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12/09/2010

En rade

Portrait_Roger-G%C3%A9rard_Schwartzenberg.jpgLes radicaux de gauche vont-ils se réjouir du pactole récupéré par Bernard Tapie. Avouez qu’une telle somme, 210 millions alors que Christine Lagarde en prévoyait tout juste une cinquantaine, serait opportune pour peu que Baylet offre une investiture à l’ancien ministre pour les présidentielles de 2012.

Sur le plan local, cette éventuelle candidature Tapie ne semble pas faire l’unanimité puisque le conseiller général Louis Pelaez est monté au créneau contre Baylet et son " opération Tapie " non sans, au passage, égratigner son leader Thierry Braillard disposé à tout, selon Pelaez, pour revenir en odeur de sainteté auprès de l’héritier de la dépêche du midi. Le pompon radical de la semaine n’est pourtant pas dans cette querelle rhodanienne mais dans les propos d’un revenant, l’oublié Roger-Gérard Schwartzenberg.

" Il y a dans nos rangs ", a déclaré le président d’honneur des Radicaux de gauche, Roger Schwartzenberg, "plusieurs responsables susceptibles de rivaliser avec ces géants que sont Manuel Valls, Jean-Louis Bianco ou Gérard Collomb ". Venant d’un Schwartzenberg le coup est rude. Valls, Bianco et Collomb vont-ils s’en remettre, rien n’est certain. Jusqu’ici, comme tout le monde, je considérais Schwartzenberg comme un politicien subsidiaire, aux limites du " sans importance " mais aux allures de " chic type ". Ce brillant prof de droit avait, il faut le dire, un parcours politique inespéré, largement le fruit de l’amabilité du PS à son égard comme si, il y a vingt ans de cela, les socialistes s’étaient dit à son propos  "entre lui et un autre, pourquoi choisir un autre ". De fil en aiguille le Schwartzenberg en question s’était retrouvé secrétaire d’Etat puis Ministre et au final dans l’oubli. Cette charge contre Valls, Bianco et Collomb a au moins un mérite, celui de nous rappeler que ce bon vieux Roger-Gérard est toujours vivant. A l’occasion de cette attaque du Radical contre les socialistes, j’ai essayé de me remémorer quelques faits d’armes de Schwartzenberg. Deux se sont signalés à ma mémoire. Le premier consistant à me souvenir d’un type qui jadis effectuait toujours les permanences de son parti en août, profitant alors de l’occasion pour bombarder de communiqués sans importance une presse qui somnolait alors que la France bronzait. Politicien aoûtien, Roger-Gérard Schwartzenberg rentrera aussi dans l’histoire comme le seul homme de gauche à avoir, dans une lutte terrible contre Giscard, caché sa calvitie par un savant mouvement capillaire naturel. Pour ces deux raisons, Schwartzenberg mérite une reconnaissance le situant pas très loin des tous premiers géants de la gauche.

Lyon, le 12 septembre 2010.

09/09/2010

Gambetta

200px-Borloo-181207.JPGIl est assez amusant d’écouter les propos du personnel politique de la droite à propos d’un Jean-Louis Borloo que quelques-uns aimeraient caser à Matignon et dont on craint beaucoup à l’UMP l’irrésistible ascension. En vérité détracteurs et supporters de Borloo trouvent à l’ancien avocat de Bernard Tapie une qualité commune, celle d’être incompréhensible par le commun des mortels. Les uns, vous l’avez compris regrettant la grande difficulté du Ministre d’Etat à articuler quelque chose de construit, clair et déchiffrable, les autres étant persuadés que leur champion demeurant la plupart du temps imbitable, nul dans le pays ne songerait à contester le charabia valoisien de l’ex maire de Valenciennes. Côte coupe de douilles, c’est du pareil au même. Les potes du ministre pensent que sa chevelure hirsute incarne assez bien le charme créatif et une pensée truffée d’épis, les autres, tout au contraire préférant mettre en avant la perfection capillaire d’un Fillon sponsorisé par Pento.

Jargon incompréhensible, coiffure rebelle et pas toujours très nette ne sont pourtant pas les seuls éléments qui divisent le petit monde de la Sarkozie à propos de Borloo. Les hallucinations borlesques pré-Copenhague ont laissé par ailleurs des traces tenaces qui, interprétées aujourd’hui par les détracteurs disqualifient définitivement un type dont le baratin illuminé ne passe plus. Tout au contraire, les propos, nécessairement durables du ministre provoquent une légère lévitation parmi les quelques groupies bigotes qui considèrent leur gourou comme une lumière.

N’ayant aucune raison de me mêler des tenants et aboutissants de ce débat qui fracture la droite française, je dois tout de même vous avouer qu’après avoir entendu les fameuses « dix propositions » livrées à Lyon le weekend dernier par Borloo devant ses amis, me voilà sur la plus extrême défensive tant le discours du chef valoisien me paraît plus proche d’un Darry Cowl lèche botte que de Gambetta.

Lyon, le 9 septembre 2010.

Photo/ DR

07/09/2010

Fable centriste lyonnaise

BorlooBerger.jpgUn jour, non loin du pré, le loup trouva une peau d'agneau que le berger avait abandonnée. Ravi de l'aubaine, le loup l'enfila par-dessus sa fourrure et se mêla au troupeau. Personne ne le reconnut car tout le monde croyait que c'était un mouton parmi d'autres.

Borloo berger ou loup déguisé ? Farce radicale ?

Berger ?

Borloo, le radical valoisien joue le berger des troupeaux. Vous savez : ces brebis qui paissent les herbes du Marais, au centre de la quadrature du cercle ; d’un cercle étrange dont le foyer principal est nettement à droite (ce qui, vous en conviendrez, devrait surprendre tous ceux qui ont quelques souvenirs de géométrie). Berger – je ne parle pas ici de l’anis du même nom – Borloo veut « ras-sem-bler autour de Sar-ko-zy ! ». Et bien sûr aller chercher une par une si possible les brebis égarées du Modem.

Voilà une bêlante qui a de quoi réjouir les loups aux aguets qui s’inquiètent d’une éventuelle dispersion de la barbaque en 2012. Unis Mais Prudents, ils sont venus canines rognées aux ateliers – aux râteliers ? - du parti radical à Lyon, le weekend dernier. Imaginez la brochette digne du parc animalier de Courzieu : Lagarde, le chef de file des sénateurs-loups et sa collègue Lamure, les députés-loups Perrut, Verchère et Grossetête. Sans compter le louveteau Havard. C’est vous dire la fibre sociale de la meute.

Loup déguisé ?

L’hypocrisie est l’hommage que le vice rend à la vertu dit le proverbe : le Borloo est vice (admirez la riche polysémie des mots) - président de l’UMP.

Le déguisé, que Forbes donnait il y a quelques années comme l’un des avocats les mieux payés du monde (normal, il était aussi celui du Nanard tapi sous l’aile peu regardante de la gauche) se verrait bien aujourd’hui Premier Berger des loups : un Fillon à creuser.

Farce radicale ?

D’autres brebis égarées, abritées des loups dans une cabine téléphonique du côté de Seignosse se demandaient si elles n’allaient pas partir pour une nouvelle transhumance avec Tapie comme berger. Atteintes de tremblante, elles en oublient Gambetta leur premier berger et sa création de l’impôt sur le revenu, sa gratuité de l’enseignement secondaire et son initiative préparant ce qui allait devenir la loi de séparation de l’Église et de l’État. De Gambetta à Tapie, en passant par Favre, les chemins d’alpage sont souvent tortueux. Avec le risque de perdre quelques brebis car, comme le dit si bien la fédération des Radicaux de Gauche de la Somme « le centre pur ne représente rien. Baylet souhaite donc la fusion des deux partis pour créer un mouvement de centre-droit, quitte à ce que les derniers républicains de gauche du PRG passent au parti socialiste… »

Jean-Paul Schmitt

16/07/2010

B comme "Bernès (Jean-Pierre)"

B 5.jpg

Il y a peu, on entendait à nouveau parler de Jean-Pierre Bernès cet ancien collaborateur de Bernard Tapie au sein de l’Olympique de Marseille de la « belle époque » qui, devenu agent de joueurs, négociait le contrat de Laurent Blanc avec la Fédération Française de Football. Un Jean-Pierre Bernès annoncé même un temps à la tête de l’A.S. St-Etienne et qui représente les intérêts de Franck Ribéry, Samir Nasri, Squillacci, Jimmy Briand, Adil Rami ou de l’entraîneur de l’O.M. Didier Deschamps. Un Bernès dont le retour à Marseille était souhaité il y a à peine un an par Jean-Claude Dassier afin de s’occuper du recrutement, un Bernès indispensable aux uns comme aux autres. Le petit monde des agents est probablement le moins connu des amateurs de football. Il y a peu, au fin fond de l’Afrique du Sud, ils étaient nombreux à tourner physiquement ou virtuellement autour de leurs poulains mis en garde à vue par Domenech dans un hôtel luxueux. Après ces affaires nauséabondes de l’équipe de France ils demeurent pratiquement les seuls à s’en sortir alors que joueurs, entraineurs et dirigeants ressortent amoindris ou détruits.

