Avertir le modérateur

16/09/2009

Camdessus, CROM à tout faire de Sarkozy.

Camdessus au contrôle.jpgEn mai dernier, je maugréais contre Parisot et Bébéar. La patronne du MEDEF, suite à une demande du gouvernement – ou à une de ses innombrables opérations de communication – venait de lui confier une mission de salubrité publique : « Veiller à ce que les dirigeants mandataires sociaux mettant en œuvre un plan social de grande ampleur ou recourant massivement au chômage partiel reconsidèrent l’ensemble de leur rémunération ». Bigre !

Claude Bébéar, un gagneur, un connaisseur. Incontestable. La première couche n’est pas encore sèche que l’on étale déjà la seconde.

Voici Michel Camdessus officiellement investi d’une mission d’analyse des rémunérations au sein des banques ayant reçu une aide publique en fonds propres : le CROM, Contrôleur des Rémunérations des Opérateurs de Marché, est né.

Alléluia ! Nous serons sauvés par l’ancien directeur général du FMI. Un vrai libéral, au sens économique et surtout financier du terme. La politique que le FMI a menée sous son règne a eu les effets paradisiaques que l’on connaît pour les peuples. Ceux de l’Argentine, du Mexique, de la Thaïlande, ou d’Indonésie, pour ne citer que ceux-là, s’en souviennent rendant grâce.

Confiance à celui qui déclarait « la libéralisation financière a mauvaise réputation, mais elle demeure le but final correct ». À défaut d’être totalement crédible en matière sociale, c’est un connaisseur en matière d’équilibre budgétaire et comptable. C’est lui que Nicolas Sarkozy avait mis à la tête de la société de refinancement créée dans le cadre de son plan d’aide au secteur financier.

C’était déjà à lui qu’en mai 2004, Nicolas Sarkozy, à l’époque ministre de l’économie et des finances, avait demandé des propositions sur « ce qui est bon pour la France ». Ce fameux rapport Camdessus dont il déclarait faire « son livre de chevet ». Un rapport regorgeant de recommandations si joliment libérales et si gentiment noyées dans une sémantique humaniste - l’homme est aussi membre du conseil pontifical Justice et paix. Un rapport qui estimait alors, entre autres, que le contrat de travail à durée indéterminée empêchait les entreprises « de se séparer du salarié qui ne leur convient plus » ; que le salaire minimum semblait « avoir joué contre l’emploi des personnes non qualifiées » ; que la fonction publique n’était pas assez « agilisée » ; fustigeant les 35 heures et estimant que « les Français ne travaillaient pas assez », étaient trop assistés…

Un livre de chevet pour le candidat Sarkozy selon les propres dires du futur président et aussi une manne pour le MEDEF. Voici donc Michel Camdessus officiellement nommé CROM. Mais sans pouvoir de sanction. Ouf !…

Jean-Paul Schmitt

30/06/2009

Criminel

Bernard%20Madoff%20large.jpg150 ans de prison c’est la peine requise contre Bernard Madoff, célébrité de l‘escroquerie que l’on ne présente plus. Je ne sais, au moment d’écrire ces lignes quel sera le verdict de la cour américaine mais l’impact de ce chiffre aura fait son effet. 150 ans voilà qui est astronomique au regard de la vie d’un homme surtout lorsqu’il affiche déjà 71 ans.

Certes Madoff ne purgera pas sa peine complètement, entre remise et état de santé il quittera, discrètement, la prison assez rapidement. Mais au fond là n’est pas la problème, ce qui est choquant c’est que le débat glisse sur le terrain de l’anecdote : 150 ans c’est trop ou pas assez, réaliste ou totalement farfelu, il y aura certainement un journal ou une chaîne de TV pour poser la question avec demande de réponse par Internet ; il n’y a pas de petits profits.

Et pendant ce temps l’escroquerie continue avec ceux qui n’ont pas été mis en cause c’est à dire tous les autres escrocs, y compris en France. C’est ce que dit très bien une journaliste qui a tenu la plume de l’auteur du livre « Les confessions d’un banquier pourri ». Interrogée par le « Progrès » sur ce qu’elle a découvert en écrivant ce livre elle répond : » L’arrogance des membres de la classe financière française Ils pensent qu’au fond un krach ce n’est pas si grave, puisqu’ils vont pouvoir effacer leurs dettes et recapitaliser leurs banques. D’une part en demandant l’aide du pouvoir politique, d’autre part en continuant de racler les fonds de portefeuille des clients des guichets. Et l’après krach ne les inquiète pas. Ils font le dos rond, ils estiment qu’il s’agît d’un cycle historique, que c’est donc destiné à ne pas durer et qu’après tout recommencera comme avant ». Et c’est bien comme cela que ça se passe.

Il y a en France des dizaines de banquiers et autres financiers coupables de spoliation de leurs clients en général de modestes investisseurs, souvent jeunes primo-accédants. Et que s’est-il passé ? Rien. Je trouve pour ma part scandaleux qu’aucune voix ne soit élevée (sauf celle de Jean Montaldo dont les écrits ne sont pas ma tasse de thé mais qu’en l’occurrence j’approuve) pour demander la criminalisation de ces actes. En ces temps où l’on vote une loi à propos de tout ou n’importe quoi pas une proposition pour envoyer au pénal les auteurs de ces crimes financiers. Ni à gauche, ni à droite ni à l’extrême gauche. Il faut que tous soient totalement immergés dans le système pour en arriver là et considérer que gagner de l’argent, beaucoup d’argent, même en ruinant les autres demeure un acte de bravoure

Philippe Dibilio.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu