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15/06/2010

Centre ?

Morin bascule.jpgÀ en croire feu Chaban-Delmas « le centre est immobile, la roue avance, son centre ne bouge pas ».

Quand c’est Bedos qui s’y met, « la gauche est au centre, le centre est à droite et la droite à l’extrême. Faut suivre… »

Mon maître d’école avait du mal à me faire comprendre que le centre est un point situé à égale distance de chacun des points d’un segment de droite !... Pour enfoncer le clou dans ma caboche, il insistait le bougre en me faisant apprendre par cœur que le centre c’est aussi un point situé à égale distance de chacun des points d‘un cercle ou de la surface d’une sphère. De là date pour moi cette perception que le centre est une chose étrange qui tourne en rond pour tenter de vous faire perdre la boule.

Morin, notre militaire en chef, vient d’avoir des élans de tribune qui me rappellent le même sentiment d’étrangeté. À ce Nouveau Centre pas vraiment centré qui l’a élu avec 93% des voix (score extraordinaire quand on sait la notoriété de son hyper médiatique challenger, Tayeb Touazi, conseiller municipal de Dreux) il tente de faire comprendre que c’en est fini avec le marais ; qu’il s’agit désormais de se « hisser pour sortir des sables mouvants » que sont l’UMP et Sarkozy, ce président qui traitreusement caresse Bayrou tout en tentant de convaincre Borloo de ne pas y aller.

Sarkozy et l’UMP Bayrou-compatibles ? C’en est sûrement trop et c’est probablement pour cela que le Morin nouveau se rebiffe. Oh un petit, tout petit peu ! Dans un élan rhétorique qui prendra place dans les manuels d’histoire et à côté duquel l’appel du 18 juin paraît une aimable pochade, il vient de déclamer lyrique : « Si nous n’allons pas jusqu’au bout, c’est que nous aurons échoué. »

Frisson dans les foules. Roulements de tambours.

Jean-Paul Schmitt

03/06/2010

Plus belle la vie

martine-aubry.jpgAlors que ce pauvre Montebourg persuadé de jouer un rôle historique fait des moulinets devant les caméras pour parler de son rapport sur les primaires, en coulisse on commence à se mettre d’accord sur la répartition des postes. Nous n’en sommes pas encore à voir débouler Lamy sur les marches de Solferino pour nous annoncer la composition du gouvernement Aubry I mais les choses vont bon train. Une fois dit que la République Solferinienne est en joie puisque dimanche dernier Martine Aubry vient d’être élue présidente de la République sachez chers amis que l’on peut s’attendre, d’une minute à l’autre, à ce que François Hollande devienne le nouveau premier ministre, Ségolène Royal présidente de l’Assemblée Nationale et Laurent Fabius celui du Sénat à condition bien entendu qu’il devienne lui-même sénateur (Que voulez vous il y a des règles absurdes dans ce pays). Pour ce qui concerne le gouvernement Hollande, Jérôme Cahuzac est annoncé à Bercy pour le reste l’espoir reste intact pour l’ensemble des prétendants. Cela étant ne rigolez pas car, dans le même temps, à droite, un évènement de première bourre vient d’intervenir. Méhaignerie vient de rencontrer Bayrou et le boss de ce qui reste du Modem se montrerait favorable à une intégration dans la majorité de droite à condition que Sarkozy introduise une dose de proportionnelle pour les législatives. Sachant que Bayrou se décide toujours à prendre des décisions conduisant avec certitude à sa défaite, vous ne pouvez que vous dire qu’une victoire de Martine Aubry peut sérieusement s’envisager à partir du moment où Bayrou rejoindrait la droite. Mieux, Monin le patron du « Nouveau Centre » grogne fort contre Sarkozy et menace de se présenter aux prochaines présidentielles non sans tirer à boulets rouges contre Bayrou qu’il accuse d’être une girouette et un opportuniste.

Que Montebourg cesse de stresser, l’organisation de ces fameuses primaires, c’est juste un truc pour passer le temps. Maintenant que Martine est certaine d’aller à l’Elysée, François à Matignon, Ségolène à l’Assemblée, bien que n’étant pas députée, et Laurent au Sénat, bien que n’étant pas sénateur, il ne reste plus qu’à indiquer à Dominique de rester Dirlo à Washington. Elle est pas belle la vie ?

Lyon, le 3 juin 2010

17/04/2010

Centre(s)

396px-Bayrou_Bercy_2007-04-18_n29.jpgDepuis presque une paire de semaines, grâce à Libération, nous savons que le 19 juin prochain, l’appel de Villepin devrait prendre corps dans le 13ème arrondissement de Paris, du côté de la Halle Freyssinet. Mieux, alors que nous sommes loin du but, ce parti, véritable don de Villepin au pays, devrait s’appeler PRS pour « Parti pour une République Solidaire ». C’est navrant pour Martine Aubry qui moulinait depuis les régionales son désir de « Gauche Solidaire » pour faire oublier celui de « Gauche Plurielle » mais revenons au centre.

Villepin va donc venir chasser sur les terres de Bayrou ou plutôt pâturer les mêmes prairies. Histoire de mettre une première torgnole au Béarnais, Villepin vient d’expliquer que son parti qui n’existait pas encore comptait déjà 20 000 membres, autrement dit trois fois plus que le Modem démocratisé de Bayrou. Au lieu de se chercher querelle, nos deux centristes devraient plutôt se réjouir des propos de Sarkozy expliquant au Nouveau Centre de Morin qu’il n’était pas question pour lui d’imaginer une seule seconde une candidature autonome aux présidentielles. Exit donc Morin qui décidemment n’est jamais le bon cheval au centre. En vérité parmi les centristes, il n’y en a qu’un seul susceptible de mériter notre admiration, c’est Jean-Louis Bourlanges. Intelligent, fin, distant mais toujours décalé, l’ancien député européen vient de livrer un bouquin au titre prémonitoire « La tragédie des centres ». Devenu flingueur, Bourlanges excelle dans l’art de passer du flytox dans les moindres recoins du centre. A propos de la présidentielle, après avoir réglé son compte à Bayrou, Bourlanges dit de Morin, « Peut-on sérieusement être ministre de Sarkozy pendant cinq ans et candidat pendant cinq semaines contre lui ? » (Figaro Magazine). Pas mal non plus à propos de l’éventuelle candidature de Borloo, qui fait dire à notre nouvel agent d’ambiance du centrisme, « Je ne crois pas qu’un électron, fût-il particulièrement libre arraché du noyau gouvernemental Sarkozien, ait une autonomie suffisante pour figurer autre chose que ce que Pascal nommerait une fausse fenêtre pour la symétrie ».

Au pays des centre(s), c'est-à-dire comme aime le dire Bourlanges « des chefs sans parti et des partis sans chefs », il y a un flingueur. Le savoir autant en forme devrait suffire à nous rassurer.

Madrid, le 17 avril 2010.

Photo: DR

03/11/2009

Canal historique

A lire le texte totalement « imbitable » qu’il signe dans Vox Rhône –Alpes on est sur d’une chose ce n’est pas lui, Michel Mercier, qui l’a écrit. Cette prose technocratique ne ressemble pas du tout à notre Michel Mercier qui certes sait manier la langue de bois mais toujours dans un langage accessible. Mais c’est là le privilège d’un ministre il ne manque pas de plumes dans son entourage aussi pour aborder la question de l’aménagement du territoire il les laisse agir. Car si ce sujet relève en partie de son portefeuille Mercier s’y attelle à sa façon et d’abord sur le terrain. En politique averti qu’il est il sait très bien que l’essentiel réside dans la capacité à réunir des troupes et les déplacements d’Etat peuvent aussi servir à ça. Comme il l’avait très bien rappelé sur le plateau de l’émission 10 questions à… sur TLM Michel Mercier et d’abord un centriste qui puise sa conviction dans les écrits d’Emmanuel Mounier, cette pensée et ce choix politique il les a chevillés au corps. Alors son maroquin il l’utilise aussi à sillonner le pays pour y nouer des contacts et faire revivre le grand courant centriste.

Cette entreprise, relayée ailleurs par des hommes comme Jean Arthuis, il l’a commencé dans le Rhône lorsque Jean Luc Da Passano a fondé une association visant à regrouper les centristes « canal historique » dans notre département. Mugette Dini, sénatrice du Rhône, en avait pris la présidence avant d’en devenir l’ambassadrice au plan national. Et leur affaire avance, sans bruit et à petits pas, mais elle avance.

