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20/08/2010

S comme "Saatchi"

S 2.jpg

Début juillet, Charles Saatchi annonçait vouloir offrir à la Grande-Bretagne pour 30 millions d’euros d’œuvres d’art. Quelle générosité ! Charles Saatchi, co-fondateur de l’agence de publicité Saatchi & Saatchi célèbre en son temps pour sa dévotion à l’égard de Margaret Thatcher est donc, comme il sait parfaitement le faire, de retour dans l’actualité. Une actualité qui n’a rien à voir avec la publicité puisque se situant dans l’autre grand domaine de l’arnaque, à savoir l’art contemporain. Ce Charles, que l’on ne doit pas confondre avec Maurice, l’autre Saatchi, est donc un pubard en exil dans l’art contemporain, un type qui a tendance à réussir tout ce qu’il touche. A la tête de la première agence mondiale à l’époque du thatchérisme triomphant, Charles va très vite, malgré ses déboires de fils de pub devenir un incontournable de l’art contemporain Londonien. Fondateur d’une galerie sur Boundary Road, le collectionneur invétéré qu’il est devenu va faire sensation avec justement « Sensation » une exposition qui en 1997 va promouvoir à l’échelle de la planète les YBA (Young British Artists) tout d’abord à Londres (Royal Academy) puis à New York (Brooklyn Museum). Le scandale aidant Saatchi va s’en mettre plein les poches en assurant « la promo-vente » d’artistes comme Damien Hirst. « Sensation » devenant un véritable trampoline dans la carrière du natif de Bagdad, c’est donc, fort de sa nouvelle mauvaise réputation que Saatchi va ouvrir sur King’s Road 6 500 m² d’exposition d’art contemporain, un record planétaire pour une galerie. Peu bavard et cultivant son mystère oriental, époux de la célèbre Nigella Lawson, fille de son père éminent membre du part conservateur et productrice d’émission sur la bouffe, Charles aime s’entourer du mystère qui convient. Phaidon vient de traduire en français « Mon nom est Charles Saatchi et je suis un artoolique » une série d’entretiens que je vous engage à lire car c’est à mon sens la seule manière d’être certain de continuer à détester Charles Saatchi. Alors faites comme moi, si le cœur vous en dit.

charles_saatchi.jpgCharles Saatchi, « Mon nom est Charles Saatchi et je suis un artoolique », Phaidon, 9.95 euros.

Lyon, le 20 août 2010.

Photo: DR

31/10/2009

Hexa-gône

820.jpgAujourd'hui, de midi jusqu'à 20h, dans le cadre de la 10ème biennale d'art contemporain on nous propose une révolution dans l'art du football. En effet, "Veduta" organise une sorte de tournoi de foot sur un terrain hexagonal occupé par trois équipes. L'auteur de ce geste artistique majeur est un collectif du nom de "Pied la biche". Je ne sais pas si ce truc, à priori sympathique, est de l'ordre du "footage de gueule" en tout cas c'est au stade Laurent Gerin, avenue Jacques Duclos (le petit patissier stalinien de Tarbes) à Vénissieux.

Puisque cet après midi on va jouer sur un terrain hexagonal, je propose à ce collectif d'inviter les organisateurs du Tour de France de prévoir un tracé en forme de seringue qui pourrait faire, Lille-Paris pour l'aiguille et ensuite Troyes-Lyon-Marseille-Montpellier-Toulouse-Limoges et Chartres pour le réservoir. Quitte à faire de l'art contemporain on pourrait également imaginer un jeu de pétanque "en rosace", huit branches s'imposeraient, avec un seul cochonnet au milieu. Pourquoi pas également du curling sur gazoil sur la portion Bron-Villeurbanne du périphérique ainsi que du tir à l'arc, la cible étant placée en haut de la tour du Crédit lyonnais. Vive l'art contemporain !

> "Veduta" (Vivre l'art contemporain), le 31 octobre 2009, Stade Laurent Gérin, Vénissieux, entrée gratuite.

Lyon, le 31 octobre 2009.

26/09/2009

Numéro deux

couv1.jpgLes lecteurs du « Coup de grâce » pris d’un estival « chi-chi » en feuilletant du bout des doigts le premier numéro de la nouvelle revue culturelle lyonnaise, devraient être rassurés en lisant cette deuxième livraison qui tirée à « trois «  épingles (saisir, découvrir, choisir) est une réussite. Longuement consacré aux arts plastiques, dixième édition de la biennale lyonnaise oblige, ce deuxième opus du « Coup de grâce » ne se cloître pas pour autant dans la presqu’île puisque l’équipe de Guillaume Tanhia nous propose d’aller jeter un coup d’œil vers la Duchère, St Etienne en interviewant entre autre Françoise Goubert et surtout une randonnée valentinoise opportune sans oublier de petites escales en pays viennois, à Roanne et à St Julien Molin-Molette.

