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11/04/2010

Les listes de Besson

legion-honneur.jpgIl y a des instants dans la vie où l’oisiveté et le mauvais esprit peuvent nous conduire à nous intéresser à l’inintéressant. C’est ainsi, il y a quelques jours de cela, je suis tombé à retardement sur le numéro du lundi de Pâques du Figaro qui titrait fièrement « Légion d’honneur, l’intégralité de la promotion de Pâques ». Pris subitement d’intérêt pour la chose, je me suis vautré dans la lecture des noms et fonctions des heureux vainqueurs du jackpot républicain pour y constater la présence légitime de Monsieur Marin, procureur de la république, un magistrat particulièrement cher à Dominique de Villepin, d’Alain Bauer, le criminologue post-rocardien préféré du président, de Jean Amadou et Denise Fabre, deux artistes dont la dévotion au gaullisme n’est plus à présenter. Pris subitement d’une envie pressante de détailler la liste des heureux bénéficiaires relevant d’Eric Besson je me suis précipité en page quatorze du quotidien le plus protocolaire de France histoire de savourer la liste du dit ministre qui, tel un inventaire à la Prévert, alterne avec mesure, policiers et fonctionnaires dédiés à la cause, à des responsables d’associations dont nous ne savons rien mais dont nous imaginons tout le bien qu’ils ont fait au drapeau national. En voici le détail …

Une membre active d’associations/ Un président de forum contre les discriminations/ Une directrice des accueils de loisirs d’une ville/ Le secrétaire général du haut conseil à l’intégration/ La directrice territoriale de la politique de la ville d’Antony/ Le coordinateur des communautés religieuses d’Amiens/ Le commandant de police de Livry-Gargan/ La présidente d’une association/ Le sous-directeur de l’administration des étrangers à la préfecture de police/ La trésorière d’une association de quartier/ La présidente d’un groupement professionnel/ La directrice d’un musée/ La présidente d’une association/ Le directeur du centre d’accueil pour demandeurs d’asile/ Le directeur adjoint d’une agence de sécurité sociale/ Un commandant de police de la police aux frontières…

Sachant qu’avec Besson tout peut aller très vite, voici la liste de ceux qui devraient figurer sur d’autres listes avant la publication de celle de la promotion de la légion d’honneur du 14 juillet.

Un manœuvre du bâtiment/ Un grutier et son épouse/ Une grue d’origine africaine/ Un plongeur dans un restaurant gastronomique/ Un agent d’entretien probablement sénégalais/ Une famille nombreuse/ Un Afghan/ Un conducteur d’engins de levage/ Un agent d’entretien/ Un autre agent d’entretien / Un footballeur exclu d’un centre de formation…

Lyon, le 11 avril 2010.

13/03/2010

Leur corps

Ouf ! Le concept de « Corps français traditionnel » n’est pas validé par l’un de nos meilleurs spécialistes de l’identité nationale, je veux bien entendu parler de Eric Besson. L’ancien de l’amicale de la Simca 1000, le beauf de Bolloré, le tout juste blanchi du financement paraît-il problématique du Parti Républicain, je veux parler de Gérard Longuet, le président de l’UMP au Sénat, ne pourra désormais plus mettre en avant sa lumineuse pensée. Pourtant le Longuet en question ne désarme pas. Il maintient que la lutte contre les discriminations serait plus efficace si elle était menée par un « non-discriminé ». Tout est donc dans le paradoxe. Au même titre que le groupe Bolloré, comme entreprise citoyenne, est le meilleur défenseur des africains, les charcutiers les meilleurs amis des cochons, Sarkozy le pote des ouvriers, il conviendrait donc de nommer à la tête de la Halde, non pas Malek Boutih, mais un de ces français de souche né à Neuilly ou dans le 16ème arrondissement, un bon catholique pratiquant juste nostalgique de la messe en latin, un de ces lecteurs du Figaro depuis quatre générations, adhérent respecté de quelques cercles parisiens particulièrement bien en vue, un hétéro sexuel si possible père de famille nombreuse ayant des amis juifs et francs-maçons…

Entre les déclarations de Longuet, les rots d’Eric Zemour, après la chasse à Ali Soumare entreprise par l’UMP grand-parisienne, la droite française est entrain de dangereusement se désinhiber au point, si elle n’y prenait pas garde, de devenir « un grand corps malade ».

