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02/10/2009

Un peu de lumière

227314680.jpgHier je vous rappelais que samedi 3 octobre une soirée musicale de soutien était organisée à Lyon, à l’abbaye d’Ainay, par le Comité Guy-André Kieffer.

Il se trouve qu’un peu de lumière se projette ces jours-ci sur le dossier de ce journaliste disparu et probablement assassiné à Abidjan il y a cinq ans de cela.

Les contorsions actuelles de la justice Ivoirienne laissent penser que, le danger s’approchant à grand pas, le pouvoir du président Gbagbo commence à montrer les premiers signes d’inquiétude dans ce dossier Kieffer. En effet au cours de l’été, un nouveau témoignage a été recueilli par la justice française. Un sergent-chef de l’armée Ivoirienne, à l’époque des faits en poste à la présidence de la république de Côte d’Ivoire, a confirmé devant un juge français, des propos déjà tenus dans les médias. Il semble pratiquement établi qu’interrogé par des services de sécurité proches des époux Gbagbo, le journaliste français aurait bien été abattu suite à son rapt puis enterré à la sauvette on ne sait trop où.

Il est par ailleurs certain que le Capitaine Séka-Séka, chef de la sécurité du président Gbagbo participait à certains interrogatoires de Guy-André Kieffer. Chacun ne peut donc que se réjouir de la façon dont progresse l’enquête en se félicitant du travail effectué par le juge Ramaël. Cela étant, aujourd’hui, en se rapprochant du cercle des très proches de la présidence de la république, la justice française risque de se trouver très vite à la croisée des chemins. La récente réaction d’autorités judicaires ivoiriennes qui veulent mettre en examen le propre frère du journaliste disparu traduit probablement une sorte de panique qui n’augure pas nécessairement d’une issue favorable à l’expression de la vérité concernant la disparition de Guy-André Kieffer. Un bras de fer risque donc d’exister entre la justice française et l’Etat ivoirien.

Pour nous qui savons, parce que nous écoutons le président Sarkozy, que l’époque de la « Françafrique » est derrière nous, notre conviction est faite que la France va exiger de Gbagbo la collaboration nécessaire pour qu’éclate la vérité. Si la chose ne s’avérait pas possible, nous savons que l’Elysée et le Quai d’Orsay hausseront conjointement le ton. A suivre !

Lyon, le 2 octobre 2009.

16/10/2007

Soldats musulmans

medium_Soldats_guerre_1914_1918.jpgHiver 1916, depuis un an et demi, le pays est engagé dans une guerre jonchée de morts. Par exemple dans la commune de La Mulatière qui jouxte au Sud la ville de Lyon, on dénombre en février plus de soixante soldats décédés. Quant aux blessés ils sont kyrielle et dans l’agglomération lyonnaise les hôpitaux et infirmiers poussent comme des champignons. 

Toujours en février 1916, le Major Masson, chef de l’hôpital n°21 demande au Maire de la Mulatière l’autorisation d’inhumer des soldats musulmans. Le Conseil Municipal de la commune accorde 72 places. En fait en 1925 les archives indiqueront qu’au total 202 soldats musulmans seront inhumés dans le cimetière communal.

Puis, passe le temps. Au début des années vingt le ministre Maginot signe avec le Maire de la Mulatière une convention d'entretien des tombes. Déjà en 1924 le Maire de la commune intervient pour que l’on entretienne les tombes de ces soldats. Peu à peu les relations entre la commune et les autorités militaires semblent se dégrader et pour finir, en 1928, l’armée indique au Maire de l’époque qu’elle ne compte plus fournir de l’aide pour l’entretien des tombes limitant ainsi sa collaboration au versement d’une allocation pour les 201 tombes, une famille entre temps ayant retiré les restes d’un proche. 

Au cours des années trente la commune qui souhaite la création d’un caveau ne trouve pas l’écoute nécessaire de la part des autorités. Le dossier s’enlise, l’oubli s’installe peu à peu même si d’une manière constante les municipalités successives déploient l’énergie nécessaire pour faire vivre le souvenir de ces soldats.

Aujourd’hui, Frédéric Couffin et l’association La Fontanière travaillent avec constance et efficacité sur cette « histoire oubliée » et plus particulièrement sur les ossuaires du cimetière de la Mulatière.

Ces soldats venaient du Maghreb et principalement d’Algérie, les autres d’Afrique. Ils avaient 25/26 ans. Nous savons peu de chose de leurs vies qui étaient pour certains celles d’ouvriers-auxiliaires.

Les 201 soldats « morts pour la France » sont les aïeux de certains de nos compatriotes d’origine maghrébine ou Africaine et le travail initié à la Mulatière par Frédéric Couffin est plus que précieux, il est exemplaire. C’est un triste mais ô combien significatif épisode que celui « des soldats musulmans de la Mulatière ». Cette énergie déployée pour que cesse cette « histoire oubliée » mérite d’être saluée et remerciée.

Clermont Ferrand, le 16 octobre 2007.

 
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