Moins métropolitain, plus exotique mais tout aussi intéressant, c’est du côté de Tokyo que nous entraîne Nino d’Introna, le patron du « Théâtre Nouvelle Génération », façon d’ouvrir la voie à Margot Carrière de « La Belle Zanka », qui, quant à elle, raconte son premier voyage à Yokohama.

« Le Coup de Grâce » c’est 170 pages, alors ne comptez pas sur moi pour vous décrire en détail le menu de ce numéro de rentrée qui évoque aussi la rencontre de Gallotta et Bashung, Thierry Raspail dans le texte et plus de vingt-pages de portfolio. Après en avoir terminé avec son dictionnaire de Lyon, ce deuxième numéro marque aussi la rentrée de Patrice Béghain qui titulaire d’une chronique, cette fois-ci consacrée à l’offensive des bigots à l’égard de l’Art Contemporain, évoque aussi Tiepolo et plus particulièrement l’ouvrage de Roberto Calasso dans les pages désignées sous le curieux vocable de « l’industrie culturelle » et surtout les époux Pontié et leur vin de Cahors. De quoi peut-être nous laisser espérer, dans le numéro trois, une rubrique sur l’art des jardins confiée à l’excellent ancien Adjoint à la Culture ?

Comme l’indique Guillaume Tanhia dans un édito intitulé « Baise-moi », le premier numéro mis en vente au début de l’été, « fut une réussite financière ». N’allez surtout pas en tirer comme conclusion que notre homme roule désormais en rolls et s’habille chez Zili. Vous le savez éditer une pareille revue est une gageure financière. S’y abonner est donc un geste de soutien utile, fort et agréable.

Lyon, le 26 septembre 2009

11/09/2009

Papa Malick

Affiche-Papa-Malick.jpgEntre les avions de Dassault, vendus pas vendus, par Sarkozy aux Brésiliens, la réforme territoriale qui semble avoir pour le moment un peu de plomb dans l’aile, les tripatouillages électoraux du congrès socialiste de Reims qui remontent à la surface, le retour en force de la « Françafrique » ou l’offensive nauséabonde de la droite américaine contre Obama, les sujets et occasions ne manquent pas en cette rentrée. Cela étant je m’étais promis de vous dire quelques mots sur l’exposition de rentrée du Musée Africain de Lyon qui présente depuis le 9 septembre, et jusqu’au 4 octobre, « Guissané : la poésie du signe », le travail de l’artiste contemporain Papa Malick, plus connu dans certaines contrées du Sénégal sous le nom de « Vieux » Niang.

« Guissané » est un terme wolof qui signifie « sorcier » ou plutôt un sorcier lisant l’avenir par une interprétation de traces dessinées dans le sable avec les doigts. Partant de ces gestes du sorcier, Papa Malick, sur ses toiles, propose donc des œuvres faites de pigments et sciures qui entendent renouer avec la tradition, la culture sénégalaise, la mémoire. Ces œuvres faites de traces, signes indéchiffrables, pictogrammes mystérieux, sont visibles dans le Musée Africain du cours Gambetta qui demeure malheureusement un lieu peu connu que j’invite chacun à visiter.

Avec l’exposition consacrée à François Maspero par le Musée de l’Imprimerie que je compte évoquer demain, il convenait de signaler ces deux manifestations qui risquent de peser bien peu lourd face à la Biennale d’Art Contemporain qui déboule avec ses gros « Ça beau ! ».

  • Papa Malick, Musée Africain de Lyon – 150, Cours Gambetta, Lyon 7ème arrondissement – Métro Ligne D, Garibaldi. Renseignements au 04 78 61 60 98 et sur www.musee-africain-lyon.org

Lyon, le 11 septembre 2009.

20/12/2008

Palmes 2008 - # 3

250_375_haring.jpgParmi le faible nombre d’expositions fréquentées cette année un coup de chapeau s’impose tout d’abord à Thierry Raspail pour la magnifique rétrospective Keith Haring au Musée d’Art Contemporain de Lyon. A ce propos j’ai oublié hier d’évoquer le somptueux catalogue édité par Skira. Dans la même veine, même si je garde un beau souvenir de l’exposition Rancillac proposée à Saint-Etienne il y a quelques années, l’exposition « Figuration narrative » des Galerie nationales du Grand Palais valait le déplacement. De manière très connexe j’ai pu me procurer à cette occasion l’invisible livre de Bernard Rancillac, « Le regard idéologique » (Somogy) au prix révolutionnaire de 6,5 euros qui regroupe des textes écrits dans la deuxième partie des années soixante-dix. Cet été, à Londres, en visitant la superbe « National Portrait Galery », j’ai pris la décision de me servir désormais à la pompe que chez BP, le pétrolier, via sa fondation, proposant le « BP Portrait award », une délicieuse expo dont Total devrait s’inspirer.

