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24/09/2010

Fin d’histoire

fidel_castro_dead.jpgSi l’on écoute les plus dévoués serviteurs du régime, la réapparition de Fidel Castro il y a une quinzaine de jours de cela semble aussi spectaculaire qu’inespérée. En lisant son fameux discours le 3 septembre, le lider Maximo a manifestement regonflé le moral de ses troupes tout en indiquant clairement à tous qu’il ne pouvait se résigner à abandonner le pouvoir. Au lieu de nous indiquer ce jour là la fin d’une histoire, Castro nous a expliqué que l’histoire était sans fin. Tout un programme.

Dans un contexte économique déplorable, alors que les réformes promises ne demeurent que des mots et les libertés des concepts vides, le come back de Fidel est pitoyable. Pitoyable pour lui, pour son fantoche de frère et pour tout une nomenklatura qui pourrait à terme se diviser sur l’opportunité de conduire un minimum de changement.

En vérité, malgré ce regain de forme du chef, l’avenir du castrisme est derrière lui et il est peu probable que l’unanimité se fasse jour au sein de l’appareil d’état et du Parti pour trouver une issue à ce régime à bout de souffle. L’avenir démocratique de Cuba va commencer à s’écrire à brève échéance et il serait regrettable qu’au nom de la lutte contre les frères Castro, les forces obscurantistes tiennent le stylo au profit du libéralisme le plus trivial. Seule une solution social-démocrate pourrait garantir, à quelques encablures des côtes de Floride, une issue positive pour les Cubains, une perspective alliant développement économique et libertés.

La vieille Europe et singulièrement les socialistes espagnols et français seraient inspirés en voulant jouer un rôle positif dans ce processus mais, en ont-ils l’envie ?

Le PS quant à lui est entrain de préparer une convention internationale. La question de Cuba et de castrisme n’est même pas abordée dans le texte soumis au vote. Il est vraiment loin de nous le temps des réflexions internationales.

Lyon le 24 septembre 2010.

Photo: DR

12/09/2010

En rade

Portrait_Roger-G%C3%A9rard_Schwartzenberg.jpgLes radicaux de gauche vont-ils se réjouir du pactole récupéré par Bernard Tapie. Avouez qu’une telle somme, 210 millions alors que Christine Lagarde en prévoyait tout juste une cinquantaine, serait opportune pour peu que Baylet offre une investiture à l’ancien ministre pour les présidentielles de 2012.

Sur le plan local, cette éventuelle candidature Tapie ne semble pas faire l’unanimité puisque le conseiller général Louis Pelaez est monté au créneau contre Baylet et son " opération Tapie " non sans, au passage, égratigner son leader Thierry Braillard disposé à tout, selon Pelaez, pour revenir en odeur de sainteté auprès de l’héritier de la dépêche du midi. Le pompon radical de la semaine n’est pourtant pas dans cette querelle rhodanienne mais dans les propos d’un revenant, l’oublié Roger-Gérard Schwartzenberg.

" Il y a dans nos rangs ", a déclaré le président d’honneur des Radicaux de gauche, Roger Schwartzenberg, "plusieurs responsables susceptibles de rivaliser avec ces géants que sont Manuel Valls, Jean-Louis Bianco ou Gérard Collomb ". Venant d’un Schwartzenberg le coup est rude. Valls, Bianco et Collomb vont-ils s’en remettre, rien n’est certain. Jusqu’ici, comme tout le monde, je considérais Schwartzenberg comme un politicien subsidiaire, aux limites du " sans importance " mais aux allures de " chic type ". Ce brillant prof de droit avait, il faut le dire, un parcours politique inespéré, largement le fruit de l’amabilité du PS à son égard comme si, il y a vingt ans de cela, les socialistes s’étaient dit à son propos  "entre lui et un autre, pourquoi choisir un autre ". De fil en aiguille le Schwartzenberg en question s’était retrouvé secrétaire d’Etat puis Ministre et au final dans l’oubli. Cette charge contre Valls, Bianco et Collomb a au moins un mérite, celui de nous rappeler que ce bon vieux Roger-Gérard est toujours vivant. A l’occasion de cette attaque du Radical contre les socialistes, j’ai essayé de me remémorer quelques faits d’armes de Schwartzenberg. Deux se sont signalés à ma mémoire. Le premier consistant à me souvenir d’un type qui jadis effectuait toujours les permanences de son parti en août, profitant alors de l’occasion pour bombarder de communiqués sans importance une presse qui somnolait alors que la France bronzait. Politicien aoûtien, Roger-Gérard Schwartzenberg rentrera aussi dans l’histoire comme le seul homme de gauche à avoir, dans une lutte terrible contre Giscard, caché sa calvitie par un savant mouvement capillaire naturel. Pour ces deux raisons, Schwartzenberg mérite une reconnaissance le situant pas très loin des tous premiers géants de la gauche.

Lyon, le 12 septembre 2010.

10/09/2010

Vu à la télé

martine_aubry..240x320.jpgC’est dingue de voir désormais jusqu’où peut conduire l’unité qui triomphe au sein du parti socialiste. Voyez hier soir. Arlette Chabot, tout juste vidée de la direction de l’info de la deux, organisait un débat sur la question des retraites proposant à Martine Aubry de figurer dans l’émission – elle est après tout Première Secrétaire du PS – au titre de l’opposition. Pas de bol, Aubry présidant le conseil d’administration de l’Euro-métropole lilloise, la chef des socialistes a illico soumis le nom de Ségolène Royal à Arlette Chabot pour la remplacer. Jamais, avant que nous souffle ce vent de l’unité né à La Rochelle, on aurait imaginé que Martine Aubry offre une telle exposition médiatique à la présidente de Poitou-Charentes.

Certains, probablement dotés d’un esprit négatif, pensent que c’est une Martine Aubry ayant de la peine à formuler des propositions sur les retraites qui s’est désistée en faveur de sa rivale. Pensez-donc, il faudrait être fou pour imaginer une telle explication. En vérité, c’est tout bêtement parce que l’unité règne au parti socialiste que nos dirigeants sont redevenus interchangeables, unis autour d’une position non moins unique. D’ailleurs, à La Rochelle, Martine Aubry a dit et redit qu’il en allait désormais ainsi et que le temps des courants et coteries, des écuries et fractions était derrière nous. Aujourd’hui, qu’on se le dise, chacun peut désormais s’entendre avec l’ensemble du Parti sur le fait que les promesses d’aujourd’hui annoncent des jours meilleurs. Une fois ces jours meilleurs arrivés il sera toujours temps de formuler de déchirantes révisions.

Lyon, le 10 septembre 2010.

Photo: DR

30/08/2010

Retraites à l’allemande

409px-SPD-Cube.svg.pngAlors que d’ici quelques jours la question des retraites va une nouvelle fois être posée dans la rue, c’est bien entendu du côté de l’Allemagne, pays très souvent montré en exemple de ce côté-ci du Rhin, que l’on lorgne. En effet, en invitant son pays à revoir l’âge de départ en retraite, Sigmar Gabriel, le président du SPD, a mis les pieds dans le plat en brisant ainsi le tabou imposé par son prestigieux mais contesté prédécesseur Gerhard Schroeder. Le leader social démocrate s’est donc manifesté en remettant en cause la loi de 2007 qui prévoyait une augmentation progressive de l’âge de départ à la retraite à 67 ans à partir de 2012. La loi en question conditionnant son entrée en vigueur au niveau d’emploi des seniors, Sigmar Gabriel a mis en avant le fait que seulement 10% des 60-64 ans exercent une activité professionnelle en Allemagne. Pire, concernant certaines professions, le taux ne dépasse même pas les 2% ce qui fait dire au leader du SPD que « l’on ne peut pas punir ceux qui ne peuvent plus travailler au-delà de 65 ans en réduisant de facto leur pension ». Cette nouvelle position d’une fraction du SPD à l’égard des retraites pose de toute évidence l’abrogation de la loi de 2007 alors que d’autres mettent au contraire en avant la nécessité de repousser l’âge de départ en retraite à… 70 ans.

Ce débat allemand largement alimenté par la situation démographique d’un pays atteint de vieillissement n’autorise plus la droite française à inviter de force l’exemple allemand dans nos propres discussions. Fonctionnant jusqu’ici comme une sorte d’argument d’autorité, il va bien falloir que ceux qui entendaient imposer ici la réforme des retraites en s’appuyant sur cette mythique vision allemande, changent leur fusil d’épaule.

Lyon, le 30 août 2010.

18/07/2010

C comme "Care"

C 2.jpg

C’est avec une surprise pas loin d’être totale que les socialistes ont découvert, en écoutant un beau jour d’avril Martine Aubry, que le temps du « Care » était venu. « N’oublions jamais qu’aucune allocation ne remplace les chaînes de soin, les solidarités familiales et amicales, l’attention du voisinage » nous avait alors expliqué la Première Secrétaire du Parti Socialiste convoquant ainsi cette sorte de philosophie née aux Etats-Unis, semble-t-il au début des années soixante-dix.

martine-aubry.jpgPansement sur une jambe de bois, bobologie politique, cache-sexe compassionnel, stade dégradé de la social-démocratie, les critiques fusèrent face à ce concept qui aurait été livré à Martine Aubry par le laboratoire d’idées du PS dirigé par Christian Paul, un ami de Montebourg. Quelques jeunes intellectuels comme la philosophe Fabienne Bruyère ou le sociologue Guillaume Le Blanc montèrent au créneau pour expliquer que ce « Care » était par nature de gauche car critiquant un libéralisme porteur d’individualisme. L’économiste Serge Guérin quant à lui, au nom de principes comme la « bienveillance » ou « l’implication » se fit également l’avocat de cette cause qui, avouons-le, n’a pas véritablement été en situation de prospérer. Depuis ce coups d’avril 2010, force est donc de constater que le « Care » de Martine Aubry patine et, à mon très humble avis, pour longtemps.

Lyon, le 18 juillet 2010.

 

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16/06/2010

Mauvaise augure

villeurbanne.jpgRichard Llung a été élu conseiller général de Villeurbanne centre avec 1677 voix sur 27442 électeurs inscrits et 11 voix d’avance sur Beatrice Vessilier. Il siégera donc au département avec le soutien de 6% de ses mandants. Aussi malgré l’argutie de la phrase, sortie de son contexte et attribuée à François Hollande : « les petits écarts font les grandes victoires » ce néo-villeurbannais aux dents longues ne fait pas sur son nom une entrée triomphante sur la scène politique locale. Et pourtant adjoint à l’urbanisme depuis 2008 il avait quelques atouts dont, notamment, le dossier de la rénovation du quartier des Gratte Ciels au cœur du canton qui lui a permis de rencontrer pas mal de monde ; mais ceci explique peut-être cela. Pourtant ce ne sont pas les chiffres qui auront marqué ce deuxième tour mais les déclarations du maire Jean Paul Bret. Etonnante attitude, en effet, de ce maire qui depuis le début de la campagne n’a eu de cesse d’essayer d’interdire à son adjointe verte de participer à l’élection lui proposant en contre partie un accord sur le tapis vert à l’occasion du renouvellement des trois cantons de la ville l’an prochain. Devant son refus et son score proche du candidat socialiste au premier tour elle choisit de se maintenir. Là les foudres de Bret redoublent, il veut lui imposer de se retirer comme s’il fallait à tout prix laisser le champ libre au camarade Llung. Le prétexte invoqué, c’est la droite qui va arbitrer le scrutin, révèle la piètre confiance des socialistes qui, s’ils avaient mobilisé leur électorat, auraient plié cette élection sans coup férir. Dimanche soir Bret a atteint les sommets en menaçant maintenant de sanctionner son adjointe sur le terrain municipal.

Ainsi à « Villeurbanne la socialiste » le PS, par la voix de son maire, distribuerait les autorisations de candidatures et les punitions d’après scrutin. En d’autre lieu on appellerait ça du stalinisme. Et pourtant c’est bien le même Bret qui a permis à Béatrice Veissilier ce parcours politique en renversant les alliances dès le mandat précédent pour accorder aux verts la place jusqu’alors acquise par le PC. C’est Bret qui jouait les vertueux en la désignant 2ème adjointe le tout au détriment de l’avancée de dossiers d’urbanisme importants. Et aujourd’hui c’est la guerre. Peut-être parce que le maire de Villeurbanne issu de l’appareil socialiste confond les genres au point d’appliquer à l’espace républicain les pratiques internes à sa section. Voila qui n’est pas de bonne augure à moins de deux ans d’une échéance nationale où le PS sera censé rassembler largement autour de lui pour l’emporter

Philippe Dibilio

12/06/2010

Sot, Socialiste

fesses1.jpgAprès un court séjour au pays de la saucisse, je serais tout à l'heure de retour dans celui de la quenelle et tenez vous bien, après m'en être pris lundi à thréard du Figaro, je m'en voulais de laisser tranquille un socialiste nommé Christian Manable, patron du Conseil général du Côté d'Arras et censeur qui s'assume. En effet, le chéfaillon en question qui, n'en doutons pas mériterait de devenir chef d'escadrille, vient de procéder à l'interdiction d'une exposition consacrée à des dessins érotiques intitulée « Pour adultes seulement ».

Deux oeuvres dont l'une d'Alain Gauthier montrant une foufounne épilée, motivent le censeur car elles heurtent nous dit cet authentique défenseur de la cause féminine, ses valeurs de gauche. « Image dégradante de la femme », « ambiguïté par rapport à la représentation de l'enfance », exposition inopportune, l'édile admettait au quotidien le Monde qu'il risquait « de passer pour un facho, un pisse-vinaigre, un censeur » tout en proposant que les dessins en question aillent se faire voir dans une galerie privée mais en aucun cas dans une institution publique comme la bibliothèque d'Amiens. J'ignore comment ce Manable se situe dans la géographie des coteries internes du PS et cela importe peu, mais je constate que cet individu n'est l'objet d'aucune condamnation de la part de la direction d'un Parti qui s'était, rappelez vous fortement mobilisé contre Frêche, l'ancien Maire de Montpellier ayant quant à lui fait beaucoup pour le développement de la danse contemporaine dans notre pays , un art qui il est vrai consiste avant tout à se trémousser à moitié à poil sur scène.

Francfort, le 12 juin 2010.

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08/06/2010

Crétinerie

Cohn-Haddock.jpg« Il y a quatre types idéals : le crétin, l’imbécile, le stupide et le fou. Le normal, c’est le mélange équilibré des quatre », écrivait Umberto Eco dans le Pendule de Foucault.

À méditer par certains politiques qui tirent sur leurs amis. J’ai déjà eu l’occasion d’écrire ici tout le bien que je pensais des jugements à la Moulinsard de Gérard Collomb à propos de Martine Aubry et Ségolène Royal. Du côté rose de la belle province lyonnaise et depuis quelques jours, c’est plus calme. Merci. Du côté vert, sale temps pour les mouches et déchirements d’égos. À Eurovertsland, les noms d’oiseaux pleuvent. Dans l’art de choisir des qualificatifs sympathiques pour affubler les membres de la famille, nos protecteurs de la nature laissent parler la leur et prennent le relais.

Leur côté bordélique m’amuse. Je les savais imprévisibles et, au plan local, capables de s’allier lors de certains votes régionaux avec la droite la plus marquée. Naïf, je croyais leur vocabulaire moins vachard. Je découvre que dans le genre baston verbale, même façon coopérative amicale où l’on s’étrille en famille, ils sont champions.

Lors de leur dernier concert de samedi à la Cigale, Daniel Cohn Bendit a usé d’un vocabulaire revigorant et direct. Simple. Facile à comprendre. Un mélange de Frédéric Dard, de capitaine Haddock et de Mélanchon pour invectiver Jean-Vincent Placé : « crétin » ! Le Vert Numérobis avait osé parler d’Eva Joly en disant qu’elle faisait « vieille éthique ». Un réel progrès dans le choix des mots par le bouillonnant Dany qui se renouvelle après ses « Ignoble », « Minable » jetés à Bayrou sur un plateau de télévision. C’est plus moderne que le « Bouse de vache » envoyé par Clémenceau à la figure d’Edouard Herriot. Mais cela ne vole pas encore à l’altitude où le cerveau commence à souffrir du manque d’oxygène, celle du « Salope » de Devedjian à l’adresse d’Anne-Marie Comparini ou du « Casse-toi pauv’con ! » du plus distingué linguiste de France.

Jean-Paul Schmitt

03/06/2010

Plus belle la vie

martine-aubry.jpgAlors que ce pauvre Montebourg persuadé de jouer un rôle historique fait des moulinets devant les caméras pour parler de son rapport sur les primaires, en coulisse on commence à se mettre d’accord sur la répartition des postes. Nous n’en sommes pas encore à voir débouler Lamy sur les marches de Solferino pour nous annoncer la composition du gouvernement Aubry I mais les choses vont bon train. Une fois dit que la République Solferinienne est en joie puisque dimanche dernier Martine Aubry vient d’être élue présidente de la République sachez chers amis que l’on peut s’attendre, d’une minute à l’autre, à ce que François Hollande devienne le nouveau premier ministre, Ségolène Royal présidente de l’Assemblée Nationale et Laurent Fabius celui du Sénat à condition bien entendu qu’il devienne lui-même sénateur (Que voulez vous il y a des règles absurdes dans ce pays). Pour ce qui concerne le gouvernement Hollande, Jérôme Cahuzac est annoncé à Bercy pour le reste l’espoir reste intact pour l’ensemble des prétendants. Cela étant ne rigolez pas car, dans le même temps, à droite, un évènement de première bourre vient d’intervenir. Méhaignerie vient de rencontrer Bayrou et le boss de ce qui reste du Modem se montrerait favorable à une intégration dans la majorité de droite à condition que Sarkozy introduise une dose de proportionnelle pour les législatives. Sachant que Bayrou se décide toujours à prendre des décisions conduisant avec certitude à sa défaite, vous ne pouvez que vous dire qu’une victoire de Martine Aubry peut sérieusement s’envisager à partir du moment où Bayrou rejoindrait la droite. Mieux, Monin le patron du « Nouveau Centre » grogne fort contre Sarkozy et menace de se présenter aux prochaines présidentielles non sans tirer à boulets rouges contre Bayrou qu’il accuse d’être une girouette et un opportuniste.

Que Montebourg cesse de stresser, l’organisation de ces fameuses primaires, c’est juste un truc pour passer le temps. Maintenant que Martine est certaine d’aller à l’Elysée, François à Matignon, Ségolène à l’Assemblée, bien que n’étant pas députée, et Laurent au Sénat, bien que n’étant pas sénateur, il ne reste plus qu’à indiquer à Dominique de rester Dirlo à Washington. Elle est pas belle la vie ?

Lyon, le 3 juin 2010

02/06/2010

Une vraie maison de maçon

martine maçonne.jpgLe nouveau modèle de développement du PS présenté à la Plaine Saint Denis samedi dernier est sur le marché. C’est une vraie maison de maçon si l’on en juge par la réclame des promoteurs : c’est « la première pierre du programme » pour Désir (pas d’Avenir, mais Harlem) ; c’est « une brique pour 2012 » pour Mosco.

Remarquez que l’appareillage de briques et de pierres c’est le chic du chic de la construction haut de gamme. Et en même temps, la brique ça vous donne aussi un petit air ouvrier : la brique crue des vieilles banlieues du Nord avec leur maisons basses aux couleurs passées et qui sentent encore la sueur et le charbon. Voyez les corons chers à Bachelet. Je vous parle du chanteur que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, pas de Guillaume Bachelay : celui de Solférino dont on dit qu’il est fils du peuple et de Fabius (c’est dire si la musique est différente).

Sur le plan – car la maison est vendue sur plan - il ne manque plus que la cour pavée. Histoire de rappeler l’enfer du Nord. En tout cas, on peut juger le nouveau bâtiment à ses fondations : « un vrai socle » d’après la patronne des bâtisseurs qui file la métaphore façon chantier de construction en précisant que l’ouvrage n’a rien à voir avec le « modèle libéral qui nous mène au mur ».

C’est du vrai Bouygues ! Enfin, celui d’avant la télé…

Il n’y a que notre Gérard pour ne pas maçonner à l’unisson des ouvriers. Tous des gauchers. Pas comme lui qui est un franc du tablier. Assez doué, vu ce qu’il construit sur Rhône et Saône, mais un peu ambidextre. Il marmonne Gégé. Il s’abstient. Il râle. Il gâche d’autres mortiers. C’est un pragmatique qui commence à faire l’inventaire. Car on fait toujours l’inventaire. Jospin savait faire et Gérard reprend le métier et marque les fissures dans les murs. Il en a repéré dit-il dans le crépi Mitterrand de 1983 au moment même où un autre artiste, plutôt spécialiste de la flûte, s’essaie à talocher à tout va du Mitterrand - le grand, pas le neveu - à propos de l’âge de la retraite à 60 ans.

