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18/01/2010

Gainsbourgmania

serge gainsbourg.jpgA reluquer bande-annonce et extraits, en écoutant Joann Sfar ce néo-réalisateur issu de la bande dessinée, on ne peut qu’être rassuré, le Gainsbourg qui nous est proposé cette semaine ne devrait pas décevoir et voire même s’avérer une heureuse surprise hivernale. Sans faire étape au purgatoire, Serge Gainsbourg est donc passé de la gloire au succès éternel, de quoi d’ailleurs rendre inquiétant le phénomène car depuis sa disparition on ne compte plus les compilations, rééditions et bouquins proposés. Que Serge Gainsbourg, mais c’était déjà le cas de son vivant, mérite amplement de figurer parmi la petite poignée d’auteurs-compositeurs français dignes de trôner dans le panthéon international des faiseurs de hits est incontestable. Que l’on assiste à une telle dévotion est pour le moins aberrant. Si l’on écoute bien le monde médiatique, le plus souvent béat, mis à part le billet de 500 francs brûlés par l’artiste devant les caméras, tout ce qu’a produit Gainsbourg relèverait du pur génie. Calmons-nous et considérons que dans les dix ou quinze dernières années de sa vie, Gainsbourg était surtout un bon client pour les médias à l’affût et probablement un auteur et interprète devenu modeste.

Que Sfar, « réinvente au cinéma Gainsbourg » n’est franchement pas pour me déplaire mais il serait grand temps que l’on puisse évaluer l’œuvre du grand Serge sachant qu’il n’est vraiment pas obscène de dire que dans la production pléthorique de notre plus grand artiste « pop » il y a « à boire et à manger ». Je ne pense bien entendu pas le moins du monde à l’œuvre cinématographique de Gainsbourg qui n’offre guère d’intérêt, pas plus d’ailleurs, à quelques-uns de ses textes. Gainsbourg c’est une très grosse vingtaine de bijoux et probablement un nombre équivalent de compositions largement au dessus de la production jugée à l’époque comme la plus recommandable. Pour le reste, l’œuvre de Gainsbourg est plus souvent le fait de l’imitation que de l’inspiration.

Devenu une sorte « d’intouchable », nous pouvons également nous interroger sur une tendance visant à nous démontrer que notre génie national continue d’exercer son talent par procuration. C’est ainsi que depuis quelques semaines l’ensemble de la presse porte au pinacle, au-delà du raisonnable, le dernier album de Charlotte qui ne mérite vraiment pas tant d’honneur. Il est clair qu’à terme cette « gainsbourgmania » particulièrement dévôte se retournera contre un artiste qui ne mérite ni l'aveuglement actuel et encore moins, usé par les mains sales du marketing, l’indignité qui pourrait le frapper demain ou après demain.

Lyon, le 18 janvier 2010.

27/07/2007

D comme Don't look Back.

medium_D_1.2.jpgAvec la nouvelle édition en DVD du "Don't look back" de D.A. Pennebaker (Sony BMG) c'est d'archéologie du rock dont il s'agit et peut-être même de l'apogée de Bob Dylan. Aux jeunes gens qui découvrent Dylan, et ils sont paraît-il nombreux à se passionner aujourd'hui pour le natif de Duluth, je ne peux que les encourager à se procurer ce magnifique coffret plutôt que d'aller voir "live" un artiste de moins en moins vivant sur scène.

Le documentaire de Pennebaker demeure une référence, un mètre étalon, avec peut-être le premier clip de l'histoire, le fameux "Subterranean Homesick Blues" que je vous propose de revisiter à la suite de ce court billet. On a tout dit sur Dylan. Tout et pas nécessairement son contraire. Sur Pennebaker et son fameux "Dont look back" beaucoup a été écrit en particulier sur cette tournée anglaise de 1965. Les interviews tendues, la chambre d'hôtel, les coulisses, les bribes de concerts, l'arrogance distante et moqueuse de Zimmerman, l'impressario Grossman négociant avec la BBC, ce pauvre Donovan qui en prend pour son grade et la caméra à l'épaule de Pennebaker qui rode produisant un documentaire à l'époque inédit dans le monde de la musique avec ses images en noir et blanc d'une franchise parfois brutale.

