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28.02.2011

Adieu

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hortefeux-alliot-marie.jpg

09.11.2010

Remaniement : le pire n'est jamais décevant

remaniement.jpgLa droite est en ébullition à l'aune du prochain remaniement. Les amabilités virevoltent. Les Volfoni passeraient pour des chérubins affectueux en comparaison de sentiments prisables et réciproques que se font livrer par grappes charnues les tenanciers de l'UMP et apparentés.

Je vous propose quant à moi une sublimation : en exclusivité le futur casting gouvernemental, sous réserve bien sûr de disponibilité, mise en examen, inflation subite, nomination soudaine au conseil d'Etat, au Conseil économique,social et environnemental ou à la villa Médicis :

Premier Ministre : Un Borloo sinon rien. L'UMP à visage humain. Notre Charles Bukowski de l'écologie mériterait à lui seul la création d'une appellation d'origine contrôlée "Grenelle" tellement il serait injuste qu'on nous le copiât. Chaque jour que Dieu fermente démontrera l'efficacité du sieur Borloo à Matignon, notamment depuis que le fils Dufeigneux, auteur d'une mémorable cuite à Varenne, a été éloigné de Matignon.

Ministre du Travail, de la Santé et de l'Inflation présidentielle : Xavier Bertrand, assureur militant, qui aura à cœur d'exsuder l'ultrasarkozysme jusqu'à la transe façon convulsionnaire de Saint Médard. Si le sarkozysme était une religion, il serait préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Ministre de la Culture : Max Gallo, un Saint-Simon qui n'a rien vu. Et si Gallo n'est pas disponible, on peut rêver rue de Valois une des figures intellectuelles du sarkozysme : Jean-Marie Bigard, Michel Sardou, Christian Clavier ou Mireille Mathieu. Frédéric Mitterrand compte bien faire son Jack Lang et jouer les prolongations.

Ministre de l'Economie, des Finances, du Milliard des Emigrés et du Budget: François Baroin, qui réclame depuis des semaines qu'on fasse donner Lagarde.

Ministre de la Défense : Bruno Lemaire. Kaboul lui apprendra à rêver de Matignon.

Ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche : Valérie Pécresse, parce qu'elle le vaut bien. Un nouvel épisode de Martine en classe de découverte à ne pas manquer.

Ministre de la Justice : Luc Châtel, mousquetaire du sarkozysme, Potemkine d'Intermarché, qui pourra mettre au service du parquet son expérience en matière de cirage et s'échinera à une politique pénale très keynésienne : généreuse et interventionniste. Ou pourquoi pas Philippe Courroye, pour services rendus.

Ministres de la solidarité et de l'industrie, solidairement : Nadine Morano et Christian Estrosi, les Shirley et Dino de l'ump'iste aux étoiles.

Ministre de l'Immigration, de l'Identité Nationale, haut commissaire aux expulsions matinales et à l'amitié franco-tunisienne: Eric Besson, dont le goût pour le maroquin est inextinguible.

Ministre de la vile politique et des banlieues,  Porte parole du gouvernement : Eric Raoult, Démosthène avant les cailloux.

Ministre de l'Agriculture, de l'espace rural et de l'aménagement de son territoire : Michel Mercier, marquise des granges, barriste rural usufruitier en survivance, qui ne fleurit qu'à la lumière que reflètent sur lui les lambris de préfecture et le mobilier national.

Ministre de l'Intérieur, de l'Information et de la surveillance des fuites : Brice Hortefeux. Présumé innocent dans l'attente de son jugement pour injure raciale.

Ministre Etranger aux Affaires : Eric-Innocent Woerth, dont le procès en béatification s'ouvrira sans doute avant tous les autres.

Ministre de la Fonction Publique : Laurent Wauquiez. Dents longues, idées courtes.

Secrétaire d'Etat aux sports et à la Validation des Acquis de l'Expérience : Rama Yade, Sémiramis de la gaffe. Serait médaillée d'or si les arts décoratifs étaient discipline olympique.

Secrétaire d'Etat à l'Intérieur, chargé du démantèlement de la carte électorale et des collectivités : Alain Marleix, une sorte de petit Pasqua continental.

Stéphane Nivet

Photo: DR

12.10.2010

Transe télévisions, l'âme du sévice public

carla.jpgAmis du sarkozysme, vous avez sans doute, la semaine dernière, bu du petit lait - sans référence aucune à Notre Vénéré Derviche Tourneur évidemment - en regardant le documentaire polémique proposé par France 3 à une heure de grande écoute et fiévreusement intitulé, sans doute par goût de la subversion anarcho-syndicaliste "La Voie de Carla : un an dans la vie de Carla Bruni-Sarkozy". Chacun admettra que le réalisateur est audacieux, mais pas au point d'avoir réalisé la "voix" de Carla, ce qui pour une chanteuse aphone ne relevait plus de l'audace mais de la diffamation.

Assurément, la réalisation de ce documentaire a conduit à une irréparable pénurie de brillantine et de cirage sur la place de Paris et la sylve attenante, nous rassurant, chemin cirant, sur les desseins indépendantistes du nouveau président de France Télévisions. 25 images par seconde et 50 compliments à la minute suffisent à faire de ce documentaire un chef d'oeuvre d'astiquage qui ferait passer Michel Drucker pour un des douze salopards et Mireille Dumas pour une journaliste. 

Marc Berdugo, auteur de ce brûlot documentaire dont la doublure son aurait aisément pu être assurée par Alain Bougrain-Dubourg, nous invite donc à suivre, et ce gratuitement, Carla Bruni dans les méandres de sa vie élyséenne et emperlousée. Au menu roboratif de cette fable consacrée à l'extinction du paupérisme après 23 heures aux abords du Faubourg Saint Honoré, des permanentes, des brushing, des causeries philosophiques entre premières dames sur la dernière collection Dior ou l'alcoolisme mondain, des métaphores-gâteries à la gloire du petit Nicolas et ses acolytes anonymes. En somme, une véritable incitation à légiférer au plus vite sur le droit de mourir dans la dignité dès lors que les souffrances du téléspectateur deviennent insupportables. 

Dans un style aussi pudique que le fut la vie d'un membre de la Star Academy - à ceci près que certains pensionnaires de cette émission savent chanter -, le documentaire pérégrine dans les gardes-robes, les mains au panier et les confidences qui feront trembler la République :"Mon mari, ce n’est pas parce qu’il m’a épousée qu’il deviendra un chanteur folk" ou encore ""Je ne suis pas que la cerise sur le gâteau mais j’essaie d’être une belle cerise qui fait honneur à un gâteau fantastique" avant de glisser sur une raffarinade "Ce que j’essaye de faire, c’est de saisir les chances qui se sont offertes à moi"

Vous voyez que le service public a sacrifié la pipolisation à l'esthétisme et à l'ascétisme. Je terminerai sur cette citation de Carla qui assurément vous fera écumer d'amertume à l'idée que la saynète ne se produira jamais et qui pourtant ferait fureur à la foire du trône : « J’ai été stupéfaite de devoir être derrière lui pendant les discours. Il ne me viendrait pas à l’idée de le faire monter sur scène pendant que je chante, ou de l’obliger à jouer du tambourin."

A la semaine prochaine

Réponses du QCM "de l'insulte" : 1B, 2C, 3D, 4B, 5B, 6B, 7B, 8C, 9C, 10B. Quant aux auteurs de ces injures, la lecture de "Ta gueule Bukowski. Dictionnaire des injures littéraires" (Pierre Chalmin, L'Editeur, septembre 2010) viendra éclairer votre lanterne.

Stéphane Nivet

Photo: DR

05.10.2010

De l'injure

bukowski.jpgEn ces temps où outrage et caviardage sont devenus, dans un élan nauséeux, les deux mamelles de la Sarkozye, je ne saurais que trop vous conduire à la lecture de l'excellent "Ta gueule Bukowski. Dictionnaire des injures littéraires" (Pierre Chalmin, L'Editeur, septembre 2010) afin de renouer avec l'aimable temps où l'on savait villipender son prochain avec un talent certain et très éloigné des bassesses racistes estivales de comptoir répandues à gorges déployées contre les Auvergnats par un membre éminent du sarkozysme.

