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03/10/2010

Le nom des ministères

Comme c'est parfois le cas, notre ami Marc Gauchée m'envoie un billet de son cru. Celui d'aujourd'hui nous parle de cette façon, jamais innocente, de donner un nom aux ministères. En attendant les nouveaux ministères de Sarkozy, voici quelques propos de l'ami Gauchée au sujet de celui de l'Agriculture.

Jean-Yves Sécheresse

"Bientôt la Toussaint et le grand remaniement gouvernemental ! Certains ministères vont peut-être changer de noms. Ces changements ne sont pas seulement destinés à faire plaisir au titulaire du maroquin concerné ou à faire vivre le petit commerce des fabricants de plaques. L’exemple par l’agriculture et le développement rural…

En 1881, pour la première fois, un département ministériel est dédié exclusivement et uniquement à l’agriculture. Le tout nouveau « ministère de l’agriculture » (Paul Devès) se sépare ainsi du commerce (trop libre-échangiste), de l’industrie ou de l’intérieur auxquels il avait été précédemment rattaché. Depuis, hormis 2 ans d’absence (1956-1957), chaque gouvernement a compris un « ministère de l’agriculture ».

Seule la guerre peut remettre en cause l’appellation du ministère. En 1916-1917 (Constant Roden), l’« agriculture » se retrouve brièvement avec les « commerce, industrie, travail, postes et télégraphes », renouant ainsi avec l’avant 1881. Mais la guerre est surtout l’occasion d’ajouter le « ravitaillement » au portefeuille (1917-1920, Victor Boret et Joseph Noulens ; 1940-1941, Albert Chichery et Pierre Caziot ; 1942-1944, Jacques Leroy-Ladurie, Max Bonnafous et Pierre Cathala ; 1945-1946, François Tanguy-Prigent).

Si le ministère de l’agriculture a été marqué par une grande constance dans son appellation, il a aussi connu plusieurs appellations complémentaires.

Gauchee.jpgParmi elles, il y a l’éphémère, celle qui marque l’intérêt politique d’une époque. Il en est ainsi de la « forêt » (1988-1992, Henri Nallet et Louis Mermaz). D’autres s’imposent durablement comme la « pêche » à partir de 1993 (Jean Puech). L’« alimentation » apparaît entre 1995 et 1997 (Philippe Vasseur) puis s’impose définitivement à partir de 2002 (Hervé Gaymard) jusqu’à passer en première place dans l’ordre de dénomination du ministère qui devient, en 2009, « ministère de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche » (Bruno Le Maire)… avant peut-être de disparaître quand le ministère de la santé aura retrouvé ses prérogatives.

Quant aux appellations concernant la politique rurale, elles possèdent 3 caractéristiques originales. La première est leur -relative- ancienneté puisque le « développement rural » est l’appellation complémentaire qui apparaît dès 1972-1974 (Jacques Chirac et Raymond Marcellin) puis en 1992-1993 (Jean-Pierre Soisson). La deuxième est la variabilité des dénominations : outre le « développement rural », la politique rurale fut également nommée « affaires rurales »  (2002-2004, Hervé Gaymard) et « ruralité » (2004-2005, Dominique Bussereau). La troisième caractéristique est que ses apparitions furent plutôt rares et souvent courtes.

 

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