo. Ministres pour l’essentiel encore pétrifiés de toujours l’être, Bertrand adoubé, en vérité le plus important dans toute cette affaire s’appelle Woerth le mercenaire embauché pour faire le sale job sur les retraites, ce comptable que Sarkozy veut reconvertir en boucher du pacte social. Avec Eric Woerth, il va y avoir du sang, quelques larmes et beaucoup de sueur. Woerth est affûté, à lui de faire reculer les forces syndicales et leurs mandants, à lui de prendre les coups, de recevoir les quolibets de la rue quitte à jouer les martyrs. Ministre du budget, il a creusé les déficits comme d’autre leur tombe, Ministre des affaires sociales il sera celui capable de faire reculer, sans états d’âmes, les acquis sociaux en particulier en matière de retraites. Woerth est celui qui devra offrir à Sarkozy, sur un plateau, la réforme capable d’assurer la résurrection d’un président qui songera alors peut-être à lui confier les reines d’un futur gouvernement.

En attendant, Villepin et Patrick Sébastien ont fait hier l'actualité, le second n'étant pas nécessairement le plus rigolo des deux.

Lyon, le 26 mars 2010.

Photo: DR

18/05/2009

Nouvelles du futur

courbe.gifIl y a une poignée de semaines, ils s’étaient tous passés le mot, « la fin de la crise » se profilait au terme de 2009 et au pire au début de 2010. Depuis, ceux qui s’acharnent à détruire avec application le fameux « modèle social français » depuis des années s’efforcent désormais de dire à qui veut bien l’entendre que le modèle en question serait le facteur explicatif du fait que « la France tient le coup ».
Dans le lot, il y en a un qui est en passe de devenir le meilleur agent d’ambiance du libéralisme avancé, c’est le Directeur Général de l’agence Global Equities. Il s’appelle Marc Touati et les médias sont particulièrement assoiffés de son crédo. Touati est donc à la manœuvre. Il explique par exemple que la progression de la consommation en France empêche l’effondrement de l’économie, que nous sommes « les moins mauvais élèves de la zone euro » prédisant illico, notez-le bien, non pas une reprise, mais un rebond au troisième trimestre 2009. D’ici quelques temps, en vérité, vous verrez que ceux qui comme Touati, parlaient de reprise hier et de rebond aujourd’hui finiront bien par nous indiquer demain que nous pouvons attendre, pour le 1er trimestre 2010 « l’ouverture d’une séquence pouvant déboucher au printemps prochain sur une phase initiale permettant d’entrevoir un premier rebond au terme de l’été 2010 qui pourrait être le prélude à l’émergence des premiers indicateurs favorables à la reprise qui aurait de bonnes chances d’arriver au cours de l’hiver 2011 ».
Passons donc à des analyses plus sérieuses. Elles étaient exposées dans Le Libération du weekend par Eric Heyer, un des responsables de la prévision à l’OFCE. En résumé, que disait Heyer ?
Tout en admettant que le prochain trimestre pourrait être moins négatif que prévu, mais négatif tout de même, le pire est devant nous. Les près de 140 000 emplois déjà détruits en France ne sont qu’une première « adaptation » qui annonce un mouvement encore plus violent. Pour Heyer le chômage va continuer à s’accroitre jusqu’à la fin 2010 dépassant probablement les 11% en entraînant, je cite, pour les ménages une « situation qui ira en s’aggravant ». L’économiste de l’OFCE annonce donc des jours encore plus noirs, fait l’analyse que le pari du gouvernement français est en passe d’être perdu et que la crise actuelle va se globaliser encore plus, les pays émergents ne pouvant restés déconnectés de la récession généralisée.
Attaquer ainsi la semaine, qui plus est après la déroute de Patricia Kaas, est, j’en conviens difficile. Fort heureusement il nous reste toujours les sourires de Roselyne Bachelot, de Bernard Laporte et de Jean-Louis Borloo.

Lyon, le 18 mai 2009.

 
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