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13/06/2009

Brouilles et embrouilles

Affiche%20%202009%20350.jpgLa chose pourrait apparaître comme touchante mais elle frise tout de même à l’embrouille. L’association « Blues à Jarnioux », un village du Beaujolais, organise ce soir un petit festival avec en « tête d’affiche » Beverly Jo Scott et surtout, je vous le donne en mille, Ten Years After. Ce groupe jadis conduit par Alvin Lee (le guitariste le plus rapide du monde !) existe donc encore. Je dois vous avouer qu’en consultant le flyer de l’évènement cela m’a fait un choc. Là où les choses se compliquent c’est que, probablement pris d’un certain remord, les organisateurs se sont autorisés à porter, en dessous de la mention « Ten Years After » le nom des musiciens qui composent actuellement le célèbre combo. Point de Alvin Lee. En petit, tout petit, très petit on distingue celui du bassiste (leo Lyons), du batteur (Ric Lee), du clavier (Chick Churchill) tous membres de la formation d’origine mais aussi celui d’un dénommé Joe, je n’arrive même pas à lire son nom, supposé être le lead guitar et chanteur de la formation. Ce soir, à la reprise de « I’m Going home » cela risque de jeter un froid du côté de Jarnioux.

Embrouille pour embrouille, celle de Jarnioux demeure plutôt sympathique à côté de toutes ces collectivités locales qui investissent des sommes dingues dans des festivals dont l’intérêt est loin d’être évident. L’argent public est dans nos provinces, mais aussi en Ile-de-France, sur le point de devenir le meilleur ami du rock-and-roll et on peut se demander ce qui peut bien légitimer un tel mouvement sachant que l’audace et la qualité des plateaux sont rarement au rendez-vous. Plus compliqué est le dossier du Festival de Fourvière qui, dopé par le seul Conseil Général du Rhône, fait valoir une programmation de très bonne qualité, voire de très haute qualité, dans une absence de transparence financière qui renvoie à des temps anciens. Une opacité qui engendre les plus folles rumeurs sur le coût des plateaux et les cachets pratiqués. Il serait probablement utile, pour faire taire ces bruits et élucubrations que le Conseil Général indique ce qu’il en est réellement au risque de voir la suspicion gagner à l’avenir du terrain et la brouille s’installer avec le contribuable.

Vous me direz que, par les temps actuels, dans bien des cas, argent public ou pas, les organisateurs de ces festivals d’été subissent la loi de quelques stars qui, constatant la baisse généralisée des ventes de disques, se refont la cerise en se produisant en échange de cachets loin de ce qui est pratiqué « indoor » le reste de l’année. On se souvient l’an passé des 3  à 400 000 euros qui auraient été réclamés par Radiohead. Cet été, à lire quelques indiscrétions dans la presse on évoque parfois des sommes à faire frémir. Rendez-vous à la fin de la saison pour faire le bilan, en toute transparence il va s’en dire.

  • > « Blues à Jarnioux » avec Ten Years After, Beverly Jo Scott, Planet Janis, ce soir à partir de 18h30. Renseignements sur bluesajarnioux.com

Lyon, le 13 juin 2009.

04/10/2008

Flash back

John Mayall.jpgCe soir à 20h45, au foyer Laurent Bouvier de Salaise-sur-Sanne en Isère, un revenant vient hanter nos mémoires puisque John Mayall est invité par Salaise Blues Festival pour un concert dont il partage l’affiche avec Jean Sangally.

Me concernant, cela fait près de trente ans que le sort de John Mayall m’indiffère et en écrivant cela, je dois vous confesser que je suis plutôt injuste. Avec plus de 50 albums sur plus de 40 ans de carrière, le compteur tourne pour Mayall. Depuis la préhistoire des Bluesbreakers, l’anglais a vu défiler en sa compagnie les Eric Clapton, Peter Green, Mick Fleetwood et surtout, à mon goût, Mick Taylor magnifique guitariste injustement relégué à un rôle d’intérimaire au sein des Rolling Stones.

La ventripotente discographie de John Mayall offre, à mon humble avis, une petite pépite, aujourd’hui fourguée pour une poignée d’euros par Universal. Il s’agit de « Blues From Laurel Canyon » datant de 1968 enregistré, vous l’avez compris, avec le brillant Mick Taylor. Ecoutez à nouveau « Walking on Sunset », « Laurel Cayon home », « Medicine man », « The bear » (une pensée pour Canned heat) ou « Fly Tomorrow », vous constaterez que ce bon vieux John vaut mieux que les ricanements de certains.

John Mayall est donc ce soir au fin fond de l’Isère. On peut se renseigner en téléphonant au 04 74 29 00 80 ou en se rendant sur www.salaisebluesfestival.fr

Lyon, le 4 octobre 2008.

13/08/2008

R comme Robert Johnson

1267705878.jpgLes éditions Castor Astral publient dans leur petite collection « Castor Music » le « A la recherche de Robert Johnson » de Peter Guralnick un auteur que les amateurs de musique peuvent enfin lire en français grâce aux efforts conjoints de Allia (« Sweet Soul Music ») et du Castor Astral qui s’apprête à publier le second tome de sa biographie de Presley.

Johnson est un véritable mythe dans l’histoire du blues et plus généralement de la musique américaine. Redécouvert par l’immense Muddy Waters puis par les Rolling Stones, Robert Johnson est d’une certaine façon l’emblème du blues du delta, un étalon comme l’écrit Guralnick. Pendant longtemps, l’ombre de Charley Patton dominait ce blues du delta faisant injustement passer Robert Johnson en arrière plan. Fort heureusement, un beau jour de 1936, le bluesman méconnu entra dans la boutique de Speir qui travaillait alors pour le label ARC. Johnson enregistra du lundi 23 novembre au vendredi 27 novembre seize faces devenues mythiques. On dit qu’en fait l’enregistrement fût suspendu les mardi 24 et mercredi 25 novembre, Robert Johnson étant emprisonné pour vagabondage. Lire ce petit ouvrage de Guralnick est un vrai plaisir et les 80 pages suivies des indications bibliographiques et discographiques nécessaires se dévorent. A lire à l’ombre du parasol sans oublier d’emporter « Robert Johnson : The complete Recordings » (Columbia) la somme comportant les 29 compositions de Johnson jamais enregistrées incluant par ailleurs les douze prises alternatives.

couv.johnson.petit.format.jpg

Hautes Pyrénées, le 13 août 2008.

27/07/2007

D comme Don't look Back.

medium_D_1.2.jpgAvec la nouvelle édition en DVD du "Don't look back" de D.A. Pennebaker (Sony BMG) c'est d'archéologie du rock dont il s'agit et peut-être même de l'apogée de Bob Dylan. Aux jeunes gens qui découvrent Dylan, et ils sont paraît-il nombreux à se passionner aujourd'hui pour le natif de Duluth, je ne peux que les encourager à se procurer ce magnifique coffret plutôt que d'aller voir "live" un artiste de moins en moins vivant sur scène.

Le documentaire de Pennebaker demeure une référence, un mètre étalon, avec peut-être le premier clip de l'histoire, le fameux "Subterranean Homesick Blues" que je vous propose de revisiter à la suite de ce court billet. On a tout dit sur Dylan. Tout et pas nécessairement son contraire. Sur Pennebaker et son fameux "Dont look back" beaucoup a été écrit en particulier sur cette tournée anglaise de 1965. Les interviews tendues, la chambre d'hôtel, les coulisses, les bribes de concerts, l'arrogance distante et moqueuse de Zimmerman, l'impressario Grossman négociant avec la BBC, ce pauvre Donovan qui en prend pour son grade et la caméra à l'épaule de Pennebaker qui rode produisant un documentaire à l'époque inédit dans le monde de la musique avec ses images en noir et blanc d'une franchise parfois brutale.

Ce très beau coffret composé de deux disques et d'un bouquin vous permettra, chaque soir, avant de vous endormir, de vous repasser le célébrissime clip qui suit grâce à un "flip book" puisque telle est la mode du moment.

 

 

Lyon, 27 juillet 2007.

07:30 Publié dans Culture & cultures..., Podcasts | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Dylan, Pennbaker, Bob dylan, Donovan, Rock, album, blues | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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