Il faut dire qu ‘au moment où, d’une part, Nicolas Sarkozy est, c’est peu dire, moins flamboyant et que d’autre part François Bayrou penche trop à gauche pour son électorat il y a une fenêtre de tir pour cette initiative. La stratégie du président de la République visant à rassembler toutes les composantes de la droite dès le premier tour si elle lui a permis de gagner la présidentielle ne sera peut-être pas la meilleure pour les élections à venir et sûrement pas pour les cantonales de 2011. Déjà pour les régionales de l’an prochain dans le Rhône la volonté hégémonique de l’UMP sur la liste de la majorité nationale et le désordre qu’entraînera la candidature Bégag au Modem laisseront orphelins nombre d’électeurs centristes. Ce qui constituera un réservoir de voix pour les cantonales indispensable à un Michel Mercier qui ne veut pas perdre la main sur le département tout en plaçant des hommes et des femmes en capacité de devenir « conseillers territoriaux » dans la perspective de la réforme en cours. Alors l’offre de Mercier reprend tout son sens et, qui sait, le centrisme « canal historique » renaîtra-t-il une fois encore de ses cendres.

Philippe Dibilio

01/09/2009

Primaire

Organiser des « primaires » l’idée nous vient d’un »think tank » Terra Nova en l’occurrence et le « think tank » semble  être la formule magique découverte par la gauche qui se veut moderne mais est surtout un brin bobo-caviar pour s’approprier la pensée et laisser au militant le soin de coller des affiches, arpenter les montées d’escalier et se faire engueuler par les électeurs. La formule magique nous viendrait des USA labellisée par le succès de Barak Obama. Seulement voilà l’Amérique a son histoire et nous la notre et la démocratie américaine n’a jamais réussi à s’imposer ailleurs, ni par la force des baïonnettes, voir l’Irak, ni par les fonds dispensés, voir le plan Marshall. Et puis aux Etats Unis, Etat continent s’il en est, les primaires se déroulent dans chacun des deux camps et les « petits » partis en sont exclus.

Alors si les primaires consistent à faire désigner le candidat socialiste de 2012 par les adhérents et au-delà les sympathisants socialistes qui se déclareront comme tel, pourquoi pas ? ce serait sans doute une belle ouverture démocratique et un excellent baromètre. Mais il ne faut pas négliger le chantier que cela représente et il faudra un certain doigté pour que ce temps là ne se déroule pas au détriment de la vie politique du moment. Mais pour nos penseurs les primaires sont « ouvertes » à toute la gauche et même à tous les opposants à Sarkozy, Modem compris. Comme si l’on pouvait créer le bi-partisme en France par le biais magique de « primaires ». Or la démocratie française a aussi son histoire plus ancienne que celle de states, même si ce n’est pas un argument, et l’on effacera pas les sensibilités de ce pays par le  biais d’une idée, forcement géniale, de la rive gauche parisienne.

Des « primaires « de ce type serait sans aucun doute un merveilleux cadeau à Nicolas Sarkozy. Quelle cacophonie, en effet, que de vouloir faire choisir des opposants plus ou moins bien identifiés entre la pléiade de candidats socialistes, celui des verts, du PCF ou encore entre Melenchon, J.M Baylet ou François Bayrou. D’autant que ce dernier n’a rien à faire dans une opération où il jouerait sur un coup de dès sa chance d’être présent au second tour. Et ce tour de chauffe mobiliserait toute l’opposition dans une action intériorisée qui laisserait des semaines durant la champ libre à Sarko. Lequel d’ailleurs ne se priverait pas de vanter l’unité de sa majorité fermant ainsi la porte à toute candidature alternative à la sienne à droite.

Non, décidément, les « primaires ouvertes » sont la vrai fausse bonne idée qui ne pouvait sortir que de quelques crânes d’œuf toujours réfractaires au bon sens. Dans l’histoire de la démocratie française les « primaires » s’effectuent lors du premier tour d’une élection où, selon le bon sens populaire, on choisit alors qu’au deuxième on élimine. C’est peut-être primaire mais il serait sage d’en rester là.

Philippe Dibilio

02/06/2009

Bayrou, l’ambidextre

Bayrou coucou.jpgLa démarche est habituelle en période électorale : « je m’adresse à vos électeurs, mais votre parti ne m’intéresse pas » (si ce n’est pour en dire au passage un petit de peu de mal).

La formule a déjà servi et sert toujours aux candidats de tous bords. Cette fois-ci, c’est François le Béarnais qui nous la sert dans Libé du 26 mai dernier.

Comme tout le monde le sait, son ambition est avant tout française. C’est son droit. C’est respectable. Ce n’est pas tout à fait ma tasse de thé, même si certains de ses amis lyonnais me sont sympathiques. Quand il traite PS et UMP de gangs d’hypocrites - ce que lui et ses amis ne sauraient être, bien entendu - il est tentant de lui répondre, formule contre formule, comme Martin Schultz, le président du groupe socialiste : « François Bayrou parle comme Karl Marx en exil lorsqu’il est à la maison, mais à Bruxelles, il est avec les sauvages néo-libéraux ». Mais, foin des bons mots, voyons les actes.

Le groupe avec lequel votent les 11 et désormais 6 députés Modem à Bruxelles est l’ALDE (Alliance of Liberals and Democrats for Europ). Il compte un bon nombre d’ultra-libéraux et 75 des 99 membres sont inscrits à l’ELDR, véritable parti libéral européen pour lequel la liberté du marché prime. Malgré la ligne fluctuante des votes du Modem et au-delà des affirmations générales du Béarnais, dont une des perles roses est « l’Europe doit se faire autour d’un projet de société, pas d’un marché », voyons ce qu’il en est en réalité au Parlement européen.

Quel est ce projet de société ? Celui où règnent la concurrence sans frein et le dumping social? Il ont voté contre les amendements socialistes qui voulaient limiter la concurrence fiscale déloyale et installer un salaire minimum en Europe. Celui du nivellement par le bas des droits sociaux ? Ils ont voté pour les amendements ou les projets qui baissent les charges patronales sur les salaires. Celui où les services publics sont livrés à la seule rentabilité de court terme ? Ils ont voté contre l’adoption d’une directive cadre qui garantissait la pérennité de leur mission d’intérêt général. Ils ont voté avec l’UMP contre l’exclusion explicite de ces services des règles de concurrence « pure et parfaite ».

Et demain, qui croire ? Quand les Socialistes affirment que des normes sociales et environnementales doivent être introduites dans les règles d’échanges externes, le Modem, lui, y va carrément d’un « les produits qui entrent en Europe doivent être soumis aux mêmes règles que ceux que nous fabriquons chez nous » !… C’est presque du Besancenot dans le texte. Et tant pis si cela tue les échanges avec les pays en développement. De toute façon, François ne s’est jamais engagé à quitter les ultra-libéraux de l’ALDE. Alors…

François, barre à bâbord et feu de tribord, c’est un coup à chavirer !

Jean-Paul Schmitt

20/05/2009

Posture

36330a-francois_bayrou_denonce_l_abus_de_pouvoir.jpgLe livre de François Bayrou, « Abus de pouvoir », est un livre politique et comme tous ceux du genre il dénonce beaucoup et propose peu ; encore que ! Il faut, en effet, lui reconnaître quelques mérites.

Tout d’abord l’homme se trouve là une posture, celle d’un défenseur des valeurs humanistes qui frise parfois l’analyse de classe comme on aurait dit dans les années 70. Certes il n’est pas question pour moi d’être naïf ; en s’appropriant le créneau des fondements de la république : liberté, égalité, fraternité le président du Modem se cherche une base suffisamment large pour poursuivre son seul objectif avoué : la présidentielle de 2012. Mais il faut lui reconnaître qu’il le fait avec un certain talent. Car, contrairement à beaucoup de commentaires qu’il a suscité son ouvrage n’est pas un pamphlet anti-sarkoziste primaire.

Il réussit, en effet, à brosser un portrait pertinent du locataire de l’Elysée et surtout de mettre en perspective ses intentions profondes et les objectifs qu’il se donne pour le pays. Et il argumente autour de la proposition selon laquelle : « le président de la république a un plan. Il conduit la France là où elle a toujours refusé d’aller. L’abandon du modèle républicain, le culte de l’argent, le choix d’une société d’inégalités, le renoncement à ce qui faisait la force et l’originalité de la France dans le monde. » Et pour cela, selon Bayrou, Nicolas Sarkozy a  eu pour inspiration le mouvement néoconservateur américain version Bush qui a décidé de bâtir sa victoire sur le noyau dur de son électorat, la droite dure religieuse américaine, la droite qui soutenait la guerre en Irak. Modèle que les américains ont aujourd’hui rejeté. Et pour s’attacher le noyau dur de la droite française Sarkozy va jusqu’à le reconstituer en suscitant des polémiques pour opposer les français sur tous les sujets potentiellement explosifs.

