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22/05/2009

Paranormal

francis-lalanne.1239878583.jpgLes commentateurs les plus avisés regrettent que les Français ne s’intéressent pas plus à l’Europe alors que les élections au parlement européen arrivent à grand pas. C’est regrettable ce d’autant que l’on assiste à un véritable renouvellement. A côté des Barnier, Peillon, Cohn-Bendit et autres Mélenchon, de jeunes pousses se mêlent enfin de politique et, à l’évidence, les Français ne mesurent pas bien ce phénomène. Prenez Francis Lalanne, en voilà un qui apporte son lot de fraîcheur et de candeur dans le débat public. Avec Wechter, il s’est lancé dans la bagarre. Ici, du côté de Lyon avec la proto-Umpiste Marie-Laure Boulot et le célèbre Jean Brière, jadis viré des verts pour une raison de saine amnésie qui m’empêche de vous en dire plus, Lalanne rénove la vie politique. Après sa période de chevènementiste, Lalanne est devenu écolo. Attention par un de ceux qui veulent « repeindre l’économie en vert », couleur qui n’est plus « celle de l’écologie mais de la pollution ». Non, Lalanne est révolutionnaire car aujourd’hui « la révolution, c’est la révolte par le vote » et si jamais la patrie était en danger sachez que notre artiste lyrique s’imagine bien comme « une sentinelle de la démocratie ». Si l’aventure ne se terminait pas très bien pour lui, Lalanne ayant des moments de fulgurances, imagine dans ses rêves les plus fous « un cyber-parlement sur Internet afin de dénoncer ce qui est dangereux pour les citoyens européens.»

La démocratie c’est vraiment formidable et des élections comme celle au parlement européen sont parfois le creuset des idées de demain, le seul moyen de faire franchir aux concepts nouveaux la cloison invisible dressée par les Partis institutionnels.

La France est peut-être sur le point de perdre un chanteur, ce qui est après-tout une nouvelle pas si mauvaise que cela. Mais si l’Europe héritait d’un nouveau barde, il resterait à nos parlementaires de veiller avant chaque séance de l’attacher en haut d’un arbre bien bâillonné. L’ensemble des citations proviennent de l’excellent Tribune de Lyon une des rares publications locales qui s’intéresse au paranormal. Merci à eux.

Lyon, le 22 mai 2009.

Photo: DR

 

17/03/2009

Ô Herbe !…

Barniherbe.jpgNon, il ne s’agit pas d’une invitation à fumer la moquette, fut-elle celle d’un cinéma. Il s’agit du film de deux jeunes réalisateurs qui nous offrent là un documentaire tout sauf manichéen sur les éleveurs laitiers en Bretagne.

Je sais que je vais jeter une bouteille (de lait) à la mer tant le film risque de rester confidentiel, mais si vous en avez l’occasion, allez voir Herbe.

Dans ma belle commune, il y a autant d’hectares que de bovins et près de 130 fermes y sont encore en activité. Autant vous dire que j’étais bigrement intéressé par ce film projeté dans le cadre de la troisième édition de Festi’vache de Saint Martin en Haut, après « Nos enfants nous accuseront » de Jean-Paul Jaud et « La vie moderne » de Raymond Depardon.

J’ai eu la chance d’y rencontrer Olivier Porte qui a réalisé le film avec Matthieu Levain.

Petit-fils ou petite-fille de paysan, comme la plupart des habitants de France, vous croyez sans doute que les vaches se nourrissent d’herbe. Urbains, rurbains, que nenni !

La plupart se goinfrent de maïs et de tourteaux de soja brésilien, génétiquement modifiés comme il se doit. L’absurde modèle productiviste des années 70 étant passé par là, la plupart des éleveurs ont massivement investi dans la haute technologie des stabulations, des manutentions, des stockages, des distributions d’aliments pilotées par ordinateur, des épandages de pesticides guidés par satellite et désormais 90% de nos belles « Marguerite » et de nos paisibles « La Rousse », ruminent le cou entre des barrières galvanisées.

À côté de ces éleveurs shootés aux subventions bruxelloises, le documentaire nous montre des éleveurs, minoritaires encore, qui eux se shootent à l’herbe et qui redécouvrent les méthodes dites « herbagères ».

Un cinéma militant qui montre qu’une autre conception, plus durable, économiquement plus efficace pour les éleveurs – et ce n’est pas le moindre paradoxe – est possible. Un témoignage sans naïveté et sans pathos dans lequel les protagonistes des deux filières montrent leur métier avec passion. Un regard respectueux de chacun, mais résolument engagé… du côté de l’herbe.

Quelques moments de jubilation aussi quand André Pochon, le fondateur du CEDAPA (Centre d’Études Pour un Développement Agricole Plus Autonome) – il faut lire, voir, entendre cet octogénaire passionné – dénonce les âneries de la PAC (Barnier, à l’aide !).

À voir, même si la diffusion est très, trop, limitée. Même si c’est loin de la ville. La programmation et la bande annonce sont sur le site http://www.herbe-lefilm.com.

Jean-Paul Schmitt

Lyon, le 17 mars 2009

 

 

 

 

 
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