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21/09/2010

Une nuit à l'assemblée nationale

une-nuit-à-l-assemblée-nationale-affiche_253472_29171.jpgCertains trouveront sans doute que le titre du présent billet pourrait renvoyer subsidiairement au film du même nom réalisé par Jean-Pierre Mocky et à la faveur duquel on se plonge dans les turpitudes naturistes d'une attribution de Légion d'Honneur foireuse par un député qui répond au nom fleuri de Aimé Dugland. Un tel renvoi serait purement fortuit au regard de scandales plus proches de nous, chacun ayant à l'esprit que M. Patrice de Maistre n'est pas naturiste et à plus forte raison que Eric Woerth n'a pas une tête à s'appeler Dugland...

En vérité, mon humeur de la semaine a été franchement mise à l'épreuve par cette droite qui, décomplexée et aux abois, s'ébrène avec notre Constitution et notre Parlement. En effet, si la République était cotée en bourse - ce qui, au rythme où dégringolent les choses, ne saurait tarder, sa valeur avoisinerait sans doute le prix de l'action Eurotunnel des bonnes années, celles où son cours parvenait à atteindre victorieusement parfois jusqu'à un chiffre.

En cela, le "débat" organisé lors du vote de la "réforme" sur les retraites a été l'occasion de confirmer le niveau d'indignité dans lequel notre gouvernement enlise la République.

Eric Woerth - dont chacun admettra en ce moment qu'il a toutes les raisons de bomber son torse orné d'une légion d'honneur plastronnante et de faire le malin sur le banc du gouvernement avant, espérons-le, de rejoindre le banc des accusés - s'est vautré dans l'insulte crasse comme on n'en avait pas vu depuis longtemps à l'Assemblée Nationale, notamment lors de ces sessions extraordurières qui, en plein Dreyfus, voyaient pleuvoir des "glands de potence", des "du syndicat", des "torche-cul" et autres "fleur de pus" sur certains représentants du peuple. Comme en témoigne le compte rendu intégral des débats de l'assemblée nationale, Eric Woerth a cru bon renvoyer un pitoyable, un misérable et un lâche "collabo" à la députée Catherine Coutelle, députée de la Vienne.

Sans doute est-il bon de rappeler à cet instant que M. Eric Woerth, élémosinaire en chef des oeuvres sarkozystes, a promené sa gamelle de campagne chez André Bettencourt dont l'histoire familiale ne correspond pas précisément à l'idée que je me fais de la Résistance. Sauf à considérer que le fait de diriger les colonnes infernales d'un journal collaborationniste répondant au doux nom de "La Terre Française" et, en plein Vichy, d'y écumer d'amabilités contre les "Juifs pharisiens hypocrites", permet d'être éligible au titre de compagnon de la Libération.

L'indécence n'ayant aucune limite dans le moment présent, le dernier acte de cette séance lamentable aurait pu se dérouler dans le théâtre d'un casino d'une grande ville thermale de province au mois de juillet. Bernard Accoyer, dont les talents manquent aujourd'hui cruellement à l'oto-rhino-laryngologie, s'est livré à un exercice de partisannerie "factieuse" (Didier Mathus, député de Saône-et-Loire), mettant autoritairement fin aux débats de l'assemblée, transformant le règlement de l'assemblée en paillasson sur lequel les députés UMP vinrent essuyer à qui mieux mieux leurs godillots crottés.

Je propose donc sur le champs une modification de ce qu'il reste des lambeaux de notre constitution : "Les articles 24 à 33 de la Constitution sont abrogés. L'article 24 est désormais ainsi rédigé "Le Parlement est croupion. Le Président de la République est chargé de son exécution".

A la semaine prochaine.

Stéphane Nivet

06/09/2010

Les chiffres et les lettres

eric_woerth_2.jpg?w=100&h=150On savait l’homme ami des chiffres. Avec sa bobine de comptable, Eric Woerth les manipulait comme personne. Ceux de l’Etat mais aussi ceux de l’UMP n’avaient guère de mystère pour lui. Depuis quelques semaines nous découvrons l’ancien ministre du budget sous un nouveau profil, celui d’homme de lettres. Ses échanges de missives avec De Maistre, l’ex patron de sa femme, sont en passe de devenir plus célèbres que celles de Madame de Sévigné. Woerth est donc un écrivain. Pour une simple question de breloque, il écrit, mais il écrit tant qu’il ne se souvient plus d’avoir écrit. A croire qu’entre Woerth et la veuve Bettencourt le plus sujet à perte de mémoire n’est pas nécessairement celui que l’on croit. Parmi les nombreux échanges épistolaires dont on nous parle aujourd’hui et qui concernent le si exemplaire ex-ministre du budget, Le Canard Enchaîné de la semaine nous révèle l’existence d’une lettre de Gaymard, alors ministre de l’agriculture, faisant un rappel à la loi concernant ces fameuses terres de la forêt de Compiègne dont il conviendrait que Woerth nous offre quelques explications quant au sort. Homme de chiffre devenu homme de lettres, Eric Woerth est, convenons-en, sur le point de devenir une super-star. Pour vous en convaincre, tapez simplement « Eric » sur google et vous constaterez que notre homme ne fait plus simplement partie de la crème de Chantilly, il est aussi en bonne place sur le plat à gratin. Notre alpiniste occasionnel et néanmoins funambule chez Sarkozy arrive donc désormais en tête des « Eric » devançant Zemmour, Cantona, Clapton, Besson, Bompard, l’autre moitié de Ramzy, Abidal et même l’ancien coach de l’OM, le belge Gerets.

Il faut dire que depuis une bonne douzaine de semaines. Chaque jour nous en dit plus sur la vie tumultueuse d’Eric Woerth. La, les affaires Woerth n’en finissent pas d’en finir et la presse, tirant les fils de la bio du ministre, nous fait découvrir peu à peu le petit monde d’Eric Woerth. Madame et son goût du canasson, Liliane Bettencourt, De Maistre, Sérigny et l’affaire Molex, Compiègne, César, des collaborateurs œuvrant généreusement à l’UMP comme dans les ministères. Bref, même si le cas d’Eric Woerth restera dans l’histoire comme subsidiaire au regard de ce que cette affaire nous enseigne sur la déliquescence d’une République cornaquée par Sarkozy, il serait tout de même temps que Woerth se retire, terme aimable pour lui demander de dégager.

Lyon, le 6 septembre 2010.

Photo DR

07/07/2010

Quel exemple

elysee.jpgComme à propos du rendez-vous avec Thierry Henry, on ne saura jamais qui de Nicolas Sarkozy ou de Joyandet a pris l’initiative de la démission du secrétaire d’Etat. Ce dernier l’avait annoncé sur son blog mais l’Elysée a voulu reprendre la main en ajoutant un nom ; celui de Christian Blanc. Du coté de chez Sarko on créait ainsi de l’exemplaire, on frappait du point sur la table. C’est raté car les français ont vite vu là une piètre manœuvre pour essayer de jeter un voile pudique sur la véritable affaire ; celle qui touche Eric Woerth. Car il n’y a pas de commune mesure entre le billet d’avion voire le permis de construire de Joyandet ou les chères cigares Christian Blanc et ce qui chaque jour se découvre un peu plus autour de l’ex-ministre du budget. A ce sujet en fin de semaine dernière ce sont nos voisins suisses qui ont rajouté une touche au tableau en détaillant par le menu les longs séjours de Madame Woerth à Genève. On y apprend qu’au moment où son mari exhibait la liste des 3000 noms d’exilés fiscaux que lui avait remise un « repenti » de la HBSC elle s’occupait du camouflage de l’argent de madame Bettancourt mais participait aussi à des soirées mondaines où les dits exilés n’oubliaient pas d’annoncer leur participation au financement de l’UMP. Pourquoi perdre son temps ? Mais là il est difficile de croire que son trésorier de mari n’était pas au courant. Car dans cette affaire nauséabonde le pire réside bien dans ce mélange de genres entre le rôle d’un ministre en charge de questions financières et le trésorier du parti majoritaire. On se demande à ce stade si cette république agonisante tombera encore plus bas. En attendant à Sarko qui voulait faire un exemple en virant deux sous ministres si importants qu’ils ne sont même pas remplacés, on peut crier dans tous les sens du terme : Quel exemple !

Philippe Dibilio

Photo: DR

03/07/2010

Charité

IMG_0079.jpgEntre affaire Bettencourt, affaire Woerth-Bettencourt et Bettencourt-Woerth, l’histoire de la prime aux résultats accordée aux préfets n’a pas fait grand bruit. Pourtant depuis l’an passé, assez discrètement, nos préfets et sous-préfets peuvent bénéficier de primes allant de 40 à 60 000 euros par an pour peu que les statistiques en matière de sécurité et, nous dit-on, d’aide à l’emploi, soient bonnes.

L’histoire n’est donc pas nouvelle puisque c’est un décret Fillon de novembre 2008, paraphé également par ce brave Eric Woerth, qui a mis en place ce Sarko-formatage de notre haute administration à l’aide de critères affinés par Brice Hortefeux. Passons sur le fait que les préfets sont les seuls fonctionnaires de ce pays à bénéficier de quelques subsides supplémentaires sans que leur nombre soit automatiquement divisé par deux et positivons. Jusqu’à présent quand on nous retirait quelques points sur notre permis de conduire et que l’amende nous frappait, nous ne savions pas exactement où allait l’argent. En sachant maintenant que nos coupables comportements aident des familles de préfet à mieux vivre, avouez que cela change la donne. Comme nos contributions au pouvoir d’achat des préfets ne sont pas minces, on nous parle en effet de sommes pouvant approcher les 60 000 euros, je suggère aux préfets et sous préfets ainsi gâtés par la république de faire preuve, en retour, de générosité. Je leur rappelle que les contributions privées au financement des partis politiques sont plafonnées à 7 500 euros. Au titre de la reconnaissance du ventre, comme l’a fait Madame Bettencourt, il m’est agréable de rappeler, à ces fonctionnaires primés, que l’UMP prépare d’ores et déjà une campagne présidentielle en 2012 et que son trésorier, Monsieur Eric Woerth, serait bien entendu disposé à accueillir leurs charitables offrandes.

Lyon, le 3 juillet 2010.

24/06/2010

Amours clandestines

Eric_woerth.jpg« De Lyon et d’ailleurs » est lui aussi capable de fournir à la nation une écoute clandestine qui apporte la lumière qui convient dans l’affaire Bettencourt-Woerth.

La scène se passe au petit déjeuner dans la cuisine Vogica du couple Woerth. Florence qui couve à l’époque la fortune de Madame Bettencourt déguste un Earl Grey de marque offert par Christian Blanc tandis que son époux Eric, alors ministre du budget, lui beurre la tartine ...

Florence : tu sais honey, j’ai découvert que Madame Bettencourt …

Eric : stop mon amour, je ne veux en savoir plus.

Florence : mais arrête Honey, j’allais te dire que Madame Bettencourt utilisait plizz pour faire briller ses surfaces modernes.

Eric : pardonnez-moi ma mie mais je croyais que vous alliez me faire des révélations sur des évasions fiscales, des comptes en Suisse ou sur quelques manières peu recommandables de payer moins d’impôts.

Florence : vous n’y pensez pas Honey, il convient de séparer notre vie professionnelle de notre intimité. Concernant le financement de l’Ump passe encore mais pour le reste sachons rester, l’un comme l’autre, dans notre rôle.

Eric : je t’aime Florence

Florence : moi aussi Honey

Eric : bonne journée amour de ma vie, je m’en vais compter l’argent des Français

Florence : bonne journée Honey, moi celui de Madame Bettencourt

Bien que court, cet extrait d’écoute clandestine devrait fermer définitivement le clapet de ce monsieur Montebourg et rétablir l’honneur des Woerth. Ne me dites pas merci.

Lyon, le 24 juin 2010.

Photo: DR

 
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