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06/11/2010

Souvenirs pour demain

reine-elizabeth-2-angleterre.jpgHeureusement que la Reine continue de donner des ordres pour relever sa garde parce que Londres est sur le point de virer au banal. Adieu Marks & Spencer, Virgin Mégastore et boutiques de disques à profusion, adieu aux Fish & chips graisseux et aux restaux les plus improbables qui servent leur « pie » sur leurs tables en formica. Ici comme ailleurs, place nette est faite aux H&M, Starbucks, aux sushis et à la mal bouffe branchouillée. Même dans Soho ou sur Oxford street, croiser un de ces originaux que seule l’Angleterre pouvait jadis enfanter est devenu d’une rareté inquiétante. Une sorte de vent de tristesse convenue, comme si Londres était rentré dans le rang, souffle sur une ville qui se coltine la préparation des J.O. comme une sorte de fardeau.

Désormais cornaqué par un type qui ressemble à un chef des ventes dans la promotion immobilière, ce merveilleux pays file à nouveau du mauvais coton au point que d’ici quelques temps je vous mets mon billet qu’une « Blair nostalgie » va envahir les esprits. Pour l’heure, l’impact du plan Cameron-Osborne promis à Birmingham n’est vraiment pas évalué y compris par ses promoteurs. Pourtant les conséquences pour les moins nantis risquent d’être tragiques d’ici quelques mois suite à la purge promise. Londres sera d’ici quelques années encore plus une réserve pour indiens électeurs de Cameron, et pour financiers arrogants, le reste de l’immense métropole étant suffisamment vaste pour y faire prospérer, sans limites, les millions de déclassés et de pauvres gens que l’Angleterre se prépare à engendrer.

Londres, le 6 novembre 2010.

00:05 Publié dans Politique & politiques... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : londres, reine, blair, birmingham, angleterre, lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

05/11/2010

Pauvre Albion

david-cameron.gifEn ce jour où Lyon accueille les superbes Tindersticks du côté de l’Epicerie Moderne, j’entame une petite virée à Londres me privant ainsi de la possibilité de baigner dans la dépressive mais ô combien géniale musique de la formation anglaise. A propos de la perfide Albion, alors que le mouvement d’opposition à la réforme des retraites s’amplifiait dans notre pays, les autorités locales mettaient en garde leurs compatriotes s’apprêtant à venir nous visiter. C’est donc, je dois le dire, avec un certain étonnement mêlé de tristesse que je vais à nouveau visiter un pays à qui on vient d’annoncer, sans broncher, la liquidation de 490 000 fonctionnaires, un pays dont le souvenir de retraites heureuses se dissipe dans les mémoires, des voisins qui depuis les coups de boutoirs de Thatcher et Major ne savent plus trop ce que faire valoir son droit de grève peut bien signifier.

Non content de prodiguer une véritable leçon d’éducation anglaise aux britanniques, comme c’est désormais la tendance dans tout ce que le monde ultra-libéral compte de leaders, David Cameron, entame un pas de deux avec un patronat qui souhaitait parait-il être rassuré. Baisses de Taxes, suppression de verrous administratifs et autres friandises libérales viennent donc d’être promises à la CBI, le Medef briton. Toujours à cheval sur la question de l’immigration le jeune Cameron a juré sa détermination tout en promettant aux patrons que sa vigilance n’empêcherait pas les entreprises de faire venir la main d’œuvre leur étant le plus utile.

Le 6 octobre dernier, devant son parti réuni en congrès à Birmingham, Cameron a hurlé, « Maintenant les radicaux, c’est nous ! ». Ce credo qui annonçait le plan d’austérité destiné à réduire de plus 80 milliards de livres les dépenses publiques est le prélude à une attaque en règle contre l’Etat providence avec pour objectif clairement revendiqué de saper les fondements d’acquis sociaux promis à la liquidation. Pauvre Albion.

Lyon, le 5 novembre 2010

Photo:DR

30/09/2010

Ed

ed-miliband-saura-redonner-de-la-force-au-labour.pngC’est donc avec l’appui massif des syndicats et sans vraiment convaincre le parti travailliste, élus compris, que Ed Miliband se retrouve à la tête de l’opposition quelques temps après la victoire de l’alliance Cameron-Clegg. On devrait d’ici quelques temps en savoir plus sur l’orientation que comptent mettre en œuvre les travaillistes car, convenons-en, au lendemain de la victoire de celui qui aime tant se présenter comme l’anti-Blair, le brouillard le plus londonien est sur le point d’envahir le parti travailliste. La question de l’Irak, les déficits publics, la crise financière, l’Etat et bien d’autres choses qui taraudent les britanniques sont sans réponses. Force est également de constater que le vague positionnement de Ed à la gauche du parti ne nous en dit pas vraiment plus sur ce que pourra être la politique des travaillistes. L’orientation assez fantomatique du nouveau leader sera-t-elle levée quand celui-ci installera son gouvernement non moins fantôme ? Nul ne le sait mais une chose paraît certaine : Ed Miliband a du pain sur la planche.

On le sait, face à son frère David, Ed Miliband a arraché à Manchester une belle victoire conditionnée par la peu glorieuse défaite du labour lors des dernières élections. Au-delà de cette réalité le peu connu Ed à tout intérêt à se retrousser les manches ce d’autant que les premiers sondages dégagent plus de problèmes que de réponses. A la question « Lequel des deux frères serait le plus capable d’exercer la fonction de premier ministre », David Miliband, le battu, semble en meilleure posture que Ed, le vainqueur. En effet David totalise 53% d’opinions le croyant capable de gouverner alors que le frangin Ed n’enregistre que 36% d’opinions favorables le voyant susceptible d’exercer le pouvoir comme quoi là-bas comme ailleurs la vérité d’un parti ne fait pas nécessairement la crédibilité dans l’opinion.

