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04/05/2010

A méditer

elysee.jpg« On n’endosse pas comme ça d’un claquement de doigt le costume présidentiel, c’est au contraire une longue évolution qui fait que tout d’un coup les gens vous regardent, vous reconnaissent et vous donnent cette identité là » ; ce n’est pas parce que, selon l’AFP, cette phrase est répétée depuis des années par François Bayrou qu’elle n’en est pas moins frappée au coin du bon sens. Un bon sens qu’auraient dû garder Michel Noir ou Alain Carignon abattus en vol par Chirac du fait de leurs velléités présidentielles. Une phrase que pourraient méditer feu Raymond Barre et Edouard Balladur qui, de toute évidence, n’ont pas attendu assez longtemps pour être reconnus comme tels. Une phrase toujours d’actualité malgré la dévaluation de la fonction après le passage à l’Elysée de Chirac et de Sarkozy. Certes aujourd’hui le jeu peut paraître plus ouvert mais l’essence de la Vème République demeure et la fonction présidentielle reste l’expression d’un rapport direct entre l’électorat et un homme ou une femme, un rapport qui se construit avec le temps et sur des idées fortes. Certes la perspective de primaires peut laisser penser que le champ des possibles s’est élargi mais cette méthode, bien rodée aux Etats Unis état fédéral, ne fera que ses premiers pas chez nous, avec quel succès ? On ne peut, vu sous cet angle, que s’interroger sur la précipitation mise par Gérard Collomb à se lancer dans une campagne pré-primaires en affichant d’ailleurs sa candidature par défaut c'est-à-dire en cas de défection de DSK ce qui constitue un positionnement totalement antinomique avec l’objectif déclaré. Etre candidat à la présidence de la république sous la Vème c’est développer une idée de la France et des idées pour la France dans tous les domaines et directement avec le peuple. C’est seulement dans ce cas que les gens « vous regardent, vous reconnaissent et vous donnent cette identité là ». Et, c’est sur, cela prend du temps.

Philippe Dibilio

06/07/2009

Territoires

carte de frannce.jpgAlors que les collectivités locales assurent, par leurs investissements, une aide précieuse à une économie nationale en mauvaise posture, alors qu’elles maintiennent les services publics de proximité et l’essentiel du lien social, alors que communes et communautés urbaines gèrent à l’équilibre leurs budgets et que leur endettement, contrairement à celui de l’Etat, est contenu, nous allons assister d’ici peu à la première offensive de Sarkozy à l’encontre de ces mêmes collectivités locales.

Chacun constatera ainsi, une fois de plus que le Président ne manque pas d’air. Après avoir donné des leçons au monde entier, c’est donc aux Maires et aux Présidents des collectivités territoriales que Nicolas Sarkozy va accorder bons et surtouts mauvais points.

Il va même prendre à témoin les Français en leur expliquant que les élus locaux poussent directement le pays dans le mur. C’est le fidèle Hortefeux, lui qui n’a jamais géré la moindre collectivité locale, qui sera en charge d’une réforme destinée avant tout, par l’émergence de ces fameux nouveaux conseillers territoriaux, à faire reprendre du poil de la bête à la droite dans nos régions.

A ceux, bien naïfs, qui imaginaient parce que le pays en a besoin, à partir du Rapport Balladur, qu’un large débat allait être noué pour réformer en profondeur l’architecture territoriale du pays, le réveil risque d’être difficile. Il parait que le Président à changé. Plaisanterie. En s’attaquant sous peu aux territoires, Sarkozy ne fait que poursuivre son œuvre. Loin de lui l’idée de marcher et de hisser encore plus haut nos collectivités dans un monde de plus en plus compétitif. Loin de lui la volonté de résoudre les problèmes engendrés par ces fameux mille-feuilles qui rendent difficile la gestion des territoires. Il faut que chacun se rende à l’évidence. La pensée de Sarkozy se résume à des arrières pensées. Assurer à la droite la reconquête de nos institutions locales en utilisant, comme à l’habitude, le charcutage mais aussi s’efforcer, afin que les collectivités serrent la ceinture, de tripatouiller la fiscalité locale.

