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25/03/2010

Assurance

obama.1201801546.jpgIl y a quelque peu, je voyais le ronchon Régis Debray, en promotion chez Jean-Pierre Elkabach sur LCP, s’interroger sur la santé politique de français ayant exprimé voici une bonne année leur illusoire appui à Barack Obama.

Autant, vous l’avez compris, avoir les yeux de Chimène pour un bureaucrate sud-américain aux accents staliniens est une quasi évidence, autant s’enticher pour un président yankee est de l’ordre de l’obscène pour notre agrégé dégagé. Depuis des mois, en vérité, Debray n’était pas le seul à persifler à propos d’Obama. Nombreux étaient aussi les anciens fans frappés de désenchantement et semble-t-il particulièrement surpris par la capacité de résistance de l’Amérique à l’égard de la création d’une assurance maladie, les forces de résistance au changement pullulant là-bas beaucoup plus que les alligators dans le bayou. En effet, depuis pratiquement un siècle, on se cassait les dents sur cette réforme pour une couverture-santé. En 1912, le républicain Theodore Roosevelt était battu faute d’avoir convaincu l’électorat de la nécessité d’établir une assurance-maladie. Près de cinquante ans plus tard, J.F. Kennedy, une fois élu, se trouvait dans l’incapacité de mettre en place une telle mesure. Il fallait attendre Lyndon Johnson, son successeur doté d’une très large majorité démocrate au Congrès pour que, dans la difficulté, les programmes destinés aux retraités et aux plus démunis soient adoptés. Moins de trente ans plus tard, mandatée par son époux de président, Hillary Clinton échouait à son tour.

Aujourd’hui les 46 millions d’américains dépourvus d’assurance-maladie peuvent former quelques espoirs. Si la réforme Obama prospère correctement, 30 millions d’américains devraient être à terme couverts et 45 000 par an échapper à la mort faute de soins remboursés. Au terme de dix mois de lutte acharnée et fort d’une certaine abnégation, le président Obama vient de marquer des points décisifs face à une Amérique de droite qui ne va pas pour autant désarmer pour « flinguer » cette réforme majeure et de gauche.

Lyon, le 25 Mars 2010.

07/02/2010

Bonne nouvelle

cover_vibrations.jpgA lire le numéro de février de « Vibrations », Gil Scott-Heron nous reviendrait plutôt en forme avec un album intitulé « I’m New Here » et un bouquin en préparation. Chanteur, poète, écrivain, militant, le créateur de « The Revolution Will not be Televised » et de « Johannesbourg » semblait perdu pour la cause, aux prises avec de graves problèmes de drogue qui lui vaudront quelques passages par la case prison et une santé plus que chancelante.

C’est à New York que Damien Bonelli a rencontré le musicien qui n’a pas perdu le goût pour la politique même si le temps du Black Panther Party est définitivement révolu. Justement à propos de Barack Obama, alors que la moitié de la planète chichite sur le supposé échec de la première année de mandat, Gil Scott-Héron ne boude pas son plaisir. « Il fait de son mieux après avoir hérité d’une situation merdique des Républicains et face à un congrès qui ne lui facilite pas la tâche » nous dit un Scott-Heron toujours surpris par le fait que beaucoup d’américains imaginaient « qu’Obama allait résoudre comme par magie tous les problèmes du jour au lendemain ». « J’observe », ajoute le chanteur, « qu’il y a beaucoup plus de gens qui se plaignent que de gens qui essaient de changer les choses dans ce foutu pays ».

Comme à son habitude « Vibrations » nous invite à faire le tour de la planète musicale avec ces quelques pages sur Gil Scott-Heron, un dossier sur foi et musique à Haïti, un reportage sur Istambul et le nouveau Massive Attack

Lyon, le 7 février 2010.

27/01/2010

Machiavel a fait des petits

Sarkomachiavelisme!.jpgBarak Obama a déclaré mercredi dernier : « J’ai perdu le sens du contact direct avec les Américains sur leurs valeurs essentielles ». Imaginez un instant Nicolas Sarkozy faire de même à propos des Français. On peut rêver. Ni lui, ni les ministres et sous-ministres qui nous gouvernent, ne feront amende honorable. Sauront-ils jamais dire la vérité ?