Lyon, le 30 septembre 2010.

Photo: DR

03/08/2009

K comme « Kureishi (Hanif) »

K.jpgParu dans sa traduction française il y a tout juste moins d’un an, « Quelque chose à te dire » de Hanif Kureishi est peut-être le bouquin de l’année littéraire qui se termine. Certains n’hésitent pas à dire qu’il s’agit du livre de la maturité, de son meilleur. Ayant lu comme beaucoup de monde « Le bouddha de banlieue » il y a maintenant bien longtemps, je dois vous avouer être incapable de dire si ce « Quelque chose … » est la crème de la crème dans l’œuvre déjà considérable de Kureshi. C’est en tout cas un excellent livre.

« Quelque chose à te dire » est une sorte de comédie douce-amère ancrée dans les milieux de l’immigration anglo-pakistanaise et plus généralement un parcours dans la société pré-Thatchérienne des années soixante-dix jusqu’à nos jours. Le narrateur de ce roman, psychanalyste, est comme un double de l’auteur, le point de convergence des moindres hoquets d’un petit monde ou se mélangent sexualité, morale, famille, foot, rock and roll ou attentats.

51KaV3WkKeL._SL500_AA240_.jpgSouvent drôle, à l’occasion terrible, parfois nostalgique, toujours teinté d’ironie, ce Kureishi est à recommander en particulier à ceux qui désespèrent parfois à la lecture de certains auteurs en vue de notre littérature. Kureishi n’est ni sociologue, ni « psy » et pourtant dans son labyrinthe on approche de très près une société anglaise qui perd parfois la boule, on sonde aussi, par le truchement de Jamal le psychanalyste les âmes et les cœurs.

Au tout début de « Souvenirs et divagations », Kureishi écrivait, « Mon père aurait voulu être écrivain. Je ne me souviens pas de lui désirant autre chose ». Avec ce « Quelque chose … » le rêve du père de Hanif Kureishi est largement dépassé. Son fils est un grand écrivain. Pourquoi pas de la graine de Nobel ?

  • > Hanif Kureishi, « Quelque chose à te dire », Traduction Florence Cabaret, Christian Bourgeois éditeur.

Bruges, le 3 août 2009.

11/11/2007

On se lève tous pour Kate

medium_Kate_Nash.gifC'est mon disque de la semaine mais surtout la nouvelle découverte de la pop anglaise. Sous ses airs de Lolita superficielle avec ses robes bien sages, Kate Nash puisque c’est d’elle dont il s’agit, nous arrive en provenance du net forte de sa vingtaine d’années.

Ecoutez son hit « Foundations » c’est vraiment épatant. Intro au piano, batterie métronomique, phrasé mi-Morrissey, mi-Billy Bragg matiné Housemartins, c’est parti et ce n’est pas prêt de vous lâcher. Ce nouveau délice de la perfide Angleterre avec sa voix légèrement voilée, sa façon so-british de dire « Faoun da cheune ». Son accent à couper au couteau va je l’espère vous plaire.

Le reste de l’album comporte quelques pépites charmantes comme « Shit song », « Skeleton song » et surtout « Monthwash » et on se dit inévitablement que la petite ira loin pour peu que le show business lui prête vie.

Pour ne rien gâter Kate Nash est une vraie personnalité, le cœur ancré à gauche mais sans concession pour un Tony Blair qu’elle rejette. Cette enfant du labour qui entre peu à peu dans sa bulle, paparazzis aux fesses, couvertures de magazines par dizaines pourrait devenir le nouveau phénomène pop de cette fin de décennie à une seule condition, celle de conserver sa fraîcheur et sa délicieuse pêche. Mais là franchement ce n’est pas gagné. On lui souhaite pourtant de garder la tête froide, elle le mérite.

Lyon, le 11 novembre 2007.

25/06/2007

Rushdie

medium_Salman_Rushdie.jpgIl n’est pas bien dans mes habitudes de faire ici l’éloge du Figaro. Cela étant dans le numéro de ce matin, Alain-Gérard Slama signe en page treize une tribune sur Salman Rushdie qui a le mérite de mettre les points sur les « i », quant à la énième relance de «l’affaire » de l’auteur des versets sataniques. Fatwa, clandestinité, exil New Yorkais, protection rapprochée, assassinats de traducteurs, depuis des années le quotidien de Salman Rushdie est un enfer. La Reine d’Angleterre, en élevant il y a quelques semaines l’écrivain d’origine pakistanaise au rang de chevalier a provoqué un nouveau déchaînement insupportable contre Rushdie et le Royaume Uni. En maintenant sa décision, Londres a pris la plus juste des décisions.
Comme le dit Slama ce matin au terme de sa contribution,

« Au moment où Tony Blair montre, avec une parfaite maîtrise de lui-même, qu’il a attendu la fin de ses fonctions pour se convertir publiquement au catholicisme, il dépendra des démocraties de faire comprendre, non seulement aux dirigeants du « monde » musulman, mais aussi aux opinions publiques des nations laïques, que cette victoire n’est pas celle du christianisme sur l’islam, mais de la sagesse de la raison sur le vertige des symboles. »

Cette vérité est bien entendue bonne à dire à ceci près que pour nous Salman Rushdie demeure lui aussi un symbole.

Puisque nous parlons de Salman Rushdie, je souhaite avoir une pensée pour Monsieur Christian Bourgois, un merveilleux éditeur, qui, vous vous souvenez peut-être, a été à l’origine de l’édition française des « versets sataniques » alors que l’auteur était la cible de la Fatwa Khomeiniste.

Lyon, le 25 juin 2007.

 
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