Ce très beau coffret composé de deux disques et d'un bouquin vous permettra, chaque soir, avant de vous endormir, de vous repasser le célébrissime clip qui suit grâce à un "flip book" puisque telle est la mode du moment.

 

 

Lyon, 27 juillet 2007.

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18/07/2007

A comme Arcade Fire

medium_A_Abécédaire.3.jpgJ'avais, comme beaucoup de monde, adoré "Funeral" le premier album salué fort justement par la plupart des revues spécialisées comme disque de l'année, cela fait deux ans de cela. "Neon Bible" le deuxième opus des canadiens sorti en mars dernier est, il faut le constater, légèrement en deçà car trop prévisible. Je ne sais de quoi sera fait le concert lyonnais de ce soir mais j'avoue avoir un léger sentiment d'appréhension qui monte peu à peu comme si la fin d'un cycle s'annonçait déjà pour le plus prometteur des jeunes groupes du moment.

J'espère tout de même que le "foutoir" continue de régner sur scène et que la joyeuse bande ne va pas nous expédier au petit séminaire dans des lamentations mystiques dignes du rock progressif des années soixante-dix.

En cadeau, un extrait de "Funeral", le magnifique premier album des Montréalais. Le groupe est en tournée européenne presque tout l'été. A ne pas rater ce soir à Lyon ou ailleurs au fil de vos pérégrinations estivales.

 

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Ce blog est devenu en l’espace de quelques jours le lieu de mobilisation et de défoulement des fans « canal historique » de Genesis. Je voudrais leur dire quelques mots en les saluant même si les noms d’oiseaux fusent à mon encontre.

Tout d’abord je veux donc leur signaler que ce billet a été publié avant le concert lyonnais même si je dois vous avouer que le show de Gerland n’a pas changé sur le fond ma position. Phil Collins chante toujours aussi bien, c’est évident,  mais comme je le craignais le spectacle relevait du patrimoine et les compiles « live » ce n’est toujours pas ma tasse de thé.

Fidèle à mes (mauvaises) habitudes, sachez que je ne mâche pas mes mots et en vous reportant par exemple au billet écrit quelques jours plus tôt concernant Lou Reed vous pourrez constater que, contrairement à vous tous, je ne fais pas une fixation sur Genesis. Par ailleurs le « traitement » infligé à votre groupe préféré nécessitait de votre part une lecture à un autre degré, tant, vous ne l’avez malheureusement pas remarqué, ma mauvaise foi est si outrancière qu’elle n’est pas trop à prendre au sérieux.

Vos réactions me peinent dans la mesure où la hargne, que je crois sincère, de certains traduit de tout évidence une grande difficulté à prendre de la distance avec un simple billet de quinze lignes au sujet de leur groupe « fétiche ».

Un de mes interlocuteurs, croyant me contrer, me livre un argument relatif aux Rolling Stones en m’expliquant que Jagger et les siens devraient s’abstenir de jouer depuis le départ de Brian Jones.

Je suis, vous l’imaginez sensible à ce commentaire car, plusieurs fois sur ce blog, je me suis interrogé sur le sens que pouvait avoir ce retour du rock des anciens dans nos stades. Je sais que certains fans de Genesis doivent m’en vouloir , mais je souhaite leur dire que la tournée sans fin des Rolling Stones, le retour prochain de Police, l’éternel revival de Deep Purple et les réapparitions pendulaires des Who relèvent de problématiques discutables ou, même si le show est parfois bon, le business fait toujours peu de cas de la création.

D’ici quelques jours, je vais évoquer, car qui aime bien châtie bien, Bono sur ce blog. Amis admirateurs de U2, montrez-vous moins aveuglés.

Bon été rock à tous, y compris, et c’est sincère, aux fidèles de Genesis. Tant qu’il y a de la colère, il y a de la vie. Cela étant je monte à Fourvière pour assister au concert d’Arcade Fire.

 

Lyon, le 18 juillet 2007.

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03/07/2007

Wild Side

medium_Lou_reed.pngPas de ticket, donc pas de Lou Reed pour moi ce soir. Je le regrette mais si vous êtes dans le même cas que moi et si vous avez quelques disponibilités, un bon tuyau, allez à Turin le 11 juillet prochain pour le « Torino Free Festival », vous pourrez assister au show du New Yorkais gratuitement. Revenons à l’ex Velvet dont le légendaire manque d’amabilité est inversement proportionnel au talent, c’est à dire énorme.

La tournée « Berlin 2007 » est un succès critique réel ce qui devrait redonner l’esquisse d’un sourire à notre homme. Toujours produit par Bob Ezrin, le spectacle est « vendu » comme la revanche d’un Lou Reed, paraît-il jamais remis de ce qu’il juge comme un affront, l’échec de l’album (1973). Vingt-quatre ans après, on nous repasse donc le plat, mais j’avoue, n’ayant jamais été convaincu du génie (glauque) de Reed période « Berlin » que cet événement est trop artificiel pour être honnête. J’espère tout de même que l’émotion sera au rendez-vous de Fourvière sachant qu’à trop vouloir nous imposer de rendre justice à un chef d’œuvre incompris les déçus risquent d’être légions ce soir sur le coup de minuit.

A ceux qui sont restés en carafe sur « Transformer » et qui pensent que depuis Lou Reed négocie avec les publicitaires du monde entier son « Walk on the wild side » renoncez au concert de ce soir et offrez vos billets à des jeunes gens si possible au tein blafard, ils vont faire leur miel de ce Berlin 2007. Si, au contraire, même un peu paumé, vous avez dans votre for intérieur envie de ne pas passer Lou Reed par pertes et profits, écoutez sa production post-Berlin et en particulier l’album « New York » (Sire records, 1989) et « Magic and loss » (Sire records, 1992) vous constaterez que le New Yorkais blasé est un grand. Vous l’avez compris, le concert de ce soir, est tout sauf un rendez-vous musical mondain. A l’écoute de « Lady Day », « The Kids » ou « Sad Song », certains poseurs qui pratiquent la culture uniquement quand les beaux jours reviennent risquent de sortir dépressifs. Merci Lou Reed.
 
Lyon, le 3 juillet 2007

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20/03/2007

Conduite à risque

medium_Couv_Blog_-_Amy_Winehouse.2.jpgDisque du mois dans le « Rock & Folk » d’avril, couverture de « Vibrations », à la une du 20 minutes de ce matin, Amy Winehouse devrait être la grande révélation 2007 de la soul avec son superbe album « Back to black ».

Arrangements à l’ancienne, son estampillé sixties, revival déjanté des Shangri-La’s et autres Supremes, la jeune anglaise de Camden sorte de « bad girl » naviguant d’un scandale à l’autre signe là un album qui va, espérons-le, laminer définitivement cette soupe soul sirupeuse qui hante depuis quelques années les hits parades du monde entier et les ipod d’une jeunesse piégée par de soporifiques radios Fm.

Artiste de l’année lors des récents Brit Awards, la jeune artiste londonienne renoue salutairement avec la grande tradition du r’n’b d’Aretha Franklin ou Dinah Washington. Cette fille filiforme de 23 ans à la crinière abondante, tatouée à l’excès, maquillée sans mesure est l’authentique bonne nouvelle de ce début d’année musicale pour nous pauvres français qui n’avons pas été destinataires d’un premier album jamais distribué ici par Universal.

Malgré sa légende naissante d’artiste « craignos » déboulant ivre sur les plateaux de télévision, bonne cliente des tabloïds, Amy Winehouse ne doit absolument pas être réduite à un avatar scandaleux, une sorte de Doherty au féminin. Cette artiste remarquable combine la maîtrise de l’art difficile du r’n’b avec une personnalité pour le moins affirmée qui propose une musique qui jamais ne relève de la pieuse conservation d’une forme musicale datée. Au contraire la musique et la voix d’Amy Winehouse sont actuelles au point que l’on peut se demander si demain ce n’est pas aux confins du r’n’b, de la soul, du rock et du rap que le génie de l’Anglaise ne va pas s’imposer à tous.

En attendant écoutez à l’envie « Rehab » le premier titre de l’album déjà fortement présent en radio. « Ils ont voulu m’envoyer en cure de désintoxication, mais j’ai dit non, non, non. Oui j’ai forcé sur la bouteille mais qu’importe c’est non, non, non… » nous dit Amy mais la seule conduite à risque qui vous guette c’est de devenir comme moi dingue de tout l’album d’Amy Winehouse

Lyon, le 20 mars 2007   

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