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14/09/2009

Voyage, Voyage (air connu)

coup-pour-coup.jpgAvez-vous entendu ces temps-ci André Glucksman, l’homme qui murmurait jadis aux oreilles du Président que son destin était de combattre pour les droits de l’homme, avec les Tchétchènes, contre la « Françafrique ». Envolé le Dédé. Comme quoi quand on fait le long voyage de Mao à Sarko, une fois arrivé à destination, on est débarqué.

Marin Karmitz, un autre qui murmure aux oreilles du locataire de l’Elysée, vient quant à lui de sortir de son silence, il faut dire qu’il réfléchissait depuis six mois, le Président l’ayant nommé, prenez votre souffle « Secrétaire Général du Conseil pour la création artistique ». Probablement le seul à être épaté par les dix propositions qu’il vient de formuler pour inventer de nouveaux modes d’animation de la vie artistique, Karmitz tenait en fin de semaine dernière une conférence de presse au Musée du Quai Branly. Jusque là, me direz-vous, rien d’extraordinaire. En effet depuis quelques mois on ne compte plus ceux qui en échange d’un retournement de veste publient rapports, s’installent dans des organismes, ce qui fait avant tout la fierté de leur famille, sont bombardés ambassadeurs ou sous-secrétaire d’Etat. Que voulez-vous tous ne sont pas aussi indispensables qu’Eric Besson qui lui, n’est pas passé, rappelons-le de Mao à Sarko mais de Vivendi à l’UMP, via le Parti socialiste. Revenons donc à Marin Karmitz, celui qui se rêvait Ministre de la culture et qui n’est en fait qu’une fort modeste boîte à idée dans un domaine tout à fait subalterne pour le pouvoir actuel. Karmitz tenait donc conférence jeudi dernier. Pour distiller son génial propos, notre homme à tout bonnement interdit Libération d’un point presse protégé par un cordon de CRS afin que les syndicats, qui exigent la dissolution du machin dirigé par Karmitz, ne puissent troubler la réunion.

Karmitz, comme certains autres, à donc fait un sacré chemin depuis son film « Coup pour coup » au pedigree « Mao-Spontaneiste » clairement revendiqué qui se voulait une ode à la révolte ouvrière. Maintenant, il a besoin de CRS pour passer quelques plats à Sarkozy, avouez que c’est un drôle de voyage.

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[EDIT JYS]:

Je viens d'apprendre avec tristesse le décès d'Yvonne L'Huillier, ancienne élue apparentée socialiste, adjointe du 9e arrondissement de Lyon. Pendant plusieurs mandats elle s'était occupée de nombreux dossiers en particulier consacrés aux affaires sociales, aux personnes âgées ou à la petite enfance.

Je présente donc à tous ses proches, à sa famille et ses enfants mes plus sincères condoléances.

Lyon, le 14 septembre 2009.

Illustration: DR

09/09/2009

Subliminal soutien à Bongo

Subliminal Kouchner.jpgÀ peine Ali Bongo était-il devenu le vraisemblable président du Gabon et avant même la déclaration officielle des résultats, Paris rabâchait déjà son cantique. Le même toujours. Celui des jours noirs, qu’on chante autour des pseudo catafalques de la Françafrique. Prévisible, Kouchner barytone qu’il « condamne très fermement les atteintes à l’ordre public ». Normal. Des ressortissants français risquent d’être en danger.
Crânement et avec un effet du plus beau grégorien, les voûtes des Affaires Étrangères vibrent d’un « la France n’a pas eu de candidat, n’a défendu personne et n’est pas intervenue, jamais, jamais, jamais… Nous avons respecté complètement la neutralité nécessaire, c’est un pays souverain ».
Point d’orgue !

Silence. Méditation.

La France n’a pas eu de candidat. D’ailleurs, le conseiller de Nicolas Sarkozy pour les relations avec les pays africains, (le Monde du 30 août 2009), ne disait rien d’autre quand il affirmait : « Au Gabon, la France n’a pas de candidat, mais le candidat de Robert Bourgi, c’est Ali Bongo. Or je suis un ami écouté de Nicolas Sarkozy. De façon subliminale, l’électeur comprendra »…

Subliminal quand tu nous tiens.
Subliminales, les interventions de l’État français : les mécanismes commerciaux et les enjeux financiers, y compris ceux des sociétés nationales suffisent à l’efficacité.
Subliminal, le pétrole (53% du PIB, 79% des recettes d’exportation du pays) : Total ne contrôle que 30% de sa production.
Subliminales, les ressources minières, manganèse en tête, exploité par Comilog : le Français Eramet, n’en contrôle que 66% aux côtés de l’État (attention, les Indiens et les Chinois guettent).
Subliminale l’exploitation des bois tropicaux dominée par le groupe français Rougier.
Subliminale la réception d’Ali Bongo par Nicolas Sarkozy et Claude Guéant en 2008 : à ne pas confondre avec un adoubement du fils prodigue.