Depuis quelques temps on commence à voir fleurir dans certaines pages de la presse les premiers articles qui tendent, à coup de populisme le plus médiocre, d’accréditer l’idée que les collectivités vivent au dessus de leurs moyens, que leurs élus mènent grand train et que la gabegie règne en maître. En aboyant ainsi on prépare bien entendu le terrain car dans cette affaire il est nécessaire pour le pouvoir de convaincre des Français qu’un régime minceur doit être administré à l’instar de ce qui est entrain de se faire avec l’Etat. On devine la suite ….

Lyon, le 6 juillet 2009

03/03/2009

Réactionnaire

balladur2.jpgUne fois n’est pas coutume mais je vais aujourd’hui mettre mes pas dans ceux de Jean-Yves Sécheresse et dire tout haut ce que beaucoup (et peut-être lui- même) pensent tout bas : sur le projet de réforme Balladur, le PS et la gauche dans son ensemble campe sur une attitude réactionnaire au sens littéral du terme.

C’est à dire qu’elle refuse tout mouvement avant même de l’étudier. Le document préparé par la commission n’est pas encore remis à Sarkozy, dont on ne sait encore pas ce qu’il va en faire et avec lui on peut s’attendre à tout, mais déjà les leaders socialistes nationaux et locaux, pour le coup réunis, tirent à boulets rouges. Fabius, qui sur Canal+ y va de sa musique envers un Balladur, brave et honnête homme qui n’aurait pas vu venir le jeu masqué de Sarko prenant prétexte de la simplification administrative pour changer les règles du scrutin. Et d’expliquer avec une part de mauvaise foi comment de deux régions de Normandie à gauche on en fera une seule à droite. Tout ça parce que pour l’ancien premier ministre les électeurs des cantons sont de droite et ceux des régions de gauche. Quelle tristesse.

On ne fait pas mieux chez nous où les présidents de Rhône-Alpes et d’Auvergne ne veulent rien toucher de leurs frontières comme si la question était de savoir si Clermont est plus tournée vers Toulouse ou de nous convaincre aujourd’hui qu’en Haute Savoie ou dans le Pays de Gex on se sent totalement rhône-alpin. Comme l’écrit sur ce sujet Guy Mathiolon, président de la chambre de commerce de Lyon, « dans l’absolu, la fusion est utile s’il y a un projet ». Et c’est bien là le problème, ce tir de barrage de la gauche s’effectue à priori sans analyses détaillées et surtout sans propositions alternatives ce qui accrédite l’idée que tout va pour le mieux dans la jungle administrative de notre pays. D’autant qu’en jetant ainsi le bébé avec l’eau du bain on évacue la question de la mise en place de grandes agglomérations dont on sait à Lyon qu’elles sont indispensables pour avancer avec notre temps.

Mais ce qui m’est peut-être le plus insupportable est que cette réforme, si elle est amorcée un jour, n’est prévue qu’à l’horizon 2014 ce qui veut dire que les élections cantonales et régionales auront lieu sur le mode de scrutin actuel, que d’ici là on aura eu une élection présidentielle. Bref que les électeurs auront été informés et sollicités plusieurs fois avant que quelque chose ne change. Mais non on fait comme si tout allait arriver demain. 2014, cela veut aussi dire que les actuels titulaires des postes en cause au département, à la région ou dans les grandes villes auront allégrement passé les 70 ans et qu’il est donc temps qu’ils laissent la parole à celles et ceux qui auront à gérer cette échéance.Car la question centrale est bien de savoir si la France a besoin de simplifier son système institutionnel et à cela tout le monde répond oui.

Alors puisqu’il faut commencer par un bout que le PS apprécie ce qu’offre ce projet de réforme et le travaille pour le faire évoluer sinon il ne sera pas crédible ni devant l’opinion, ni devant l’histoire.

