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10.09.2010

Vu à la télé

martine_aubry..240x320.jpgC’est dingue de voir désormais jusqu’où peut conduire l’unité qui triomphe au sein du parti socialiste. Voyez hier soir. Arlette Chabot, tout juste vidée de la direction de l’info de la deux, organisait un débat sur la question des retraites proposant à Martine Aubry de figurer dans l’émission – elle est après tout Première Secrétaire du PS – au titre de l’opposition. Pas de bol, Aubry présidant le conseil d’administration de l’Euro-métropole lilloise, la chef des socialistes a illico soumis le nom de Ségolène Royal à Arlette Chabot pour la remplacer. Jamais, avant que nous souffle ce vent de l’unité né à La Rochelle, on aurait imaginé que Martine Aubry offre une telle exposition médiatique à la présidente de Poitou-Charentes.

Certains, probablement dotés d’un esprit négatif, pensent que c’est une Martine Aubry ayant de la peine à formuler des propositions sur les retraites qui s’est désistée en faveur de sa rivale. Pensez-donc, il faudrait être fou pour imaginer une telle explication. En vérité, c’est tout bêtement parce que l’unité règne au parti socialiste que nos dirigeants sont redevenus interchangeables, unis autour d’une position non moins unique. D’ailleurs, à La Rochelle, Martine Aubry a dit et redit qu’il en allait désormais ainsi et que le temps des courants et coteries, des écuries et fractions était derrière nous. Aujourd’hui, qu’on se le dise, chacun peut désormais s’entendre avec l’ensemble du Parti sur le fait que les promesses d’aujourd’hui annoncent des jours meilleurs. Une fois ces jours meilleurs arrivés il sera toujours temps de formuler de déchirantes révisions.

Lyon, le 10 septembre 2010.

Photo: DR

05.05.2010

Tonton flingueur

Collomb Flingueur.jpgÀ peine le PS commence-t-il à s’installer dans une espèce de paix des braves en arrêtant ses petites phrases assassines entre frères et sœurs de la famille et voila que Gégé les Gones, se mettant en tête de monter à la capitale, sort l’artillerie lourde.

Du gros calibre sans silencieux sur le pétard ! Et de plus, c’est dans le beau Monde, celui du 30 avril, qu’il canarde. Aux abris, Martine, Ségolène !

J’ai l’impression de voir un mauvais remake des Tontons Flingueurs et d’entendre ânonner les dialogues extraordinaires d’Audiard que Ventura, Blier et Blanche articulaient si savoureusement. Autant je ris à ceux du film de Lautner, autant quand Gégé s’y met, j’ai du mal à me dérouiller les zygomatiques. Au lieu de s’embarquer dans la énième guerre des gangs en prenant le risque de nous éparpiller façon puzzle, il devrait travailler la tirade de Blier dans la scène de la cuisine : « Non mais t’as vu ça ? En pleine paix, y chante et pis crac, un bourre-pif, mais il est complètement fou ce mec ! ».

Que Gégé veuille défendre un art de vivre à gauche à sa façon, on peut comprendre. Un art de vivre en ville qui n’est d’ailleurs pas si mal que ça (grâce à lui notamment), mais qu’a-t-il besoin de défourailler sur sa propre famille ? D’autant que les balles peuvent ricocher en retour à l’envoyeur : en matière de zigzag qu’il dénonce, on pourrait en énoncer quelques-uns de son fait. De Hollande à Moscovici, de son appui – tactique - à Ségolène qu’il a mise ensuite au frigo pour en sortir Peillon avant de le battre froid pour cause de lèse-lyonnaiserie, jusqu’à son actuel « retenez-moi ou je fais un malheur et vais aux primaires si DSK n’y va pas », la souplesse de ses déclarations est mise à rude épreuve.

Si tout le monde s’accorde sur le fait que son phrasé n’est pas celui d’Eva Perón ou d’un télévangéliste, on sait que le gone a du fond, alors pourquoi diable donner l’impression qu’il veut dézinguer pour empocher l’oseille ?

À moins qu’il ne peaufine un futur rôle. Celui de maître Folace alias Francis Blanche, dans la même scène de la cuisine avec sa célèbre réplique : « Touche pas au grisbi ! S… ! »

Jean-Paul Schmitt

28.04.2010

Primaires primaires ?

SégoRostand.jpgÀ en croire le bel Arnaud, elles permettront en toute transparence et après une campagne très ouverte de choisir le meilleur candidat pour représenter la gauche dans son acception la plus large lors des prochaines échéances de 2012. Adviennent donc les primaires pour que l’on choisisse le meilleur candidat ou la meilleure candidate !

À écouter et à entendre - dans ces primaires dont les militants du PS ont demandé qu’elles soient ouvertes - les valeurs qui sont celles des postulantes et postulants (sans réelle surprise gageons-le), les objectifs prioritaires (plus difficile), les moyens à mettre en œuvre pour atteindre ces objectifs (encore plus difficile, compte tenu de la dette et de la crise). Une sacrée foire d’empoigne se prépare-là à n’en pas douter. Après l’indispensable castagne des idées, il faudra des soins d’urgence. Le temps du mercurochrome et de la poche à glace sera court avant de rejoindre l’équipe plus vite que des joueurs de foot taclés après le pschitt-pschitt miracle du soigneur. D’autant plus vite que les fameuses primaires auront lieu assez tard en 2011 pour satisfaire les tenants de DSK, dont notre cher Gérard semble fan si j’en crois les récentes déclarations qu’il a faites sur la chaine Public Sénat, le 22 avril dernier. I want my DSK back dit GC qui déclare « À mon avis c’est le meilleur pour faire à la fois une politique économique crédible et performante et faire de grandes réformes sociales ». Ouf ! Voici l’homme providentiel nouveau. Qui l’eu cru ? GC nous l’a pourtant dit dès le 25 mars sur son blog : « Au regard du projet réformiste que j’appelle de mes vœux, Martine Aubry est aujourd’hui trop conservatrice. » sans oublier d’ajouter aussitôt, in cauda venenum, « Quant à Ségolène Royal, elle avance trop en zigzag pour pouvoir ranimer cette flamme qui a fait autrefois son succès. » Le tacle sur les gambettes des miss a lieu avant même d’entrer sur le terrain.

Primaires, vous avez dit primaire ? Comme c’est primaire…

Et si on laissait se jouer le match devant deux ou trois millions de citoyens ?

Quant à parler du flair politique soi-disant sinueux de la sorcière du Poitou :

Ah ! Non ! C’est un peu court, jeune homme !

On pouvait dire… Oh ! Dieu !... Bien des choses en somme !

En variant le ton, par exemple, pour plaire :

Agressif : « Moi, Madame, si j’avais un tel flair,

Il faudrait tout le temps que je me mouchasse ! »

Timoré : « Trop souvent vos intuitions nous glacent,

Souffrez Madame, que pour d’autres on retape ! »

Descriptif : « C’est du toc !... C’est le hic !... C’est du rap !

Que dis-je, c’est du rap ?... Cette fraternitude ! »

Sentencieux : « Martine, Fabius ont des études

Que gênent Madame votre persévérance ! »

Amical : « Laissez Madame vos espérances

Les planches des tréteaux sont si souvent glissantes ! »

Jean-Paul Schmitt

31.03.2010

La prière dominicaine

Laudate Dominique.jpgLa prière dominicaine est une prière silencieuse paraît-il. Pas sûr, à en croire celle qui monte en ce moment et qui semble fébrile.

Amis dominicains de Strausskahnie, attendez un peu cette fois avant de revêtir vos attributs d’inquisiteurs et de brûler la sorcière charentaise. Je sais que dans nos chapelles on souffle parfois le chaud et le froid, mais, à défaut de la mettre à nouveau au frigo (peut-être s’y mettra-t-elle d’ailleurs de son propre chef, mais il ne faut pas compter lui dicter quoi que ce soit) ou avant de la mener au bûcher, ne rêvez pas trop vite de la voir, comme les vestales fautives, enterrée vive dans sa région.

Amis dominicains, j’entends vos suppliques lyonnaises à votre saint patron. J’entends aussi, patelin, Cambadélis distraire les servants de la messe à Solférino pour tenter de les retenir en sacristie le temps que le grand expatrié revête un surplis rose. J’entends encore dom Mosco qui conseille au saint providentiel de ne pas attendre pour se déclarer prêt à revêtir la tiare française. J’ai entendu l’appel de Gérard de Lyon qui retrouve sa foi dans le grand inquisiteur international et monétaire depuis que l’on annonce que sainte Martine pourrait en 2012, peut-être, qui sait, des fois…. Lyon la rétive et son grand échevin ne rendent plus depuis quelques temps le culte titinesque à la sainte patronne des roses lilloises sacrée à Reims dans la fumée épaisse des encens.

Amis dominicains, craignez encore le charme royal. Il opère.

Sur France 2, le 25 mars dernier, dans À vous de Juger, le débat entre le prophète Daniel et la madone avait je vous assure la qualité des vraies disputes (au sens ancien du terme). Il y avait longtemps que la « grande télévision publique » - malgré les efforts d’Arlette Chabot pour saboter sa propre émission - ne nous avait gratifié d’un vrai échange politique sur le fond. Un échange passionné où, avec simplicité et dans un langage accessible, les divergences étaient argumentées avec franchise. Cela donnerait presque l’envie d’entrer dans l’une de ces futures coopératives du genre auberge espagnole à l’enseigne du 22 mars. Cela donne envie en tous cas de continuer ces échanges entre coopérateurs éventuels et désireux d’avenir.

Amis dominicains qui en d’autres temps avez tant aimé informer via You Tube, Dailymotion et maintenant Twitter, voyez ou revoyez l’émission. Notamment la partie concernant feu la taxe carbone (http://www.lepost.fr/article/2010/03/25/2005206_debat-segolene-royal-daniel-cohn-bendit-videos_1_0_1.html )…

Jean-Paul Schmitt

13.01.2010

Anticipation

SR Culture.jpgQue n’a-t-on pas raillé Ségolène Royal après sa soirée au Zénith et le fameux fra-ter-nité et quel silence des média lorsque Nicolas Sarkozy reprend la formule lors de ses vœux au pays. Ce qui chez Ségo était tourné en dérision devient dans la bouche de Sarko un propos ordinaire. Fantastiques média dont l’indépendance s’arrête à la porte de l’Elysée et qui ne vont pas, ne serait ce qu’égratigner, un Président en pleine déconfiture dans l’opinion. Avec 32% seulement de satisfaits de sa politique il est en totale chute libre mais c’est là le sort d’un homme qui à force de gesticuler dans tous les sens perd tout le monde en route. Et s’il reparle de fraternité c’est que l’opinion lui renvoie l’image de sa politique totalement anti-fraternelle ce qu’avait bien compris Ségolène avant lui. Car la politique sarkozienne cultive la haine et l’affrontement ; haine de l’autre, du migrant comme de l’immigré ; haine du concurrent comme de l’adversaire. Dès lors il n’est pas étonnant qu’une partie de l’opinion aspire à la fraternité.

