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18/10/2010

« Nègre » de Sarko

JacquesAttali.gifPourquoi tant d’hésitation et de circonvolution ? Il paraît que le président hésite encore ne sachant plus faire la part de l’utile entre le choix d’un premier ministre centriste, d’un ancien Villepiniste, d’un troisième Chiraquien ainsi que d’une quatrième Umpiste revêche. Bref, Nicolas Sarkozy pourrait même se laisser aller à faire à nouveau les yeux doux à son collaborateur actuel, François Fillon. Pour Sarkozy comme pour nous parfois dans la vie, nous n’arrivons pas à percevoir une bonne solution qui s’impose pourtant comme le nez au milieu de la figure. Cette solution évidente s’appelle Attali, l’homme qui vient de proposer à la droite un programme clé-en-main jusqu’en 2020. Il faut dire que dans la série des conseillers qui ne méritent pas d’être oubliés, Jacques Attali s’impose. Jadis avec Tonton, aujourd’hui avec Sarko, Attali s’est déjà fait remarquer en 2008 comme chef de la commission destinée à booster la croissance nationale. On connait le résultat et Attali s’est fait, à cette occasion, beaucoup d’amis parmi les chauffeurs de taxis. Attali le larbin nous revient donc deux ans plus tard et en cet automne 2010 il livre le plan d’austérité qui manquait tant à la droite coupant presque l’herbe sous les pieds à des hiérarques de l’Ump qui ne doivent pas en croire leurs yeux. Avec « sa stratégie à dix ans » et son objectif « croissance 2.5% », Attali vient donc de formuler 27 propositions à Sarko. Au rayon des finances publiques et du retour du déficit à 3%, le nouveau conseiller de l’Elysée propose le gel du point d’indice pour les fonctionnaires d’Etat comme de la Fonction publique territoriale ainsi que le remplacement d’un seul fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Au rayon sécu, Attali veut présenter une posture de gauche en s’interrogeant sur la prise en charge de certaines maladies lourdes pour les bénéficiaires de gros revenus ce qui, tout à la fois, représente une attaque contre l’universalité de la sécu mais surtout une probable généralisation, dans un second temps, de ces mesures à des français loins d’être fortunés. Chasse aux niches fiscales, réexamen de la fiscalité du patrimoine, l’héroïque Attali ne nous explique pas ce qu’il compte faire de la TVA réduite dans la restauration, ne semble pas plus très au clair sur la question des retraites ou de la réforme fiscale tout en envisageant sérieusement une hausse de la TVA. Avouez que Attali à Matignon cela aurait une autre gueule que Borloo ou Alliot-Marie et pour une fois Sarkozy pourrait se réjouir d’avoir non seulement comme premier ministre, un collaborateur mais presque « un nègre », une situation pour le moins inédite pour Jacques Attali.

Lyon, le 18 octobre 2010.

20/08/2008

T comme Tillons-Borde (Philippe).

74980178.jpgChair à canon des plans-médias présidentiels, ils sont des dizaines et des dizaines à avoir participé depuis quelques mois à ces fameuses commissions initiées par Nicolas Sarkozy. La plupart du temps, il s’agissait pour le nouveau pouvoir de « récupérer » quelques noms fauchés à la gauche. C’est ainsi que les Rocard, Attali, Lang, Orsenna, Lauvergeon, Olivennes, tous nomenklaturés Mitterrandistes ont connu leur moment de gloire médiatique il y a quelques mois de cela.

Du téléchargement à Alzheimer, des institutions à la télévision en passant par la croissance, ils sont désormais des centaines à pouvoir dire « j’y étais ».

Ces commissions souvent destinées à produire de l’agitation mais aussi à restreindre les périmètres ministériels ont en commun l’immense avantage d’avoir permis à Nicolas Sarkozy de garder la main mise sur les dossiers en question.

A la fin de cette première saison du Soap opéra politico-Elyséen, il convenait de rendre hommage à ces centaines d’esprits féconds dont nul ne se souvient, à cette matière grise tombée au champ d’honneur de l’oubli. J’ai donc décidé aujourd’hui, pour les replacer dans la lumière, d’en choisir un parmi tant d’autres, fruit du grattage, c’est le nom de Philippe Tillons-Borde, directeur général du groupe Sofiproteol, un établissement spécialisé, je cite, « dans le triturage, le raffinage des huiles alimentaires et les bio-carburants », qui est apparu.

Membre de la commission Attali, c'est-à-dire un de ces soldats destinés « à libérer la croissance », Monsieur Tillons-Borde est un anonyme pour le grand public, il était donc normal de rendre hommage à cette huile.

Ingénieur agronome de formation, Philippe Tillons-Borde est dépositaire d’un magnifique CV puisqu’il est passé par les présidences de Saipol, Lesieur et de Soprol ainsi que de la présidence des Conseils de surveillance de Sanders, Agro-Invest et de Ceagro. Officier de la Légion d’Honneur et de l’Ordre National du Mérite, Monsieur Tillons-Borde est également Chevalier du Mérite Agricole.

En libérant la croissance, il a une nouvelle fois rendu service au pays. Il convenait de lui adresser aujourd’hui ce coup de chapeau, d’une certaine façon au nom de ces centaines de commissaires jamais placés sous les feux de la rampe.

Londres, le 20 août 2008.

