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10/05/2007

La soupe de Sarkozy

medium_Bayrou-fond-bleu.2.jpgC'est fait. C'est dérisoire mais c'est fait. Dans une tribune confiée hier au Figaro, les députés UDF passés armes et bagages chez Sarkozy se trouvent enfin de bonnes raisons pour laisser tomber François  Bayrou. Convergences politiques sur le rôle de l'Etat, l'économie, la proportionnelle, l'Europe... tout y passe au point que l'on peut se demander pourquoi les Leroy, Morin et autres Sauvadet se cherchent à présent des raisons de fonder politiquement ce lâchage.  Ils vont ainsi rejoindre Blanc, Santini et Robien "les traitres" du 1er tour, grand bien leur fasse.

Dans cette affaire, en guise de conclusion politique, la seule chose tangible à relever est que pour nos affamés, la certitude d'une soupe chez Sarko est préférable à un incertain velouté chez Bayrou. Nos députés qui pérorent aujourd'hui sur les grandes qualités du bouillon Sarkozyste reprochent qui plus est à leur ex-ami et leader d'avoir expliqué, entre les deux tours, son refus de Sarkozy ce qui pour eux, mais après-coup, semble être la plus terrible obscénité politique.

Alors, à vous qui, dans l'euphorie de la campagne présidentielle, avez imaginé que le centre pouvait enfanter quelque chose d'étonnant et d'original dans ce pays, je sais que cette réalité qui rattrape aujourd'hui François Bayrou doit peiner les plus résignés et révolter les autres.

Il est trop tôt pour évaluer la suite de l'aventure de François Bayrou mais les élections législatives approchent et constituent un rendez-vous crucial. En vérité c'est notre dernière chance de stopper la concentration des pouvoirs dans les seules mains de Nicolas Sarkozy et d'un appareil UMP digne héritier d'un véritable savoir faire du RPR dans ce domaine.

A vous de réfléchir à la meilleure façon d'y parvenir dans cette campagne qui s'annonce. J'y reviendrai d'ici quelques temps. 

Lyon, le 10 mai 2007. 

07:00 Publié dans Politique & politiques... | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : Bayrou, UDF, Sarkozy, Nicolas, François, députés, UMP | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

10/04/2007

François Furet et nous

medium_François_Furet.jpgJ'ai profité de ce long week-end de Pâques, loin de Lyon pour des raisons familiales, pour me replonger dans l'œuvre si précieuse, si contestée et si actuelle de François Furet. En effet, en l'espace de quelques semaines, les Editions Robert Laffont avec "François Furet, penser le 20ème siècle" (Collection Bouquins) et les Editions Gallimard avec "La révolution française" (Collection Quarto) replacent l'historien dans l'actualité des idées après un purgatoire de quelques années puisque l'ancien patron de l'Ecole des Hautes études en sciences sociales est décédé en 1997.

Je dois avouer que, de son vivant, au fil de textes publiés dans "le Nouvel Observateur" et plus tard dans "le débat", Furet faisait partie des intellectuels qui, le terme est faible, m'irritaient. Ancien du Parti Communiste, pour beaucoup de militants de ma génération n'ayant jamais appartenu au PCF, François Furet incarnait parfois le diable, celui qui faisait vaciller nos certitudes planquées dans le confort d'une sorte de dogmatisme aveuglé par le train-train militant. François Furet malgré son intelligence et le respect qui s'imposait à nous, représentait un triste itinéraire.

Déjà, quelques temps après sa mort, au moment des célébrations du bicentenaire de la révolution, Furet s'était invité malgré lui dans ces débats sans fin qui agitaient alors la gauche. Aujourd'hui je ne sais comment François Furet pourrait à nouveau s'inviter dans les débats de cette campagne électorale, cela étant, j'ai la conviction que Furet ne pourrait faire partie de ces aventuriers aujourd'hui réfugiés dans le giron de Sarkozy. Loin de moi l'idée de faire parler les morts, mais un texte de son ami du Nouvel Observateur, Jean Daniel, me conduit à penser que François Furet ne serait pas là ou ces nouveaux nomades de l'engagement souhaiteraient l'entraîner. Ecoutons ce que disait Jean Daniel dans "les débats de l'Obs" il y a quelques temps.

"Un jour, après la publication du "Passé d'une illusion", dont le retentissement devait transformer sa vie, son regard et même sa mélancolie, je lui ai fait part de mon impatience devant tous ces anciens communistes qui ont transporté au centre ou à droite un antisocialisme viscéral et dogmatique enseigné par Marx et Lénine. C'était, en somme, la seule chose qu'ils avaient gardé de leur ancien communisme. J'avais pensé à l'une de ses plus fidèles amies. Il s'est alors mis en colère. "en tout cas, on ne peut pas dire cela de moi. Mes principaux amis ont été socialistes. Et puis on ne peut pas célébrer les trois premières années de la Révolution  comme je l'ai fait; on ne peut surtout pas étudier les Girondins sans se dire que la social-démocratie a pour fonction de préserver ce qui reste de moral dans la politique. Aujourd'hui, je ne vois plus d'horizon au libéralisme que la consommation."

Hautes-Pyrénées, le 10 avril 2007.

 
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