Plus en amont dans la saison, il convient de saluer aussi le Musée des Beaux Arts de Lyon pour avoir initié une magnifique exposition sur le dessin cornaquée, entre autre, par Jean-Luc Nancy sans oublier le Musée de l’Imprimerie qui était l’hôte, en début d’année 2008, de collections de chromos superbes à faire fondre en larmes de joie nos grand-mères .

En consultant rapidement mon agenda 2008, je me suis dit que cette année finissante n’était probablement pas à marquer d’une pierre blanche en ce qui concerne les concerts. Des piètres pitres de Babyshambles aux tristes et prévisibles ZZ Top les occasions de s’ennuyer en concert furent nombreuses. Quatre concerts remontent à la surface de ma mémoire. Alain Bashung à l’auditorium Maurice Ravel, Cat Power aux Nuits de Fourvière, Suzanne Véga à la salle Molière et Neil Young à la Halle Tony Garnier. Je sais c’est bien peu de choses mais on nous annonce entre autre pour 2009 Lou Reed, Bruce Springsteen, … et Johnny Hallyday (je plaisante !).

Lyon, le 20 décembre 2008

06/09/2007

Le temps de la BAC

medium_Biennale2007.jpgL’édition 2007 de la Biennale Internationale d’Art Contemporain de Lyon revient sur un de ses thèmes de prédilection, le temps. Sous la houlette du triumvirat Thierry Raspail – Stéphanie Moisdon – Hans Ulrich Obrist, la B.A.C. lyonnaise souhaite répondre à une question difficile, ambitieuse et piègeante mais ô combien intéressante : «  Quel est l’artiste qui selon vous représente le mieux la décennie en cours ?. » Pour tenter d’y voir plus clair, près de soixante spécialistes du monde de l’art ont été soumis à la question. Reste à savoir si leurs réponses seront non seulement à la hauteur de notre espérance mais surtout résisteront……. au temps.

C’est excités comme des puces par leurs propositions que nous irons découvrir, dès le 19 septembre prochain, une biennale qui fédère en plus du Musée lyonnais, de l’Institut villeurbannais et de la sucrière, la Fondation Bullukian située place Bellecour.

Les Indiennes Shelpa Gupta et Ranjani Shettar, les totems de Brian Jungen, la Fresque de Josh Smith, la balançoire de Liu Wei ou le « Flying Garden » de Saraceno sont annoncés comme les œuvres fortes de l’exposition sans oublier, de manière salutaire, la présence de la danse avec les œuvres de Franck Apertet et Annie Vigier mais aussi le très attendu « show must go on » de Jérôme Bel proposé à l’Opéra National de Lyon.

Le site www.biennale-de-lyon.org vous en dira plus sur les mille et une manières de se perdre dans une biennale 2007 séduisante qui intègre à Lyon et dans la région 120 manifestations sans oublier le 29 novembre la très prometteuse « Nuit Résonance ».

Certains diront que du 19 septembre au 6 janvier, la biennale a bien tort de s’étirer autant dans le temps. On peut effectivement s’interroger sur un tel étalement qui n’apporte peut-être pas suffisamment de tonus et de nervosité à un événement qui n’en finit pas d’en finir. Nous jugerons sur pièce avec un a priori très favorable même si après ces longues semaines il sera toujours temps de donner notre grain de sel.

Lyon, le 6 septembre 2007

14/08/2007

P comme Pierre & Gilles

medium_P_2.jpgDouble actualité heureuse pour le duo baroque et kitsch Pierre & Gilles qui sont les hôtes jusqu'au 23 septembre du Musée du Jeu de Paume et qui connaissent l'honneur d'une diffusion planétaire du catalogue de l'exposition par l'entremise de leur éditeur Tashen.

Les milieux officiels et réseautés de l'art contemporain n'aiment guère les deux  compères qui affichent deux défauts rédhibitoires. Le premier est d'être connu et aimé par le grand public qui côtoie l'œuvre de Pierre & Gilles depuis une bonne vingtaine d'années au quotidien par les magazines, les pochettes de disques et l'illustration en général. Le second est d'accéder à une reconnaissance internationale acquise en dehors des sentiers battus.

Tout le monde aime les chromos naïfs et frais de ce couple d'artiste qui excelle à épingler les personnalités les plus diverses comme d'autres les papillons. Moins nombreux sont ceux qui connaissent une autre partie plus sombre de leur œuvre que la Galerie Jérôme de Noirmont avait présenté l'an passé.

Un Pierre & Gilles aujourd'hui ça coûte la peau des fesses et c'est tant mieux pour eux (François Pinault a acheté près de 200 000$ leur célèbre portrait de Lio en Madone). Quant à nous pour 39,99 Euros on peut s'en payer des centaines. Merci M'sieur Tashen.

Hautes Pyrénées, le 14 août 2007.

 
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