Avertir le modérateur

20/06/2010

Dieu est-il à nos côtés ?

bob_dylan.jpgCe soir, comme j’imagine pas mal d’indécrottables admirateurs, je vais assister au concert de Bob Dylan à la Halle Tony Garnier. Pourtant mon dernier souvenir « Dylanien » remontre à quelques années, plus particulièrement à Saint-Etienne, et ce soir-là, à la sortie du show pitoyable du Zimmerman je m’étais promis de ne jamais me faire avoir une nouvelle fois. Appuyé sur son clavier, comme d’autres à un déambulateur, plaquant des accords dispensables tant le groupe de requins mobilisé pour l’occasion faisait très bien l’affaire, Dylan, Stetson sur le crâne et de profil, imposait une soupe recuite à un public bon enfant. Je connaissais bien entendu la théorie des Dylanologues les plus avertis répétant qu’un seul concert sur quatre du génie de Duluth méritait le détour. Pas de bol à Saint-Etienne ce soir-là on avait droit à l’un des trois concerts les plus minables et chacun devait bien s’en contenter. Pour tout vous dire les trois ou quatre derniers albums de Dylan conviennent parfaitement à mon oreille et à la différence de pas mal de fans de la première heure, je m’intéresse au travail d’un homme qui, bien qu’avançant en âge, poursuit avec une musique de plus en plus roots un authentique cheminement. Le concert lyonnais de ce soir sera-t-il l’un des quatre dignes de rester dans nos esprits ou bien un énième fatras désobligeant à l’égard du public, même Dieu ne le sait point et Dylan encore moins.

Lyon, le 20 juin 2010.

17/05/2010

Micky, Max, Rufus et les autres

mickygreen01.jpgDernière ligne droite avant l’armada pas toujours convaincante des festivals d’été. Voici quelques rendez-vous musicaux susceptibles d’en intéresser certains sans nécessairement se fâcher avec les autres.

  • > 18 mai, les fans de l’australienne et ex top model Micky Green seront ce soir là au Transbordeur pour un show qui risque d’être aussi pâle que sa crinière. Les plus « roots » seront bien entendu quelques rues plus haut, au CCO et à 20 heures pour le retour d’un Max Romeo perdu de vue depuis son passage à Woodstower mais jamais décevant.
  • > 22 mai, Ali Farka Touré est au Fil de Saint-Etienne (20, boulevard Thiers)
  • > 23 mai, Metallica est en exclusivité française à la Halle Tony Garnier et plus chanson française que jamais, sans gros son et moins réac, Romain Didier est quant à lui à Saint-Benoit en Bugey.
  • > Retour au Transbordeur le 26 mai pour le duo ricain Cocorosie toujours aussi cool mais qui lambine beaucoup pour évoluer. Les nostalgiques seront quant à eux à A Thou Bout d’chant pour le passage d’un voyage de Noz désormais mythique sur la place.
  • > Le lendemain Emmanuelle Seigner est au Transbordeur et la curiosité peut conduire les amateurs d’Ultra orange son précédent album aux accents d’un rock vélvetien de bon aloi à aller vérifier comment la chanteuse se débrouille sur scène avec son nouveau « Dingue ». Pour en rester sur cette idée les plus dingues parmi les fans de Arno iront ce soir là à Bourg-Lès-Valence, au théâtre Le Rhône, histoire de vérifier sur pièce ce que le dernier album du maître donne sur scène.

N’oubliez pas qu’entre Lyon et Vienne, en juin et juillet, Elvis Costello, Vampire Weekend, The National, Bob Dylan, Iggy Pop, Joe Cocker, Norah Jones et quelques autres sont attendus. Il est donc prudent de faire quelques économies.

Enfin, mercredi prochain, Rufus Wainwright est au Transbordeur. Un concert réservé à des fans qui prendront également plaisir à aller applaudir la sœurette Martha le 25 juillet aux Nuits de Fourvière pour la « Nuit Edith Piaf ».

Lyon, le 17 mai 2010.

28/09/2009

P., P. and Mary

48081.jpgL’information est me semble-t-il passée pratiquement inaperçue. Mary Travers, la blonde « Mary » de Peter, Paul and Mary, est décédée du côté du Connecticut d’une longue maladie qui la rongeait depuis quelques années. Même si peu de monde ne se souvient de ce trio symbole du renouveau folk des années soixante, il est bon de rappeler que Mary Travers est à elle seule représentative de l’engagement en politique d’une génération de musiciens américains. Une fois dit que ce trio oublié ne peut en aucune façon rivaliser sur le plan artistique, avec l’immense Dylan, convenons que l’engagement de Mary Travers aux côtés de Peter Yarrow et Paul Stookey se mesure lui de manière tangible à la différence de celui du « Zim ».

Mobilisée dans le combat pour les droits civiques et contre la guerre du Vietnam, la native de Greenwich village ne va pas s’économiser pour soutenir, tout au long de sa carrière, nombre de causes, y compris les plus sociales. D’ailleurs le 28 août 1963, Mary, au sein d’un trio alors en pleine gloire, chantera à l’issue de la grande marche organisée par le pasteur Martin Luther King. Pour la reconnaissance des droits de l’homme dans une Amérique Latine alors ravagée par les dictatures couvées par l’oncle Sam, Mary Travers va œuvrer multipliant concerts, lectures publiques et même conférences. Symbole de cette gauche libérale américaine qui n’a jamais, au cours des années soixante, manquée à ses devoirs, Mary Travers s’inscrivait dans la lignée des Woody Guthrie et autres Pete Seeger. Un Pete Seeger qui, il y a peu, fêtait son anniversaire sur scène en compagnie de Bruce Springsteen, l’homme qui l’a remis dans l’actualité, de Joan Baez et de l’ex Rage Against the Machine Tom Morello. Alors qu’il est d’un âge canonique, on se souvient aussi de l’émouvante présence du créateur de « If I had a hammer », aux côtés de Springsteen pour la cérémonie d’investiture de Barack Obama.

Cette triste nouvelle a manifestement fait moins de « buzz » que le fait qu’une modeste chanteuse épouse de Président signe un fort médiocre blues pour Sylvie Vartan. La vie est ainsi faite et en plus on a pris l’habitude qu’il puisse en être ainsi.

Lyon, le 28 septembre 2009.

18/07/2009

B comme « bande-son »

B orange.jpgIpod, lecteur de CD dans la bagnole, peut importe le support pourvu d’avoir l’ivresse musicale. Avant de penser faire sa valise, réfléchir à la quinzaine de disques à emporter tout au long de l’été est chose importante. Sachant que tout ceci n’est pas affaire d’improvisation, voici ma liste pour l’été 2009 même si d’autres rondelles achetées au fil de juillet et août viendront alourdir les bagages. Dans le désordre le plus total……

  • Neil Young, “ After The Gold Rush ”, Reprise (1970).
  • Quincy Jones, “Swinging the big band”, compilation Verve (2006).
  • Dionne Warwick, “Sings the Bacharach & David Songbook”, compilation Demon (2008).
  • The Undertones, “An Anthology”, Salvo (2008).
  • Elvis Costello, “Secret, Profane and Sugarcane”, Universal (2009).
  • The Saints, “Big hits on the underground” compilation Last Call (1999).
  • The Walker Brothers, “After the Lights Go Out”, compilation Fontana (1990).
  • Cowboy Junkies, “Trinity Revisited”, Cooking Vinyl (2007).
  • Emiliana Torrini, “Me and Armani”, Rough Trade (2008).
  • The Byrds, “Untitled/Unissued”, Sony-Legacy (1970-2000).
  • The Pretenders, “Break Up The Concrete”, Shangri-La (2008).
  • Bob Dylan, “Together Through Life”, Sony (2009).
  • Keren Ann, “Keren Ann”, Delabel (2007).
  • Leonard Cohen, “Live in London”, Sony (2009).
  • Elysian Fields, “The Afterlife”, Vicious circle (2009).

Lyon, le 18 juillet 2009.

10/05/2009

Dylan is Dylan

Bob dylan together trough life.jpgTrès franchement, si vous me posiez la question et je sais que vous mourrez d’envie de me la poser, je vous conseillerais de faire désormais l’économie d’aller voir Bob Dylan sur scène. Accroché à un clavier qui semble être un déambulateur géostationnaire, exposant le profil de son stetson à un public dont la présence semble très secondaire, le génie de Duluth n’est qu’un fantôme peu concerné porté par d’excellents requins de studio. Ma dernière expérience Dylanienne remonte maintenant à quelques années du côté de Saint-Etienne et je me suis juré ce soir là que l’on ne m’y reprendrait plus jamais. Si je décode bien les choses, même François Bon l’excellent biographe du Maître ose de temps à autre expliquer que son aveuglement n’est pas total en nous disant que Zimmerman sur scène c’est un peu la loterie. Il y a quelques semaines Bon indiquait d’ailleurs aux lecteurs du JDD que parmi les spectateurs de la dernière tournée française de Dylan il y avait les chanceux et les punis à savoir ceux qui étaient au show de Grenoble oubien à celui de Toulouse. La belle affaire. S’il faut maintenant parcourir de long en large l’Europe entière pour avoir le plaisir d’assister à un concert convenable, autant renoncer. C’est, vous l’avez compris ce que je vous invite à faire.

Pour ce qui concerne les albums convenons que le problème est de toute autre nature. Déjà en 1997 avec « Time out of mind » mais surtout en 2006 avec « Modern Times » Dylan avait sonné le rappel (et le réveil) des fans qui, comme moi, s’étaient permis depuis des lustres de laisser au dernier quarteron de la secte le plaisir d’apprécier un vieillard marmonner des textes sur une musique arthritique. Avec ce tout nouveau « Together Through life » même constatation que pour « Modern Times ». La démarche roots de Zimmerman fonctionne presque à merveille et en l’espèce, mis à part peut-être le lamentable « Life is hard » l’ensemble proposé est digne. Le blues fatigué et le boogie usé de Dylan agrémentés souvent d’un tonique accordéon seront le compagnon idéal des conducteurs qui, le limitateur de vitesse convenablement réglé, pourront avaler les kilomètres avec bonheur.

 

Bob Dylan, « Together Through Life », Columbia

Lyon, le 10 mai 2009

29/07/2008

I comme I’m not there

1787156179.jpg L’heure est aux biopic et singulièrement à ces films qui entendent retracer tout ou partie de la vie de certaines icônes musicales planétaires. L’hiver dernier après Ray Charles, Edith Piaf, Johnny Cash et quelques autres, c’est du côté de Bob Dylan que l’on nous demandait de tourner les yeux et les oreilles.

« I’m not there », le film de Todd Haynes consacré aux vies du génie de Duluth est désormais disponible en vidéo. Passons sur la B.O. du film qui accompagne le DVD chez certains distributeurs, elle est excellente. Pour ce qui concerne le film proprement dit, le meilleur alterne sans nuance avec le moins bon même si Todd Haynes signe un long métrage non dénué d’ambition.

En multipliant les Dylan comme d’autres les pains, Haynes n’a pas fait le choix de la facilité, bien au contraire. En retenant six acteurs différents pour incarner Zimmerman il s’est jeté dans une difficulté qu’il domine au final. La chose a été dite et redite mais jeter son dévolu sur une actrice, Cate Blanchett, était plus que risqué mais force est d’admettre que le résultat est non seulement étonnant mais, autant le dire, un véritable coup de maître. Blanchett est le personnage. Elle domine la situation et se faufile à merveille dans la peau de Dylan. C’est de toute évidence un des points forts de ce biopic qui restera de ce point de vue dans les annales du genre.

C’est du côté de l’élaboration même du récit que « I’m not there » pêche. Loin des biopic linéaires comme « I walk the line », en décidant d’œuvrer dans les méandres souvent opaques du Zim, Haynes, dont le « Velvet Goldmine » était plat mais évident, a mis la barre un peu trop haut en particulier pour des spectateurs béotiens peu familiers de l’œuvre du chanteur. En visionnant ce film nombre d’entre eux se sentiront désemparés et perdus face à un flot d’images trop codées pour être lisibles.

  • « I’m not there » de Todd Haynes, Diaphana video. Environ 20 euros avec la B.O. chez Virgin et à la Fnac.

Lyon, le 29 juillet 2008.

27/11/2007

Bob à l'Institut

01a34d1fbe124d044c01eda38ec58dfd.jpgEncore un coup de maître pour Thierry Frémaux et l’Institut Lumière qui consacrent le week- end prochain à Bob Dylan, une occasion unique pour les fans du Zim et les cinéphiles d’apprécier nombre de films sur la toile et non DVD. C’est tout particulièrement le cas avec la soirée d’ouverture du vendredi 30 qui propose l’indispensable et définitif documentaire de Martin Scorsese, « No Direction Home ».

Même si « I’m not There », le lendemain, est l’événement de ce week-end puisque le bio-pic de Todd Haynes est projeté en avant première française, signalons l’intense programmation concoctée par l’Institut Lumière avec le mythique « Dont look back » de Pennebaker, « Eat the document » du même auteur mais qui filme, toujours en Europe, la tournée de 1966, « Renaldo et Clara » de et avec Bob Dylan, « The true story of the traveling wilburys » histoire de retrouver l’ami George Harrison et le sympathique clone Tom Petty.

La journée du dimanche, tournée autour de fictions parfois dispensables, nous permettra de retrouver tout de même avec plaisir l’univers de Peckinpah pour un « Pat Garrett et Billy the kid » avec bien entendu Dylan mais aussi Kris Kristofferson et James Coburn.

Chapeau bas à l’Institut Lumière qui nous promet par ailleurs des extraits de concerts et des interviews du maître.

L’ensemble des renseignements nécessaires est disponible sur www.institut-lumiere.org.

Un conseil à nos lecteurs d’ailleurs qui souhaiteraient se rendre à Lyon le 30 novembre, 1er et 2 décembre pour cette cure dylanienne, il est prudent de réserver ses places en téléphonant au 04 78 78 18 95.

Lyon, le 27 novembre 2007.

27/07/2007

D comme Don't look Back.

medium_D_1.2.jpgAvec la nouvelle édition en DVD du "Don't look back" de D.A. Pennebaker (Sony BMG) c'est d'archéologie du rock dont il s'agit et peut-être même de l'apogée de Bob Dylan. Aux jeunes gens qui découvrent Dylan, et ils sont paraît-il nombreux à se passionner aujourd'hui pour le natif de Duluth, je ne peux que les encourager à se procurer ce magnifique coffret plutôt que d'aller voir "live" un artiste de moins en moins vivant sur scène.

Le documentaire de Pennebaker demeure une référence, un mètre étalon, avec peut-être le premier clip de l'histoire, le fameux "Subterranean Homesick Blues" que je vous propose de revisiter à la suite de ce court billet. On a tout dit sur Dylan. Tout et pas nécessairement son contraire. Sur Pennebaker et son fameux "Dont look back" beaucoup a été écrit en particulier sur cette tournée anglaise de 1965. Les interviews tendues, la chambre d'hôtel, les coulisses, les bribes de concerts, l'arrogance distante et moqueuse de Zimmerman, l'impressario Grossman négociant avec la BBC, ce pauvre Donovan qui en prend pour son grade et la caméra à l'épaule de Pennebaker qui rode produisant un documentaire à l'époque inédit dans le monde de la musique avec ses images en noir et blanc d'une franchise parfois brutale.

Ce très beau coffret composé de deux disques et d'un bouquin vous permettra, chaque soir, avant de vous endormir, de vous repasser le célébrissime clip qui suit grâce à un "flip book" puisque telle est la mode du moment.

 

 

Lyon, 27 juillet 2007.

07:30 Publié dans Culture & cultures..., Podcasts | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Dylan, Pennbaker, Bob dylan, Donovan, Rock, album, blues | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu