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14/07/2009

A comme « Alaa El-Aswany »

A2.jpgIl était possible d’entamer cet abécédaire 2009 par un très légitime « A comme Actes Sud » tant la maison d’édition fondée par Hubert Nyssen est une formidable et pérenne réussite. Parmi les auteurs, venus parfois de nulle-part, dont Actes Sud a fait presque des monuments, on compte bien entendu Auster, Berberova, Delillo, Banks sans oublier ce « Millenium » déniché en Suède qui, ici comme ailleurs, bouscule le marché du polar.

Je ne sais pas si l’Egyptien Alaa El-Aswany révélé par « l’immeuble yacoubian » va connaître une carrière identique mais force est de constater que notre dentiste de « Garden City » à un bel avenir littéraire à condition qu’il ne se perde pas dans le labyrinthique show de la promotion internationale.

Après « Chicago » son ouvrage « post-yacoubian » dont je ne connais rien, Actes sud nous a donc proposé cette année une troisième livraison, « j’aurais voulu être Egyptien », un recueil de nouvelles écrites alors que El-Aswany était encore tout jeune. L’histoire de ce livre, son écriture même, sont édifiantes. Fort du manuscrit de la nouvelle qui donne son nom au recueil, c’est vers l’Office National du livre du Caire, autrement dit le comité de censure, que El-Aswany s’est tourné espérant une bénédiction. Refus du comité qui indique alors que le texte est une injure au pays car on ne raconte pas des « balivernes » sur un tel mythe national. IL faut dire que le personnage principal qui s’exprime à la première personne est confronté aux pires travers de la société Egyptienne. Circulez ! dira donc l’Office National ne goûtant guère le plaisir de dialoguer avec l’auteur sur le thème « fiction et réalité ».

En débutant aussi mal dans la vie littéraire, ils étaient probablement nombreux à l’époque à ne pas trop miser sur la carrière d’El-Aswany. Ecrivain aujourd’hui reconnu, opposant inoxydable à Moubarak et démocrate viscéral, Alaa El-Aswany n’est pas pour autant un commentateur politique. C’est un écrivain, un conteur. Le peintre d’un monde aux contours Kafkaïens parcouru par mille et un personnages souvent hauts en couleurs, le chroniqueur d’une Egypte bien pensante et truquée. Avec El-Aswany le monde arabe dispose à nouveau d’un écrivain faisant référence au plan international et nous de merveilleux moments de lecture.

9782742780815.jpg> Alaa El-Aswany, « J’aurais voulu être Egyptien », Actes Sud, 19,50 euros (traduction G. Gauthier).

Lyon, le 14 juillet 2009.

12/12/2008

Tavernier

Tavernier.jpgDemain Bertrand Tavernier va recevoir, à l’hôtel de ville, des mains de Gérard Collomb, la médaille d’honneur de la ville de Lyon. Dimanche il dédicacera vers 11H00 la magnifique réédition de son « ami américain » (Actes-Sud) à la librairie Passages et jusqu’au 25 janvier l’Institut Lumière consacre beaucoup d’énergie dans la présentation d’une rétrospective intégrale de son œuvre.

Nul ne sait exactement combien de paires de pantalons Tavernier a pu user sur les fauteuils des salles obscures depuis sa plus tendre jeunesse. Probablement des centaines et ce pour notre plus grand bien. En effet, Bertrand Tavernier est non seulement un cinéaste important, c’est aussi, plus qu’un ancien critique et attaché de presse, un « fondu de cinéma ». La nouvelle publication de son « ami américain » est à la fois l’œuvre d’un cinéphile mais aussi celle, d’un vrai « fan ». Militant dévoué du cinéma, passionné communicatif, le Président de l’Institut Lumière est non seulement un puits de connaissance mais aussi un ami généreux du cinéma, de tout le cinéma. Pour vous en convaincre voici un document vidéo qui devrait vous en convaincre. Bertrand Tavernier y commente « Noblesse oblige » de Robert Hamer (1960).

Contact : www.institut-lumière.org

> A lire :« L’ami américain », Actes-Sud, 69 euros.

Lyon, le 12 décembre 2008.

17/08/2008

S comme Stradivarius

1437017742.jpgComment écrire un récit dont le héro est un violon ? Comment construire une histoire digne de Rocambole qui pointe son nez dans une forêt alpine au début du 16ème siècle, va rebondir en février 36 pour se conclure à New York l’été 2004 ? Si vous souhaitez une réponse à ces deux questions et à quelques autres, lisez « Tribulations d’un Stradivarius en Amérique » un roman (récit ?) du luthier Frédéric Chaudière qu’Actes Sud édite en format de poche chez Babel.

Vous l’avez compris, l’histoire est tout sauf banale mais cohérente et argumentée sur le plan historique. Ce feuilleton au tempo nerveux est un livre idéal pour les lectures estivales qui peut tout à la fois passionner un ignorant du violon comme moi ainsi qu’un lecteur initié de l’instrument. Le récit de Chaudière puisant donc dans une grande culture historique et une connaissance impressionnante du violon entraîne le lecteur dans une aventure incroyable et palpitante. Venise, Crémone, Naples, Paris, nous parcourons l’Europe et les Etats-Unis à toutes jambes à travers les siècles successifs.

Ce livre s’inscrit dans une certaine tradition des récits d’aventures. Ce coup d’essai de Chaudière ne sera peut-être qu’un coup unique mais au terme de la lecture on ne peut que refermer l’ouvrage le cerveau souriant avec l’idée tout simple, mais parfois trop rare, d’avoir passé un très bon moment.

Lyon, le 17 août 2008.

 
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