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31/08/2010

Roms

Kouchnerizroms.jpgLes premières expulsions de camps de Roms dans notre région ont eu lieu. On entend peu nos élus à part la récente déclaration de Gérard Collomb sur Europe 1. Du style : "de la fermeté, et en même temps de l'humanité". C’est presque du Besson dans le texte (pas celui des aires obligatoires pour les gens du voyage, mais celui de la question fumeuse sur l’identité nationale).

Certes, le premier des Strausskaniens lyonnais, après avoir dit "Il faut qu'il y ait des expulsions", a heureusement ajouté "un certain nombre d'entre eux peuvent être intégrés dans nos villes; il faut le faire, et je dis au ministre de l'Intérieur que je suis prêt à le faire avec lui"… C’est un peu court jeune homme et l’on pouvait dire bien d’autres choses en somme…

Je crains fort que, le nez sur les sondages récents, nos élus ne soient trop polarisés par leur volonté de montrer que la gauche n’est pas laxiste au contraire du refrain entonné ad nauseam par la droite. Et étant ainsi polarisés, ils n’entrent, parfois à leur corps défendant, dans le jeu débile et mortel  de la désignation des boucs émissaires.

Je ne sais pas toujours distinguer un étranger d’un bon vieux Français de souche (aujourd’hui, même les gens du voyage rappellent qu’ils sont Français et qu’ils ne veulent pas être confondus avec les Roms), un bon Européen d’un Européen indésirable. C’est certainement un vieil accès d’angélisme soixante-huitard, mais mon cerveau un peu lent a du mal à croire  que les 1500 à 2000 Roms qui squattent et bidonvillent notre belle ville créent une situation si inacceptable qu’elle conduit à dresser de nouvelles frontières.

Certes, l’insuffisance de logements sociaux ne facilite pas le logement de ces familles qui dans leur immense majorité ne demandent qu’à se sédentariser (et dont les enfants sont très souvent scolarisés). Fallait-il soutenir, voire demander, des expulsions qui ne font que rajouter de l’errance à l’errance, du squat au squat et de la misère à la misère ?

Re-certes, la solution est européenne et roumaine, mais fallait-il céder à la manipulation ? Il suffisait d’entendre Gollnisch l’autre jour agiter les vieilles peurs de l’Autre et parler de centaines de milliers de Roms à nos portes pour se rendre compte qu’à mettre les mains dans la boue que remue ce gouvernement elle allait nous polluer tous au plus profond.

Alors, en attendant une éventuelle solution roumaine et européenne qui de toute façon prendra quelques années, pourquoi ne pas mettre en place des sites d’hébergement dédiés aux Roms pour 50 ou 100 personnes ? Le préfabriqué, l’eau et l’électricité sur des terrains aménagés, sont encore dans les moyens d’une société comme la nôtre, fut-elle en crise, et cela permettrait d’attendre que la situation des expulsés de camps illicites soit régularisée… Et, pour en finir avec les idées reçues sur les Roms :

> voir l’exposition « Voyages pendulaires, des Roms au cœur de l’Europe » avec les photos de Bruno Amsellem au Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon ;

> lire l’excellent article de Laurent Burlet dans LyonCapitale (www.lyoncapitale.fr/lyoncapitale/journal/univers/Actualit...)

Jean-Paul Schmitt

15/07/2010

B comme "Bernard (merci)"

B 3.jpg

Excusez du peu mais le type peut revendiquer 20 pages sur Wikipedia alors que Jean-François Copé, le patron des députés Umpistes en pèse tout juste 7. Pourquoi alors vous parler en ce 15 juillet du French Doctor devenu Sarkozyste alors que depuis des mois et des mois notre homme est au fond des oubliettes, un tricard qui inspire le mépris de la part de ses nouveaux amis de droite.

Il est bien entendu trop tard pour sauver le caporal Kouchner. Sa disparition est annoncée pour octobre prochain et celui qui parlait il y a encore quelques mois diplomatie aux oreilles du président prendra la porte de sortie avec sa camarade Rama Yade flinguée par ses soins alors que la sous-ministre des droits de l’homme indiquait qu’elle avait une âme.

L’histoire devra trancher quand elle examinera la carrière contrastée du Docteur Bernard. De l’Uec à l’Ump, même Dieu aura un peu de boulot pour y retrouver les siens. Au terme de ce désastre politique qu’est la fin de carrière de Frenchy Nanard, je veux espérer que l’impressionnant temps libre qui sera offert à l’ex ministre dès novembre permettra à Kouchner de se remettre sérieusement au travail pour reprendre, là ou nous étions restés dans la série « Médecins de nuit ». Au centre de controverses lourdes, objet d’attaques plus ou moins fondées, personnage particulièrement irritant, il convient de prendre conscience que comme scénariste de ce feuilleton notre Bernard fait l’unanimité. D’ailleurs la récente expédition du Doc en Sarkozie pourrait inspirer le scénariste. Alain Minc pète un plomb et aussitôt notre toubib débarque, Pierre Péan passe sous un autobus et le Doc reste au rade à boire des canons avec ses potes, un parachuté essaye de se faire élire dans une circonscription communiste du nord de la France et illico le SAMU s’héliporte. Bref, les sujets d’inspirations ne manqueraient pas ce d’autant que, si le service public dirigé par Sarkozy, disposait de quelques sous on pourrait imaginer « médecins de nuit » aux quatre coins du monde et pourquoi pas en Birmanie ? Merci Bernard.

Lyon, le 15 juillet 2010.

 

18/02/2010

Récompenses

Mgr Gaillot.jpg« Le Parisien » du week end dernier nous rafraîchissait la mémoire sur le jeu des ambassadeurs que conduit, avec semble-t-il une certaine délectation, le Président de la République. Véritable variable d’ajustement dans le petit jeu politique des nominations et des attributions de prébendes, la fonction d’ambassadeur apparait à bien des égards pour ce qu’elle est, une récompense ou un dédommagement.

David Martinon, licencié de l’Elysée, devenu Consul Général à Los Angeles. Roger Karoutchi, licencié du gouvernement, ambassadeur auprès de l’OCDE. Gilles de Robien, représentant permanent de la France auprès de l’Organisation Internationale du Travail.

Brice Lalonde, ambassadeur chargé des négociations sur le climat. Valérie Hoffenberg, élue UMP et représentante pour le processus de paix au Proche-Orient. Eric Chevallier, compagnon de route de Bernard Kouchner, ambassadeur de France à Damas. Quant à Michel Rocard, ancien missionnaire sur la taxe carbone et le grand emprunt, n’oublions pas qu’il a rang d’ambassadeur de France chargé des négociations internationales sur les pôles Arctique et Antarctique.

Selon une note du cabinet de Bernard Kouchner, nous dit le Parisien, le nombre de diplomates non professionnels est passé de 2 à 21 entre 2001 et 2010. Pour moi qui entame une carrière de missionnaire au « Grand Lyon » je me dis que je pourrais éventuellement me retrouver, un de ces jours, à négocier, comme Michel Rocard, avec quelques pingouins n’en demandant pas tant. Sauf que me concernant, et à la différence de Rocard, je me retrouve, comme Monseigneur Gaillot, nommé évêque in partibus de partenia et ce pour l’éternité. L’éternité étant bien longue, il va peut-être falloir que je me résigne à l’écourter.

Lyon, 18 février 2010.

22/10/2009

Démocratie

karzai.jpg49,67% est officiellement le score obtenu par Karzaï au premier tour des élections présidentielles Afghanes. C’est vraiment pas de chance d’échouer si près du but se diront probablement quelques esprits naïfs persuadés que les 54.6% annoncés il y a quelques semaines reposaient sur des fondements crédibles. C’est même tout le contraire. La commission électorale, censée vérifier le scrutin, proposait il y a encore quelques jours un score de 48% jugé politiquement incorrect d’où ce nouveau chiffre de 49 et des poussières qui est plus présentable pour Karzaï mais qui nécessite l’organisation d’un second tour qui sera, nous dit le président sortant « un progrès pour la démocratie ». Il manque donc 0.33% à Karzaï pour être à nouveau élu, autant dire pas grand-chose si l’on considère que la participation se situe en dessous de 40%.