A mille lieux des unes du Figaro dont les manchettes exhibent fièrement leurs traces de cirage et de résidus "d'inflation", des "Casse-toi pauv'con" et autres "La France, tu l'aimes ou tu la quittes", ce bréviaire de l'injure nous rappelle cruellement que ce qu'il y a de pire dans le sarkozysme, ce n'est sans doute pas le volume d'immondices qu'il déverse sur la Constitution, la République, et autres textes futiles mais c'est le manque de talent, l'inculture crasse qui orne désormais les frontons de nos ministères.

Plutôt que de vous livrer quelques morceaux choisis de cette Bible de l'offense, je vous propose de deviner en faveur de qui les adresses suivantes ont été fomentées. Un X masquera éventuellement le patronyme de l'injurié; ceci est évidemment un jeu à la faveur duquel l'injurié est conduit à une hasardeuse, fortuite, accidentelle mitoyenneté de QCM avec une kyrielle d'individus pour lesquels vous imaginez le niveau de considération qui leur sera bien évidemment dû. Loin de moi l'idée de les confondre, les assimiler, les comparer, les mesurer même avec l'injurié susévoqué. Mais pour faire un QCM, il faut de multiples choix.

1. "Le plus con des veaux est celui qui court après son boucher. X fut de ce genre là"
A. Dieudonné
B. Brasillach
C. Céline
D. Martin Hirsch

2."Ce vieillard avide se ruant à la Table Sainte pour y bâfrer des honneurs ... Misère !"
A. Maurice Druon
B. Marc Fumaroli
C. Paul Claudel
D. Maurice Quénet, recteur honoraire qui est à l'Académie de Paris ce que Jack Lang fut à la culture ...

3."Inquiétant et banal comme un poignard du Caucase"
A. Eric Besson
B. Brice Hortefeux
C. Vladimir Poutine
D. Staline

4. "J'ai cru qu'il était du marbre dont on fait les statues. Il n'était que de l'émail dont on fait les bidets"
A. Nicolas Sarkozy
B. Jacques Chirac
C. François Bayrou
D. Michel Rocard

5."C'est un homme qui s'est fait tout seul, qui s'est hissé au premier plan, malgré une inculture et une pauvreté d'esprit qu'on ne rencontre plus guère que chez les animateurs de radios libres. Un homme qui a fait une carrière politique remarquable en étant persuadé toute sa vie que Marceau, Berthier et Périphérique étaient des maréchaux d'Empire"
A. Nicolas Sarkozy
B. Georges Marchais
C. Jean-Michel Baylet
D. Bernard Tapie

6. "Avec X, il faudrait deux quotidiens. Un pour la connerie du matin et un du soir pour démentir la connerie du matin"
A. Nadine Morano
B. Nicolas Sarkozy
C. Fadela Amara
D. Rama Yade

7. "Monsieur X fait dans la culture comme d'autres font dans leur culotte. Monsieur X fait de l'incontinence ministérielle. Il ne peut pas se retenir"
A. André Malraux
B. Jack Lang
C. Frédéric Mitterrand
D. Renaud Donnedieu de Vabres

8. "La littérature de X méritera de demeurer comme témoignage des ravages que peuvent occasionner , sur les esprits simples, le décervelage en règle de ce qu'on nomme encore l'Education Nationale et la lecture hebdomadaire de Télérama"
A. Marc Lévy
B. Marc Lambron
C. Philippe Delerm
D. Guillaume Musso

9. "Vous savez à quoi on reconnaît que X est en train d'écrire un nouveau livre ? On entend les ciseaux et la photocopieuse !"
A. Alain Minc
B. Paul-Loup Sulitzer
C. Jacques Attali
D. Bernard-Henry Lévy

10. "Quand ça débande dans la société humaine, une femme en général, se dévoue, en tablant sur la virginité et la frigidité primordiales. Ca refait bander illico"
A. Ségolène Royal
B. Jeanne d'Arc
C. Marie-France Garaud
D. Carla Bruni

Les réponses à ces insoutenables questions la semaine prochaine.