NB:

Lyon, le 13 mars 2010.

10/03/2010

Brice the nice

Horteufeux l'Auvergnat.jpg

Cinéma ? Préfets atteints de débilité précoce ? Fonctionnaires nettement plus psychorigides que la moyenne ? Petits chefs réacs et sans complexes ? Ministres de l’Intérieur sans pouvoir ?

Déjà trois circulaires adressées par Brice the nice aux préfets, ambassadeurs et consuls depuis trois mois (sans compter celle de Mam en 2007) pour arrêter la discrimination qui frappe certains Français dès lors qu’ils veulent renouveler leurs papiers d’identité : lorsque leurs parents ou eux-mêmes sont nés hors de France, il leur faut parfois, remontant plusieurs générations, partir à la chasse aux « vrais » documents prouvant qu’ils sont bien nés de la lignée dont ils s’affirment !

Résultat de ces circulaires qui forcément tournent en rond (à croire qu’elles ne sont faites que pour cela) ? Nul. Nada. Zéro. Circulez, y’a rien à voir ! La suspicion prévaut toujours : non seulement l’étranger nous pille en imitant nos sacs Vuitton, mais sur le territoire national même on contreferait nos beaux documents officiels. La patrie est en danger. Haro sur ces Français suspects qui exhibent des pièces périmées, tentant de nous abuser avec des cartes d’identité même pas plastifiées ou des passeports même pas biométriques !

Pour passer à la caisse et payer c’est suffisant : l’argent n’a pas d’odeur. La nationalité, si. Elle doit sentir l’administration et l’encre de ses tampons.

Quelques illustres ont été confrontés au problème alertant l’opinion et, la semaine passée – échéance électorale oblige, - notre bon ministre a refait son cinéma habituel. Comme le dit Jean-Pierre Dubois, le Président de la Ligue des droits de l’homme, « Monsieur Hortefeux est l’exploitant d’un film qu’il joue tous les trimestres ». Quant à Copé, il découvre… Et dans la foulée, il crée un groupe de travail, avec de vrais Français pur souche UMP, afin d’aller dans les préfectures « voir comment ça se passe sur le terrain » et pour que cessent « ces difficultés proprement scandaleuses ».

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08/02/2010

Spleen

200px-%C3%89ric_Besson.jpgC’était il y a un peu plus de trois mois. Sur commande présidentielle, le dévoué transfuge Besson lançait son « grand débat sur l’identité nationale » avec pour mission de draguer quelques électeurs du Front National et de pourrir le débat public à quelques encablures des élections régionales.

Aujourd’hui, le gouvernement tient séminaire sur ce sujet. Attention, il ne s’agit pas du grand barnum dont rêvait, illuminé par la pensée présidentielle, l’appliqué Besson. C’est même tout le contraire, en guise d’évènement, Fillon va bénir ce que désormais beaucoup de monde à droite souhaite être une cérémonie des obsèques et le pauvre Besson doit ranger ses rêves de grandeur ministérielle dans le fond de sa poche. Accusé d’en avoir trop fait, d’avoir joué perso, d’être ingérable, le traitre devenu numéro 3 de l’UMP affiche une bobine des mauvais jours. Il faut dire qu’il y a peu, notre ministre, euphorisé par son débat avec Marine Le Pen, s’est retourné et n’a vu personne le suivre. Même Sarko qui devait pourtant présider ce fameux séminaire s’est fait porté pâle laissant en plan le ministre. En proie à des attaques Umpistes qui fusent, tricard et abandonné, le bon caporal Besson ne cesse pourtant de répéter qu’il assume, qu’il assume tout au point qu’il va se mettre à assumer même ce qu’il n’a pas encore eu le temps de faire.

Sur ce champs de bataille de l’Identité Nationale, le soldat Besson traîne son spleen et sa solitude et il n’est pas certain qu’à droite grand-monde songe à le sauver.

Lyon, le 8 février 2010.