De plus François Bayrou décortique, comme l’avait fait dans un livre également Ségolène Royal, la méthode et les astuces de Sarko pour arriver à ses fins. Ce livre, en fait, tape juste et il n’est pas étonnant qu’il ait déclenché l’ire des roquets du président comme celle des leaders de gauche d’ailleurs. Il est à ce propos dommage que ce soit un centriste qui occupe ce créneau qui s’apparente parfois à du Besancenot, l’esprit de responsabilité en plus. Me voilà pas converti au Modem pour autant d’autant que connaissant bien certains de ses acteurs locaux je ne sui pas persuadé qu’ils se retrouvent dans ce texte, mais je reconnais à son président une capacité à porter un regard éclairé sur l’état de la France et à proposer quelques pistes pour en sortir. Ce chapitre final n’est pas le plus étayé mais il pose les bases d’un rassemblement pour demain dont la gauche aurait tort de se moquer. Bayrou, en effet, n’écrit pas les premières lignes d’un programme commun mais trace les contours d’un rassemblement qui pourrait bien être celui du deuxième tour de 2012.

Philippe Dibilio

22/04/2009

Décomplexés

president-republique1.jpg?w=197&h=159Nicolas Sarkozy avait inauguré ce style pendant la campagne présidentielle durant laquelle il est apparu comme un ultra-libéral décomplexé. Ce qui ne l’empêche pas aujourd’hui d’agir comme un interventionniste d’Etat tout aussi décomplexé. Car au fond tout désormais en politique est dans la manière.

Ce nouveau statut permet en tout cas aux électrons libres d’occuper le terrain au détriment des formations politiques engluées dans les jeux d’appareil ou d’obéissance au chef. Les derniers jours nous ont montré en effet, combien la parole libre était à la mode. Dernier exemple en date un Dominique de Villepin qui nous annonce une situation révolutionnaire dans le pays. Voilà un sacré contre pied de la part de ce gaulliste affiché. Pourtant il le fait de manière si décomplexée que ça le rendrait presque crédible.

Ségolène Royal de son coté nous a quasiment habituée à des propos autant libérés que décalés. Dommage quand même que sa deuxième demande de pardon estompe la première autrement plus forte. Quant à François Bayrou lui aussi il affiche des positions bien « gauchistes » au regard de l’histoire de la famille centriste dont il est l’héritier. Et pendant ce temps là leurs formations politiques respectives, sauf peut-être pour Bayrou que ses troupes suivent, sont empêtrées dans des propos politiques tellement traditionnels qu’ils en deviennent ringards.

Ainsi l’UMP dont la seule vocation est de relayer les frasques du président de la République avec plus ou moins de goût et même plutôt moins que plus. Coté PS on n’est pas mieux loti car à vouloir composer entre tous, y compris un DSK qui affirme que les états n’ont pas encore assez donné aux banques pour « nettoyer » le crédit des produits toxiques qu’elles ont elles même crées, on ne dégage plus qu’un discours aseptisé. Bref, il faudra peut-être s’y faire l’heure est au discours décomplexé et ce sont ceux qui le portent qui se retrouveront demain sur le devant de la scène pour l’élection présidentielle.

Philippe Dibilio

16/04/2009

Conseils

pierre_assouline.jpgIl y a quelques semaines de cela, Pierre Assouline nous proposait un pétillant billet dans Le Monde 2 (n°268 du 4 avril) intitulé « Effet collatéral ». Il s’agissait pour l’écrivain et journaliste d’évoquer ces livres qui connaissent un destin merveilleux par le seul fait de rentrer dans l’actualité de façon imprévue oubien de se retrouver entre les mains d’une personnalité. A l’appui de sa démonstration Assouline nous parlait des « Hauts de Hurlevent » ouvrage dont les ventes sont subitement dopées suite au succès de « Fascination », la saga de Stephenie Meyer. Du côté des personnalités susceptibles de faire exploser les ventes, Obama est de loin le plus efficace puisqu’il suffit d’un cliché du Président lisant un bouquin pour qu’un essai ou une biographie assurent des droits d’auteur à vie à un écrivain. Même si notre chauvinisme doit en prendre un coup, il convient d’admettre qu’avec Sarkozy il n’en va pas de même. Notre Président reste loin d’être un booster car même cette pauvre Princesse de Clèves pourfendue par la parole présidentielle ne décolle pas d’un pouce.

Amis éditeurs, sachant que les temps sont difficiles, voici donc quelques suggestions, lestées d’une bonne dose de street-marketing, qui devraient donner du tonus à vos ventes sachant, à condition d’être parfaitement choisie, qu’une personnalité, pour des investissements parfois mineurs peut vous éviter de dépenser les budgets publicitaires les plus lourds. A l’instar de ce que Run DMC avait fait jadis pour Adidas ou Lady Diana pour le sac « Lady Dior », voici mes conseils très opérationnels susceptibles de vous sortir de la mouise.

Prenez les socialistes, deux noms s’imposent. Martine Aubry avec l’opuscule de Arthur Schopenhauer, « l’Art d’avoir toujours raison » (Mille-et-une-nuits, 2,5 euros) et Benoît Hamon pour « Convaincre en moins de deux minutes » de Nicolas Boothman (Marabout, 6,90 euros) sont les totems qui manquent à l’évidence à ces deux éditeurs.

A droite, comment se passer d’un Président comme le notre qui, photographié avec « Le petit traité de manipulation à l’usage des gens honnêtes » de Joule et Beauvois rendrait les choses beaucoup plus simples pour les éditions PUG (19 euros). Le chouchou, le miel incarné et président de l’UMP, Xavier Bertrand doit devenir le vecteur de communication de l’éditeur « Vie sociale » qui avec son « Comment se faire des amis » de Dale Carnegie cartonne déjà.

Cela étant, à bien y réfléchir, « tout est sous contrôle » de Hugh Laurie, le célèbre interprète de Docteur House (21 euros) pourrait également convenir. Aux Editions Sonatine d’y réfléchir.

Et Bayrou, me direz-vous. C’est juste. Le leader de l’extrême centre à géométrie variable est détenteur d’un potentiel exceptionnel que même ses derniers amis n’arrivent pas à reconnaître. Les Editions Flammarion qui connaissent fort bien leur business devraient se pencher sur le cas du béarnais qui pourrait ainsi relancer les ventes de « On ne pense qu’à ça » (19,90 euros)

Il n’y a pas, loin s’en faut, que la politique dans la vie. Les vedettes du sport peuvent devenir des officiers traitants de la littérature à très haut rendement même si, comme pour le Président, l’idée de les associer à la lecture peut s’avérer suspecte à certains consommateurs. Compte tenu de cette difficulté, le dernier ouvrage de Harlan Coben pourrait convenir aussi bien avec Ribery que Anelka car « Sans un mot » est un titre totalement accrocheur (Belfond, 21,50 euros).

Enfin, un petit regard circulaire sur notre élite artistique s’impose tout de même. Avec Julien Doré, Fayard devrait miser gagnant pour doper « Grandir » le livre de Claude Halmos qui s’efforce de faire comprendre les étapes de la construction de l’enfant (20,90 euros) et, au final, je recommande sans réserve aux Editions Actes Sud de se rapprocher des agents de Mylène Farmer, seule artistique capable de donner un bon coup de fouet aux ventes de « La Princesse des glaces » de Lamula Läckberg (21 euros).

Hautes-Pyrénées, le 16 avril 2009

 

31/12/2008

L’humanisme pour les nuls

L'humanisme_pour_les_nuls.jpgUn cadeau pour François Bayrou.

Un livre marrant et simple pour celui qui, benoîtement, gentiment sinon innocemment, surfe sur un concept aussi vieux que la philosophie. Après « La philosophie pour les nuls », « La mythologie pour les nuls », « Le Parti Socialiste pour les nuls » (eh oui !), pour ne citer que les meilleurs, voici un cadeau utile pour ce cher François qui s’approprie ce beau mot - mot-valise s’il en est – d’une manière un peu trop exclusive à mon goût.
Comme pour le sujet de philo du bac, le cher ex-ministre de l’éducation qui à l’époque n’avait pas encore fait son chemin de Damas, pourra méditer et approfondir. Je n’aurai pas la cruauté de lui retourner ce qu’il disait concernant Martine Aubry (qui avait d’ailleurs largement mérité la charge, compte tenu de sa position sur les alliances avec le Modem) : « Moi je n’aime pas les gens qui disent une chose et font le contraire ». Je lui rappellerai cependant les propos plus récents d’un de ses lieutenants qui voulait « tailler dans le gras de l’hôpital » à coups de 10 milliards d’euros sur 5 ans. Humanisme comptable ?
Peut-être est-il sincère. Habile, sûrement. Parfois drôle malgré lui. Ne disait-il pas récemment, certes après avoir avalé un grand bol de vin chaud : « Généralement, les gens commencent révolutionnaires et finissent ministres. Moi, j’ai commencé ministre et je finis révolutionnaire ». Désopilant.
Bayrou nuls.jpgEn tout cas, son langage révolutionne parfois les centristes sarkozyens. Mais, quand il qualifie l’humanisme du Modem de troisième voie entre le socialisme et le capitalisme, c’est surtout une « ficelle » destinée à phagocyter le PS en vue de 2012 (comme si ses organes dirigeants avaient besoin de lui pour l’affaiblir).
La lecture lui rappellera que le sujet est vaste et, qu’à défaut de définition partagée, il risque fort de prêter à toutes les manipulations. Je lui recommande cette définition : « Est humaniste celui qui se bat contre la discrimination et la violence en proposant des voies pour que la dignité et la liberté de choix de l’être humain puissent se manifester. »
À cette aune, pour l’immense majorité des Socialistes – pour les 50% notamment de ceux qui soutiennent l’équipe de Ségolène Royal – le Socialisme est un humanisme.
En guise de dédicace, j’inscris une citation d’Henri Laborit : « Il est plus facile de professer en paroles un humanisme de bon aloi, que de rendre service à son voisin de palier ».

Jean-Paul Schmitt

Lyon, le 31 décembre 2008.

29/10/2008

Eléments concordants

michel mercier.jpgIl est une rumeur qui reprend vigueur, c’est celle consistant à prévoir pour la seconde partie du mois de janvier le remaniement ministériel tant attendu par Michel Mercier. Mais pourquoi y prêter plus d’attention aujourd’hui qu’hier, me direz vous? Peut être parce que, comme on le dit dans le langage policier, des éléments concordants apparaissent à l’horizon du calendrier politique.

En effet, c’est en janvier que la France passera la main de la présidence de l’Union Européenne ce qui ramera l’attention sur la situation politique intérieure. Par ailleurs, le Congrès de l’UMP aura lieu dans les mêmes eaux et, on le sait Nicolas Sarkozy veut débarquer Devedjian du secrétariat général au prétexte qu’il a du mal à faire tourner la machine, notamment face à un Jean François Coppé qui s’appuie avec efficacité sur le groupe à l’assemblée nationale, qu’il préside, pour occuper le terrain. Dans le même temps Sarkozy veut faire un peu de ménage dans un gouvernement où la cacaphonie est de mise et l’art de la boulette aussi. C’est donc en s’appuyant sur ses sept super ministres que le Président de la République va jeter les bases de l’ossature de son prochain conseil des ministres. Mais ce sera aussi le temps des récompenses. Et Michel Mercier attend la sienne eu-égard aux bons et loyaux services qu’il a rendu en sa qualité de président du groupe centriste au Sénat au moment du vote de la réforme constitutionnelle. Et, là encore l’opportunité est au rendez-vous puisque la loi qui autorise un sénateur devenu ministre à redevenir sénateur au terme de son passage au gouvernement rentrera en vigueur également autour du vingt janvier. Les voilà donc les éléments concordants. Michel Mercier le sait et force le destin en donnant de sérieux gages à Nicolas Sarkozy. Sur la réforme des collectivités tout d’abord pour dont il apparaît soudainement comme un partisan, y compris sur le point consistant à réduire le champ des départements. Sur le plan de l’organisation politique également.

Quand François Bayrou fait pencher son discours à gauche en déclarant comme en fin de semaine à Roubaix : « Sarkozy assume le capitalisme, moi je ne pense pas que c’est un modèle pour la France, je ne crois pas dans la distinction entre une capitalisme financier mauvais et un capitalisme industriel vertueux. Mon modèle est humaniste. Tout ne se résume pas à la production et à la consommation ». Qui dit mieux !