Stéphane Nivet

09.09.2010

Gambetta

200px-Borloo-181207.JPGIl est assez amusant d’écouter les propos du personnel politique de la droite à propos d’un Jean-Louis Borloo que quelques-uns aimeraient caser à Matignon et dont on craint beaucoup à l’UMP l’irrésistible ascension. En vérité détracteurs et supporters de Borloo trouvent à l’ancien avocat de Bernard Tapie une qualité commune, celle d’être incompréhensible par le commun des mortels. Les uns, vous l’avez compris regrettant la grande difficulté du Ministre d’Etat à articuler quelque chose de construit, clair et déchiffrable, les autres étant persuadés que leur champion demeurant la plupart du temps imbitable, nul dans le pays ne songerait à contester le charabia valoisien de l’ex maire de Valenciennes. Côte coupe de douilles, c’est du pareil au même. Les potes du ministre pensent que sa chevelure hirsute incarne assez bien le charme créatif et une pensée truffée d’épis, les autres, tout au contraire préférant mettre en avant la perfection capillaire d’un Fillon sponsorisé par Pento.

Jargon incompréhensible, coiffure rebelle et pas toujours très nette ne sont pourtant pas les seuls éléments qui divisent le petit monde de la Sarkozie à propos de Borloo. Les hallucinations borlesques pré-Copenhague ont laissé par ailleurs des traces tenaces qui, interprétées aujourd’hui par les détracteurs disqualifient définitivement un type dont le baratin illuminé ne passe plus. Tout au contraire, les propos, nécessairement durables du ministre provoquent une légère lévitation parmi les quelques groupies bigotes qui considèrent leur gourou comme une lumière.

N’ayant aucune raison de me mêler des tenants et aboutissants de ce débat qui fracture la droite française, je dois tout de même vous avouer qu’après avoir entendu les fameuses « dix propositions » livrées à Lyon le weekend dernier par Borloo devant ses amis, me voilà sur la plus extrême défensive tant le discours du chef valoisien me paraît plus proche d’un Darry Cowl lèche botte que de Gambetta.

Lyon, le 9 septembre 2010.

Photo/ DR

07.09.2010

Fable centriste lyonnaise

BorlooBerger.jpgUn jour, non loin du pré, le loup trouva une peau d'agneau que le berger avait abandonnée. Ravi de l'aubaine, le loup l'enfila par-dessus sa fourrure et se mêla au troupeau. Personne ne le reconnut car tout le monde croyait que c'était un mouton parmi d'autres.

Borloo berger ou loup déguisé ? Farce radicale ?

Berger ?

Borloo, le radical valoisien joue le berger des troupeaux. Vous savez : ces brebis qui paissent les herbes du Marais, au centre de la quadrature du cercle ; d’un cercle étrange dont le foyer principal est nettement à droite (ce qui, vous en conviendrez, devrait surprendre tous ceux qui ont quelques souvenirs de géométrie). Berger – je ne parle pas ici de l’anis du même nom – Borloo veut « ras-sem-bler autour de Sar-ko-zy ! ». Et bien sûr aller chercher une par une si possible les brebis égarées du Modem.

Voilà une bêlante qui a de quoi réjouir les loups aux aguets qui s’inquiètent d’une éventuelle dispersion de la barbaque en 2012. Unis Mais Prudents, ils sont venus canines rognées aux ateliers – aux râteliers ? - du parti radical à Lyon, le weekend dernier. Imaginez la brochette digne du parc animalier de Courzieu : Lagarde, le chef de file des sénateurs-loups et sa collègue Lamure, les députés-loups Perrut, Verchère et Grossetête. Sans compter le louveteau Havard. C’est vous dire la fibre sociale de la meute.

Loup déguisé ?

L’hypocrisie est l’hommage que le vice rend à la vertu dit le proverbe : le Borloo est vice (admirez la riche polysémie des mots) - président de l’UMP.

Le déguisé, que Forbes donnait il y a quelques années comme l’un des avocats les mieux payés du monde (normal, il était aussi celui du Nanard tapi sous l’aile peu regardante de la gauche) se verrait bien aujourd’hui Premier Berger des loups : un Fillon à creuser.

