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01/04/2009

Silence on tue

Guillotine.jpgXXIème siècle : le monde continue à ânonner la mortelle et effroyable conjugaison du meurtre légal :

Je décapitais (avec une machine, il n’y a pas très longtemps)
Tu pends (haut et court, l’homme étranglé aux vertèbres vives)
Ils électrocutent (l’homme assis et sanglé)
Elles piquent (l’homme aux yeux bandés)
Nous fusillions (il n’y a pas très longtemps non plus)
Vous lapidez (à 50 une fille de 13 ans dans un stade de 1000 personnes)
Ils sabrent (en incisant d’abord le cou, quand la foule hurle que Dieu est grand)
Elles gazent.(au cyanure et en disant que la mort est douce)

Amnesty International, dans son rapport 2008, révèle que 2400 personnes – chiffres sous-évalués – ont été exécutées l’année dernière. Des morts qui ont souvent les traits asiatiques : l’ex Empire du Milieu en a tué légalement 1700 et probablement beaucoup plus car la statistique y est classée « secret d’État ». Ailleurs, comme dans l’ancien empire perse, on pend et on lapide en moyenne une personne chaque jour. Dans le pays phare de la démocratie occidentale, on a encore tué 3 personnes chaque mois en moyenne, dont 2 dans le seul Texas.

Certes, on peut aussi voir un progrès dans le fait que sur les 59 pays qui maintiennent officiellement la peine de mort, moins de la moitié l’ont appliqué l’année dernière.

Rester optimiste devant l’effroyable ?
En tout cas, relire ces mots :
« À ce moment de mon existence déjà longue, me retournant vers ce qui fut un combat passionné, je mesure le chemin parcouru vers l’abolition universelle. Mais, tant qu’on fusillera, qu’on empoisonnera, qu’on décapitera, qu’on lapidera, qu’on pendra, qu’on suppliciera dans ce monde, il n’y aura pas de répit pour tous ceux qui croient que la vie est, pour l’humanité tout entière, la valeur suprême, et qu’il ne peut y avoir de justice qui tue. Le jour viendra où il n’y aura plus, sur la surface de cette terre, de condamné à mort au nom de la justice. Je ne verrai pas ce jour-là. Mais ma conviction est absolue : la peine de mort est vouée à disparaître de ce monde plus tôt que les sceptiques, les nostalgiques ou les amateurs de supplices le pensent »

Des mots de foi et de combat. Les mots d’un homme dont le siècle gardera le nom : Robert Badinter.

Jean-Paul Schmitt

08/05/2007

Abolition de l’esclavage

medium_Esclavage.jpgLe 10 mai à 17h30, devant le mémorial de la place Antonin Poncet (2ème arrondissement), nous allons nous réunir pour commémorer l’abolition de l’esclavage. J’invite bien entendu chacun à répondre à l’invitation des associations organisatrices qui souhaitent ainsi, dans un endroit central de la ville, marquer une volonté commune de travail de mémoire et de promotion de nos valeurs humanistes et républicaines.

Jusqu’à l’abolition de l’esclavage en 1848, c’est grâce à l’inlassable travail de Victor Schœlcher que l’écho de cette revendication va progresser. Face aux colons qui expliquaient que l’économie coloniale allait s’écrouler en cas d’abolition de l’esclavage, Schœlcher assumait son choix d’abolition immédiate et inconditionnelle avec une radicalité rare dans cette première partie du XIXème siècle. « Que l’esclavage soit ou ne soit pas une chose utile, il faut le détruire » expliquait alors Schœlcher. « une chose criminelle ne doit pas être nécessaire » rajoutait ce bourgeois humaniste et socialisant qui préférait en finir avec le système colonial plutôt « qu’exister avec l’esclavage ».

On ne mesure pas toujours très bien le combat de Victor Schœlcher pour construire « ce parti » de l’abolition immédiate. Rappelons-nous ce qu’un grand esprit comme Lamartine écrivait à la même époque : « une liberté désordonnée et sans condition, c’est remplacer une oppression par une autre ; c’est fonder la tyrannie des Noirs à la place de l’empire des blancs. »

Tyrannie des Noirs ? En réalité du côté de la Martinique ou de la Guadeloupe c’est la répression sanglante qui dominait avec ses 21 exécutions en 1822, ses 22 exécutions en 1831, ses 15 exécutions en 1833 sans oublier les 10 000 morts martiniquais de 1802.

En vérité ce combat émaillé de crimes et de souffrances, d’exil pour Schœlcher et bien d’autres, fût parachevé sous la République comme pour indiquer que dans notre pays cette longue et douloureuse résistance des esclaves convergea toujours avec les aspirations révolutionnaires au travers ce que l’on appelle la première abolition de 1794 et Républicaine avec le combat si déterminant de Schœlcher.

Lyon, le 8 mai 2007.

medium_Esclavage.2.jpg

 

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06:30 Publié dans Ainsi va la vie... | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : esclavage, abolition, schoelcher, victor, collomb, gérard, lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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