Quand on sait qu’avant d’entrer dans la maison, on va aussi devoir passer une couche de primaire sur les boiseries et les murs intérieurs et quand on sait que les goûts et les couleurs sont plus difficiles à uniformiser que les grandes intentions, pas besoin d’être du bâtiment pour savoir que les réunions de chantier seront agitées.

Jean-Paul Schmitt

01/06/2010

Référendum

31619-canne-vieux-vieilles.jpgPour faire avaler sa réforme des retraites Nicolas Sarkozy joue, comme souvent de la part des gouvernements, sur le pourrissement de la situation. Et pour cela ministres, aboyeurs UMP et autres experts bien orientés répètent à l ‘envi que l’allongement de la durée de cotisations ou celui de l’âge de départ est inévitable. Et d’aligner les lieux communs pour faire passer ce point de vue. Le débat, bien évidemment, est biaisé dans la mesure où l’on entretient une confusion volontaire entre l’âge légal du départ à la retraite et l’âge réel de la cessation d’activité. Ce qui est évident, en effet, c’est que nombre de salariés vont déjà au delà des 60 ans par nécessité. En maintenant l’âge légal à 60 ans on leur permet seulement d’en profiter s’ils le peuvent au vu de leurs cotisations et surtout de ne pas être obligé à continuer de cotiser alors que leur niveau de participation est atteint. Mais toutes les « solutions » de Sarko et des siens sont de même nature et visent à faire payer d’une manière ou d’une autre la note aux salariés. C’est pourquoi il est trop facile de parler de dogme à ce sujet, l’important c’est d’aller voir ce qui se cache derrière cette volonté de bouger l’âge légal ce chiffre qui n’a rien de butoir et qui n’obère pas la prise en compte de l’allongement de la durée de vie laquelle est de surcroît calculée en moyenne ce qui cache beaucoup de disparités. Globalement d’ailleurs les Français ne sont pas dupes et les sondages montrent clairement leur refus face à cette réforme telle qu’elle s’annonce. Alors l’idée d’un référendum lancée par Ségolène Royal et qui semble reprise par le PS est peut-être opportune. Sarkozy ayant lui-même déclaré qu’il n’avait pas de mandat des électeurs sur ce sujet il paraît naturel de leur demander leur avis.

Philippe Dibilio

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31/05/2010

Au nom du réel

Jean-Baptiste_Marie_Pierre_-_Vieillard.jpgSouvent, et à juste titre, on ne peut qu’être, si ce n’est effrayés tout du moins peinés, par l’irréalisme mêlé de populisme de certains secteurs de la gauche. Le refus de se coltiner la réalité telle qu’elle se présente demeure la maladie sénile d’une partie de la gauche et il est heureux de constater, en particulier au sein du Parti socialiste, que l’idée de se confronter à la réalité telle qu’elle s’impose, est très majoritaire. C’est ce que certains nomment le socialisme réformiste.

Concernant la question des retraites, c’est malheureusement parmi ceux qui ont pour habitude de convoquer le réel que l’on semble parfois faire le moins de cas de la réalité des choses. Dans cette réforme que touche par touche Sarkozy nous invite à adouber, les secteurs qui militent en général pour un socialisme fondé sur le réel sont paradoxalement ceux qui refusent, au nom d’une certaine idéologie, de voir la réalité dans toute sa nudité. En effet dans le combat des retraites qui s’offre à nous le réalisme ne peut que se conjuguer avec la lutte contre les inégalités et l’injustice.

Cette réforme des retraites qui va être proposée par la droite correspond ni plus ni moins qu’à pénaliser les ouvriers et les employés car repousser l’âge légal de 60 à 62 ou 63 ans c’est punir ceux qui connaissent les carrières les plus longues combinées la plupart du temps avec les salaires les plus courts. Par ailleurs en repoussant la décote au-delà de 65 ans, probablement vers 67 ou 68 ans, c’est également pénaliser les mêmes couches qui pour jouir de retraites à taux pleins devront s’user au travail jusqu’à des âges frisant leur espérance de vie. Face à cette situation aggravante et injuste, la réalité qui frappe les plus riches est autrement plus enviable puisque chacun sait que leurs niveaux d’imposition devraient être, au pire, proche de celui de l’avant bouclier-fiscal. Enfin, toujours au chapitre de l’injustice, nous savons que pour les carrières les plus courtes, celles des femmes par exemple, les inégalités risquent d’être encore plus criantes.