Mais il n’est pas que sur ce sujet que Ségolène Royal anticipe, c’est aussi le cas dans la composition de ses listes en vue des élections régionales en Poitou-Charentes. On y notera la présence de deux syndicalistes l’un de chez Heulliez entreprise pour le sauvetage de laquelle elle s’est particulièrement impliquée, l’autre de l’équipementier Fabris. Rien d’extraordinaire si l’on se réfère à l’histoire de la gauche et à ses liens avec le mouvement syndical. Véritable révolution à l’heure où le monde du travail n’a plus droit de cité dans les circuits institutionnels. Il n’est de ce point de vue qu’à se reporter à la liste socialiste du Rhône pour mesurer la différence, une liste que même l’arrivée au deuxième tour de candidats issus des partenaires ne comptera toujours pas de représentants du monde du travail en activité. A l’heure où le chômage reste la principale préoccupation des français, où les derniers conflits sociaux portent essentiellement sur le sauvetage d’emplois cette défection interroge. Le rassemblement nécessaire pour battre la droite en 2012 ne se fera pas sans une vraie sensibilisation des actifs de ce pays. Et l’on ne pourra pas longtemps les oublier dans la représentation politique. Apparemment Ségolène a anticipé la question la première.

Philippe Dibilio

30.12.2009

2006 en vrac

Création de la Banque Postale - Election du Hamas en Palestine - 80ème anniversaire d’Elisabeth II - Inauguration du Musée du Quai Branly – Ségolène Royal désignée comme candidate du PS aux présidentielles - Saddam Hussein exécuté - Mouvement contre le CPE - La France battue par l’Italie en finale de la Coupe du Monde - Mort de James Brown - « Dans ma bulle » de Diam’s, meilleure vente d’album en France ….

Diam's - Dans ma Bulle
envoyé par yAmShAmOyAl. - Regardez la dernière sélection musicale.

Lannemezan, le 30 décembre 2009

19.12.2009

Nostradamus

duhamel.1171620777.jpgComme moi, beaucoup d’entre-vous, en lisant jeudi dernier libération se sont subitement trouvés démunis et paumés. Au bas de la chronique si enrichissante de notre meilleur expert politique, je parle vous l’avez compris de Alain Duhamel, une terrible mention figurait. Je vous la livre tel quel. « La chronique d’Alain Duhamel reprendra le jeudi 7 janvier » nous disait Libé sans prendre la moindre précaution. Rendez-vous compte, pendant plus de vingt jours nous allons être nombreux à végéter pendant la trêve des confiseurs sans bénéficier des analyses les plus pointues.

La chose est d’autant plus terrible qu’avec un papier intitulé « Il y a foule au bal des prétendants socialistes » Alain Duhamel terminait 2009 avec un brio que l’on osait plus espérer. Le seul titre de ce billet de Duhamel résumait la difficulté de l’entreprise. Chapeau l’artiste !

Pour tout vous avouer, j’avais tout de même quelque appréhension dans la mesure où la dernière fois où l’expert avait passé en détail les socialistes pour pronostiquer qui pourrait être candidat aux dernières présidentielles, Duhamel avait juste oublié de citer le nom de Ségolène Royal. Que l’on se rassure. Cette fois-ci, au sommet de son art, Duhamel n’a oublié personne. L’œil du maître est toujours aussi exercé et je peux, sans je l’espère trahir le fécond esprit de cet analyste de la vie politique française vous dire qu’au « bal des prétendants socialistes » figurent, tout d’abord Martine Aubry, François Hollande, Ségolène Royal mais aussi Manuel Valls (pour prendre date), Pierre Moscovici (le plus doué et le plus cultivé), Bertrand Delanoë et pourquoi pas DSK. Je sais cela vous en bouche un coin. Poussant encore plus loin le remue-méninge, Alain Duhamel, qui n’est pas du genre à la jouer défensive, se risque à un commentaire dont la portée historique devrait dépasser bien des lecteurs. Je vous la livre : « On peut penser que parmi ceux qui affichent leurs intentions, un tri se fera peu à peu ». Face à une telle puissance chacun doit admettre que Duhamel peut légitimement prendre une vingtaine de jours de vacances ce d’autant que, cerise sur la bûche de Noël, le plus fin limier de la vie politique française s’autorise à penser qu’il y a peut-être un « trop plein de prétendants ».

Avant de vous laisser réfléchir pendant tout ce week-end à tant de science, je voudrais tout de même faire valoir un bémol. Hier j’évoquais l’étonnante candidature de l’inrockuptible Mathieu Pigasse. Sachant que le nom du banquier de gauche n’est même pas évoqué par Duhamel, sans vouloir me transformer en supporter de Pigasse, je veux juste dire à ce sympathique candidat aux primaires que ses chances sont intactes. Ne pas figurer dans « ce bal des prétendants » inventorié par Alain Duhamel pouvant s’avérer le signe d’un authentique destin politique.

Lyon, le 19 décembre 2009

26.11.2009

Où sont les femmes ?

dominique-strauss-khan.jpg?w=450&h=675Hier soir, Dominique Strauss-Kahn était l’invité vedette du « Grand Journal » sur Canal+ cette émission au cours de laquelle Ségolène Royal annonce, en direct, la mise à pied de ses anciens amis. Hier, Libération profitait donc de l’occasion pour nous parler de celui que Joffrin appelait « l’Imam caché » en nous livrant une batterie de sondages supposés nous en dire plus sur « le candidat incognito du PS ». A l’aide du baromètre Via Voice, Libé répondait, sous la forme de pourcentages d’opinions favorables, à la question « A qui Strauss-Kahn plait-il le plus ? ». Avec 66%, les cadres et professions intellectuelles figuraient en tête talonnés par les électeurs de l’UMP, les plus de 65 ans, les électeurs verts puis ceux du PS, les retraités, les hommes et enfin les jeunes qui approchaient les 54%. Au-delà de ce bon score aux contours gériatriques plutôt affirmés, j’imagine que DSK a été surpris de ne pas trouver parmi ses soutiens les plus sûrs « la moitié du ciel », en l’occurrence les femmes.

Grâce à ce sondage il est donc prouvé que la légende est fausse, autrement dit que DSK n’est pas un homme à femmes. Pour l’instant Strauss qui retrouve une côte d’amour proche de celle qu’il avait au moment de quitter le gouvernement Jospin a donc du pain sur la planche sachant qu’il est dans notre pays plus d’électrices que d’électeurs.

Lyon, le 26 novembre 2009.

Photo: DR

19.11.2009

Royal canins

n-b-ciel.jpgA l’unisson, les médias parlent, presque en boucle du vidage de Vincent Peillon par Ségolène Royal. La méthode semble en surprendre plus d’un. Quelques mois après les présidentielles, j’avais préféré tirer ma révérence à Désir D’avenir  (ici) observant les manœuvres bureaucratiques inventées par quelques-uns pour transformer cet outil en ustensile dévoué à la seule Ségolène Royal. Certains, et non des moindres, voulaient me convaincre à l’époque de revenir sur une aussi terrible décision m’expliquant que ce disfonctionnement de l’A.G. bidonnée de Désir d’Avenir était à mettre au compte des erreurs de jeunesse. Les mêmes qui par aveuglement amoureux avaient couverts d’aussi piteuses pratiques décidaient il y a quelques mois de claquer la porte et, d’après ce qu’en disait alors la presse, de se réfugier dans un fameux dîner thérapeutique pris en commun dont l’objet était de pleurnicher sur leur bien triste sort. Peu à peu, de démissions en fatwas, celle visant Dominique Besnehard étant la plus singulière, le petit monde de Ségolène semblait se réduire à peu de choses. En vérité le putch de Dijon et le vidage de Peillon nous démontre qu’autour de Ségolène Royal il n’y a pas un quarteron d’affidés mais bien un conseil politique. C’est, d’après ce que nous dit la presse, ce conseil politique « estomaqué », pour reprendre les propos de mon excellente collègue Najat Belkacem, constitué semble-t-il de quinze membres, pour citer ceux de Guillaume Garot, qui s’est réuni en conclave pour virer Peillon. Jusqu’ici, comme pratiquement tout le monde, je pensais que les nombreux revirements de Ségolène Royal étaient uniquement le produit de sa fantasque personnalité. Pas du tout. C’est bien éclairée par un conseil politique que Ségolène Royal chemine. La preuve est donc désormais faite que ces fantassins du Ségolinisme ne sont pas seulement dévoués, ils sont aussi inquiétants car plein de rage. En quelque sorte, il s’agit des « Royal canins ».