07/09/2007

Gens de lettres

medium_UHU.jpgJ'attends avec impatience la lettre du Président aux enseignants. Ce matin, il n'y avait toujours rien dans ma "boite à la lettre". Il paraît, si j'en crois le Monde, que la présentation est sobre, le style élégant et le propos humaniste. Pour tout vous dire, je salive.

Comme le Président, on écrit comme jamais dans ce pays. Hubert Védrine qui n'est pas membre du gouvernement, mais il en avait tellement envie que c'est comme si, vient de livrer le rapport que Kouchner n'a vraiment pas le temps d'écrire. Les mots sont taquins car Sarkozy avait demandé à Védrine de lui rédiger un rapport "pour faire bouger les lignes" (sic !) et l'autre en soixante pages vient de relever le défi. S'il avait écrit un "Que sais-je ?" de 120 pages, Védrine aurait problablement "brouillé les lignes". Passons maintenant à un écrivain, un vrai, Eric Besson.

Eric Besson est en train d'inventer un nouveau concept, celui du best seller jamais mis en vente. En effet, notre prosateur prospectif sait que son rapport sur la TVA sociale est déjà sous embargo. Vous me direz qu'il pourra toujours se consoler en constatant le raffût médiatique fait autour du bouquin de sa fille. En attendant, il est bien triste de constater que la littérature perd tout à la fois un écrivain et son manuscrit.

Sarkozy, Védrine, Yasmina Reza qui n'écrit pas à Sarko mais à cause de son point G, le père de la fille, cette nouvelle République des lettres va s'enrichir bientôt du rapport d'Attali sur la croissance. Avec Attali, c'est du lourd car l'ex de tonton est une véritable machine à écrire et comme l'art d'écrire un rapport demande d'énormes capacités de synthèse, je suis certain en constatant la liste impréssionnante des oeuvres de l'auteur, que la livraison devrait "coller" à la demande Elyséenne.

Après Christian Philip dont le rapport sur la francophonie laisse un goût amer, les lyonnais seront fiers de constater que dans cette nouvelle académie des gens de lettres figure Dominique Perben qui, pour l'instant, couve un rapport sur l'avenir des métropoles qui devrait faire date.

Face à un tel phénomène, je suggère qu'un nouveau prix littéraire puisse récompenser ces talents que notre Président fait émerger. Je lance aujourd'hui l'idée que la société des colles UHU finance un prix du "copié-collé" qui pourrait être remis la veille du Goncourt sous la forme d'un "Glue stick d'Or".

Lyon, 7 septembre 2007. 

24/05/2007

Attali parle

medium_Attali.jpgJe viens de trouver sur le blog de Jacques Attali ce texte étonnant quand on connait les rumeurs qui circulaient, il y a encore quelques jours, sur les relations supposées excellentes entre l'ex-conseiller de François Mitterrand et le nouveau Président de la République. A vous de juger.

" La monarchie quinquennale

L’élection présidentielle passée, personne ne s’interroge plus sur les résultats des prochaines élections législatives. Chacun accepte que la campagne qui vient de se terminer était aussi (sinon seulement) une campagne pour des élections législatives ; et chacun considère le résultat du mois de juin comme acquis : le parti du président s’en satisfait, évidemment, espérant rafler un nombre inédit de sièges, dans la foulée de l’élection de Nicolas Sarkozy ; la gauche elle aussi s’en contente et préfère se résigner à sa défaite plutôt que de choisir parmi ses dirigeants un candidat au poste de premier ministre en cas de cohabitation. Le président, appuyé par une majorité parlementaire très large, pour cinq ans, sera plus puissant que jamais.
Cette situation, dont la présence de Jean Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle de 2002 avait masquée l’imminence, découle de deux réformes constitutionnelles très contestables : la réduction à cinq ans de la durée du mandat présidentiel et le report de l’élection des parlementaires après celle du chef de l’Etat.
Les conséquences en seront vertigineuses.
D’abord, les élus de la majorité, qui devront leur mandat au seul Président, ne pourront rien lui refuser. Ensuite, le Président, n’ayant plus la moindre tentation de dissoudre un Parlement à sa dévotion, ne sera plus, dès son élection, préoccupé que par sa réélection. Enfin, débarrassé de toute menace électorale nationale, il sera en situation de décider de tout, de nommer qui il souhaitera, à tout poste, même ceux qui ne sont pas, constitutionnellement, de sa compétence.
Nous n’entrons pas dans une 6ème république, mais dans une monarchie quinquennale.
Le Président pourra utiliser ce pouvoir presque illimité pour mener de vastes réformes, comme le fit François Mitterrand pendant les cinq premières années de son premier mandat, ou pour ne rien faire, comme le fit Jacques Chirac pendant les cinq dernières années. Dans les deux cas, l’opposition gagnera toutes les élections locales d’abord municipales, puis régionales, qui serviront d’exutoire, et perdra toutes les élections nationales. Comme si les Français considéraient que la droite était mieux placée pour gérer les enjeux stratégiques, et la gauche plus préparée à prendre en charge la gestion des problèmes de proximité.
Cette situation peut durer très longtemps ; et la monarchie quinquennale pourrait, sauf accident, devenir décennale…… "

 

> Lien vers le billet publié sur son blog "Conversations avec Jacques Attali"

 
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