Avertir le modérateur

24/04/2007

Jaurès et eux

medium_Jaures-fluo.jpgAujourd'hui, comme chaque 24 avril, nous rendons hommage aux victimes du génocide des Arméniens de 1915. Pour la deuxième fois, le rassemblement Lyonnais se tiendra Place Antonin Poncet, au pied de ce mémorial qui, chacun s'en souvient, a vu la droite lyonnaise mener de sordides batailles destinées à s'opposer à sa réalisation. A un moment où Sarkozy le démagogue en appelle à Jaurès, je voudrais rafraîchir la mémoire de ceux qui ont oubliés que Jaurès fut un ardent défenseur de la cause arménienne, un humaniste bref un socialiste.

C'est pendant l'été 1894 que vont se produire les premiers grands massacres des Arméniens commis par le Sultan Abdul Hamid. Ils ne sont en vérité que le premier maillon d'une chaîne de l'horreur qui conduira en 1915 le "gouvernement Jeune Turc" à mettre en œuvre un processus génocidaire.

Jean Jaurès quant à lui sera assassiné le 31 juillet 1914 mais dès les premiers jours de 1895, Jean Jaurès entamera, contre toute attente, sa lutte inlassable pour dénoncer les crimes contre les Arméniens. Dans la presse, à la tribune de l'Assemblée, le député de Carmaux dénoncera ces massacres et la haine nationaliste qui montait en Europe sous les yeux d'une politique étrangère française aveugle, sourde et aphone.

Agé de seulement trente-sept ans, Jaurès va avec courage et émotion, bouleverser la représentation nationale au point qu'un certain Proust, dans "Jean Santeuil", sous les traits du député Couzon, évoquera le combat de Jaurès pour la cause arménienne.

Dans son discours du 3 novembre 1896, à la tribune de ce que l'on nomme alors la Chambre des députés, Jaurès, avec un souffle et une puissance étonnante, sous les applaudissements de la gauche dit:

"le silence complet, silence dans la presse, dont une partie, je le sais, directement ou indirectement, a été payée pour se taire (applaudissements à gauche), silence dans nos grands journaux, dont les principaux commanditaires sont les bénéficiaires de larges entreprises ottomanes, mais surtout silence du gouvernement de la France! Quoi devant tout ce sang versé, devant ces abominations et ces sauvageries, devant cette violation de la parole de la France et du droit humain, pas un cri n'est sorti de vos connivences, et vous avez assisté, muets et, par conséquent, complices, à l'extermination complète."

 

La rumeur et le brouhaha monte alors des divers rangs de l'Assemblée, et le Président de la chambre interrompant Jaurès réplique,

"Il n'est pas possible, monsieur Jaurès, que vous adressiez au Gouvernement de la république des paroles qui seraient insultantes. Il n'est pas possible de dire qu'il a été complice d'un égorgement. Je vous engage à retirer cette parole". 

Sans commentaires. 

Lyon, le 24 avril 2007.

Jaurès et eux

medium_Jaures-fluo.jpgAujourd'hui, comme chaque 24 avril, nous rendons hommage aux victimes du génocide des Arméniens de 1915. Pour la deuxième fois, le rassemblement Lyonnais se tiendra Place Antonin Poncet, au pied de ce mémorial qui, chacun s'en souvient, a vu la droite lyonnaise mener de sordides batailles destinées à s'opposer à sa réalisation. A un moment où Sarkozy le démagogue en appelle à Jaurès, je voudrais rafraîchir la mémoire de ceux qui ont oubliés que Jaurès fut un ardent défenseur de la cause arménienne, un humaniste bref un socialiste.

C'est pendant l'été 1894 que vont se produire les premiers grands massacres des Arméniens commis par le Sultan Abdul Hamid. Ils ne sont en vérité que le premier maillon d'une chaîne de l'horreur qui conduira en 1915 le "gouvernement Jeune Turc" à mettre en œuvre un processus génocidaire.