Photo: Luc Legay

26/01/2010

Coup de Gueule

En se privant de 600.000 euros de publicité pour laisser une heure d’émission sans coupures à Sarkozy, TF1 ne lésine pas sur les moyens pour aider le Président à redresser la tête dans les sondages, ce qui ne veut pas dire dans le cœur des français. Cet exemple en dit long sur les liens qui unissent l’Elysée et les grands média à sa disposition. Que ce soit ceux du secteur privé lié par l’amitié et la connivence avec Sarko ou ceux du service public dont le PDG est désormais sous tutelle du chef de l’Etat, il est vrai à un très bon salaire (2 700 000 euros par an) Si l’on voulait d’ailleurs un exemple du soutien des média à la politique du pouvoir le débat sur l’identité nationale constitue un modèle du genre. Sans l’appui permanent de la presse, de la radio et de la télévision que serait devenue cette funeste initiative ? Une litanie de rencontres bon chic bon genre suivies par un public trié sur le volet et qui n’aurait intéressé personne. Mais le tapage médiatique a permis de relayer le souhait du gouvernement : faire renaître les vieux démons à la veille des élections régionales. L’étape lyonnaise a été significative de ce point de vue. A l’intérieur de la Préfecture quelques notables accompagnés de jeunes bien pensants, à l’extérieur un déploiement outrancier de forces de l’ordre qui ont laissé les manifestants se faire agresser par des nazillons qui eux avaient compris le sens de ce « débat »en se lâchant contre les immigrés. Certes depuis sa campagne présidentielle Sarkozy joue avec les média mais ce n’est pas une raison pour s’en habituer. Alors il est salutaire que des hommes politiques s’insurgent. Bien sûr la chaise vide de Vincent Peillon sur France 2 n’a pas le panache du « messieurs les censeurs bonsoir » de Maurice Clavel en son temps mais le député européen s’et rattrapé dans le Monde où il argumente sa position. Quant à François Bayrou il a bien fait de remettre en place cet indéboulonnable laudateur des politiques de droite qu’est J.P Elkabach. Ces situations démontrent en tout cas que le chantier de la liberté et de l’indépendance de la presse tout comme celui de la lutte contre les abus du pouvoir sur ce terrain reste ouvert et mérite des actions plus suivies.

Philippe Dibilio

08/12/2009

Boomerang

Sarkozy.jpgEn cette fin d’année et au milieu de son mandat on ne peut pas dire que Nicolas Sarkozy soit en pleine forme politique, quant à l’UMP c’est encore pire. L’hyper–président s’est sensiblement calmé et ses rodomontades n’effraient ni ne séduisent plus grand monde. Il est vrai qu’à vouloir tout régler soi même et à sauter sur tout ce qui bouge on s’épuise et on lasse et Sarko paye aujourd’hui la note pas seulement dans les sondages.

Comme si ses trucs ne prenaient plus. Il en est ainsi du sulfureux débat sur l’identité nationale qui ne fait ni oublier les échecs de Sarko face à la crise ni la stratégie de basse politique qu’il y a derrière ce débat créé de toute pièce par un ministre d’ouverture qui, comme tous les traîtres, en fait toujours plus pour se justifier. Mais les ennuis du président ne s’arrêtent pas là, resté leader de l’UMP il n’arrive plus à faire fonctionner la machine abandonné par un Xavier Bertrand qui vit son poste comme une punition et même un Frédérique Lefebvre devenu atone vexé de ne pas avoir été ministre. Et puis les réformes ont parfois des effets collatéraux. Celle du Parlement, par exemple, permet aujourd’hui aux groupes UMP des deux chambres une marge d’émancipation. Et l’on voit le Sénat contrecarrer les plans du gouvernement concernant la suppression de la taxe professionnelle ou la réforme des collectivités avec en leader de la fronde un ancien premier ministre toujours vice président de l’UMP.

Pas étonnant dans ces conditions que les têtes d’affiches ne se bousculent pas pour conduire les listes aux régionales. D’autant que lorsqu’il y a un volontaire, comme dans le Rhône, bien qu’adoubé par la fédération et les parlementaires il est récusé par Sarkozy. Lequel s’est d’ailleurs engagé dans une tactique discutable en voulant des listes regroupant toutes les formations qui le soutiennent dès le premier tour. Cela ne lui donnera pas un score mirobolant pour autant et il manquera de réserves au second. Un raisonnement qui vaut, selon moi, aussi pour les verts. Cette tactique, en effet, peut convenir pour l’élection présidentielle car il y là un homme ou une femme face à l’électorat national. Pour une élection décentralisée la donne est différente et l’UMP risque de s’en rendre compte à ses dépends en recevant le résultat comme un boomerang.

Philippe Dibilio

Photo: DR

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[Edit JYS]: Le collectif de défense de l’IVG à Lyon organise une Soirée-débat le 10 décembre 2009, à 18H30 Au Centre Culturel et de la Vie Associative de Villeurbanne, 234 Cours Emile Zola, 69100 Villeurbanne. (Métro Flachet).

07/12/2009

Fillon titulaire

FILLON NB.gifIl paraît que François Fillon est de retour ou plutôt prié de revenir pour "dépassioner" le débat sur l'identité nationale. Il a donc été expédié en fin de semaine dernière devant le public trié de l'institut Montaigne de Claude Bebear pour déminer le terrain des grandes manoeuvres de Sarkozy. Il a ainsi souhaité, leur a-t-il dit, faire valoir sa "contribution personnelle" à ce grand débat et donc expliqué qu'il parlait "en citoyen" apportant ainsi ses réponses "pour ce qu'elles valent, parmi 65 millions d'autres". Mon oeil !

Qu'un Premier ministre dans ce pays explique que les minarets doivent, suite à un référendum suisse, "s'inscrire de façon raisonnable et harmonieuse dans notre environnement urbain et social" ne choque plus et passe même pour un propos équilibré à la limite du progressisme alors que cette question des minarets est artificielle. Qu'en conre partie, le même Fillon, ne dénonce pas avec la plus extrême sévérité les propos du maire UMP de Gussainville ne semble pas émouvoir.

Qu'un Fillon explique, pour sauver le fêmon et son patron, que ceux qui refusent le "débat" sur l'identité nationale laissent la parole aux "tenants du repli naturel" et aux "nostalgiques qui sont prêts à emboucher le clairon de Paul Déroulède et de Vichy" ne heurte manifestement pas grand monde.

Que le "Chef" du gouvernement, saisissant ainsi l'opportunité pour exister, convoque De Gaulle, Jeanne d'Arc, Henri IV, Richelieu, Clemenceau et Philippe Auguste est risible de la part d'un sarthois amateur de course automobilie néanmoins collaborateur d'un président qui en son temps s'était autorisé à prendre en otage Jean Jaurès.

Nul n'est dupe du discours contorsioniste d'un Fillon qui était sur le banc depuis le début de la saison et que son coach ne titularise que quand il est dans la scoumoune. Fillon a indiqué devant l'Institut Montaigne que "l'identité nationale peut être frondeuse et j'accepte du même coup l'humour et même la raillerie". Voilà qui est fait Monsieur le Premier ministre.

Lyon, le 7 décembre 2009.

Photo: DR

03/12/2009

Nausées

« Cette question des minarets est un piège. Un piège parfait. Quoi qu’ils disent, les promoteurs de l’initiative visant à interdire la construction de nouveaux minarets s’en prennent à un symbole de l’islam et des musulmans. Or cet amalgame est non seulement insupportable, mais inacceptable : la démocratie directe ne doit pas être le prétexte pour s’en prendre à une communauté et la blesser. La limite démocratique est à mes yeux franchie. Je suis pour une démocratie directe « encadrée » par une Constitution qui ne permette pas de voter sur n’importe quoi. Une votation comme celle des minarets, qui cible une communauté en particulier, restera une tache noire sur la réputation de la Confédération. Pour l’effacer, les Suisses n’ont qu’une solution : se mobiliser et revoter » expliquait fort justement hier Dany Cohn-Bendit dans le quotidien suisse « Le temps ».