Dans l’auto congratulation - discipline dans laquelle les politiques sont experts quels que soit leur bord – notre président bat tous les records. Écoutez-le défendre ses réformes – car il s’agit de réformes, courageuses et bien menées, n’en doutez pas. Les mots sont martelés, répétés, bégayés, enflés, déclinés, commentés souvent avec déférence par les « journalistes » télévisuels. Ces « réformes » qui traînent pourtant avec elles une comptabilité mortifère d’emplois détruits aveuglément. Ces « réformes » qui laissent sur le bord du chemin de plus en plus d’exclus et de travailleurs qu’on qualifie désormais de pauvres. Ces « réformes » qui sont comme graffées sur toutes les façades de la République. Des façades qui se lézardent. Signées d’un seul et même tag : Sarko. Machiavélique !

Barak Obama voit sa popularité baisser nous serinent nos bons médias. Il ne serait plus qu’à 50% de satisfaction. Rappelez-moi celle de Nicolas Sarkozy en janvier 2010. Elle était de 32%, un niveau déjà atteint deux fois, en mai 2009 et en mai 2008.

Tout cela n’est que tambouille de chiffres me direz-vous et les seuls bons chiffres sont ceux de Nicolas. Comme ceux qu’il nous a livrés lors de ses vœux de 2010 : «Depuis 2007, la France a signé chaque année deux fois plus de grands contrats à l’export que durant les dix années précédentes. Deux fois plus !» Je vous conseille la lecture de l’excellent article de Cédric Mathiot dans Libé du 21 janvier dernier : sur l’ensemble des grands contrats signés par la France, le bluff est flagrant et la soi-disant performance est dans les choux. Manipulation encore. Version péjorative du machiavélisme.

Mais je chipote, tout va bien. Dormez braves gens, la République est calme et bien en laisse… Il n’est que de relire ce qu’écrivait Victor Hugo à propos de Louis Napoléon Bonaparte. Petit extrait :

« M. Louis Bonaparte se laisse volontiers entrevoir socialiste. Il sent qu’il y a là pour lui une sorte de champ vague, exploitable à l’ambition.

Alors il ne parle pas, il ment. Cet homme ment comme les autres hommes respirent. Il annonce une intention honnête, prenez garde ; il affirme, méfiez vous ; il fait un serment, tremblez. Machiavel a fait des petits.

Annoncer une énormité dont le monde se récrie, la désavouer avec indignation, jurer ses grands dieux, se déclarer honnête homme, puis au moment où l’on se rassure et où l’on rit de l’énormité en question, l’exécuter.

Jean-Paul Schmitt

02/01/2010

2008 en vrac

Entrée en vigueur de l’interdiction de fumer dans tous les lieux publics en France – Défaite de la droite aux élections municipales – Visite du Pape en France et 150ème anniversaire des apparitions de la vierge à Bernadette Soubiron à Lourdes – Disparition de Aimé Césaire -Barack Obama élu 44ème président des Etats-Unis - La sprinteuse Marion Jones incarcérée pour parjure - Crise des subprimes - « Viva la Vida » de Coldplay meilleure vente d’albums dans le monde - Enorme succès pour Amy Winehouse avec « Back to black »….

Lyon, le 2 janvier 2010.

28/09/2009

P., P. and Mary

48081.jpgL’information est me semble-t-il passée pratiquement inaperçue. Mary Travers, la blonde « Mary » de Peter, Paul and Mary, est décédée du côté du Connecticut d’une longue maladie qui la rongeait depuis quelques années. Même si peu de monde ne se souvient de ce trio symbole du renouveau folk des années soixante, il est bon de rappeler que Mary Travers est à elle seule représentative de l’engagement en politique d’une génération de musiciens américains. Une fois dit que ce trio oublié ne peut en aucune façon rivaliser sur le plan artistique, avec l’immense Dylan, convenons que l’engagement de Mary Travers aux côtés de Peter Yarrow et Paul Stookey se mesure lui de manière tangible à la différence de celui du « Zim ».