Jean Jaurès quant à lui sera assassiné le 31 juillet 1914 mais dès les premiers jours de 1895, Jean Jaurès entamera, contre toute attente, sa lutte inlassable pour dénoncer les crimes contre les Arméniens. Dans la presse, à la tribune de l'Assemblée, le député de Carmaux dénoncera ces massacres et la haine nationaliste qui montait en Europe sous les yeux d'une politique étrangère française aveugle, sourde et aphone.

Agé de seulement trente-sept ans, Jaurès va avec courage et émotion, bouleverser la représentation nationale au point qu'un certain Proust, dans "Jean Santeuil", sous les traits du député Couzon, évoquera le combat de Jaurès pour la cause arménienne.

Dans son discours du 3 novembre 1896, à la tribune de ce que l'on nomme alors la Chambre des députés, Jaurès, avec un souffle et une puissance étonnante, sous les applaudissements de la gauche dit:

"le silence complet, silence dans la presse, dont une partie, je le sais, directement ou indirectement, a été payée pour se taire (applaudissements à gauche), silence dans nos grands journaux, dont les principaux commanditaires sont les bénéficiaires de larges entreprises ottomanes, mais surtout silence du gouvernement de la France! Quoi devant tout ce sang versé, devant ces abominations et ces sauvageries, devant cette violation de la parole de la France et du droit humain, pas un cri n'est sorti de vos connivences, et vous avez assisté, muets et, par conséquent, complices, à l'extermination complète."

 

La rumeur et le brouhaha monte alors des divers rangs de l'Assemblée, et le Président de la chambre interrompant Jaurès réplique,

"Il n'est pas possible, monsieur Jaurès, que vous adressiez au Gouvernement de la république des paroles qui seraient insultantes. Il n'est pas possible de dire qu'il a été complice d'un égorgement. Je vous engage à retirer cette parole". 

Sans commentaires. 

Lyon, le 24 avril 2007.

21/01/2007

Hrant Dink assassiné

medium_hrant_Dink.2.jpgSamedi, en fin d’après-midi, nous étions plus de 300, place Antonin Poncet, au pied du mémorial, pour rendre hommage au journaliste turc d’origine arménienne, Hrant Dink, assassiné à Istamboul la veille.

Celui qui était désigné comme une cible depuis longtemps est donc tombé tragiquement sous les balles d’un individu que l’Etat turc nous désignera, un de ces jours comme un illuminé, un nationaliste isolé ou un pauvre type.

En vérité le fondateur et animateur de l’hebdomadaire « Agos » se savait en sursis. « Mon état d’âme » disait-il « est celui d’un pigeon inquiet ». Comme de nombreux journalistes intellectuels et démocrates Turcs il avait été poursuivi au titre du sinistre article 301 qui traque ceux « qui insultent la nation et l’identité turque ».

Lire la suite

09:00 Publié dans Ainsi va la vie... | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Dink, Hrant, Arménie, turquie, arménien, génocide, instambul | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

15/12/2006

La mémoire et l’UMP

medium_sarko-memorial.jpegJe suis à Paris et j’apprends que Nicolas Sarkozy a déposé une gerbe à Lyon au pied du Mémorial de la place Antonin Poncet.

Cornaqué par la nomenklatura UMP de Lyon, le Ministre de l’Intérieur est manifestement là pour laver les pêchés de Perben et Debazeille.

Pour que la fête puisse être totale, Denis Broliquier le Maire du 2ème arrondissement est le Monsieur loyal de la bande. Lui, l’opposant acharné à l’édification du Mémorial, celui qui a surfé pendant plus de deux ans sur l’abject et le mensonge, se transforme en faisant fonction de concierge du Mémorial.

Comme de bien entendu, l’association à l’initiative de l’édification du Mémorial, a été prévenue tard dans la matinée par la Mairie du 3ème. Je crois qu’en ce qui concerne leur mémoire les Arméniens auront de la mémoire.

Paris, le 15 décembre 2006.

16:00 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Sarkozy, UMP, Perben, Lyon, Arménie, armenie, armenien | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu