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14/10/2010

Ça va ?

401px-Cohen-Solal_Mutualite_2008_03_03_n9.jpgComme dirait l’autre, en politique ça va, ça vient et quand ça va, ça va. Le problème c’est quand ça va pas pourrait rajouter un Bertrand Delanoë qui, hier encore était dans une telle lévitation que les moindres recoins de la stratosphère lui étaient mieux connus que le fond de sa poche et qui, aujourd’hui, suite à deux ou trois revers rame comme un malheureux. Rappelez-vous la fin de l’été, le Maire de Paris faisait son petit aller-retour à la Rochelle prenant bien soin, face caméra, de prendre cet air important que nombre de seconds couteaux aiment tant choper. L’ex présidentiable avait donc fait illusion à l’université d’été des socialistes et s’en était retourné à côté du bazar de l’hôtel de ville. Quelques temps plus tard, suite à son deal avec l’UMP concernant le sort de Chirac et en pataugeant sur l’exposition de Larry Clark, Delanoë s’est retrouvé, plus que contesté, banal.

Pour ces élus qui veulent jouer les grands fauves, la plupart du temps enfermés dans leur tour d’ivoire, le destin ne prévenant pas, il se retrouvent en deux temps, trois mouvements, dans la difficulté. Aujourd’hui, sans lui faire en aucune façon offense, celui qui était encore il y a quelques mois le plus formidable Maire de Paris pouvant s’honorer d’avoir été élu, se retrouve balloté, presque en stand-by vers la sortie. La chose est injuste mais c’est tout de même une réalité.

Il faut dire que l’ivresse des sommets ne concerne pas que les beffrois du Nord et du Pas-de-Calais. Dans certaines contrées moins exotiques, quelques-uns de nos chefs à plume, peuvent, à l’instar de ce qui arrive à ce pauvre Delanoë se retrouver, eux-aussi, victimes de leur foi inoxydable dans leur bonne étoile. Vous me direz qu’une saine colère ou deux peuvent tout à fait bien redonner le tonus nécessaire et nous ne pouvons que plaindre l’entourage d’un Maire de Paris qui, pour probablement se sortir de cette mauvaise situation, redouble de hurlements et de vexations à l’égard d’un premier cercle la plupart du temps anesthésié depuis des lustres et habitué à recevoir quelques claques entre camarades.

Lyon, le 14 octobre 2010.

Photo: © Marie-Lan Nguyen / Wikimedia Commons

02/10/2010

Inspecteur Harry

369.jpgCertains aiment le voir comme le « Latin lover » des ministères, tombeur de présentatrice télévisuelle puis d’une blonde rapidement recentrée fiscalement des Etats-Unis vers notre beau pays. D’autres ne peuvent s’empêcher de croire que notre Harry Potter national ne pourrait faire de mal à une mouche même si ses honteuses arguties contre les socialistes afin de défendre Woerth devant la représentation nationale laissent un goût plus qu’amer. Fils de son père puis heureux rejetons adoptif du fondateur du RPR, le gnard est donc devenu roi des comptes et à ce titre nous aurions tous bien tort de penser que ce « baby face » de la politique française pourrait être un ange. Désormais chef comptable dans la maison Sarkozy, la première ponte fiscale de notre ex-jeune premier est une œuvre dont l’injustice n’a d’égal que la tromperie. A coup sûr, ménages et classes moyennes se souviendront longtemps des méfaits du Chiraquien devenu Sarko-compatible. Futurs mariés et pacsés, candidats au divorce, refoulés du dispositif Scellier, employeurs d’employés, militants de la rétroactivité de l’aide au logement, accros des assurances-vie et squatters du taux marginal de la tranche supérieure, empapaoutés des crédits d’impôts verts, souvenez-vous que votre Harry adoré est l’auteur docile et revendiqué d’un budget 2011 qui a par ailleurs taxé les loyers HLM, augmenté le « Triple play », assuré l’augmentation de vos assurances sans jamais porter la main sur le bouclier fiscal. Bref, à ce Harry ne lui dites jamais merci.

Lyon, le 2 octobre 2010.

Photo: DR

04/05/2010

A méditer

elysee.jpg« On n’endosse pas comme ça d’un claquement de doigt le costume présidentiel, c’est au contraire une longue évolution qui fait que tout d’un coup les gens vous regardent, vous reconnaissent et vous donnent cette identité là » ; ce n’est pas parce que, selon l’AFP, cette phrase est répétée depuis des années par François Bayrou qu’elle n’en est pas moins frappée au coin du bon sens. Un bon sens qu’auraient dû garder Michel Noir ou Alain Carignon abattus en vol par Chirac du fait de leurs velléités présidentielles. Une phrase que pourraient méditer feu Raymond Barre et Edouard Balladur qui, de toute évidence, n’ont pas attendu assez longtemps pour être reconnus comme tels. Une phrase toujours d’actualité malgré la dévaluation de la fonction après le passage à l’Elysée de Chirac et de Sarkozy. Certes aujourd’hui le jeu peut paraître plus ouvert mais l’essence de la Vème République demeure et la fonction présidentielle reste l’expression d’un rapport direct entre l’électorat et un homme ou une femme, un rapport qui se construit avec le temps et sur des idées fortes. Certes la perspective de primaires peut laisser penser que le champ des possibles s’est élargi mais cette méthode, bien rodée aux Etats Unis état fédéral, ne fera que ses premiers pas chez nous, avec quel succès ? On ne peut, vu sous cet angle, que s’interroger sur la précipitation mise par Gérard Collomb à se lancer dans une campagne pré-primaires en affichant d’ailleurs sa candidature par défaut c'est-à-dire en cas de défection de DSK ce qui constitue un positionnement totalement antinomique avec l’objectif déclaré. Etre candidat à la présidence de la république sous la Vème c’est développer une idée de la France et des idées pour la France dans tous les domaines et directement avec le peuple. C’est seulement dans ce cas que les gens « vous regardent, vous reconnaissent et vous donnent cette identité là ». Et, c’est sur, cela prend du temps.

Philippe Dibilio

26/12/2009

2002 en vrac

17 février, dernier jour d’utilisation officielle du Franc - Réélection de Jacques Chirac (82%) face à J.M. Le Pen (18%) - Raffarin est nommé premier ministre - Loi Perben - Maurice Papon libéré pour des raisons médicales - Nicolas Sarkozy fait fermer le centre de Sangatte - Le Congrès américain vote la guerre en Irak - Disparition de Lionel Hampton …

Lyon, le 26 décembre 2009.

14/04/2007

Au fond de l'urne, le pilon

medium_Pajak_Tous_contre_tous.gifJ'adore les librairies mais par les temps qui courent l'écoeurement ne peut que prendre à la gorge sitôt leur porte franchie. En effet vous ne pouvez pas rentrer aujourd'hui dans l'une d'elle sans vous heurter à une table débordant de ce que l'on appelle par convention des livres. Plus présidentiels que politiques ces livres démocratiquement légitimes mais souvent médiocres sont à la fois les ouvrages des candidats, celui de Ségolène Royal étant le plus utile pour l'électeur, mais aussi, par dizaines, des pensums bâclés destinés à conseiller l'électeur devenu par la magie du marketing un consommateur attardé. Nombre de ces bouquins sont en général d'une prétention folle et fort heureusement dans huit jours tous seront oubliés.
Face à ces centaines de bouquins qui passeront d'ici quelques temps au pilon, je me suis surpris à avoir un peu de tendresse pour l'un d'eux. J'ai craqué en effet il y a quelques temps pour celui de Frédéric Pajak, somme de portraits politiques publiés chez Gallimard sous le titre de "Contre tous" mais dans un format qui ne ressemble à rien. Autant-vous dire que je regrette mes presque quinze euros tant le contenu de cet opuscule combine ce qu'il y a de plus minable quand Pierre Poujade et Laurent Gerra se rencontrent. Bien entendu si comme moi vous aimez le travail de Guy Peellaert, pour le même prix vous limiterez la casse car vous aurez droit à une trentaine d'illustrations d'une dénommée Lea Lund dans la lignée de ce que fait l'auteur de "Rock dreams", mais c'est bien tout.

Lyon, le 14 avril 2007.

07/04/2007

Planqué dans un buisson

Marianne de la semaine passée nous relatait une petite histoire qui n'est pas dénuée d'intérêt. Un certain Amir Vehabovic ayant quelques doutes sur la réalité et la fiabilité de l'amitié de certains proches les a invité à ses fausses funérailles. Cercueil vide, faux certificat de décès, croques-morts complices car soudoyés, le type convoque ses (vrais ?) amis à ses (fausses) obsèques et se planque derrière un buisson pour observer qui vient. Las ! Une seule personne se déplacera, sa propre mère. Imaginez qui pourrait être le seul à venir aux fausses obsèques de ces personnalités sachant que bien des réponses sont plausibles...
 
medium_Buissons_I.3.jpg
Mes réponses,ci-dessous.

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22/02/2007

Arméniens mes amis. Arménie mon amie.

medium_Perben.jpg

C’est fou ce que Dominique Perben peut aimer l’Arménie depuis quelques temps. Lundi soir il était à Paris au dîner annuel du CCAF (Conseil de Coordination des organisations arméniennes de France). Il représentait Jacques Chirac. Sur son blog, Dominique Perben parle bien entendu d’une « soirée chaleureuse et émouvante » car pour Dominique Perben il faut savoir que les rencontres avec nos amis arméniens sont toujours « émouvantes ». C’est curieux car me concernant, au fil de mes nombreuses rencontres et soirées avec nos amis arméniens, ce n’est pas systématiquement l’émotion qui nous submerge. C’est parfois « drôle », « sympa », bref tout simplement des soirées entre amis.

Quelques lignes plus bas notre blogueur-né rappelle qu’il accompagnait il y a quelques mois le même Chirac lors du voyage officiel du Président en République d’Arménie pour évoquer leur visite au mémorial de Erevan il parle d’un « moment très fort ». Ouf !

En vérité depuis la sinistre guerilla visant à s’opposer à l’édification d’un mémorial place Antonin Poncet on a l’impression qu’ils sont nombreux dans cette ville à sur-jouer leur amitié à l’égard de nos compatriotes d’origine arménienne, comme s’il s’agissait à quelques encablures des élections municipales de faire oublier quelques errances. (voir mon billet du 15 décembre 2006)

En fait, cet amour de Dominique Perben pour la cause arménienne me va droit au cœur et me satisfait mais certains de mes amis arméniens qui ont de la jugeote me demandaient l’autre jour ce qu’avait fait, pendant 3 longs mandats, dans sa bonne ville, le Maire de Châlon-sur-Saône, un certain Dominique Perben en matière de reconnaissance du génocide ou de coopération avec l’Arménie ? Allez savoir !

Lyon, le 22 février 2007. 

> Lire également l'ensemble des billets publiés sur le thème de l'Arménie

> Voir également la gallerie photos lors de ma dernière mission à Erevan en février 2007 

01/01/2007

La tournée des adieux ?

medium_Chirac.jpgDepuis 1995, à chaque Saint-Sylvestre, Jacques Chirac venait nous indiquer ses lumineuses idées pour l’année qui s’annonçait.

Pensez que les jeunes gens qui vont voter pour la première fois aux prochaines présidentielles avaient tout juste six ans quand Chirac, au nom de la fracture sociale, nous administrait en 95 ses premiers remèdes de cheval.

Hier soir donc, pour la douzième et ultime séance, il est venu nous expliquer deux trois certitudes pouvant laisser croire aux plus distraits ou naïfs de nos compatriotes qu’un rendez-vous pour la Saint-Sylvestre 2007 pouvait s’imaginer.

En vérité le show-man paleo-gaulliste entamait hier sa dernière tournée avec un nouveau décor de scène bleu-blanc-rouge, la tournée des adieux.

Hier soir il s’agissait, bons vœux obligent, de la première étape, celle des figures imposées. Un coup pour Sarko, un coup pour la gauche, un troisième contre Le Pen, comme à son habitude, Chirac s’est invité dans un débat politique qui l’ignore, pour expliquer la ligne juste et fixer les limites du prochain débat présidentiel.

 

 

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11:00 Publié dans Politique & politiques... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Chirac, voeux, elysée, elysee, Le Pen, Sarkozy, UMP | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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