Mobilisée dans le combat pour les droits civiques et contre la guerre du Vietnam, la native de Greenwich village ne va pas s’économiser pour soutenir, tout au long de sa carrière, nombre de causes, y compris les plus sociales. D’ailleurs le 28 août 1963, Mary, au sein d’un trio alors en pleine gloire, chantera à l’issue de la grande marche organisée par le pasteur Martin Luther King. Pour la reconnaissance des droits de l’homme dans une Amérique Latine alors ravagée par les dictatures couvées par l’oncle Sam, Mary Travers va œuvrer multipliant concerts, lectures publiques et même conférences. Symbole de cette gauche libérale américaine qui n’a jamais, au cours des années soixante, manquée à ses devoirs, Mary Travers s’inscrivait dans la lignée des Woody Guthrie et autres Pete Seeger. Un Pete Seeger qui, il y a peu, fêtait son anniversaire sur scène en compagnie de Bruce Springsteen, l’homme qui l’a remis dans l’actualité, de Joan Baez et de l’ex Rage Against the Machine Tom Morello. Alors qu’il est d’un âge canonique, on se souvient aussi de l’émouvante présence du créateur de « If I had a hammer », aux côtés de Springsteen pour la cérémonie d’investiture de Barack Obama.

Cette triste nouvelle a manifestement fait moins de « buzz » que le fait qu’une modeste chanteuse épouse de Président signe un fort médiocre blues pour Sylvie Vartan. La vie est ainsi faite et en plus on a pris l’habitude qu’il puisse en être ainsi.

Lyon, le 28 septembre 2009.

31/08/2009

Equations

Cet été 2009, n’a pas été plus palpitant que ses prédécesseurs mais ce mois d’août finissant mérite tout de même un rapide aller-retour.

Retour tout d’abord vers le Maroc et la popularité de Mohamed VI avec un sondage réalisé par l’hebdomadaire « Tel Quel » avec le soutien du Monde. Dès sa sortie, avant publication, l’hebdomadaire marocain auteur de la coupable enquête d’opinion a été mis au pilon par les autorités sans passer par la case justice. La raison est des plus simples : « La monarchie ne peut-être mise en équation ».

Pourtant cette première enquête historique n’était pas, loin s’en faut défavorable au souverain, le sondage du CSA ne mettant qu’un seul point négatif en évidence, le roi étant jugé par près de 50% des Marocains trop disposé à donner des droits aux femmes.

Pendant ce temps notre président se reposait comme un bien heureux suite à son malaise vagal. Bilan des opérations, selon le même CSA, 53% des Français indiquaient qu’ils étaient désormais satisfaits alors qu’ils n’étaient que 41% en mai dernier. J’enrage que pas une moindre seconde, Nicolas Sarkozy, l’homme qui adore sa mise en équation, n’a songé faire détruire les exemplaires de VSD.

Autre continent, autre sondage, celui là concernait, toujours début août, Barack Obama et a probablement fait grand plaisir à notre président car le nouveau président américain connaît un tassement de son indice de popularité.

Mohamed VI qui n’en veut pas, Sarkozy qui en redemande, Obama pris à son propre piège, en ce mois d’août au Maroc, en France et aux Etats-Unis, seules les opinions semblent avoir bossé cet été.

Toujours au registre des sondages, 78% des Français estiment que la France est bien préparée face à l’épidémie de grippe et  60%  trouvent que la mobilisation gouvernementale est adéquate. Tout va donc au mieux et si les Français avaient une bonne opinion du Parti Socialiste et de sa première secrétaire cela serait parfait.

En attendant les autres équations qui vont nous être proposées dans la semaine, terminons cette fin du mois d’août par une triste note. Suu kyi est toujours entre les mains de ses geôliers birmans, Thierry Jonquet s’en est allé et Willy De Ville doit être en ce moment à la recherche d’Edith Piaf, là haut au paradis.

Lyon, le 31 août 2009. 

06/06/2009

Classe

Comme probablement nombre d’entre-vous je n’étais pas devant ma télévision pour suivre l’interview « scoop » de Barack Obama par Laurence Haïm (Canal +). Aujourd’hui le président des Etats Unis croise par chez nous et il ne devrait pas nous échapper étant donné qu’il est l’invité de Sarko et quand notre président est à la télé il est pratiquement impossible de l’éviter. Voici donc, pour les retardataires, l’entretien exclusif de Canal sachant que si vous voulez voir à quoi ressemble un président classieux ce document est fait pour vous.

A propos de classe François Bayrou a encore quelques progrès à faire. Cela étant son altercation avec Daniel Cohn-Bendit sur le plateau de France 2 qui ne devrait pas être sans conséquences aura le mérite de le ramener sur la planète terre et de lui offrir un été salutaire à consacrer à la méditation.

Lyon, le 6 juin 2009

18/03/2009

Obama l’Afghan

OBAMA.jpgAvec son crane rasé et son visage très souvent inexpressif, Gérard Chaliand est un spécialiste de la geo-politique connu et apprécié des Français. Très souvent invité à la télévision, à la tête d’une impressionnante bibliographie, Chaliand était l’invité, il y a peu, de Gilles Anquetil et François Armanet, journalistes au Nouvel Observateur.

Alors que le nouveau Président Obama souhaite engager son pays dans une présence encore plus active en Afghanistan, il est probablement utile de se pencher sur le concept de « guerre zéro mort » mis en avant par Gérard Chaliand. Echaudés, depuis le Vietnam, par des pertes en hommes politiquement inassumables, les Etats-Unis militent, depuis la première guerre en Irak, confortés par l’intervention au Kosovo, pour ce type de « guerre propre » et « sans mort ». Il est bon tout d’abord de rappeler, comme le fait Gérard Chaliand, que ces guerres « zéro mort » ne sont pas une réalité. C’est ainsi que la première guerre d’Irak, si elle s’est soldée par environ 70 morts du côté américain, n’en totalisait pas moins de 40 000 dans le camp opposé. Plus décisif, l’actuelle guerre en Irak enregistre, quant à elle, de très lourdes pertes parmi les GI démontrant ainsi que, malgré un désir de « guerre propre », le bilan est catastrophique. Au bout du compte, en Irak, comme en Afghanistan, la simple présence aérienne est un leurre. C’est « au sol » que se conduisent de telles opérations et les armées occidentales connaissent le prix à payer pour de tels choix.

Le Président Obama a beau considérer que la présence renforcée des troupes américaines en Afghanistan est essentielle, cela ne le dédouane pas d’une réflexion sur l’utilité politique de son choix et du « prix à en payer ». Obama est loin d’être un imbécile, il mesure bien la nécessité de déboucher, au terme du renforcement de la présence militaire en Afghanistan, sur des négociations dont il est juste de dire qu’elles ne sont pas envisageables pour l’heure. Comme le dit d’ailleurs Gérard Chaliand, nous sommes, loin d’une « guerre zéro mort » et « le temps ne travaille pas pour les occidentaux ». Dans ce type de guerre considérée par les militaires comme « asymétrique », il est clair que les talibans intègrent l’impossibilité pour les occidentaux d’utiliser les moyens technologiques les plus en pointe et, sont prêts à assumer des pertes par dizaines, par centaines et voire même par milliers. De ce point de vue de réajustement prévisible des relations avec Téhéran pourrait s’avérer porteur d’avenir pour une politique américaine fort heureusement moins manichéenne que celle de G.W.Bush.

Barack Obama devra donc prendre en considération l’ensemble de ces éléments, une « guerre propre à zéro mort » étant à l’évidence contradictoire avec les inévitables combats au sol, leurs tristes bilans mortuaires et au bout du compte une issue politique particulièrement incertaine.

Lyon, le 18 mars 2009

Photo:DR

08/02/2009

L'Amérique

magazine litteraire.jpgL’élection de Barack Obama a produit un véritable vent de folie dans la presse multipliant numéros spéciaux et éditions parfois inutiles. Parmi les rares publications qui méritent de figurer au tableau d’honneur, « Le Magazine littéraire » devrait combler de satisfaction les amateurs de littérature et les fondus d’Amérique.