Très souvent la presse, quand elle souhaite se payer ce monde pas toujours très clair des agents de joueurs, s’offre le plus souvent Jean-Pierre Bernès, une cible facile dont la vertu essentielle est de faire passer le reste de la profession pour une filiale des compagnons d’Emmaüs.

ballon-foot2.gifL’Equipe, ce quotidien de référence si prompt à rapporter les propos de Nicolas Anelka après la rencontre France-Mexique ne semble pas frétiller autant quand il s’agit de nous décrire, par le menu, ce petit monde des agents, de leurs transactions, de ces petits arrangements avec la règle et même la loi. C’est malheureux.

Lyon, le 16 juillet 2010.

16/11/2009

I'm from Barcelona

drapeau%20catalan.bmpSamedi matin, après quelques jours passés à Barcelone pour parler « métropolisation », j’étais de retour dans notre bonne ville. Il est toujours amusant de constater sur une période aussi brève les quelques petits évènements qui font l’actualité d’une telle métropole sans que jamais la moindre information ne suinte jusque chez nous. Mis à part la probable fusion « Iberia-BA » et de nombreux articles situant l’Espagne en crise par rapport à ses voisins européens deux informations dominaient. La première concernait la mise en détention d’un Maire par le célèbre juge Garzón dont les agissements sont loin de faire l’unanimité. Le Parti Socialiste Catalan ayant désigné une jeune femme de 32 ans, genre sciences-po et végétarienne, pour succéder à cet élu indélicat, j’imagine que le type en question, du fond de sa cellule, a du se résigner au fait qu’en l’espace de quelques heures il avait basculé dans l’histoire ancienne, la jeune élue lui piquant la vedette. Encore plus catalino-centrée, l’annonce par l’actuel président du F.C. Barcelone qu’au terme de son mandat, il irait bien faire un petit tour en politique. Vous l’imaginez l’information à produit son petit effet ce d’autant que le dénommé Laporta ne compte pas aller coller des affiches pour les nationalistes mais bien être candidat lors de prochaines élections.

Un Bernard Tapie catalan est peut-être né la semaine passée ?

Toujours à propos de l’Espagne mais plus rock’n’roll, en parcourant le mensuel culturel « Go mag », je me suis aperçu que sans la « bibine » nos amis ibériques seraient bien en peine d’accéder au rock et à l’électro. C’est ainsi que « Heineken » fait du naming avec une salle de Madrid et dispose d’un site pour acheter des tickets de concert (heineken.es). La concurrence, en l’occurrence « Vetrins », coule de doux amours sponsorisés avec « Live Nation » et « Budweiser » invente là-bas la « Genvine music » (sic !) en soutenant la techno sans oublier « Jack Daniel’s » qui roucoule dans les oreilles des rockeurs en finançant un concours de maquettes depuis son site. Il conviendrait de signaler tout cela à notre Jean-Louis Murat national qui après son « portrait-pochtron » dans Libération il y a quelques temps (voir billet ici) pourrait avoir une ouverture sur un marché espagnol que Benjamin Biolay occupe presque à lui seul concernant les artistes français.

La France justement, bien que voisine, attriste nos amis catalans qui attendent toujours un TGV de plus en plus hypothétique qui connecterait Barcelone à Lyon en trois heures et des poussières. Nos voisins qui connaissent pourtant des difficultés en cette période de crise avec leur flux d’immigration sud-américaine, produit d’accords bilatéraux, ne comprennent pas pour autant « notre » débat sur « l’identité nationale ». Fort heureusement l’image de Bachelot se faisant piquer contre la grippe a été reprise par toutes les télévisions, confirmant ainsi notre sens du ridicule et mettant les rieurs de notre côté.

Lyon, le 16 novembre 2009.

 
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