Le père d’Ali, feu Omar Bongo, « ami fidèle de la France » selon Nicolas Sarkozy et grand dispensateur de mannes électorales devant l’Eternel ne disait-il pas : « La France sans le Gabon, c’est comme une voiture sans essence et le Gabon sans la France, c’est comme une voiture sans chauffeur » ?

Jean-Paul Schmitt

10/04/2009

Vite fait

black bazar.jpgLes yeux pas vraiment en face des trous, arrivant de Erevan via Vienne, je vous livre quelques parcelles de ma bonne humeur après la lecture du « Black Bazar » d’Alain Mabanckou.

A coup de scènes nerveuses qui s’enfilent comme de magnifiques perles, l’auteur d’origine Congolaise, campe une sorte d’Afrique à Paris faIte de personnages, de lieux et d’un quotidien dessiné avec générosité, précision et rythme. C’est assez formidable d’aller vers Château-Rouge, de rencontrer « l’Arabe du coin » ou de découvrir Monsieur Hippocrate en compagnie d’Alain Mabanckou. Le monde du « Black Bazar » évoque tout à la fois l’Afrique et Paris, l’Afrique à Paris comme la France et l’Afrique. Un monde parfois exubérant peint avec humanité. Dans ce bouquin il y a de la vie, de l’amour, des contradictions et des palabres. Comme on le dit parfois devant la machine à café à un collègue sympathique mais à qui on n’a plus assez de tonus pour argumenter, vous pouvez me croire ce roman de Mabanckou est …. Je cherche le mot, « sympa ». Il est donc plus que recommandable. Désolé, mais je suis ce matin un peu à l’ouest. C’était donc aujourd’hui du « vite fait ».

  • Alain Mabanckou, « Black bazar », Le Seuil, 18 euros.

Lyon, le 10 avril 2009

24/03/2009

Habemus latex

pape.jpgTollé sur les propos de Benoît XVI. Tollé justifié, même si ses affirmations concernant le préservatif comme facteur aggravant du sida jouent une musique déjà entendue de ce côté du conservatisme éclairé.

Tenus dans l’avion qui le mène en Afrique, les propos de l’homme en blanc face aux journalistes qui l’avaient pourtant avertis de la teneur de leurs questions ne sauraient être expliqués par je ne sais quel mot dépassant la pensée papale. Il est de plus en plus difficile de surfer sur les évangiles que l’Église sait trop souvent tordre à bonne courbure.

Ce pape souffre, nous dit-on, d’être si mal compris. Alors un peu de compassion, qualité si répandue jusque dans les plus hautes sphères politiques de la fille aînée de l’Église.

Songez un instant, que diable, à la difficulté de l’exercice quasi quotidien auquel le primus inter pares s’astreint. À la limite de la schizophrénie, il est obligé de jongler entre d’une part son infaillibilité dogmatique (essayez donc d’expliquer l’immaculée conception autour de vous) et d’autre part, la trivialité des recommandations des jours ordinaires où il est question de messe en latin, de relations sexuelles soumises à l’abstinence contraceptive, d’excommunication navrée d’une fillette de neuf ans violée par son beau-père, de réintégration d’évêque négationniste pour cause d’ignorance, de suprématie sur l’Islam et j’en passe…

Et puis, la communication est un art si difficile. Plus que l’étude des pères du désert.

Ses conseillers en robe auguste font pourtant des efforts. Ils vont même jusqu’à faire fuiter sur la toile – sur hollybuzz, cela ne s’invente pas - une étude d’un éminent chercheur de Harvard. Edward C. Green affirme que les preuves qu’il possède soutiennent le commentaire du pape et que ses études montrent une corrélation entre l’utilisation accrue du préservatif et un plus grand taux d’infection par le sida : « C’est peut-être dû à la compensation du risque qui fait que quelqu’un qui utilise une « technologie » de réduction de risque en perd le bénéfice parce que ce faisant il prend plus de risques que quelqu’un qui n’utilise pas cette « technologie » ».

Un peu tiré par les cheveux, non ?

En clair, si contrairement à moi vous sortez toujours avec un parapluie dans votre sac, vous serez plus souvent mouillés que moi parce que vous prendrez plus souvent le risque de sortir quand il pleut !…

Études pour études, celles des nombreux scientifiques et experts contredisent pourtant ce point de vue, ne serait-ce que celles qui sont issues des milieux spécialisés des Etats-Unis, un pays pourtant parfois travaillé par les évangélistes. Les études épidémiologiques des Centers for Disease Control and Preservation, de l’U.S. Agency for International Development, de la Food and Drug Administration, des National Institutes of Health, montrent que les préservatifs réduisent à moins de 1% le risque de contamination par le VIH.

Mais les faiseurs de buzz bigots mégotent.

Lyon, le 24 mars 2009.

Jean-Paul Schmitt

 
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