Avec son « Roman de la nouvelle Amérique » actuellement au Kiosque, l’équipe de Joseph Macé-Scaron signe un dossier de très belle facture qui avoisine la trentaine de pages. De la question raciale par Percival Everett aux écrivains juifs par Jérôme Charyn en passant par l’interview d’Aliocha Wald Lasowski sur « l’Amérique post-sexuelle » mais aussi le nécessaire Russell Banks qui s’interroge sur la dérive du « rêve américain », la livraison de février du magazine est excellente. Au-delà de rendez-vous avec quelques unes des belles pointures de la littérature d’outre-atlantique, le dossier passe en revue l’Amérique des écrivains. S’y collent, Brice Matthieussent, le traducteur entre-autre de Jim Harrison, Bernard Quiriny qui nous entraîne dans cette littérature qui scripte les banlieues résidentielles sur les pas de Lama Kasischke et John Cheever. A la manette, Minh Tran Huy et Alexis Lacroix coordonnent une somme vivante et informée qui aborde aussi les effets du 11 septembre et bien entendu l’élection de Obama, Gérard de Cortange recueillant les propos de Paul Auster sur « cette percée inouïe ». Avec Daniel Mendelssohn ou Greil Marcus, le lecteur passionné de livres et d’Amérique continuera de se perdre dans un continent littéraire, celui de Pynchon, Toni Morrison et Jay Mc Inerney.

Ce numéro indispensable ne laisse pas pour autant l’actualité de côté. Orwell, Ionesco, Kadaré, Lehane, Sallenave et Bentolila sont également à l’affiche d’une revue qui retrouve depuis quelques temps un admirable tonus toujours au service de l’intelligence tout en étant accessible à tous.

  • « Le Magazine littéraire », N°483, février 2009, 6 euros en kiosque.

Lyon, le 8 février 2009

Photo:DR

22/01/2009

Question de style


Lyon, le 22 janvier 2009.

21/01/2009

Décalé

obama.1201801546.jpgAvec cette chronique je vais sans doute commettre un crime de lèse-majesté, ou plutôt un crime de lèse-président-mondial. En effet je ne parlerai pas en ce jour historique de l’investiture de Barak Obama. Certes je ne minimise pas la portée de cet événement historique mais je ne tomberai pas dans l’Obamania universelle qui nous invite à attendre je ne sais quel miracle de cette élection. Bien sûr je mesure la portée de ce résultat sur son point le plus emblématique : l’arrivée du premier président noir aux USA. Moi qui suis de la génération qui a vibrée aux discours de Martin Luther King ; qui garde vivante l’émotion face au podium olympique aux trois hommes au poings noirs gantés dressés vers le ciel ; je mesure le chemin parcouru. Pour le reste j’attends pour voir et je me désole un peu de l’attitude des français qui comptent sur Obama pour améliorer leur sort car sur ce point notre avenir nous appartient et il est entre nos mains au travers de nos choix et de nos actions. C’est à nous de dire « oui nous pouvons ! » et surtout ce que nous voulons. Car, et c’est bien normal Barak lui s’intéressera à ce qui conviendra d’abord à l’Amérique. Alors je m’arrêterais aujourd’hui aux petites manœuvres de notre Sénat national qui nous fait, à juste titre, une crise d’urticaire après le traitement que lui a réservé Sarkozy au sujet de la loi sur la publicité à la télé. Allégrement court-circuité par un président de la République que rien n’arrête, la Haute assemblée lui a rappelé qu’il fallait compter avec elle en votant le texte à une faible majorité et en modifiant un point (l’augmentation de la redevance) cher au locataire de l’Elysée. Une manip qui n’a pu aboutir que grâce au président du groupe centriste ;Michel Mercier. Une attitude bien inattendue de la part de celui qui attend avec impatience un poste au gouvernement. Il s’agît de savoir comment interpréter sa position. Va-t-il mettre en valeur le fait qu’il a réussi à mobiliser les neufs membres de son groupe qui ont assuré la majorité nécessaire ? ou bien qu’il a montré au grand jour que le groupe centriste tient les clés du Sénat et donc qu’il est suffisamment puissant pour être incontournable? Dans les deux cas le président du Conseil Général du Rhône a mis en évidence le poids qui est le sien ce qui selon lui vaut bien un maroquin.

Philippe Dibilio

Lyon, le 21 janvier 2009

16/01/2009

Progressiste

Barack Obama.jpgHistorique. La semaine prochaine est historique puisque Barack Obama deviendra officiellement, très certainement dans une très grande joie populaire, Président des Etats-Unis d’Amérique. Chacun mesure la portée du symbole, la valeur d’exemple et l’immense espoir suscité par cette installation attendue depuis des semaines par le monde entier. Chacun mesure aussi l’ampleur de la tâche et du défi alors que le contexte demeure à très haut risque.