Face à ce projet gouvernemental, c’est donc au nom du réel que nous devons construire une opposition. Même si dans ce débat certains secteurs de gauche charrient encore leurs options démagogiques et populistes, ce n’est probablement pas une raison pour aller se perdre, au nom de je ne sais quel réalisme, dans des discours incompréhensibles qui, à tort ou à raison, apparaîtront inévitablement comme les cache-sexes de politiques injustes.

Lyon, le 31 mai 2010

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28/05/2010

Soixante ans

200px-Strauss-Kahn%2C_Dominique_%28official_portrait_2008%29.jpgC’est après tout normal, mardi dernier l’UMP tenait convention à propos des retraites, le Parti du président en profitant pour exiger que saute le verrou du départ en retraite à soixante ans, entérinant ainsi une décision prise depuis belle lurette à l’Elysée. Une fois le mini ramdam Umpiste exécuté, il suffisait au ministre Woerth de claironner la bonne nouvelle sur LCI, en prenant tout de même le soin de préciser que les cheminots ne pouvaient être concernés par une telle décision.

Parlant de démagogie et d’irresponsabilité à propos de la position défendue par Martine Aubry d’un maintien du départ à 60 ans, le petit monde de l’UMP s’autorisait à jouer DSK contre le PS. Malgré la défense serrée de son équilibriste en chef, Jean-Christophe Cambadélis, les amis de DSK commençaient ainsi à percevoir les contours de l’épreuve qui les attend même si leur volonté de jouer l’opinion contre le parti apparaît comme de plus en plus nécessaire. En effet en épousant les thèses défendues à Paris, Rome, Athènes ou Londres, en surjouant son rôle de « Sachant », DSK a commis l’erreur de s’affaiblir dans le contexte qui devrait être celui de la désignation du candidat socialiste. En acceptant de toucher à la retraite à 60 ans, c'est-à-dire à participer à une agression contre un symbole, DSK a peut-être fait l’erreur de trop. En vérité, sur cette question de l’âge du départ en retraite, la seule possibilité pour la gauche est de passer un pacte avec les Français, un deal indiquant d’un côté que des salariés usés par une vie de labeur ne travailleront désormais plus que jusqu’à l’âge de 56 ou 57 ans, de l’autre que des catégories comme les enseignants ou les cadres voient l’âge légal reporté à 62 ou 63 ans. Sans pacte de ce type devant la nation, la question de l’âge de départ en retraite est un piège dans lequel DSK vient de plonger avec d’ailleurs une certaine délectation. Quant à Martine Aubry, si pour l’heure elle peut bénéficier d’un certain doute, il conviendrait, compte tenu de ses ambitions, qu’elle nous en dise un peu plus, question de principe.

Lyon, le 28 mai 2010.

05/05/2010

Tonton flingueur

Collomb Flingueur.jpgÀ peine le PS commence-t-il à s’installer dans une espèce de paix des braves en arrêtant ses petites phrases assassines entre frères et sœurs de la famille et voila que Gégé les Gones, se mettant en tête de monter à la capitale, sort l’artillerie lourde.

Du gros calibre sans silencieux sur le pétard ! Et de plus, c’est dans le beau Monde, celui du 30 avril, qu’il canarde. Aux abris, Martine, Ségolène !

J’ai l’impression de voir un mauvais remake des Tontons Flingueurs et d’entendre ânonner les dialogues extraordinaires d’Audiard que Ventura, Blier et Blanche articulaient si savoureusement. Autant je ris à ceux du film de Lautner, autant quand Gégé s’y met, j’ai du mal à me dérouiller les zygomatiques. Au lieu de s’embarquer dans la énième guerre des gangs en prenant le risque de nous éparpiller façon puzzle, il devrait travailler la tirade de Blier dans la scène de la cuisine : « Non mais t’as vu ça ? En pleine paix, y chante et pis crac, un bourre-pif, mais il est complètement fou ce mec ! ».

