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10/08/2009

N comme « Naipaul »

N1.jpgJe ne sais pas si en republiant quatre textes du Prix Nobel de littérature V.S. Naipaul, les éditions Bouquins ont fait un coup mais force est de constater que, du côté de l’Angleterre, la publication cette année d’une biographie autorisée du même Naipaul fait beaucoup de bruit. C’est le journaliste et historien britannique Patrick French qui s’est attaqué au sujet bénéficiant d’une liberté assez rare de la part du célèbre écrivain de Trinidad. Je ne sais pas si nous bénéficierons en France d’une traduction de ce « The world is what it is » mais les nombreux articles qui en rendent compte, y compris chez nous, ne peuvent que nous donner l’eau à la bouche.

Naipaul est décrit dans l’ouvrage de French comme un véritable tyran faisant des femmes et maîtresses des moins que rien. Alors que dans son œuvre Naipaul mélange avec un art incomparable histoire et fiction, conservatisme et révolte affleurent dans la vie réelle du romancier. Dans la biographie en question French décrit un individu, particulièrement abject. Un type parfois à la dérive mais aussi un mec qui rabaisse plus bas que terre ses proches. Prenez Patricia Hale, celle qui fût pendant des années son épouse, domestique et dévouée secrétaire, victime des tromperies les plus répétées, Naipaul vient à en dire dans cette biographie qu’il a le sentiment de l’avoir tuée au point que le lendemain de ses obsèques, sa maîtresse officielle, celle qui allait devenir sa seconde légitime, en vient à occuper le domicile conjugal. C’est donc sous le regard de Naipaul que French a produit cette biographie. Un écrivain qui a souhaité qu’aucune ombre ne subsiste dans son passé donc dans le récit de sa vie. Etonnant et attendu.

> Patrick French, “The world is what it is. The authorized biography of V.S. Naipaul”, Picador, 2008.

> V.S. Naipaul, “Œuvres romanesques choisies”, Préface de J.F. Fogel, Bouquins, 30 euros.

Bruxelles, le 10 août 2009.

08:35 Publié dans Culture & cultures... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : naipaul, patrick french, biographie, bruxelles | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

29/10/2007

Foot, business, Aulas

medium_Biographie_Jean-Michel_Aulas.jpgLa création du F.A.P. (Football-Avenir-Professionnel), sorte d’alliance des grands clubs de football professionnels, risque de marquer un tournant. Ce regroupement qui compte dans ses rangs Lyon, Monaco, Lille, Toulouse, Lens, Bordeaux et le P.S.G. est de toute évidence une machine destinée à peser sur les futures répartitions des droits de télévision sur une base nouvelle plus conforme aux intérêts des « Grands ». Les « Petits », absents de ce lobby, craignent quant à eux, que les quelques règles qui perdurent au nom de principes de solidarité finissent par s’envoler. Les « riches » s’appropriant l’essentiel de ces fameux droits de télévision.

Il faut dire que l’enjeu n’est pas mince puisque sont en jeu les 600 M d’Euros mis jusqu’ici sur la table par Canal Plus mais aussi, au bout du compte, une refonte en profondeur de l’organisation du football professionnel français.

Le foot est donc à la croisée des chemins car à l’horizon de quelques mois on pourrait voir émerger une nouvelle organisation plus proche de la ligue de Basket américaine que celle du championnat actuel. Abandon de principes de solidarité dans la répartition des droits générés par la télévision, puis compétition de ligue 1 quasi fermée, critères plus lourds en matière d’équipements, les clubs les moins nantis risquent de faire les frais d’une future structuration qui serait ainsi plus conforme au développement économique du Foot-business. C’est dans ce contexte que paraît aux éditions « Danger Public/Lyon Mag », la première biographie de Jean Michel Aulas signée par Thomas Nardone, rédacteur en chef du mensuel lyonnais.

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20/08/2007

T comme Topor

medium_T.jpgPour les plus jeunes d'entre-nous Topor c'est probablement "Télé Chat" la cultissime série d'antenne 2 (Ah! Le gluon de l'éponge). Pour la génération d'avant, Topor c'est le duo, tout aussi culte avec Jean-Michel Ribes ("Merci Bernard" et "Palace). Pour les post soixante-huitards c'est peut-être la revue "Panique" et pour leurs prédécesseurs la revue "Fictions" de Sternberg et des apparitions dans un "Haha-Kiri" dont on ne saluera jamais assez le rôle majeur joué à l'époque dans un pays baignant dans le formol.

Topor s'en est allé en 1997 et depuis, même si une toute petite partie de son travail graphique et littéraire est encore disponible, l'artiste iconoclaste demeure un inconnu pour les jeunes générations et leurs aînés trop souvent amnésiques. L'œuvre de Topor est donc immense, dispersée et pas toujours accessible. Dessins, textes, photographies, pièces de théâtre mais aussi cinéma mériteraient maintenant que la mort est venue emporter le génial touche à tout d'être proposés à nouveau à un public qui, j'en suis convaincu, se ferait une fête de fréquenter un tel artiste.

Peut-être que la biographie signée Frantz Vaillant et éditée par Buchet-Chastel va redonner le goût pour Topor en dehors du cercle des initiés. Œuvre de fan, le travail de Vaillant est une première qui en appellera d'autres tant on a l'impression à la lecture de "Roland Topor ou le rire étranglé" que Topor demeure un continent encore inexploré et son œuvre largement sous estimée.

Hautes Pyrénées, le 20 août 2007.

19/08/2007

S comme Strummer (Joe)

medium_S_2.jpgJ'adorais le Clash et son leader Joe Strummer. Je me souviens d'un concert au Palais d'Hiver ou un crétin situé au pied de la scène passait son temps à cracher sur Mick Jones et Strummer inspiré par un article paru la semaine d'avant dans le mensuel Best qui relatait que quelques punks anglais pour dénoncer le "renoncement, voire la trahison" de Strummer et sa bande, mollardaient à longueur de concert sur le chanteur et le guitariste du groupe alors en plein trip "Sandinista".

Strummer n'est plus là, il doit faire quelques reprises avec Johnny Cash, dans un coin du paradis. Justement à l'instar de ce qui se passe avec Cash, dont, si les choses continuent ainsi, on va bientôt éditer des vidéos de l'homme en noir entrain d'arroser ses tomates au fond de son jardin, Strummer connaît un regain commercial tout azimut et pas encore suspect. Biographies en vidéo, "Joe Strummer, the future is unwritten" le film de Temple, B.O., énième compilation du Clash, concerts filmés envahissent les bacs en attendant les livres et albums en préparation.

Pour ne pas vous rendre méfiant vis-à-vis de cette vague Strummienne, je voudrais vous signaler aujourd'hui un polar écrit par un breton, Caryl Férey, intitulé "la jambe gauche de Joe Strummer" et qui a la particularité d'être le premier inédit publié dans la collection de poche "Folio policier" chez Gallimard.

Caryl Férey n'est pas un inconnu pour les lyonnais amateurs de polars puisque l'auteur a obtenu en 2005 le prix "Sang d'encre" délivré par nos voisins de Vienne lors du festival du même nom puis, la même année, le prestigieux "Prix SNCF du polar". Auteur jeune, déjà chevronné et  prometteur, Férey nous propose à nouveau une virée avec l'ex flic Mc Cash, toujours borgne mais dépressif qui s'apprête à tourner mal, très mal. A lire.

Avant de vous rendre chez le libraire du coin pour vous procurer le bouquin de Caryl Férey et d'aller voir le bon film de Julian Temple, visionnez ce clip de la belle version de "Redemption Song" enregistrée par Joe Strummer quelques temps avant sa disparition.

 

 

Hautes Pyrénées, le 19 août 2007.

17/08/2007

R comme Reuzeau (Jean-Yves), biographe de Janis Joplin

medium_R_2.jpgIl y a huit jours je m'énervais tout seul dans mon coin contre la rente que constituait Jim Morrison pour nombre d'éditeurs du monde entier, le rocker enterré au Père Lachaise étant toujours source de ventes garanties. Je m'en prenais particulièrement à l'inutile bouquin édité par Sam Bernett chez "Privé" mais aussi aux excellentes éditions du Castor Astral qui totalisent un nombre suspect de livres sur l'ex chanteur des Doors. En évoquant "Janis joplin et Jim Morrison, face aux gouffre" j'essayais de vous dire que tout cela commençait à bien faire.

Aujourd'hui, en parlant du "Janis Joplin" de Jean-Yves Reuzeau, vous allez vous dire que je creuse ma tombe puisque l'auteur en question est également le directeur littéraire du Castor Astral. Pas du tout. En signant chez "Folio Gallimard" une bonne biographie de la texane qui devrait passionner celles et ceux qui profitent de l'été pour assouvir leurs connaissances sur le rock, Reuzeau est à remercier et à féliciter.

En vérité peu de livres sur Janis étaient jusqu'ici disponibles en langue française et, si ma mémoire ne me fait pas défaut, mis à part la traduction de celui de Myra Friedman chez Albin Michel, désormais introuvable puisque remontant aux années soixante-dix et le plus récent mais bourratif "Sur la route de Janis Joplin" de Jeanne-Martine Vacher (Seuil, 1998) la littérature sur le sujet était éparse.

Le travail de J.Y. Reuzeau mérite donc plus que le détour et s'il devait permettre d'éclairer à nouveau l'œuvre d'une chanteuse bien souvent caricaturée comme une simple junkie de base, l'effort de son biographe serait déjà récompensé.

Puisque nous en sommes au chapitre des amabilités, à propos de la politique de Gallimard qui, au travers de sa collection "Folio biographies", publie en format de poche, sur les sujets les plus divers, beaucoup d'inédits, il convient d'être reconnaissant et de dire bravo à Gérard De Cortanze son inspirateur et directeur de collection.

Hautes Pyrénées, le 17 août 2007.

 
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