Affronter les inégalités, lutter contre les effets terribles d’une crise loin d’avoir produit la totalité de ses effets pervers, réformer le système de santé et de protection sociale sans oublier l’école, l’Irak, l’environnement sont autant de dossiers qui attendent le Président Obama dans le bureau ovale.

En faisant appel massivement aux anciens cadres de l’administration Clinton le nouveau Président veut manifestement rassurer en indiquant qu’il entend reprendre les choses là ou elles se situaient à l’arrivée de Bush Junior. Cela étant, comme l’écrit Paul Krugman dans son formidable « l’Amérique que nous voulons » (Flammarion), ce qui caractérise la Présidence Clinton c’est aussi la hantise de trancher et voire même une quasi absence de ligne sur fond de bonne gestion. L’échec des réformes inspirées par Hillary sur le terrain de la santé étant peut-être le signe le plus fort des limites de l’orientation Clinton. Au terme de son ouvrage Krugman s’interroge avec intelligence et même malice sur ce qui fonderait les deux options les plus vivantes, mais entremêlées, parmi les démocrates autrement dit la lutte sourde entre « Libéraux » (au sens américain) et les « progressistes ». De quel bois Obama est-il donc fait ? « Un programme progressiste » écrivait donc le prix Nobel avant que n’éclate la crise et l’avènement présidentiel de Obama, « Un programme progressiste exigerait donc des changements majeurs de politique, mais ne serait absolument pas révolutionnaire. Il aurait pour objectif d’achever le travail du New Deal, notamment par une extension du système de sécurité sociale afin de couvrir des risques évitables qui sont devenus beaucoup plus importants dans les dernières décennies. Et économiquement, ce programme serait tout à fait réalisable. Il reviendrait seulement à donner aux citoyens américains, face au risque financier et à l’infortune personnelle, le niveau de protection qu’ont déjà les citoyens des autres pays avancés ».

Nous espérons tous que Obama aura la volonté et les moyens d’imprimer cette nécessaire nouvelle politique progressiste dont l’Amérique et le monde ont tant besoin. Tels sont nos vœux, tel est notre espoir. Ne cachons pas notre joie. Mardi prochain Barack Obama sera président. Avouez qu’il y a de pires façons d’entamer une année nouvelle.

Lyon, le 16 janvier 2009

19/11/2008

Et pendant ce temps là, la méditerranée

62471589uj4.jpg« Et pendant ce temps là, la Méditerranée joue avec les galets » déclamait une chanson de Gilbert Becaud, je crois, car il me souvient de l’écouter en un temps où je portais des culottes courtes pas seulement l’été au bord de la plage, un temps où la date de mon anniversaire passait « comme une lettre à la Poste » ce qui ne fût pas le cas ce week-end. Certes Reims se situe loin de la Méditerranée mais il s’y passait des choses qui n’ont pas ébranlé le rythme des océans et des mers réunies. On s’y est allégrement étripé au nom des valeurs de gauche, une gauche qui ces deux derniers siècles, ou presque, a fait vibrer le peuple au rythme des espoirs qu’elle portait et des actions qu’elle menait. On y chantait même des chansons révolutionnaires jusque dans les congrès. Deux siècles ou presque parce que le rêve s’est éteint en 1983 lorsque François Mitterrand à peine élu lui a imposé une real-politique qui l’a engoncée dans les travers de ce capitalisme dont le premier secrétaire du congrès d’Epinay avait juré du haut de la tribune que pour être socialiste il fallait rompre avec ce système. Bien sûr il est inutile de ressasser le passé car, comme le disait Héraclite : « on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve ». Il n’en demeure pas moins que le PS d’aujourd’hui bégaye son histoire ce qui ne clarifie pas les choses. Car la question centrale qui se présente à lui et de savoir s’il s’engage dans un renouvellement du jeu politique national, ce qui suppose d’aller au bout du processus et afficher la perspective d’un bi-partisme à l’anglo-saxone plus proche du parti démocrate de Barak Obama que du parti socialiste de Jaurès. Dès lors il faut accepter de transformer les militants en supporters et s’adresser directement à eux en chuintant les processus de réflexion et de décisions toujours en vigueur. Un parti qui s’installe dans la société capitaliste avec la volonté de l’amender ; sans plus. Ou bien, maintenir valeurs et méthodes jusqu’alors en cours tout en affirmant plus clairement un discours de rupture. Le pire serait en tout cas un éternel compromis dont on a vu depuis onze ans qu’il ne menait qu’à l’impasse et pourtant c’est bien ce qui risque d’arriver, et pendant ce temps là, la Méditerranée continuera de jouer avec les galets.

Philippe Dibilio

Lyon, le 19 novembre 2008.

05/11/2008

Relisons Bakounine

De Villepin 1.jpgDans une interview au Journal du Dimanche de cette semaine Dominique de Villepin ressort ses accents gaulliens pour évoquer les conséquences d’une victoire d’Obama à l’élection présidentielle. Mais comme l’air du temps fait que le discours de gauche est fashion il ouvre son propos par cette formule : « relisons Bakounine ; nous sommes nos propres maîtres ». Sarko avec ses références à Jaurès apparaît là comme un pâle social-démocrate. Mais Villepin poursuit : « ce sentiment que le candidat démocrate est le candidat de la planète peut introduire une confusion. Obama est séduisant, mais n’allons pas réinventer l’atlantisme s’il était élu ! L’Amérique n’est plus le centre de l’Occident qui n’est plus le centre du monde. Obama défendra les intérêts de son pays qui ne sont pas exactement les nôtres. » Voilà une formule, en effet, qui colle particulièrement à l’actualité de ce temps de crise. Ce point de vue rappelle en creux la distance qu’il y a entre l’ancien premier ministre et l’actuel président plus attaché on le sait à poser ses bottes dans les traces du grand frère américain. Elle ramène aussi un peu de gaullisme en matière de politique étrangère au moment où, simultanément, la droite française redécouvre la nécessaire place de l’Etat pour réguler l’économie et où l’on reparle même d’un ministère du Plan qui pourrait être confié à Henri Guaino lors du prochain remaniement ministériel. Pour revenir à l’élection américaine, Dominique de Villepin affiche aussi un certain réalisme au sujet de Barak Obama. « Attention à la théâtralisation, à l’idéalisation d’un homme providentiel. Obama porte un espoir mais aussi des incertitudes. Il développe des thèmes sociaux qui renvoient à Roosevelt. Mais il est aussi choisi par des lobbies financiers : la moitié de son financement vient des grands groupes, de dollars venus de Goldman Sachs » Cette fois on croirait lire l’Humanité ; mais il n’empêche que l’analyse ne manque pas de pertinence et que la précaution affichée là mérite l’attention.

Philippe Dibilio.

Lyon, le 5 novembre 2008.

04/11/2008

D-Day

OBAMA.jpg

Je vous signale plusieurs RDV relatifs aux élections américaines à Lyon:

  • > Mardi 4 novembre, à partir de 20h30: Lyon Capitale, Jazz Radio et le restaurant-piano-bar Le Cintra s'associent pour vous faire vivre la soirée électorale américaine. Au programme : concerts, retransmission sur grand écran, tables rondes et interventions animées par des journalistes. Le Cintra, 42 rue de la Bourse, Lyon 2e.
  • > Mercredi 5 novembre en direct sur Lyon 1ère (90,2 FM) de 5h à 9h: Elections américaines vues de Lyon, tous les résultats, commentaires, analyses. Emission en direct, en public et en duplex avec Las Vegas réalisée en partenariat avec la Tribune de Lyon, TLM (Télé Lyon Métropole). Salons de l'Hotel Mercure Saxe-Lafayette, 29 rue de Bonnel - Lyon 3e.
  • > Mercredi 5 novembre à 20h30: "Les élections américaines, the day after", Université Lyon 2 avec la participation d'Olivier Richomme (Maître de conférences en civilisation américaine, Université Lyon 2), Romain Huret (Maître de conférences en civilisation américaine, Université Lyon 2) et Vincent Michelot (Professeur des universités à l'IEP de Lyon). En présence notamment d'Harry Sullivan, Consul Général des Etats-Unis d'Amérique.
  • > Jeudi 20 novembre à 18h30 "Soirée élections américaines": Conférence-débat avec Olivier Richomme et Yannick Mireur (Politologue, fondateur et rédacteur en chef de la revue Politique américaine) à la Bibliothèque de la Part-Dieu - 30 boulevard Vivier Merle. Entrée libre.

 
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