Pour blinder l’affaire, si Eric Besson a la bonne idée d’envoyer quelques charters d’ici la date du second tour qui n’est pas encore fixée, l’ami Karzaï devrait passer les doigts dans le nez ce d’autant que son concurrent, qui est passé ces jours-ci de 28 à 30%, est dans les choux. Bernard Kouchner qui voit dans ces élections « une bonne nouvelle, un bon signe démocratique » nous rassurant, il convient de se dire que la claque prise par les Talibans est proportionnelle à cette grande victoire de la démocratie. Ouf !

Lyon, le 22 octobre 2009.

Photo:DR

09/09/2009

Subliminal soutien à Bongo

Subliminal Kouchner.jpgÀ peine Ali Bongo était-il devenu le vraisemblable président du Gabon et avant même la déclaration officielle des résultats, Paris rabâchait déjà son cantique. Le même toujours. Celui des jours noirs, qu’on chante autour des pseudo catafalques de la Françafrique. Prévisible, Kouchner barytone qu’il « condamne très fermement les atteintes à l’ordre public ». Normal. Des ressortissants français risquent d’être en danger.
Crânement et avec un effet du plus beau grégorien, les voûtes des Affaires Étrangères vibrent d’un « la France n’a pas eu de candidat, n’a défendu personne et n’est pas intervenue, jamais, jamais, jamais… Nous avons respecté complètement la neutralité nécessaire, c’est un pays souverain ».
Point d’orgue !

Silence. Méditation.

La France n’a pas eu de candidat. D’ailleurs, le conseiller de Nicolas Sarkozy pour les relations avec les pays africains, (le Monde du 30 août 2009), ne disait rien d’autre quand il affirmait : « Au Gabon, la France n’a pas de candidat, mais le candidat de Robert Bourgi, c’est Ali Bongo. Or je suis un ami écouté de Nicolas Sarkozy. De façon subliminale, l’électeur comprendra »…

Subliminal quand tu nous tiens.
Subliminales, les interventions de l’État français : les mécanismes commerciaux et les enjeux financiers, y compris ceux des sociétés nationales suffisent à l’efficacité.
Subliminal, le pétrole (53% du PIB, 79% des recettes d’exportation du pays) : Total ne contrôle que 30% de sa production.
Subliminales, les ressources minières, manganèse en tête, exploité par Comilog : le Français Eramet, n’en contrôle que 66% aux côtés de l’État (attention, les Indiens et les Chinois guettent).
Subliminale l’exploitation des bois tropicaux dominée par le groupe français Rougier.
Subliminale la réception d’Ali Bongo par Nicolas Sarkozy et Claude Guéant en 2008 : à ne pas confondre avec un adoubement du fils prodigue.

Le père d’Ali, feu Omar Bongo, « ami fidèle de la France » selon Nicolas Sarkozy et grand dispensateur de mannes électorales devant l’Eternel ne disait-il pas : « La France sans le Gabon, c’est comme une voiture sans essence et le Gabon sans la France, c’est comme une voiture sans chauffeur » ?

Jean-Paul Schmitt

23/05/2009

Prenez-le !

claude_allegre.jpgIl parait que dans la perspective de voir Claude Allegre rejoindre le gouvernement lors du remaniement en juillet c'est presque la panique dans les rangs de la majorité. A l'idée de voir débarquer l'ami de Jospin, qui plus est à un poste important dont la rumeur dit qu'il pourrait ressembler à un MITI français, on ne compte plus les réactions négatives. La simple idée de le savoir peut être demain membre de la future garde rapprochée de Sarkozy commence à pomper l'air des plus dévots de l'UMP.

Rassurez-vous Messieurs de la majorité, Allègre est tout sauf de gauche. Prenez-le ! Il est dispo ! Dans cette affaire, le seul qui risque d'en pâtir c'est Bernard Kouchner. Le Doc peut légitimement se dire que la période faste est sur le point de toucher à sa fin. Complètement démonétisé, Kouchner représente désormais moins que lui même un simple Ministre d'ouverture votant maintenant UMP. L'arrivée d'Allègre dans ce magasin de porcelaine risque de briser les dernières potiches et c'est tant mieux.

Alors un effort. Arrêtez vos simagrées et prenez Allègre dans votre futur gouvernement. Ca ne peut que nous faire plaisir.

Lyon, le 23 mai 2009.

20/01/2009

Bonne chance Martin

Martin Hirsch et Laporte.jpgJe sais que c’est mal porté chez beaucoup qui pensent qu’il sert la soupe à la droite. Le voilà en plus nommé Haut-commissaire à la jeunesse. Le chantier est vaste, les étudiants s’agitent. Quant aux banlieues ?…

J’avais apprécié le Martin Président d’Emmaüs France pendant dix ans, l’ex-directeur de cabinet de Kouchner au secrétariat d’état à la santé, même si les moyens mis à sa disposition pour le Revenu de Solidarité Active ne sont guère payés par ceux qui auraient le plus la possibilité de participer. Gaétan Gorce disait que: "Le RSA n'est pas en soi une mauvaise mesure s'il améliore le revenu de ceux qui travaillent à temps partiel, mais c'est une mesure qui peut se révéler dangereuse si elle ne s'accompagne pas d'un soutien très actif à une insertion professionnelle durable."Je le crois, mais je crois aussi que si Martin Hirsch n’avait pas été en charge de cette question, ce progrès social n’aurait pas vu le jour.

En tout cas, Martin me déçoit moins que son ex-patron, passé du Droit d’Ingérence au rejet des Droits de l’Homme dans un secrétariat d’état.

Déjà, lorsque Martin a été nommé en 2007 Haut-commissaire aux Solidarités Actives contre la pauvreté, j’avais apprécié une de ses déclarations. Il y affirmait vouloir « sortir de la dichotomie entre une gauche qui défendrait l'assistanat et une droite qui s'est arrogé le monopole de l'effort ». J’avais apprécié cette phrase à cause de la forme verbale utilisée pour parler de la gauche, montrant qu’il y a quelque simplisme de type café du commerce à affirmer qu’elle ne saurait faire que de l’assistanat (vilain mot quand le beau mot de solidarité inscrit aux frontons de la République est abandonné). Bien que je sois un peu partial dans cette exégèse, j’avais aussi apprécié l’usage fait de l’affirmation à propos de la droite, dénonçant son auto désignation en tant que seul promoteur de l’effort et rejetant les incitateurs à je ne sais quelle paresse dans l’autre camp.

Avec sa nomination, la clé de la jeunesse qui était sous Laporte (je sais, c’est facile), passe dans ses mains. Espérons qu’il saura en faire bon usage. Bien sûr, je me trouve face à un dilemme.

Faut-il que par souci d’efficacité, celui qui fut le dirigeant d’Emmaüs dont le manifeste déclare « Notre but est d'agir pour que chaque homme, chaque société, chaque nation puisse vivre, s'affirmer et s'accomplir dans l'échange et le partage, ainsi que dans une égale dignité » serve de caution à un gouvernement qui flatte la richesse, fixe des objectifs chiffrés d’expulsion honteux, crée des lois de plus en plus coercitives quand nos prisons sont les pires d’Europe ?

Je préfère parier sur les idéaux que nous partageons plutôt que sur la pureté des intentions politiciennes. Je préfère parier sur le soulagement des souffrances, fut-il insuffisant, plutôt que sur l’attente de je ne sais quel changement de personnalité ou de gouvernement. Au risque de me tromper.

Jean-Paul Schmitt

Lyon, le 20 janvier 2009

06:10 Publié dans Jean-Paul Schmitt | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : martin hirsch, bernard kouchner, rsa, emmaus | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

11/12/2008

Content et déçu

Sarkozy NB.jpgContent, le Président se dit l’être à propos d’Eric Besson son ministre en charge de l’avenir. Ne me demandez pas pourquoi vu qu’a part la notation des Ministres, les clubs de foot et quelques trucs sans importance sur l’internet nul ne sait exactement ce que peut bien faire « le transfuge ».

Content mais surtout admiratif, notre Président l’est également au sujet de Claude Allègre. Ici aussi inutile de me demander de fournir une explication puisque après les sciences de la terre, celles de l’éducation, l’art de la politique, la couche d’ozone, l’ami de Lionel est aujourd’hui devenu, comme Alain Minc, un historien. Notre homme est donc compétent en tout ce qui explique peut-être l’admiration sans borne du Président.

Content, Sarkozy se dit l’être aussi à l’égard de Nadine Murano dont la gouaille, façon populasse, botte bien à l’ancien Maire de Neuilly. Mais attention, le Président n’est pas seulement content de lui-même et de quelques autres, il est aussi déçu.

Il est déçu par Patrick Devedjian d’où la nomination au poste de Ministre de l’UMP du « chouchou ». Déçu aussi Jean-Pierre Jouyet qui vient de filer à l’anglaise et qui va surveiller les marchés. Déçu par Rama Yade qui ose refuser de prendre la tête d’une liste UMP au prétexte qu’elle souhaite demeurer ministre, Sarko est aussi peiné par quelques députés qui ne veulent pas faire travailler les Français le dimanche. Le Président semble également pensif à l’égard de quelques autres ministres et en particulier de Rachida Dati. Heureusement que Nicolas Sarkozy a encore une saine haine chevillée au corps à l’égard de Villepin sans quoi cette déception affichée et quasi généralisée pourrait se transformer en déprime au point de voir réapparaître cette célèbre migraine dont on ne nous parle plus depuis son élection.

Reste le cas Kouchner dont la quasi inutilité commence à se faire sentir et qui, tel un Jean-Louis Debré Sarkozyste, en est rendu à jouer les utilités en tirant le tapis sur lequel marche Rama Yade.

Tout ceci est donc très moyen. Moyen comme le sondage du dévoué Paris-Match qui note, de quoi être déçu, une baisse de popularité pour le Président mais qui fort heureusement indique dans le même temps une hausse d’opinions favorables parmi les classes populaires. Justement, à propos des classes populaires, si vous les croisez, il convient de leur expliquer que le PS fait le maximum pour être à gauche et les voilà à honorer le Président. Pour tout vous dire cela me laisse froid, mais avouez que si vous étiez à la place de Martine Aubry et Benoît Hamon vous auriez de quoi être déçu.

Lyon, le 11 décembre 2008.

11/12/2007

Malaises

6100d30ca9c7c9ed298e63127a714029.jpgRama Yade était tout d’abord « dérangée » par le fait que Kadhafi arrive en visite officielle dans notre pays le jours anniversaire de l’adoption, en 1948, de la déclaration universelle des droits de l’homme. Enivrée par son courage et particulièrement en verve sur ce sujet elle avait même ajouté que « la France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort ». Enfin au sommet de sa forme la ministre indiquait que la France n’état pas « un paillasson ».
Après une petite heure d’entretien à l’Elysée, Rama Yade était remise dans l’axe puisque elle expliquait qu’elle n’avait « absolument aucune hostilité vis-à-vis d’une visite du colonel Kadhafi, à partir du moment où il a renoncé à tout programme militaire nucléaire ». « Dans ces conditions, il vaut mieux parler avec lui plutôt que de le marginaliser ou de le rejeter aux confins du terrorisme », a-t-elle déclaré. Mais, a-t-elle souligné, « cette visite ne doit pas être considérée comme un chèque en blanc, on doit être sur nos gardes ».
Le malaise de Kouchner n’aura duré aussi que quelques heures puisque le doc, au moment ou Rama Yade commençait à se la jouer profil bas, déclarait quant à lui que ce voyage était « un épiphénomène » et que l’essentiel résidait dans cette « alchimie fine » (sic !) qu’est la diplomatie française. Au final, le bon docteur Kouchner se trouvait un nécessaire et importantissime dîner à Bruxelles pour éviter d’être pris en photo avec le colonel.
Ce qu’il y a d’épatant avec Sarkozy, c’est qu’il s’occupe de tout.
Il soigne même ses ministres quand ils ont des malaises et ça, ce n’est pas banal.
 
Lyon, le 11 décembre 2007.

03/10/2007

Attaque des Palais divers

medium_Revolution_rose.gifChaque jour que Sarkozy fait confirme que la gauche est en passe de réussir son pari hégémonique. Après Pascal Lamy à l'OMC, voici que Dominique Strauss-Kahn est désigné à la tête du FMI. Cette victoire qui intervient après la prise de contrôle du Quai d'Orsay par un Bernard Kouchner qui a un oeil sur l'Europe via Jean-Pierre Jouyet et un autre sur le reste du monde avec à Jean-Marie Bockel est une bénédiction. Avouez qu'en quelques mois la gauche  a su franchir à pas de géants les frontières de l'impossible. Sur le plan intérieur, même si la néfaste politique de Hortefeux demeure imperméable à nos valeurs, en prenant en tenaille la droite sur cette question si fondamentale de la place des plus pauvres on ne peut que nous réjouir sachant que Martin Hirsh et Fadela Amara oeuvrent dans l'ombre n'attendant que l'assaut final.

Si nous délaissons, pour des raisons purement tactiques, l'aspect le plus trivial de l'économie, la prise de contrôle par Eric Besson de tout ce qui relève du stratégique est une véritable bombe à retardement alors que Jacques Attali va imprimer un tempo d'enfer à notre économie nationale pour les vingt ans qui viennent . C'est en général largement sous estimé mais en ayant la haut main sur la commission des finances de l'Assemblée Nationale c'est des rangs même du parlement que la mère des batailles pourrait se déclencher.

Après le Monde, les pauvres et potentiellement l'économie, la présence de Jack Lang comme agent dormant dans la commission Balladur devrait permettre de fonder de grandes espoirs sur la capacité de la gauche à dominer définitivement le débat institutionnel.

Pour le reste, c'est à dire l'école, la formation, l'Université et la recherche, la tactique est différente puisque que Claude Allègre a décidé de peser de l'extérieur jusqu'au moment ou, renversant les termes de la contradiction, il décidera de faire exploser la machine avec sa légendaire personnalité sanguine.  On parle aussi d'éventuelles arrivées de personnalités de gauche à l'occasion d'un remaniement ministériel prochain. Si tel était le cas cela renforcerait de toute évidence le rapport de force en notre faveur et la nomination d'un Jack Lang, par exemple comme Ministre des grands travaux présidentiels, aurait valeur de test. Aux basques du gouvernement, nos équipes de guerilla conduites par Manuel Valls, Hubert Védrine et quelques autres encore dans la clandestinité m'inclinent à penser que l'heure du grand soir devrait bientôt sonner.

Lyon, le 3 octobre 2007. 

27/09/2007

Les potes du pôle

medium_300ème.jpg

Aujourd’hui c’est le 300ème billet de ce blog . Un chiffre batard. 100 billets cela se signale, 500 cela pourrait se fêter mais 300 cela j’en conviens ne veut pas dire grand-chose. Ce n’est pas tout de vous écrire une 300ème billet encore faut-il trouver un sujet qui puisse correspondre à la situation. Quelque chose d’amusant ou d’étonnant. De Kouchner qui déclare la guerre à l’Iran ? De Fillon, le seul poulet de Loué plumé vivant par son président ? De David Martinon, le gomineur gominé ? De Yasmina Reza la célèbre lèche bien montrée ? Déjà fait.

Parler alors de l’excellent peuple de l’herbe qui vient de signer "Radio Blood money" et qui sera au Transbordeur le 12 octobre prochain ? De « White Chalk », le dernier PJ Harvey qui se situe tellement peu dans la lignée de son travail habituel que l’anglaise risque de perdre ses derniers fans qui après tout ne méritent pas de le demeurer ? On y reviendra.

Vous dire que la nouvelle édition de l’autobiographie de Miles Davis enfin restituée à partir d’une nouvelle traduction est formidable même si Miles n’a probablement guère usé de stylos pour l’écrire ? Vous rappeler que « Bob Dylan, une biographie » est un bon Bon ? Vous avouer que je ne suis toujours pas allé à la BAC par manque de temps ?

Pour ce 300ème billet il convenait de se détendre, d’évoquer une de ces informations purement anecdotique qui fait le charme d’une actualité en général pénible. J’ai donc décidé de vous dire deux mots sur la volonté d’Eric Besson, le fellon ancien ami de Lionel Jospin, d’organiser le « pôle de gauche de la majorité ».

En effet, Eric Besson, comme Bockel, Kouchner et quelques autres, se considère donc toujours à gauche. Je sais que mes lecteurs de droite vont être choqués tant l'activité de notre ex-chiffreur chiffoné s’inscrit dans leur patrimoine politique, mais c’est comme ca. Notre homme est donc sur le point de structurer un pôle de gauche ou plutôt un bout de pôle qu'il appelle "Les progressistes" (sic!) car son ami Bockel vient quant à lui de lancer un parti qui devrait s’intituler « Gauche moderne » dont la destinée, vous l’avez compris, est également de polariser la gauche dans la droite. Ces deux petits pôles sont paraît-il fortement encouragés par le Président lui-même.

Vous me direz que pour un début ce n’est déjà pas si mal sachant que ces deux petits pôles sont destinés à construire un pôle définitif et que le drôlet drômois et le Blair Alsacien disposent de réserves dans le gouvernement. Justement c’est maintenant que je veux calmer vos ardeurs. Bernard Kouchner a déclaré qu’il « ne rentrerait pas là-dedans » (sic !). Martin Hirsh et Fadela Amara, moins occupés que le Doc, ont seulement promi à Bockel qu’ils iraient assister « par amitié » au lancement de son bout de pôle.

Vous le voyez, ce n’est pas gagné et à un moment ou des types comme Besson et Bockel se défoncent, c’est moche de voir leurs camarades refuser de leur donner un coup de main.

Lyon, le 27 septembre 2007.

07/08/2007

K comme Kouchner (Bernard)

medium_K.jpgQuelques mots pour m'inquiéter du sort prochain du Ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, dont la marge de manœuvre risque de se réduire sensiblement dans les mois qui viennent.

Inutile de revenir sur le cas Kouchner dont j'avais parlé en son temps, mais plutôt, sachant que Kouchner ira jusqu'au bout du bout de sa participation au gouvernement, m'interroger, sur la mise en place du Conseil National de Sécurité souhaité par Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle et sur la portion congrue qui risque de revenir à l'ex-french Doctor.

Jean-David Lewitte est, vous le savez, destiné à présider cette nouvelle structure inspirée du modèle américain. Futur tuteur de Bernard Kouchner, notre ancien Ambassadeur à Washington et actuel sherpa du Président, ne sera probablement pas mandaté pour faire de la figuration. C'est tout le contraire qui va très certainement se passer, l'action diplomatique et militaire de la France étant destinées à être de plus en plus concentrées à l'Elysée.

Ce nouveau Conseil qui disposera de moyens réels, on parle d'une trentaine d'experts en provenance du Quai d'Orsay et de la Défense, constituera la structure permanente à disposition de Lévitte, donc de Sarkozy. Domaine plus que réservé du Président, il ne faut pas être grand clerc pour imaginer la place limitée qui reviendra à un Kouchner qui jouera son rôle traditionnel sur le terrain des Droits de l'Homme et d'inlassable voyageur spécialiste des tarmacs. Simple produit de communication le Ministre des Affaires Etrangères est destiné à mettre du fun dans une politique qui se décidera ailleurs.

Lewitte en place, Kouchner jouera les utilités comme si la fin du début correspondait au début de la fin.

Lyon, 7 août 2007.

 
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