Que Gégé veuille défendre un art de vivre à gauche à sa façon, on peut comprendre. Un art de vivre en ville qui n’est d’ailleurs pas si mal que ça (grâce à lui notamment), mais qu’a-t-il besoin de défourailler sur sa propre famille ? D’autant que les balles peuvent ricocher en retour à l’envoyeur : en matière de zigzag qu’il dénonce, on pourrait en énoncer quelques-uns de son fait. De Hollande à Moscovici, de son appui – tactique - à Ségolène qu’il a mise ensuite au frigo pour en sortir Peillon avant de le battre froid pour cause de lèse-lyonnaiserie, jusqu’à son actuel « retenez-moi ou je fais un malheur et vais aux primaires si DSK n’y va pas », la souplesse de ses déclarations est mise à rude épreuve.

Si tout le monde s’accorde sur le fait que son phrasé n’est pas celui d’Eva Perón ou d’un télévangéliste, on sait que le gone a du fond, alors pourquoi diable donner l’impression qu’il veut dézinguer pour empocher l’oseille ?

À moins qu’il ne peaufine un futur rôle. Celui de maître Folace alias Francis Blanche, dans la même scène de la cuisine avec sa célèbre réplique : « Touche pas au grisbi ! S… ! »

Jean-Paul Schmitt

28/04/2010

Primaires primaires ?

SégoRostand.jpgÀ en croire le bel Arnaud, elles permettront en toute transparence et après une campagne très ouverte de choisir le meilleur candidat pour représenter la gauche dans son acception la plus large lors des prochaines échéances de 2012. Adviennent donc les primaires pour que l’on choisisse le meilleur candidat ou la meilleure candidate !

À écouter et à entendre - dans ces primaires dont les militants du PS ont demandé qu’elles soient ouvertes - les valeurs qui sont celles des postulantes et postulants (sans réelle surprise gageons-le), les objectifs prioritaires (plus difficile), les moyens à mettre en œuvre pour atteindre ces objectifs (encore plus difficile, compte tenu de la dette et de la crise). Une sacrée foire d’empoigne se prépare-là à n’en pas douter. Après l’indispensable castagne des idées, il faudra des soins d’urgence. Le temps du mercurochrome et de la poche à glace sera court avant de rejoindre l’équipe plus vite que des joueurs de foot taclés après le pschitt-pschitt miracle du soigneur. D’autant plus vite que les fameuses primaires auront lieu assez tard en 2011 pour satisfaire les tenants de DSK, dont notre cher Gérard semble fan si j’en crois les récentes déclarations qu’il a faites sur la chaine Public Sénat, le 22 avril dernier. I want my DSK back dit GC qui déclare « À mon avis c’est le meilleur pour faire à la fois une politique économique crédible et performante et faire de grandes réformes sociales ». Ouf ! Voici l’homme providentiel nouveau. Qui l’eu cru ? GC nous l’a pourtant dit dès le 25 mars sur son blog : « Au regard du projet réformiste que j’appelle de mes vœux, Martine Aubry est aujourd’hui trop conservatrice. » sans oublier d’ajouter aussitôt, in cauda venenum, « Quant à Ségolène Royal, elle avance trop en zigzag pour pouvoir ranimer cette flamme qui a fait autrefois son succès. » Le tacle sur les gambettes des miss a lieu avant même d’entrer sur le terrain.

Primaires, vous avez dit primaire ? Comme c’est primaire…

Et si on laissait se jouer le match devant deux ou trois millions de citoyens ?

Quant à parler du flair politique soi-disant sinueux de la sorcière du Poitou :

Ah ! Non ! C’est un peu court, jeune homme !

On pouvait dire… Oh ! Dieu !... Bien des choses en somme !

En variant le ton, par exemple, pour plaire :

Agressif : « Moi, Madame, si j’avais un tel flair,

Il faudrait tout le temps que je me mouchasse ! »

Timoré : « Trop souvent vos intuitions nous glacent,

Souffrez Madame, que pour d’autres on retape ! »

Descriptif : « C’est du toc !... C’est le hic !... C’est du rap !

Que dis-je, c’est du rap ?... Cette fraternitude ! »

Sentencieux : « Martine, Fabius ont des études

Que gênent Madame votre persévérance ! »

Amical : « Laissez Madame vos espérances

Les planches des tréteaux sont si souvent glissantes ! »

Jean-Paul Schmitt

 
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