Philippe Dibilio

Lyon, le 3 mars 2009

 

06:38 Publié dans Philippe Dibilio | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : balladur, sarkozy, fabius, guy mathiolon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

02/03/2009

Fatals Picards

balladur.jpg« Nous ne voulons pas de rattachement de l’Alsace à la Lorraine », « On bafoue l’identité économique et historique de l’Auvergne », « Il y a aujourd’hui plus de gens qui parlent Picard que des gens qui parlent Corse »… Les protestations, à l’annonce de ce que pourraient être les recommandations du Comité Balladur, fusent comme jamais. On parle désormais de « démantèlement », d’ « annexion », de « charcutage » et des relents de localisme, de chauvinisme et de particularisme, tous d’un autre âge, remontent, depuis nos provinces, à la surface de la vie politique française.

On devrait donc en savoir plus en milieu de semaine puisque le Comité présidé par Edouard Balladur devrait présenter ses propositions qui, pour beaucoup d’entre-elles, commencent à prendre l’eau. Comme on peut l’imaginer, la suite risque d’être périlleuse et il y a fort à parier qu’une fois sa copie remise, Balladur aille vaquer à d’autres occupations, l’ancien premier ministre n’ayant pas d’inclinaisons fortes pour barboter dans le marigot. Cette réforme, pourtant nécessaire mais bien mal née, devrait atterrir sur le bureau de Fillon avant de se lancer pour un long jogging au cours duquel elle devrait perdre l’essentiel de ses plumes

En matière de réforme, on pourra alors toujours constater que Sarkozy ne connaît que le « Round Up » pour désherber le pays. On pourra toujours se gausser du fait que le « Big-bang » annoncé est un simple pétard mouillé, que les petits calculs politiciens et électoraux de Sarkozy se repèrent plus facilement que le nez au milieu de la figure. Que la concertation n’était pas au rendez-vous et que seul le consensus pouvait être le carburant d’un tel processus. Tout ceci est juste mais il n’empêche que le pays devra se coltiner encore ce fameux mille-feuille insupportable. On pourra également, un léger sourire narquois esquissé à la commissure des lèvres, dire que depuis les grandes lois de décentralisation initiées par la gauche, rien de décisif ne s’est fait dans le pays, il conviendra tout de même de se pencher aussi sur l’attitude d’un Parti socialiste qui ne sort pas avec les honneurs de ce barouf même si un homme comme Pierre Mauroy peut légitimement se dire qu’il aura travaillé « pour la bonne cause ».

En attendant, ce cri qui nous vient de l’intérieur de nos provinces est parfois nauséabond. Je n’aimerais donc pas que, d’ici quelques temps on renonce à réformer nos territoires à cause de Sarkozy, de quelques barons ou vicomtes et de ces fameux « Fatals Picards ».

Dans le prolongement de son numéro hors série consacré à la métropole lyonnaise, la lettre politique « Prospective » organise, vendredi prochain 6 mars, une rencontre intitulée « Vers une gouvernance politique métropolitaine ». Animé par Michel Lussault, le président de l’Université de Lyon, ce débat entre Gérard Collomb, Maire de Lyon et Président du Grand Lyon, Alain Cottalorda, Maire de Bourgoin et Président de la CAPI et Maurice Vincent, Maire de Saint-Etienne et Président de Saint-Etienne Métropole permettra de mieux mesurer nos enjeux locaux le lendemain de la remise des conclusions de Edouard Balladur.

  • « Vers une gouvernance politique métropolitaine », vendredi 6 mars à 10h45,

Théâtre Kantor de l’ENS lettres et sciences humaines – 15 Parvis René Descartes, Lyon 7ème (Métro ligne B, Station Debourg)

Inscriptions : au 04 78 37 25 99 et sur i.r.e.s@wanadoo.fr

Lyon, le 2 mars 2009

Photo:DR

 
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