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26/10/2010

Pestilence, by Guerlain

9290-jean-paul-guerlain-recevra-la-legion-637x0-1.jpgFrance 2 a senti brusquement le remugle l'autre jour, lorsque Jean-Paul Guerlain, 73 ans, en pleine promotion de son dernier grimoire, s'est rendu coupable d'une odieuse confidence, furtivement lâchée comme une flatulence à peine honteuse et dont on sentait bien qu'il l'avait fermentée en lui depuis belle lurette : "Pour une fois, je me suis mis à travailler comme un nègre. Je ne sais pas si les nègres ont toujours tellement travaillé, mais enfin... ». Chacun aura compris que le mot nègre ne renvoie pas ici à l'acception littéraire du terme qui a fait la fortune de la moitié des membres de l'Institut.

Et lui, sans connaître la moindre interruption de la part d'une Elise Lucet d'ordinaire plus loquace et sans doute affriolée par la réputation et le complet veston du doyen des nez, de continuer son autopromotion, sans rougir, refermant comme il l'avait ouverte, la bonde de son dégazage sauvage.

Soudain, celui qui passait encore pour un vieux galant ayant passé toute sa vie à embaumer la gent féminine d'effluves orientaux et musqués s'est révélé empuanti au public comme une de ces vieilles bouteilles que l'on rêvait exquise et qui, une fois ouverte, ne saurait dissimuler plus longtemps qu'elle est outrancièrement bouchonnée.

Soudain, Guerlain a laissé entrevoir sa France intériorisée et imaginaire : une France "monochrome", nostalgique d'un monde colonial qui fleurait comme baume la douceur de vivre et la main d'œuvre aussi pléthorique que corvéable.

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28/09/2010

Bruno Gollnisch, itinéraire d'un infant raté

gollnisch.jpeg16 septembre 2010, parvis de la basilique Saint Denis. Bruno Gollnisch, aspirant président du Front National, lance sa campagne interne depuis la nécropole des rois de France. Car pour détrôner Jean-Marie et faire la nique à Marine, Bruno Gollnisch est prêt à tout, même à convoquer les rois de France, Sainte Geneviève et tous ceux qui, "Dieu de clémence, ô Dieu vainqueur" sauveront, sauveront la France "Au nom du Sacré Coeur". Entre deux écrouelles et cinq pédiculoses corporelles à guérir, Bruno eut le temps de se rêver successeur de Louis I le Bègue, Louis IV d'Outremer, Louis VI le Gros et Louis XVI le Raccourci, tout en n'omettant pas d'écumer quelques vilénies contre la Révolution de 1789 et la horde de malheurs qui se sont bien évidemment abattus sur la France et sa mère l'Eglise.

Bruno Gollnisch, dont chacun à Lyon garde de son sens de l'Histoire un souvenir certain, a en plus un sens de l'optimisme à rendre jaloux ce porte-parole de Saddam Hussein qui chantait la douceur de vivre à Bagdad entre deux bombardements anglo-américains, n'ayant crainte de lancer sa croisade associative depuis une fosse commune de banlieue rouge. "Bruno, santo subito" pouvait-on entendre parmi la foule d'humanistes tridentins lefebvristes intégristes anticoncordataires venus participer au lancement de cette Reconquista des quartiers.

Pour être Kaiser à la place du Kaiser, Bruno Gollnisch avait pourtant toutes les cartes en main et les dieux très tôt s'étaient penchés sur son berceau.
Né à Neuilly le même jour - le 28 janvier - que Nicolas Sarkozy, ses parents lui attribuent le doux prénom de Bruno, qui, à lire les meilleures encyclopédies, viendrait du germanique brun, qui signifie bouclier mais aussi armure, couleur brune. Voyez combien la Divine Providence ne fut pas maladroite et n'a pas mégoté sur les grâces qui entourèrent la naissance celui dont nous parlons pour l'aider à son dessein national.

Et ce sans préjudice de la riche lignée dont il est le fruit : Gustave Flourens, son arrière grand-oncle fut défenseur des Crétois insurgés contre l'Empire Ottoman et les morceaux choisis de son oeuvre éphémère et discrète se trouvent, pour les amateurs de philanthropie, dans l'ouvrage de Marc Crapez, L’antisémitisme de gauche au XIXe siècle; Emile Flourens, son arrière-grand-père savait vivre avec son temps et fut un membre éminent de la Ligue Française Anti-maçonnique qui publia dès 1907 un excitant La liberté de l'esprit humain, pourquoi l'Église de France triomphera de la persécution. Bon sang ne saurait donc mentir et à voir pareil lignage, on n'ose imaginer, comme aurait dit Audiard, "l'aspect grandiose du mélange". Tous les ingrédients étaient dès lors réunis pour que Bruno perçât sous Gollnisch.