Farce radicale ?

D’autres brebis égarées, abritées des loups dans une cabine téléphonique du côté de Seignosse se demandaient si elles n’allaient pas partir pour une nouvelle transhumance avec Tapie comme berger. Atteintes de tremblante, elles en oublient Gambetta leur premier berger et sa création de l’impôt sur le revenu, sa gratuité de l’enseignement secondaire et son initiative préparant ce qui allait devenir la loi de séparation de l’Église et de l’État. De Gambetta à Tapie, en passant par Favre, les chemins d’alpage sont souvent tortueux. Avec le risque de perdre quelques brebis car, comme le dit si bien la fédération des Radicaux de Gauche de la Somme « le centre pur ne représente rien. Baylet souhaite donc la fusion des deux partis pour créer un mouvement de centre-droit, quitte à ce que les derniers républicains de gauche du PRG passent au parti socialiste… »

Jean-Paul Schmitt

02.09.2010

Sarkozy, le grand tisonnier

feu.jpgComme l'avait prédit dès 1979 le célèbre duo pythique Stone et Charden, l'été fut chaud. Non pas de cette chaleur bolloréene des premiers jours du quinquennat à la faveur desquels Notre Infaillible Nespote allait pudiquement se prélasser sur le frêle esquif d'un ami boursicoteur.

Cette fois-ci, la chaleur fut davantage étouffante et pesante, du type de celle qu'on rencontre bien souvent dans la cuvette grenobloise. Sarkozy semble y avoir troqué son Kärcher contre un tisonnier ardent, attisant des sentiments peu glorieux et érigeant l'esprit d'amalgame en mode de gouvernement. Si son discours prononcé à Grenoble fut pire que les autres, c'est aussi sans doute parce qu'il fut inaugural d'un festival de démagogie qui permet légitimement de proposer à l'UMP de devenir sans plus tarder l'Union pour un Mouvement Populiste.

Et les sicaires chargés du sévice après vente purent jouer, sous les feux de la rampe, aux exégètes décomplexés de la déchéance nationale, du sécuritarisme caravanesque et de la charterisation des roms, confirmant cet adage populaire qui nous apprend que le pire n'est jamais décevant.

Il y eut bien évidemment la triplette azuréenne - Estrosi, Ciotti, Mariani - toujours à l'affût d'une générosité sécuritaire, coutumière de ses plaidoiries altruistes qui nous font apprécier chaque jour que Dieu fomente le rattachement du comté de Nice et du Comtat Venaissin à la France.

Surtout il y eut Brice et Eric, les fameux duettistes de l'immigration nationale et de l'identité française désunies, l'un disputant à l'autre, dans une surenchère épatante et en technicolor, la conquête du bâton de Maréchal du sarkozysme. Le réchauffé n'effraya personne, à l'instar de Brice Hortefeux, pourfendeur sans rougir des leçons données par une supposée gauche caviar dont il est bon de rappeler ici qu'elle n'eut jamais à se démettre, elle, pour avoir fait payer aux contribuables des volutes cubaines tant appréciées ces dernies temps d'une certaine droite cigare. Et puis voir un ministre, né à Neuilly et par surcroît fils de banquier, s'attaquer aux milliardaires, fussent-ils de gauche, est assurément d'une volupté de fin gourmet...

"Le triomphe des démagogies est passager, mais les ruines sont éternelles." (Charles Péguy, droite grognard)

A la semaine prochaine

Lyon, le 2 septembre 2010

Stéphane Nivet

23.08.2010

U comme "Ulcérés"

812274608.jpgCet été, à propos du « président voyou », Jean-François Kahn nous a proposé une explication au nauséabond discours de Sarkozy suite aux événements dits de Grenoble. Pour Kahn, la thèse est simple. Sarko n’est pas un xénophobe ou un raciste, encore moins une variante des Le Pen. Pour l’ancien patron de Marianne, Nicolas Sarkozy est une sorte d’animal politique totalement désinhibé, affecté d’aucun interdit moral, politique ou idéologique. Comme le caïd dans sa cité, Sarkozy est, selon Jean-François Kahn, prêt à déclarer toutes les guerres à toutes les bandes rivales pour assurer l’avenir de son business. C’est donc un « président voyou » pas du tout effarouché qui, pour continuer à squatter l’Elysée après 2012, déploie les pires méthodes inspirées par les plus hideuses idées.

Brice_Hortefeux311008275_thumb%5B2%5D%2051DCD105.jpgBien que séduisante l’explication de Kahn peut être contestée mais il n’empêche que ce mois d’août 2010 demeurera dans la mémoire des démocrates et républicains français comme l’un des pires de la Vème république. Au nom de la défense des « honnêtes gens », les Hortefeux, Ciotti et autres Estrosi, chiens de garde du sarkozysme, ont dépassé les bornes en promettant des déchéances de nationalité, en pratiquant la chasse aux roms, en menaçant d’emprisonner les parents d’enfants délinquants, en voulant supprimer le paiement en espèces des allocations de rentrée ou en menaçant les maires (de gauche) soupçonnés de faire le lit de la violence. Le Monde daté de lundi dernier a judicieusement rappelé à ses lecteurs l’étrange similitude des formulations du Président avec celles des responsables du Front national. Au cas ou vous ne seriez pas ulcérés au terme de ce mois d’août par les vociférations gouvernementales et les propositions présidentielles, voici quelques extraits des propos tenus par la famille Le Pen et par le chef de l’Etat. A vous de faire le test, réponse demain.

Ils ont dit :

1)« La déchéance de nationalité pourra être prononcée par la juridiction concernée dans le cas de naturalisation acquise depuis moins de 10 ans et dans le cas de crime ou de délit grave ayant entrainé une condamnation à plus de 6 mois de prison, non assortie de sursis.»

Réponse A : le Front National

Réponse B : Nicolas Sarkozy

2)« La nationalité française doit pouvoir être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d’un policier, d’un gendarme ou de toute personne dépositaire de l’autorité publique »

Réponse A : Jean-Marie Le Pen

Réponse B : Nicolas Sarkozy

3)« Nous voulons généraliser la tolérance zéro dans certains domaines et instaurer une répression sévère contre les attaques organisées visant les forces de l’ordre, les secours ou les pompiers, notamment dans les quartiers sensibles »

Réponse A : le Front National

Réponse B : Nicolas Sarkozy

4)« Il faut supprimer l’acquisition automatique de la nationalité. L’acquisition dépendrait alors de critères reposant sur la bonne conduite et le degré d’intégration. »

Réponse A : Brice Hortefeux

Réponse B : le Front National

5)« Un terme doit être mis à l’avancée des signes ostensibles de l’Islam »

Réponse A : Nicolas Sarkozy

Réponse B : Marine Le Pen

6)« Chacun doit savoir se garder de toute ostentation, de toute provocation »

Réponse A : Marine Le Pen

Réponse B : Nicolas Sarkozy

7)« Les Français ressentent douloureusement le fait d’être bousculés dans leur identité nationale »

Réponse A : Marine Le Pen

Réponse B : Nicolas Sarkozy

8)« Le sentiment de perdre son identité peut être une cause de profonde souffrance »

Réponse A : Marine Le Pen

Réponse B : Nicolas Sarkozy

Lyon, le 23 août 2010.

Photo: DR

06.07.2010

Chercher la rigueur avec les dents

Dentifrice sarkozy.jpgJ'en entends qui râlent dans les chaumières : « Quoi, on va nous priver de Garden-party élyséenne ! »

Ben oui manants, cette année pas de Johnny à un million d'euros ! Et ce n'est pas tout : le roi a promis que le G8 en France coûtera « dix fois moins cher que les deux sommets équivalents organisés au Canada ».

Petit exercice de calcul à votre attention, bon peuple : sachant que le G8-20 du Canada -  considéré comme un record en matière de dépense - a coûté 940 millions d'euros, combien devrait coûter celui dans note beau royaume ? Pour les faibles en calcul mental : pas plus de 94 millions. Conclusion : c'est encore presque quatre fois le coût de la même réunion tenue à Londres en 2009 et qui avait coûté 24 millions. Comme quoi, tout est dans l'art de communiquer. Et dans cet art-là, Nicolas Premier est passé maître.

Mais parfois la communication trébuche...

Vous qui pensez que la Bastille était prise depuis longtemps, lisez la lettre écrite par le bon roi à Fillon. Elle dévoile l'ultime farce d'un régime qu'on croyait ancien en nous jouant un mauvais ersatz de la nuit du 4 août : désormais « les frais privés des ministres seront payés sur leurs deniers personnels ».

On rêve et le Roi Sommeille... Quand il ne se brosse pas les dents ! Oyez, vous qui rêvez de jacqueries en ignorant jusqu'où va le souci d'honnêteté du monarque : Nicolas paie lui-même son dentifrice quand il voyage ! C'est son fidèle aboyeur Lefebvre qui le dit :


Lefebvre Sarkozy paye son dentifrice [ITV] FR2 280610
envoyé par peanutsie. - L'info internationale vidéo.

 

Privilégiés bénéficiaires de la CMU n'ayez point la dent qui vous reste trop dure : notre bon roi garde le souci de payer son dentifrice sur sa cassette personnelle. Une vraie ponction sur ses émoluments et qui obère grandement leur modeste augmentation de 170% !

Comme le disait déjà il y a plus de 20 ans le Che français : « Dans le plan de rigueur, il y trop de mou dans ce qui est dur et trop de dur dans ce qui est mou. »

Jean-Paul Schmitt

05.07.2010

Soldat Woerth

Eric_woerth.jpgSi certains doutent encore de l’utilité du Figaro de Dassault pour la droite, qu’ils épluchent, pas nécessairement dans le détail, la façon dont le quotidien remue le ciel, la terre et une partie du cosmos pour sauver le bon Monsieur Woerth. Après Philippe Parini, le directeur général des finances publiques monté au créneau le 30 juin, ce week end le « premier » premier ministre de la France, l’indispensable Guéant tentait lui-même une contre attaque sur quatre pages du « Figaro-Magazine » dénonçant comme il se doit, les socialistes.

Alors que les révélations sur les mœurs de la république à l’égard des puissants se multiplient comme jamais, on se mobilise de toute part pour expliquer aux Français que Woerth est un perdreau de l’année, un gentil ministre désintéressé, un peu amorphe et la tête dans les étoiles. De toute évidence « Tenir bon » est désormais le mot d’ordre. Tenir bon jusqu’au 14 juillet en se disant que l’été faisant le soufflet aura une fort mauvaise mine à la rentrée. Tenir bon sur l’ensemble des fronts, sur Bettencourt, sur Woerth et Madame, sur la trésorerie de l’UMP. Manifestement cette affaire Bettencourt-Woerth à tout d’une poudrière alors que le pays traverse une crise terrible et que la rentrée s’annonce pire encore. A ceux qui ne seraient pas convaincus de cela l’agitation qui règne dans les rangs de la droite devraient les faire changer d’avis. Pire. Derrière le dossier Woerth les questions du fonctionnement partial de l’appareil d’Etat, de ses services fiscaux et peut-être même de sa justice, sont désormais posées. Mieux. Au-delà du cas de ce pauvre Woerth, trésorier de l’UMP, c’est de morale dont il s’agit de parler tout en s’interrogeant sur l’avidité financière de la machine électorale présidentielle. Dans le « Marianne » de la semaine on nous explique qu’étant donné le plafonnement des dons on invite du côté du parti présidentiel à multiplier les donations au sein d’une même famille et même à contribuer aux levées de fonds vers l’ensemble des formations de la majorité. Bref, le potentiel calorifuge de Woerth est chaque jour de plus en plus dangereux pour la droite et l’on peut, de moins en moins s’interroger sur les raisons qui conduisent la majorité à ne surtout pas lâcher le soldat Woerth en pleine campagne.

Fin de la saison 1 du feuilleton, le 14 juillet.

Lyon, le 5 juillet 2010.

Photo: DR

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