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16/08/2009

Q comme « Quadras »

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D’ici quelques jours, courants, clubs, côteries, écuries nichées au sein du PS vont se réunir avant de converger, fin août, vers la traditionnelle rentrée Universitaire de La Rochelle. Sous l’autorité de la Rectrice désormais tournée vers son unique tâche, « changer de cap », l’Université des socialistes va faire l’actualité. Plus exactement ce sont les fameux « quadras » qui seront au centre de l’agitation, Manuel Valls ayant vocation à en être le héro après le remontage de bretelles de Juillet. Il faut dire que la ridicule lettre de remontrance expédiée par Martine Aubry sera désormais portée par Valls comme une véritable médaille. De quoi d’ailleurs irriter un autre quadra, l’ex enfant terrible démonétisé, Arnaud Montebourg qui, après avoir soutenu Aubry lors du Congrès de Reims, révise ses gammes pour nous rejouer sa petite musique. Valls, Montebourg, Peillon, le troisième de ces quadras, sur le point de phosphorer à l’ombre des pins parasols de la Fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, surveillera les deux autres comme le lait sur le feu mais sur un mode moins agité. Le quatrième, Benoit Hamon est probablement parmi ces quatre celui qui ne manque pas d’air. Rappelez-vous, il n’avait trouvé rien d’autre à déclarer, suite à la lettre d’Aubry au pétillant Valls que « parfois Manuel, lui aussi, a franchi la ligne jaune », un comble de la part d’un socialiste qui avait, contre le point de vue majoritaire de son Parti, voté « Non » au référendum européen.

Valls aux portes du conseil de discipline, Montebourg en jeune révolté, Peillon dont les postures sont plus variables que géométriques, Hamon en donneur de leçons, permettez-moi d’exprimer quelques réserves sur ces médiatiques quadras qui, au gré des vents, semblent avant tout préoccupés par la gestion de ce qui peut porter leur destin personnel.

Vous me direz que, à considérer l’impunité réservée aux anciens, on ne peut qu’être indulgent à l’égard du bouillant Maire d’Evry sachant que Martine Aubry ne semble pas avoir les mêmes exigences à l’encontre de quelques hiérarques décatis. C’est ainsi que Jack Lang, émissaire de Sarkozy à Cuba ou Rocard représentant du Président auprès des pingouins polaires semblent bénéficier de la mansuétude de la pionne socialiste.

Il est vraiment temps de préparer un saut de génération et d’inviter les trentenaires à monter en première ligne, après tout, aller à l’Université c’est encore de leur âge.

Lyon, le 16 août 2009.

20/08/2008

T comme Tillons-Borde (Philippe).

74980178.jpgChair à canon des plans-médias présidentiels, ils sont des dizaines et des dizaines à avoir participé depuis quelques mois à ces fameuses commissions initiées par Nicolas Sarkozy. La plupart du temps, il s’agissait pour le nouveau pouvoir de « récupérer » quelques noms fauchés à la gauche. C’est ainsi que les Rocard, Attali, Lang, Orsenna, Lauvergeon, Olivennes, tous nomenklaturés Mitterrandistes ont connu leur moment de gloire médiatique il y a quelques mois de cela.

Du téléchargement à Alzheimer, des institutions à la télévision en passant par la croissance, ils sont désormais des centaines à pouvoir dire « j’y étais ».

Ces commissions souvent destinées à produire de l’agitation mais aussi à restreindre les périmètres ministériels ont en commun l’immense avantage d’avoir permis à Nicolas Sarkozy de garder la main mise sur les dossiers en question.

A la fin de cette première saison du Soap opéra politico-Elyséen, il convenait de rendre hommage à ces centaines d’esprits féconds dont nul ne se souvient, à cette matière grise tombée au champ d’honneur de l’oubli. J’ai donc décidé aujourd’hui, pour les replacer dans la lumière, d’en choisir un parmi tant d’autres, fruit du grattage, c’est le nom de Philippe Tillons-Borde, directeur général du groupe Sofiproteol, un établissement spécialisé, je cite, « dans le triturage, le raffinage des huiles alimentaires et les bio-carburants », qui est apparu.

Membre de la commission Attali, c'est-à-dire un de ces soldats destinés « à libérer la croissance », Monsieur Tillons-Borde est un anonyme pour le grand public, il était donc normal de rendre hommage à cette huile.

Ingénieur agronome de formation, Philippe Tillons-Borde est dépositaire d’un magnifique CV puisqu’il est passé par les présidences de Saipol, Lesieur et de Soprol ainsi que de la présidence des Conseils de surveillance de Sanders, Agro-Invest et de Ceagro. Officier de la Légion d’Honneur et de l’Ordre National du Mérite, Monsieur Tillons-Borde est également Chevalier du Mérite Agricole.

En libérant la croissance, il a une nouvelle fois rendu service au pays. Il convenait de lui adresser aujourd’hui ce coup de chapeau, d’une certaine façon au nom de ces centaines de commissaires jamais placés sous les feux de la rampe.

Londres, le 20 août 2008.

16/04/2007

La droite sait voter utile

medium_SR-Vaulx.jpgChacun doit en convenir l’essentiel pour l’heure, réside dans le vote qui interviendra dimanche prochain. Même si nous pouvons les uns et les autres demeurer expectatifs à la lecture des sondages, une chose est certaine, tout va se jouer dans un mouchoir de poche.

La tribune de Bernard Kouchner dans le Journal du Dimanche d’hier est intéressante et ceux qui savent lire constatent que l’ancien Ministre, en entourant ses propos d’éléments tout sauf nouveaux dans sa bouche, indique clairement que l’avenir passe par un vote pour Ségolène Royal dès le premier tour. Au second, pour Kouchner, de nouvelles alliances devront se nouer pour battre Nicolas Sarkozy en attendant il invite, parce qu’elle seule « peut orchestrer calmement cette indispensable mutation », à voter Ségolène et j’ajoute que tout au long de son texte Kouchner s’abstient de citer le nom de François Bayrou. C’est peut être un signe ?

Même si le mot peut choquer ou heurter certains, il est grand temps que dans la semaine décisive qui s’ouvre, une réflexion sur le vote utile s’engage. Je sais bien que parmi les électeurs de Marie-Georges Buffet, de Dominique Voynet, de José Bové et d’Olivier Besancenot la chose est difficile, non seulement à entendre, mais surtout à digérer, mais je suggère que tous examinent très concrètement cette question en fonction des enjeux réels pour le pays laissant ainsi de côté un certain patriotisme idéologique utile mais dangereux. Observation identique et donc même punition pour celles et ceux qui cherchent dans le vote Bayrou une espèce de nouvel eldorado politique construit sur le sable d’une mythique recomposition politique généralisée. 

Malgré une campagne semée d’embûches et de coups bas, Ségolène Royal trace sa route avec une détermination qui en étonne aujourd’hui plus d’un. Pour la première fois dans notre pays une femme est en situation de devenir Présidente de la République en représentant une alternative crédible et construite face à une droite dont nous sommes certains qu’elle accentuerait sa politique violente en se maintenant au pouvoir.

Cette droite, justement, sait voter utile. Malgré les aléas de la campagne, on va retrouver derrière Sarkozy une unité inscrite dès le 1er tour. Pour s’en convaincre il suffit de voir les prévisions des scores de De Villiers et d’observer avec quelle détermination les patrons de l’UMP cible les électeurs du Front National. Quand Sarkozy explique « les voix ne servent à rien quand elles se portent sur Le Pen », le message est clair. Il s’agit bien pour Nicolas Sarkozy à 7 jours de ce premier tour de cristalliser un vote utile dès le 22 avril.

En refusant d’intégrer une telle réalité électorale il serait tant de même curieux que « la gauche la plus intelligente du monde » laisse une seconde fois « la droite la plus bête du monde » triompher pour le plus grand malheur de ce pays.

Lyon, le 16 avril 2007.

 
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