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08:12 Publié dans Stéphane Nivet | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bruno gollnisch, front national, france, politique, lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

23/06/2010

Oublier Buffet ?

Camembert Fabien1.jpgLe 18 juin Nicolas Sarkozy jouait à Londres « Plus gaulliste que moi tu meurs », histoire de coller son affiche par-dessus celle d’un amuseur concurrent qu’il rêve d’accrocher à un croc de boucher et dont la première était le 19 juin.

Plus intéressant : le 18 juin Marie-George Buffet rendait les rennes du PC devant un parterre où se pressaient ce qu’il est convenu d’appeler toutes les forces de gauche. Elle passait le relais à Pierre Laurent après une course d’obstacles assez longue et aussi décevante que le score de l’équipe de France face au Mexique.

Si le passage à la postérité de Marie-George - femme engagée et attachante - devait être mesuré à l’audience de son parti, il y a fort à parier que peu de gens se rappelleront d’elle. Il vaudrait sans doute mieux miser pour cela sur le souvenir qu’elle laissera comme féministe. Et retenir de son discours du 18 juin 2010 – un peu convenu tant les invités avaient hâte d’aller faire buffet (facile, je sais) – cette jolie formule : «Je ne veux pas parler du problème des femmes dans mon discours de départ. Car les femmes ne sont pas un problème, elles sont la moitié de la solution.».

Ce 18 juin-là je le retiens pour la femme engagée qui a créé l’AAAA2004 « Afganes, Afghans Après Athènes 2004 » (rien à voir avec une quelconque agence de notation ni avec l’AAAAA, Association Amicale des Amateurs d’Andouillete Authentique), une association de soutien aux femmes afghanes autour de la pratique du sport et qu’elle préside ; je le retiens pour la femme active dans la coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception et pour la femme debout des assises des droits des femmes…

Si « Oublier le cantal, ça peut être fatal » - pub fromagesque qui avait provoqué l’indignation de Marie-George et des Chiennes de garde – « Oublier Buffet, c’est peut être exagéré »…

Jean-Paul Schmitt

09/06/2010

Mobilisation

fifa_mondial_2010.pngCette semaine nous n’avons pas le choix : il faut être derrière les bleus à la veille du match contre l’Uruguay. De Sophiane Abou, le gentil organisateur des soirées de Zahia, avec les footeux en particuliers qui le clamait sur Europe1, aux ministres de la République incités par Luc Chatel à la plus grande solidarité c’est clair pas une voix ne doit manquer, on se demande d’ailleurs comment se fait-il que Sarkozy n’y soit pas encore allé de son couplet. Pas une voix ne doit manquer mais plus encore aucune critique n’est permise. Alors pensez vous quelle trahison représente la remarque de Rama Yade sur le coût exorbitant de l’hébergement des joueurs en Afrique du Sud. Le tollé est général du président de la fédération à la ministre des sports plus quelques autres tous habitué aux facilités offertes par leur organisme de tutelle, ils y vont de leur cri du cœur : il n’ya rien à dire c’est la FIFA qui paye. Quel bel exemple d’esprit de responsabilité et dire que Marie George Buffet est allée mêler sa voix à ce concert. Et puis ces joueurs qui sont censés nous représenter rien n’est trop beau pour eux. En fait cet appel à la mobilisation tombe à pic pour en faire oublier une autre qui se tisse contre la réforme des retraites et qui fait ce mois encore plonger la côte de popularité de Sarko et de son premier ministre. Les bleus lui servent au moins à ça. Pour le reste c’est peu dire que je n’aime pas cette équipe de mercenaires qui ne chantent même pas la Marseillaise et portent le maillot bleu dans le seul but d’améliorer leur prix sur le marché. Ces joueurs sans engagement ni cohésion drivés par un entraineur surtout enclin à la provocation. Je ne me sentirai donc pas coupable de ne pas m’inscrire dans le bel élan bleu blanc rouge un peu trop convenu pour moi, je garde ça pour d’autres circonstances.

Philippe Dibilio

20/05/2010

Drapeau

Signe des temps ? Allez savoir. Autant les commentaires lapidaires se font aussi rares que les traits d'humour chez Eric Besson, autant  nombreux sont les mails à tenter de prolonger quelques uns des nombreux billets qui bornent, 7 jours sur 7, "De Lyon et d'ailleurs". Il y a peu, Marc Gauchée, un internaute parisien, m'a fait parvenir ce texte intitulé "Celui qui s'essuie sur le drapeau et ceux qui s'essuient sur Marianne". Le voici. La (mauvaise) humeur de Marc Gauchée pouvant être utile par les temps actuels.

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Celui qui s'essuie sur le drapeau et ceux qui s'essuient sur Marianne

Drapeau.jpgCeux qui nous gouvernent ont décidément l'outrage sélectif. Le 19 mars 2010, Métro publie une photographie de Frédéric Laurent, lauréat d'un « coup de cœur » du Marathon photo de la FNAC de Nice dans la catégorie « politiquement incorrect ». Il s'agit d'un homme vu de dos, pantalon sur les chevilles, s'essuyant les fesses avec le drapeau tricolore. Le cliché choque des députés UMP des Alpes-Maritimes, dont Charles-Ange Ginesy : « Il faut que nos jeunes générations apprennent à respecter les valeurs de la République, et le drapeau en fait partie ». Aussitôt, Michèle Alliot-Marie, pourtant ministre de la justice, a souhaité que des poursuites soient engagées contre ce type de comportement, qu'elle juge « intolérable » et envisage la parution d'un décret pour sanctionner cela d'une contravention... L'affaire est révélatrice de la bêtise, l'amnésie et la haine qui tiennent lieu, aujourd'hui, en France, de principes de gouvernement.

Drapeau 2.jpgElle traduit d'abord la confusion, savamment entretenue par la sarkozie déboussolée, entre les symboles de la République et les valeurs de cette même République. Le honteux et piteux débat orchestré par Eric Besson, bien nommé ministre de l'identité nationale, a surfé sur cette confusion : la défense orgueilleuse des symboles de la République permet de s'affranchir de ses valeurs ! C'est ainsi qu'alors que les valeurs d'égalité (défense du bouclier fiscal), de liberté (1% de la population française placé en garde à vue), de fraternité (rafles à la sortie des écoles) et de solidarité (atteintes à l'Etat social) sont battues en brèche par le pouvoir en place, rien n'est trop dur pour sanctionner ceux qui se moquent de la Marseillaise, du drapeau tricolore ou du président. Il faut reconnaître que la droite sarkoziste à de quoi être déboussolée : elle a élu un président libéral et candidat de la rupture (« Travailler plus pour gagner plus ») ; une crise plus loin, des millions de chômeurs en plus, elle est prise de vertige face à un président girouette qui dit tout et son contraire, flatte les extrêmes, joue les coqs entouré de 2000 policiers, donne des leçons au monde entier, n'a pas de bilan, est l'ami des riches et, surtout, surtout, veut être aimé d'abord par ses ennemis.

Drapeau 3.jpgEnsuite, il faut avoir la mémoire bien courte pour ne pas se rappeler d'une campagne récente financée par le gouvernement en faveur du « grand emprunt ». Il s'agissait d'une Marianne toute de blanc vêtue, y compris le bonnet phrygien qui pourtant, traditionnellement, est rouge. La fameuse Liberté guidant le peuple d'Eugène Delacroix, guerrière et dépenaillée, encadrée par un bourgeois et un Gavroche armés, le sein à l'air, était ainsi transformée en femme bien prude, à la blancheur immaculée aux relents de Marie enceinte par l'opération du Saint Esprit. Il y avait bien outrage aux « valeurs de la République » ! Mais aucun député UMP n'a crié, l'exemple venait du sommet de l'Etat. Comble de la bêtise, au même moment, Elisabeth Badinter était raillée pour son livre Le Conflit, la femme et la mère (Flammarion), dénonçant la tyrannie du discours sur la maternité que subissent les femmes.

Ce n'est pas le peuple français qui a perdu les valeurs de la République, même quand il s'amuse de son drapeau transformé en PQ. Ce sont ceux qui nous gouvernent qui, dans une confusion mammo-religieuse, ne savent plus à quel sein se vouer et préfèrent s'en remettre à celui, sage et maîtrisé, de la Vierge plutôt qu'à celui, imprévisible mais libre, de la République.

Marc Gauchée

04:16 Publié dans Politique & politiques... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : drapeau, marianne, république, france, lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

11/04/2010

Les listes de Besson

legion-honneur.jpgIl y a des instants dans la vie où l’oisiveté et le mauvais esprit peuvent nous conduire à nous intéresser à l’inintéressant. C’est ainsi, il y a quelques jours de cela, je suis tombé à retardement sur le numéro du lundi de Pâques du Figaro qui titrait fièrement « Légion d’honneur, l’intégralité de la promotion de Pâques ». Pris subitement d’intérêt pour la chose, je me suis vautré dans la lecture des noms et fonctions des heureux vainqueurs du jackpot républicain pour y constater la présence légitime de Monsieur Marin, procureur de la république, un magistrat particulièrement cher à Dominique de Villepin, d’Alain Bauer, le criminologue post-rocardien préféré du président, de Jean Amadou et Denise Fabre, deux artistes dont la dévotion au gaullisme n’est plus à présenter. Pris subitement d’une envie pressante de détailler la liste des heureux bénéficiaires relevant d’Eric Besson je me suis précipité en page quatorze du quotidien le plus protocolaire de France histoire de savourer la liste du dit ministre qui, tel un inventaire à la Prévert, alterne avec mesure, policiers et fonctionnaires dédiés à la cause, à des responsables d’associations dont nous ne savons rien mais dont nous imaginons tout le bien qu’ils ont fait au drapeau national. En voici le détail …

Une membre active d’associations/ Un président de forum contre les discriminations/ Une directrice des accueils de loisirs d’une ville/ Le secrétaire général du haut conseil à l’intégration/ La directrice territoriale de la politique de la ville d’Antony/ Le coordinateur des communautés religieuses d’Amiens/ Le commandant de police de Livry-Gargan/ La présidente d’une association/ Le sous-directeur de l’administration des étrangers à la préfecture de police/ La trésorière d’une association de quartier/ La présidente d’un groupement professionnel/ La directrice d’un musée/ La présidente d’une association/ Le directeur du centre d’accueil pour demandeurs d’asile/ Le directeur adjoint d’une agence de sécurité sociale/ Un commandant de police de la police aux frontières…

Sachant qu’avec Besson tout peut aller très vite, voici la liste de ceux qui devraient figurer sur d’autres listes avant la publication de celle de la promotion de la légion d’honneur du 14 juillet.

Un manœuvre du bâtiment/ Un grutier et son épouse/ Une grue d’origine africaine/ Un plongeur dans un restaurant gastronomique/ Un agent d’entretien probablement sénégalais/ Une famille nombreuse/ Un Afghan/ Un conducteur d’engins de levage/ Un agent d’entretien/ Un autre agent d’entretien / Un footballeur exclu d’un centre de formation…

Lyon, le 11 avril 2010.

21/02/2010

Bleu

France bleu.jpgCela fait déjà trois fois que « France Bleu » m’adresse un communiqué présentant le Forum de Francebleu.com intitulé « ma région vue d’ici ». Face à tant de constance de la part d’une radio qui, faut-il le repréciser, est la quatrième nationale en part d’audience avec ses quelques 3,7 millions d’auditeurs, voici donc ce fameux message qui démontre que le service public sait être à l’écoute et proche des Français mais aussi capable de ne jamais « lâcher l’affaire ».

« Ma Région, vue d’ici » c’est le forum qui fait bouger la France d’aujourd’hui. Lancé depuis le 8 février, par le réseau France Bleu et ses 41 stations locales, ce lieu d’échanges donne la parole à tous les français amoureux de leur Région. Un forum ancré dans la vie quotidienne des français, on y parle d’emploi, de cadre de vie, de patrimoine… Les problèmes de transports et d’emploi sont les sujets les plus abordés par les internautes. Tous s’accordent à reconnaître la qualité de vie et à mettre en valeur le dynamisme de sa région. A mi-parcours de l’opération, la région Ile-de-France est loin devant les 21 autres en termes de contributions.

Alors, connectez-vous sur francebleu.com pour participer aux débats et échangez entre vous sur votre région. Un forum observé à la loupe par les politiques dans nos régions, à quelques semaines des Régionales.

Pour laisser vos commentaires, vos observations, vos suggestions sur le forum « Ma région vu d’ici », rendez-vous sur www.francebleu.com

Lyon, le 21 février 2010.

08/01/2010

Fin d’une illusion

philippe_seguin-d2.jpgAvec la participation de Philippe Séguin sonne la fin définitive de cette illusion qui perdurait, on ne sait trop pourquoi, dans la vie politique française, je veux parler du gaullisme. Même s’il n’aimait pas que l’on puisse le qualifier de droite, Philippe Séguin était avant tout un « baby Chirac » mais probablement homme à s’amuser du fait que certains commentateurs parlent de « séguinisme ».

Quand on connaît la trajectoire de Fillon et Guaino, le meilleur hommage que l’on puisse rendre à Séguin, c’est bien entendu de réaffirmer que le « Séguinisme » n’existait pas.

Séguin, lui, par contre, existait et si on ne peut être qu’attristé pas sa disparition nous aussi constater qu’une parenthèse se ferme. Une période où certaines personnalités de la droite française pouvaient incarner une « sensibilité sociale », une volonté républicaine clairement affirmée et revendiquée et le goût de l’intérêt public.

Philippe Séguin disparaissant, le paysage est définitivement dégagé pour laisser la place nette aux clones de Sarkozy et à tel ou tel chou-chou du Président, à un Copé carnassier ou à l’esbroufe d’un Villepin gonflé d’orgueil. On m’objectera que Philippe Séguin n’était pas le dernier des gaullistes puisque Chirac et Pasqua sont encore de ce monde. Même si nous devons souhaiter une longue vie à ces deux-là, constatons tout d’abord que ce duo fondateur du RPR n’est plus dans ce monde politique qu’il pâturait depuis des décennies mais surtout que leur certificat de gaullisme n’est que de complaisance.

Séguin s’en allant, un point de non retour est atteint par la droite française et ne me dites pas que les Sarkozy Copé, Chatel, Bertrand ou autres Fillon peuvent se prévaloir de l’héritage de Séguin et du gaullisme même si, dans les jours qui s’annoncent, ils s’efforceront tous de nous faire croire le contraire.

Lyon, le 8 janvier 2010.

Photo: DR

09/11/2009

Money Maker

jpg_Patrick-Buisson-6848e-1f84c.jpgD’ici quelques temps à la question, « Petit, qu’est-ce que tu veux faire comme métier quand tu seras grand ? », le premier gamin que vous croiserez répondra, « Je veux faire Patrick Buisson ». La réponse pourra probablement vous surprendre, voire même vous choquer, mais il faut se rendre à l’évidence, le Money-Maker Patrick Buisson est sur le point de devenir un exemple pour notre jeunesse.

Dès que l’info va se savoir dans nos quartiers, nos jeunes risquent donc de phosphorer pour fourguer à Nicolas Sarkozy des tas de trucs dont il a besoin, mais revenons au génial Buisson. Le type achète en gros des sondages pour même pas 200 000 euros et les refacture près de 1,1 million à Sarko, récupérant au passage plus de 900 000 euros. Ce qu’il y a d’épatant dans ce business réside dans le fait que la police regarde ailleurs pendant que s’opère le deal puisque la commission des sondages se déclare incompétente en la matière. Surfacturation, absence de contrôle, si un député socialiste n’était pas passé dans le coin, il est clair que le business continuerait de prospérer. Au cas où certains souhaiteraient en savoir plus sur le petit commerce de Buisson avec l’Elysée, la Ministre de la Justice vient de mettre les points sur les « i », la chose n’est pas possible. Fermez le ban.

Interrogé par quelques journalistes sur l’activité de sa petite entreprise, Patrick Buisson refuse de se justifier et l’Elysée nous explique aujourd’hui que ce léger dysfonctionnement est désormais du passé. Fermez le dossier.

Une fois dit que les Français devraient être reconnaissants envers le député socialiste Jean Launay, une fois constaté que pour le pouvoir, l’affaire est désormais close, reste tout de même une question. Que fait Patrick Buisson de tant d’argent ?

Lyon, le 9 novembre 2009.

Illustration: source Bakchich.info

14/09/2009

Voyage, Voyage (air connu)

coup-pour-coup.jpgAvez-vous entendu ces temps-ci André Glucksman, l’homme qui murmurait jadis aux oreilles du Président que son destin était de combattre pour les droits de l’homme, avec les Tchétchènes, contre la « Françafrique ». Envolé le Dédé. Comme quoi quand on fait le long voyage de Mao à Sarko, une fois arrivé à destination, on est débarqué.

Marin Karmitz, un autre qui murmure aux oreilles du locataire de l’Elysée, vient quant à lui de sortir de son silence, il faut dire qu’il réfléchissait depuis six mois, le Président l’ayant nommé, prenez votre souffle « Secrétaire Général du Conseil pour la création artistique ». Probablement le seul à être épaté par les dix propositions qu’il vient de formuler pour inventer de nouveaux modes d’animation de la vie artistique, Karmitz tenait en fin de semaine dernière une conférence de presse au Musée du Quai Branly. Jusque là, me direz-vous, rien d’extraordinaire. En effet depuis quelques mois on ne compte plus ceux qui en échange d’un retournement de veste publient rapports, s’installent dans des organismes, ce qui fait avant tout la fierté de leur famille, sont bombardés ambassadeurs ou sous-secrétaire d’Etat. Que voulez-vous tous ne sont pas aussi indispensables qu’Eric Besson qui lui, n’est pas passé, rappelons-le de Mao à Sarko mais de Vivendi à l’UMP, via le Parti socialiste. Revenons donc à Marin Karmitz, celui qui se rêvait Ministre de la culture et qui n’est en fait qu’une fort modeste boîte à idée dans un domaine tout à fait subalterne pour le pouvoir actuel. Karmitz tenait donc conférence jeudi dernier. Pour distiller son génial propos, notre homme à tout bonnement interdit Libération d’un point presse protégé par un cordon de CRS afin que les syndicats, qui exigent la dissolution du machin dirigé par Karmitz, ne puissent troubler la réunion.

Karmitz, comme certains autres, à donc fait un sacré chemin depuis son film « Coup pour coup » au pedigree « Mao-Spontaneiste » clairement revendiqué qui se voulait une ode à la révolte ouvrière. Maintenant, il a besoin de CRS pour passer quelques plats à Sarkozy, avouez que c’est un drôle de voyage.

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[EDIT JYS]:

Je viens d'apprendre avec tristesse le décès d'Yvonne L'Huillier, ancienne élue apparentée socialiste, adjointe du 9e arrondissement de Lyon. Pendant plusieurs mandats elle s'était occupée de nombreux dossiers en particulier consacrés aux affaires sociales, aux personnes âgées ou à la petite enfance.

Je présente donc à tous ses proches, à sa famille et ses enfants mes plus sincères condoléances.

Lyon, le 14 septembre 2009.

Illustration: DR

09/09/2009

Subliminal soutien à Bongo

Subliminal Kouchner.jpgÀ peine Ali Bongo était-il devenu le vraisemblable président du Gabon et avant même la déclaration officielle des résultats, Paris rabâchait déjà son cantique. Le même toujours. Celui des jours noirs, qu’on chante autour des pseudo catafalques de la Françafrique. Prévisible, Kouchner barytone qu’il « condamne très fermement les atteintes à l’ordre public ». Normal. Des ressortissants français risquent d’être en danger.
Crânement et avec un effet du plus beau grégorien, les voûtes des Affaires Étrangères vibrent d’un « la France n’a pas eu de candidat, n’a défendu personne et n’est pas intervenue, jamais, jamais, jamais… Nous avons respecté complètement la neutralité nécessaire, c’est un pays souverain ».
Point d’orgue !

Silence. Méditation.

La France n’a pas eu de candidat. D’ailleurs, le conseiller de Nicolas Sarkozy pour les relations avec les pays africains, (le Monde du 30 août 2009), ne disait rien d’autre quand il affirmait : « Au Gabon, la France n’a pas de candidat, mais le candidat de Robert Bourgi, c’est Ali Bongo. Or je suis un ami écouté de Nicolas Sarkozy. De façon subliminale, l’électeur comprendra »…

Subliminal quand tu nous tiens.
Subliminales, les interventions de l’État français : les mécanismes commerciaux et les enjeux financiers, y compris ceux des sociétés nationales suffisent à l’efficacité.
Subliminal, le pétrole (53% du PIB, 79% des recettes d’exportation du pays) : Total ne contrôle que 30% de sa production.
Subliminales, les ressources minières, manganèse en tête, exploité par Comilog : le Français Eramet, n’en contrôle que 66% aux côtés de l’État (attention, les Indiens et les Chinois guettent).
Subliminale l’exploitation des bois tropicaux dominée par le groupe français Rougier.
Subliminale la réception d’Ali Bongo par Nicolas Sarkozy et Claude Guéant en 2008 : à ne pas confondre avec un adoubement du fils prodigue.

Le père d’Ali, feu Omar Bongo, « ami fidèle de la France » selon Nicolas Sarkozy et grand dispensateur de mannes électorales devant l’Eternel ne disait-il pas : « La France sans le Gabon, c’est comme une voiture sans essence et le Gabon sans la France, c’est comme une voiture sans chauffeur » ?

Jean-Paul Schmitt

24/04/2009

24 avril

peter-gabriel854_MainPicture.jpgComme chaque 24 avril, la journée d’aujourd’hui est consacrée de part le monde à rendre hommage aux victimes du génocide des arméniens. Alors que grâce à l’action de franges de plus en plus élargies d’intellectuels et démocrates turcs la question de la reconnaissance du génocide des arméniens s’impose dans le débat public on mesure l’importance des manifestations qui visent à exiger une telle reconnaissance et la dénonciation de la négation.

Pour des raisons stratégiques, en apportant son soutien sans réserve à l’actuel gouvernement turc, le Président Obama semble avoir fait le choix, comme ses prédécesseurs, de passer par perte et profit le génocide de 1915. En recommandant que l’Europe fasse de l’intégration de la Turquie au sein de l’Union une question prioritaire, Obama n’est en rien, contrairement à ce que pensent Sarkozy et Villiers, en dehors de son rôle mais le nouveau Président américain aurait été particulièrement inspiré d’assortir son point de vue de quelques conditions liées à la démocratie, à la condition de la femme, à la place des minorités mais aussi, car c’est incontournable, à la reconnaissance du génocide des arméniens.

Comme chaque année, je m’efforce de faire valoir le point de vue de certains « Grands anciens » comme Jean Jaurès ou Justin Godard pour démontrer que cette « question arménienne » doit continuer à s’imposer y compris quand les grands de ce monde ne souhaitent pas l’inviter.

Assez récemment, le bi-mensuel « France-Arménie » se faisait l’écho des propos de Peter Gabriel quant à la reconnaissance du génocide. Voici l’essentiel d’une déclaration tout à fait en adéquation avec l’ensemble des combats menés jusqu’ici par l’ancien leader de Genesis.

« Lorsque j’ai composé la musique pour La Dernière tentation du Christ, j’ai découvert l’un des instruments les plus émouvants : le doudouk arménien. Je suis ensuite allé en Arménie à l’occasion de l’anniversaire du joueur de doudouk Djivan Kasparyan. Nous avons visité le Mémorial du Génocide consacré à plus d’un million d’Arméniens morts en 1915 » […] « Les Turcs nient le Génocide arménien et la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ne l’ont pas reconnu mais j’espère qu’ils vont le faire. Il faut en parler afin que les Turcs acceptent les évènements du passé pour se libérer et avancer ».

Peter Gabriel

Lyon, le 24 avril 2009.

Photo: DR

10/04/2009

Vite fait

black bazar.jpgLes yeux pas vraiment en face des trous, arrivant de Erevan via Vienne, je vous livre quelques parcelles de ma bonne humeur après la lecture du « Black Bazar » d’Alain Mabanckou.

A coup de scènes nerveuses qui s’enfilent comme de magnifiques perles, l’auteur d’origine Congolaise, campe une sorte d’Afrique à Paris faIte de personnages, de lieux et d’un quotidien dessiné avec générosité, précision et rythme. C’est assez formidable d’aller vers Château-Rouge, de rencontrer « l’Arabe du coin » ou de découvrir Monsieur Hippocrate en compagnie d’Alain Mabanckou. Le monde du « Black Bazar » évoque tout à la fois l’Afrique et Paris, l’Afrique à Paris comme la France et l’Afrique. Un monde parfois exubérant peint avec humanité. Dans ce bouquin il y a de la vie, de l’amour, des contradictions et des palabres. Comme on le dit parfois devant la machine à café à un collègue sympathique mais à qui on n’a plus assez de tonus pour argumenter, vous pouvez me croire ce roman de Mabanckou est …. Je cherche le mot, « sympa ». Il est donc plus que recommandable. Désolé, mais je suis ce matin un peu à l’ouest. C’était donc aujourd’hui du « vite fait ».

  • Alain Mabanckou, « Black bazar », Le Seuil, 18 euros.

Lyon, le 10 avril 2009

20/11/2008

Khadda

Khadda.jpgCela fait maintenant dix-sept ans que Mohammed Khadda, figure emblématique de la peinture algérienne est décédé et c’est avec une grande satisfaction que les Lyonnais apprendront qu’une série d’expositions et de conférences sont proposées à partir d’aujourd’hui jusqu’au 13 décembre. En effet sous la houlette de l’association France-Algérie Rhône-Alpes, la Galerie Françoise Souchaud, la Fondation Bullukian et l’Université Lyon 2 proposent conjointement deux expositions consacrées au peintre, l’une concernant ses peintures à la Fondation Bullukian, l’autre présentant ses aquarelles à la galerie Françoise Souchaud. Dans la même période deux importantes conférences, l’une consacrée au métissage et à la modernité, l’autre à la complexité du champ culturel algérien baliseront ces quelques semaines qui focaliseront notre attention, non seulement sur l’œuvre de Mohammed Khadda mais au-delà sur l’art et les artistes en Algérie.

Pour revenir à Mohammed Khadda, on ne mesure pas toujours de ce côté ci de la Méditerranée l’apport de ce peintre majeur à la culture algérienne mais aussi, au-delà de la force et de l’importance de son œuvre, la référence qu’il est de plus en plus pour les jeunes générations artistiques d’aujourd’hui.Comme l’écrit Zohra Perret, l’une des inspiratrices de cette manifestation et Présidente de l’Association, « Mohammed Khadda constitue la pierre angulaire de la peinture algérienne contemporaine qui offre aux générations futures la liberté de porter sur l’univers esthétique un regard mobile et subversif qui s’ouvre à l’énigme du réel ».

Occasion unique de découvrir une partie de l’œuvre du plasticien, ces manifestations entendent aussi, comme l’écrit toujours Zohra Perret, de « s’interroger sur nos cultures métissées devenues expression contemporaine de sociétés modernes aux prises avec la menace des replis communautaires et des idéologies closes ».

Contacts :

  • > Association France Algérie Rhône-Alpes (afa.rhonealpes@orange.fr)
  • > Fondation Bullukian (26, place Bellecour, Lyon 2ème, Fannyrobin@bullukian.com)
  • > Galerie Françoise Souchaud (35, rue Burdeau, Lyon 1er, contact@galerie-souchaud.fr)
  • > Université Lumière Lyon 2 (18, Quai Claude Bernard, Lyon 7ème, bonn.charles@gmail.com)

Lyon, le 20 novembre 2008.

13/09/2007

Mouiller le maillot

medium_Logo_XV_de_france.JPGLe site de Bernard Laporte nous en dit long sur les pratiques de celui qui est en pré-affectation au Ministère des Sports. En jonglant entre les pubs Auchan, Orange et autres Vocalcom vous pouvez vous procurer une offre exceptionnelle à savoir un maillot du XV de France avec une remise de 20%. Le problème c'est que la tunique dédicacée par l'entraineur est vendue 130 €. Le produit des ventes des 10'000 exemplaires numérotés et signés du maillot est, selon Laporte, destiné à alimenter en partie (sic!) sa fondation si l'on se réfère aux déclarations faites par coach Laporte dimanche soir à Toulouse. Autre son de cloches sur le site puisque la notice de vente précise que "les bénéfices des droits d'image de cette opération selon intégralement reversés à une oeuvre caritative qui sera communiquée à l'issue de la coupe du monde" (re-sic!).

Comme la dit Laporte, "j'irais pas signer 10'000 maillots sans quoi j'aurais un mal au poignet et concernant les prix je ne sais pas du tout. Ce que je sais, c'est que j'en ai déjà beaucoup offerts des maillots signés ! Pour moi c'est une péripetie et c'est pas qui me perturbe, loin de là".

Fondation, organisation carritative qui semble être "greffe de vie", droit à l'image... ce vaste imbroglio ne laissait pas, hier midi,Serge Benaïm, son "homme d'affaire", totalement inerte puisque dans un communiqué il précisait que "tous les droits d'images afférents à la vente de ces maillots seront intégralement reversés à une oeuvre caritative".

A 130 euros (frais de port non inclus), un maillot commercialisé sans la signature de Laporte 75 euros en boutiques, on ne peut que rester dubitatif sur ce commerce qui fait un minimum "tâche" dans le panorama de l'ovalie.

Déjà ambassadeur de Duracel, Madrange, Bic, Sport Elec et Phoenix, il conviendrait que le futur Ministre indique clairement les contours financiers de ce commerce de maillots du XV de France sans quoi la tunique d'entraineur pourrait avoir des allures de veste pour le futur Ministre. 

 


Bernard Laporte 10 septembre
envoyé par Grand_schtroumpf_83

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