Lyon, le 19 novembre 2009.

Photo: DR

17.11.2009

Sacrée Ségo

segolene_royal_red.jpgEn s’invitant aux forceps à la journée de travail organisée par Vincent Peillon à Dijon, Ségolène Royal a réussi un coup d’éclat dont elle a le secret. Il faut dire à sa décharge  que l’initiative du député européen du Sud Est était pour le moins cavalière. Convoquer au nom du courant « Espoir à gauche » une journée de travail sur l’éducation et en écarter celle qui fût le leader de ce courant au moment difficile du congrès de Reims ne manquait pas d’air. Et pour enfoncer le clou décréter la veille sur Europe 1 que Ségolène était un échec au rassemblement ne pouvait que pousser l’intéressée à sortir de ses gongs.

En fait Peillon souhaitait rééditer son opération de l’été où il avait déjà réuni autour de lui un arc en ciel allant de Robert hue à Marielle De Sarnez en passant pas Christiane Taubira ou les Verts. Un rassemblement qu’il s’appropriait pour l’orienter le moment venu vers tel ou tel présidentiable dont évidemment il ne souhaitait pas la présence afin d’asseoir sa position de leader du mouvement naissant. C’était sans se souvenir que Ségolène avait aussi été précurseur dans la main tendue au Modem ce dès l’élection présidentielle de 2007. Aussi, comme la louve de Rome, notre Ségo ne voulut pas se faire voler ses petits. Elle a réagi à sa manière, à la hussarde et sans complexe et j’ai plutôt tendance à applaudir.

Cet épisode m’ a renvoyé au livre de Francis Brochet, « la grande rupture » sorti récemment. L’éditorialiste et chef des pages politiques du Progrès y évoque la question de la rupture mise en scène par Nicolas Sarkozy et défend la thèse selon laquelle cette rupture vient de loin et trace son chemin au milieu des gesticulations de Sarko tout comme au travers du mode d’action d’autres acteurs du monde politique et économique. Un rupture qui ne nous tombe pas dessus du jour au lendemain mais qui fait son oeuvre depuis plusieurs années. Et pour cela il prend appui sur le parcours de trois personnages : Ségolène Royal, Laurence Parisot et Nicolas Sarkozy et son argumentaire ne manque pas d’intérêt. Je ne retiendrai qu’un seul point ; il attribue à cette rupture une cause générationnelle. Tous trois, en effet, ont l’âge de la remise à jour des pensées et des espoirs de la période de la Libération, tous trois n’ont pas fait 68 dans un camp comme dans l’autre, tous trois s’exonèrent des codes issus de ces deux périodes et qui ont jusqu’alors marqué la Vème République. Et il n’a pas tort ; nous sommes véritablement entrés dans une autre aire politique avec des approches et des attitudes bien loin de celles que nous, les plus âgés, avons vécu. Mais c’est la société qui a changé ; qu’on le veuille ou non on se parle différemment aujourd’hui. Je me suis longtemps interrogé sur le fait que mes petits enfants, même très jeunes, s’appropriaient plus vite que moi la maîtrise d’un ordinateur ou d’un téléphone portable. Puis un jour j’en ai conclu qu’avant de taper sur une touche moi je devais concevoir mon geste alors qu’ils allaient directement sur l’icône correspondant. Certes ils ne s’interrogerons peut être jamais sur le principe de fonctionnement du micro processeur ni ne comprendrons le calcul binaire qui sont des éléments clés de l’informatique mais ils communiquent avec l’outil.

Cela me semble à l’image de la société d’aujourd’hui qui va à l’essentiel, sans détour et sans s’imposer la lourdeur des formes et préséances d’hier. Ségolène Royal est certainement la seule des leaders de gauche à comprendre et assumer cette grande rupture nous aurions tort de nous en plaindre.

Philippe Dibilio

 

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