Cette affaire des minarets helvétiques qui vient par ailleurs de relancer la polémique la plus nauséabonde au sujet de la construction de mosquée en France intervient alors que Besson essaye de faire tourner à plein régime sa machinerie sur « l’Identité Nationale ». D’ailleurs à ce propos, d’après ce que j’entendais sur RMC info hier vers 7h30, le site du Félon réserve quant à lui de bien tristes commentaires. Celui qui aime tant faire le ménage dans la jungle de Calais serait inspiré de nettoyer au karcher sa babasse ministérielle. De Besson à l’UMP, il n’y a désormais plus qu’un pas qu’il convient de franchir. Le maire UMP d’un bled de la Meuse, un certain Valentin qui doit être lui aussi un bienheureux, n’a rien trouvé de mieux que de déclarer à France 2, je cite, « il est temps qu’on réagisse, on va se faire bouffer ». Par qui lui demande alors de journaliste. « Y’en a déjà dix millions, dix millions que l’on paye à rien foutre » poursuit alors notre Valentin qui peut-être rassuré. Toujours hier matin sur RTL, Copé s’est abstenu de tout commentaire à propos de son compagnon Valentin, le patron des députés UMP semblant expliquer que de telles déclarations sont essentiellement dues à l’absence de débat quant à « l’Identité Nationale ».

Début 1968 dans un célèbre éditorial, Le Monde expliquait que la France s’ennuyait. On pourrait rajouter que fin 2009, elle sent mauvais.

Lyon, le 3 décembre 2009.

25/11/2009

Etre Français

SuperBesson.jpgTout le monde peut aller en préfecture ou sur un site dédié donner son point de vue sur ce que c’est qu’être Français.

Je n’irai pas au café Besson poser de doctes propos d’après pastis.

Je vais moi, au bar Sécheresse dont vous reconnaîtrez que c’est un drôle de nom pour un lieu où souvent vous venez vous désaltérer, que vous soyez de Lyon ou d’ailleurs.

L’ivresse me prenant, je ne vous épargnerai rien et vous la fais en vers, un peu - un tout petit peu - à la façon Mahmoud Darwich (cf. un de ses poèmes de 1964 : « Identité») :

Inscrit Préfet :

Je suis Lorrain.

Inscrit Préfet :

Et Alsacien.

Ecris Préfet

Ce que tu veux.

Tire les faits

Par les cheveux.

Un peu Allemand,

Luxembourgeois

Par ma maman

Et son patois.

Tu ne pourras

Départager

Mon embarras

D’être étranger

Dis simplement

Que je suis juif

Et musulman.

Un brin passif.

Dans mon pays

Quand tant de frères

Sont reconduits

Vers les frontières.

Et catholique

Un peu papiste

Bien que laïque.

Presque bouddhiste.

Écrit Préfet

Va dénoncer.

Écrit Préfet :

J’étais Français.

Jean-Paul Schmitt

24/11/2009

L'Etat de la France

9782110684769FS.gifJe me suis abonné à Siné-Hebdo le jour où les biens pensants en tout genre ont décidé de faire un procès à ce vieil anar de Siné pour des propos qui sont des broutilles à côté de ceux d’Hortefeux. Je n’ai jamais aimé les gauchistes et les anars sauf mon ami Albert Agostino qui, en partant trop tôt (putain de tabac) nous prive de son Clairon et de son amitié rugueuse. ; Je pensais donc ne regarder que les dessins, parfois bons de ce nouvel hebdo. Et j’y découvre de l'information, y compris pertinente.

Ce fût le cas la semaine dernière lorsque dans un bref article ils sont revenu sur le discours de Sarkozy dans la Drôme où le président était à la relance sur le fameux débat sur l’identité nationale. « Débat foireux, tombé de nulle part, dont personne n’ignore qu’il s’agît d’une énorme bouse lancée à la face de la gauche molle et du Front National réunis dans une même tentation de tomber dans le piège à pieds joints » comme l’écrit l’auteur Olivier Marbot. Mais là n’est pas la pertinence, non, elle réside dans le fait de poser la question pourquoi Sarko relance ce débat ce jour là dans la Drôme où il devait parler d’agriculture. Et Siné-hebdo de nous donner la réponse.

Le lendemain, en effet, l’INSEE publiait le portrait social de la France, ce que devait commenter toutes les rédactions. Et que dit-il ce portrait ? Le taux de chômage a atteint 9,1% contre 7,1% début 2008 et celui des jeunes monte à 23,9% soit le taux le plus élevé depuis trente ans. Sans oublier les huit millions d’entre eux qui vivent au dessous du seuil de pauvreté. Pas bon pour Sarko tout ça. Mais de cela il n’y eut pas trace dans les média. Même pas le moindre communiqué d’un parti de gauche quelconque ce qui révèle combien ce terrain de la dure réalité populaire est abandonné par ceux qui ne cherchent une alternative à Sarko que dans des combinaisons politiciennes. Et les think tanks ont d’autres sujets plus nobles et plus sérieux à approfondir, cela va de soi.. Il eut pourtant été salutaire de dénoncer tant la situation faite à la jeune génération que la méthode marketing du « camarade » Sarko.

Philippe Dibilio.

30/10/2009

Pour un Noël « identité nationale »

hommemoderne.jpgChacun connaît le magnifique et célèbre catalogue « L’homme moderne » sous-titré « objets originaux du monde » qui nous propose des produits utiles dans les moindres moments de notre pauvre vie. Noël approchant, je vous propose aujourd’hui une sélection « identité nationale » parmi les centaines d’objets proposés. Voici mon Top 10 :

  • 1- Une reproduction de la Renault 12, voici post-Pompidolienne, cette réplique au 1/18ème (24x9x8,5cm hors socle) est vendue 39,5 €.
  • 2- Pour célébrer les 120 ans de la célèbre Tour Eiffel, un objet en métal et socle en résine, 29 €. Si vous disposez de quelques Playmobil vous pourrez aussi reproduire le concert de Johnny financé par le Président
  • 3- Un lot de deux angelots lumineux qui « veillent sur notre intérieur » comme Brice Hortefeux sur le pays, 25 €.
  • 4- Le DVD de l’année de naissance de Eric Besson notre saint-ministre, 16 € (au lieu de 19,82€ !)
  • 5- Un aspiro broyeur mobile qui « aspire et broie » juste en appuyant sur un bouton. Cette métaphore de la politique gouvernementale vous coûtera tout de même 129 €.
  • 6- Un paillasson « country-house » qui imite magnifiquement les pierres de taille et qui, nous dit le catalogue, se nettoie simplement au jet d’eau mais aussi au Kärcher, 29,5€.
  • 7- « Le remède anti-morosité » du catalogue est un coffret de 5 CD intitulé « Les jours heureux des années 50 ». En écoutant cette compile vendu 29,5 € vous oublierez les jours de crise.
  • 8- La barrière invisible qui éloigne les (animaux) indésirables, 39,9€ seulement.
  • 9- Une paire de mules « ultra light » incroyablement légères (130 gr chacune) avec doublure en tissu écossais. Du 40 au 45, 29,5€.
  • 10- Un alambic de collection en parfait état de marche qui, avec son look entre-deux guerre vous permettra de repenser au bon vieux temps des bouilleurs de cru. 99 € au lieu de 125€.

Cette sélection, bien que n’étant pas homologuée officiellement par le Ministère, n’en demeure pas mois idéologiquement parfaite.

Lyon, le 30 octobre 2009.

29/10/2009

Pauvre France

Il conviendrait tout de même qu’un jour quelqu’un nous propose les œuvres complètes de Frédéric Lefebvre le porte parole de l’UMP. Cette semaine, à propos des filouteries du gouvernement destinées à expliquer aux Français que « l’identité nationale » était la chsoe la plus importante pour eux, le caniche de l’UMP est venu hurler derrière le grillage avec le secret espoir de mordiller les mollets du premier qui passerait par là. « La défense de notre modèle culturel et de la douce France chantée par Charles Trenet passent » nous a expliqué Lefebvre, « pas la redéfinition de notre identité nationale ». Une fois dit que nous pouvons être choqués de voir l’UMP salir la mémoire de Charles Trenet, je voudrais rappeler que notre « Douce France » à nous c’est aussi celle chantée par Carte de séjour il y a bien des années de cela.

J’imagine que le simple nom de Rachid Taha n’est jamais parvenu jusqu’aux oreilles de Lefebvre et que les mots « Carte de séjour » doivent être initilisés dans la région la plus mal odorante de son cerveau. Quand le groupe Carte de séjour décide d’enregistrer « Douce France » de Trenet, nous sommes en pleine polémique « Droit du sol / Droit du sang ». Pasqua et Pandraud sont à la manœuvre comme Besson aujourd’hui. Rachid Taha l’écrit d’ailleurs dans son autobiographie « Rock la casbah » (Flammarion). La « Douce France » de Carte de séjour c’est « de l’ironie pour une France qui justement n’était pas douce pour les immigrés que nous étions. » Plutôt que de bramer en défendant leur loi Hadopi, bien des musiciens devraient être déjà en studios pour proposer une 3ème version du succès de Trenet en prenant l’engagement d’aller distribuer eux-mêmes aux députés leur enregistrement, chose qui avait été faite avec la version de Carte de séjour.

Pour terminer sur une bonne note je voudrais vous dire deux choses. Un : Rachid Taha demeure l’un de nos meilleurs rockeurs. Deux : il suffit d’écouter son tout dernier album pour s’en convaincre.

> Rachid Taha, « Bonjour », Barclay

Lyon, le 29 octobre 2009.

08/10/2007

L’ami l’a mis là

medium_Horfeux.jpgIl paraît que Brice Hortefeux fait la gueule. Il en a marre d’être le salaud de la bande, marre probablement d’être dans l’obligation de justifier le mot « détail » prononcé par Fillon. Marre d’être le ministre des expulsions, des tests ADN, celui qui doit endosser la défenestration du jeune Ivan et la mort récente d’une femme chinoise. Marre aussi des délégations des églises, lui le catholique, qui viennent protester jusque dans son bureau. Marre de ce qu’il appelle « la désinformation », marre de Libération à qui il vient de dire « puisque vous savez parfaitement ce que vous pensez de moi, cet entretien va durer quarante-sept secondes ».

Il faut dire que pendant que son ami de trente ans fait le beau sans lui, mais avec Rachida Dati et Christian Clavier, à Cardiff aux basques de Laporte, pendant qu’il se fait allumer par certains de ses amis de l’UMP- le sénateur Pinte le qualifiant même de « garçon ambigu » - Hortefeux trinque. A lui le sâle job. A lui de se faire pourrir l’image au point que ses chances de ravir Clermont-Ferrand à la gauche s’amenuisent chaque jour. A lui le rôle de cogneur alors que Alliot-Marie préfère s’occuper des chiens méchants. Brice de Neuilly, l’ami de l’ami qui l’a mis là, a donc du vague à l’âme et voilà que Christine Lagarde en rajoute.

En effet, la Ministre de l’économie, afin d’engager des financiers étrangers et leurs familles à venir s’installer à Paris, a promis de faire le siège du Ministre Hortefeux pour le convaincre de simplifier la procédure d’entrée en France de cadres de la finance internationale et de leurs familles. Pour cela Christine Lagarde suggère d’ouvrir un guichet unique assorti de procédures administratives accélérées.

Tant qu’il s’agissait, pendant la campagne présidentielle, de faire le méchant pour draguer l’électorat de Le Pen, Hortefeux, rappelez-vous, ne mégotait pas. En contrepartie il postulait à un poste régalien qu’il estimait lui revenir légitimement. Au bout du compte, Sarkozy lui a refilé ce sâle boulot à l’Identité Nationale alors que certains de ses petits camarades du gouvernement jouent les chouchous dans les médias. Aujourd’hui l’affaire est  réglée, Brice ne sera jamais « The nice ». En lui demandant, dès que possible, de favoriser l’accueil et le regroupement familial des Factotum de la finance internationale, Lagarde ne fait que traduire la pensée de celui qui l’a mise là et Brice sait très bien que, même quand on est las, on ne peut rien refuser à celui qui vous a mis là.

Lyon, le 8 octobre 2007.

(Photo: www.g8russia.ru)

 
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