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30/06/2009

Criminel

Bernard%20Madoff%20large.jpg150 ans de prison c’est la peine requise contre Bernard Madoff, célébrité de l‘escroquerie que l’on ne présente plus. Je ne sais, au moment d’écrire ces lignes quel sera le verdict de la cour américaine mais l’impact de ce chiffre aura fait son effet. 150 ans voilà qui est astronomique au regard de la vie d’un homme surtout lorsqu’il affiche déjà 71 ans.

Certes Madoff ne purgera pas sa peine complètement, entre remise et état de santé il quittera, discrètement, la prison assez rapidement. Mais au fond là n’est pas la problème, ce qui est choquant c’est que le débat glisse sur le terrain de l’anecdote : 150 ans c’est trop ou pas assez, réaliste ou totalement farfelu, il y aura certainement un journal ou une chaîne de TV pour poser la question avec demande de réponse par Internet ; il n’y a pas de petits profits.

Et pendant ce temps l’escroquerie continue avec ceux qui n’ont pas été mis en cause c’est à dire tous les autres escrocs, y compris en France. C’est ce que dit très bien une journaliste qui a tenu la plume de l’auteur du livre « Les confessions d’un banquier pourri ». Interrogée par le « Progrès » sur ce qu’elle a découvert en écrivant ce livre elle répond : » L’arrogance des membres de la classe financière française Ils pensent qu’au fond un krach ce n’est pas si grave, puisqu’ils vont pouvoir effacer leurs dettes et recapitaliser leurs banques. D’une part en demandant l’aide du pouvoir politique, d’autre part en continuant de racler les fonds de portefeuille des clients des guichets. Et l’après krach ne les inquiète pas. Ils font le dos rond, ils estiment qu’il s’agît d’un cycle historique, que c’est donc destiné à ne pas durer et qu’après tout recommencera comme avant ». Et c’est bien comme cela que ça se passe.

Il y a en France des dizaines de banquiers et autres financiers coupables de spoliation de leurs clients en général de modestes investisseurs, souvent jeunes primo-accédants. Et que s’est-il passé ? Rien. Je trouve pour ma part scandaleux qu’aucune voix ne soit élevée (sauf celle de Jean Montaldo dont les écrits ne sont pas ma tasse de thé mais qu’en l’occurrence j’approuve) pour demander la criminalisation de ces actes. En ces temps où l’on vote une loi à propos de tout ou n’importe quoi pas une proposition pour envoyer au pénal les auteurs de ces crimes financiers. Ni à gauche, ni à droite ni à l’extrême gauche. Il faut que tous soient totalement immergés dans le système pour en arriver là et considérer que gagner de l’argent, beaucoup d’argent, même en ruinant les autres demeure un acte de bravoure

Philippe Dibilio.

19/01/2009

Inspecteurs Harry

wallstreet.jpgEn novembre 2005, un certain Harry Markopolos transmettait à la SEC (Securities and Exchange Commission) un document d’une vingtaine de pages expliquant, quasi par le menu, le système construit par Bernard Madoff. Ce rapport qui restera sans suite avait été précédé, dès 1999, par une première alerte qui elle-même avait été sans le moindre effet.

Markopolos décrivait alors dans ses mises en garde successives le système Madoff avec la liste des rabatteurs, les détails sur le fonds et même s’inquiétait, en cas de débâcle, de la vulnérabilité de quelques banques privées européennes partenaires privilégiés de Madoff.

Harry Markopolos devrait être entendu prochainement par la commission d’enquête du Congrès américain qui pourra à cette occasion, n’en doutons pas, s’intéresser à la capacité de la SEC à tenir son rôle de « gendarme » et voire même à s’interroger sur le fait que seul et perdu dans son coin, un type comme Markopolos, puisse avoir été capable de découvrir ce système délictueux et ce depuis tant d’années.

En Europe, les banques partenaires de Madoff ont paraît-il été grugées par le financier américain. Telle est pour l’heure la version officielle d’institutions financières qui se réfugient toujours dans le silence renvoyant dans leur 22 mètres les journalistes qui s’intéressent au dossier. En publiant avant Noël le document élaboré en 2005 par Makopolos, le Wall Street Journal a mis les pieds dans le plat. De quoi peut-être rêver que dans notre pays, un de ces jours, la presse économique et financière fasse preuve aussi d’une certaine hardiesse et pourquoi pas aille jusqu’à conduire un véritable travail d’investigation, d’autres diraient un véritable travail de journalisme.

Lyon, le 19 janvier 2009

Photo:DR.

 
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