Mercier tient absolument à se distinguer de tels propos, c’est pourquoi il s’est approprié l’idée de Jean-Luc Da Passano de créer dans le Rhône le Rassemblement des Démocrates une structure refuge pour tous les centristes qui ne tiennent pas à s’identifier au Modem de Bayrou et qui conservent ainsi leur positionnement à droite. Bref, Mercier est prêt, seul problème pour lui il aura du mal à avoir le ministère de la Justice qui risque de revenir à Devedjian, Sarkozy lui devant bien ça.

Philippe Dibilio

30/09/2008

EDVIRSP

Oeil.jpgComme l’écrivait très justement dans le Nouvel Observateur Matthieu Croissandeau, les socialistes ont raté la bataille contre EDVIGE trop occupés pour l’essentiel à construire d’improbables coalitions pour estourbir Ségolène Royal. Prenez Bertrand Delanoë, grand spécialiste de la lutte anti-Modem, qui en d’autres temps a préféré faire élire Tiberi plutôt qu’un centriste, il a très certainement constaté que Bayrou s’était montré particulièrement actif contre EDVIGE. Hollande quant à lui (voir mon billet du 3/09) s’étant contenté d’une petite phrase sibylline au milieu d’un très long discours à la Rochelle plutôt que de monter au créneau. En attendant que les uns et les autres réfléchissent à tout cela, je veux vous dire aujourd’hui que le « Collectif Non à EDVIGE » reste mobilisé, même si la nouvelle version du fichier baptisée EDVIRSP( ?) est une avancée produit de la mobilisation citoyenne.
Sachez tout de même que le nouveau fichier va s’intéresser aux « personnes dont l’activité individuelle ou collective indique qu’elles peuvent porter atteinte à la sécurité publique ». Peut-être pire, la notion de « trouble à l’ordre public » devient « atteinte à la sécurité publique ». Bref le collectif appelle, le 16 octobre prochain à une manifestation destinée à exiger que le nouveau texte ne sauvegarde pas, sous une forme déguisée, les atteintes aux libertés qui figuraient dans EDVIGE.
Je l’évoquais en juillet dernier, alors que « De Lyon et d’Ailleurs » prenait ses quartiers d’été en publiant l’abécédaire du même nom, ce blog s’ouvre à d’autres contributeurs permanents. Dès demain Philippe Dibilio, ancien journaliste et observateur politique particulièrement à l’affût, postera un billet hebdomadaire. Pour en savoir plus sur notre nouvel invité permanent, il suffit de cliquer sur sa photo et ainsi accéder à sa « biographie express ». Demain, « De Lyon et d’ailleurs » fait donc sa révolution d’octobre et ce n’est qu’un début…

Lyon, le 30 septembre 2008.

03/09/2008

Bayrou a raison

505814739.2.jpgJeudi dernier, ici même, je tentais modestement de dénoncer la mise en place du fichier EDVIGE tout en invitant les uns et les autres à s’associer à la campagne mise en place par la Ligue des Droits de l’homme.

Dimanche, devant l’Université Socialiste de La Rochelle, François Hollande se limitait à une molle et vague allusion à cette tentative généralisée de fichage instaurée par le gouvernement, on ne peut donc que se féliciter de l’appel lancé hier en direction des élus par François Bayrou visant à appuyer son propre recours devant le Conseil d’Etat.

On pourra toujours objecter que Bayrou joue « Solo » en liant son appel à un recours individuel alors que déjà les organisations syndicales sont actives sur le plan juridique. Certains s’interrogeront sur les arrière-pensées du leader du Modem. Il n’empêche que Bayrou à raison de passer à l’offensive, Bayrou a raison d’en appeler à une mobilisation des élus pour faire barrage à EDVIGE en organisant le refus républicain, Bayrou a raison de dénoncer une telle dérive. Retroussons donc tous les manches pour exiger le retrait du décret gouvernemental…. même si Bayrou a raison.

Lyon, le 3 septembre 2008

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04/12/2007

Avoir un bon copain.

c1f7d323a202538e26b544659f2e4be2.jpgHier le Figaro s’essayait à dessiner la galaxie centriste avec, en plein centre le Modem et à la périphérie de l’UMP une cohorte d’étoiles éteintes mais satellisées portant les noms de Morin, Cavada, Bourlanges et autres De Robien.

Dans la rondelle centrale, celle du Modem, trois personnages figuraient. François Bayrou, jusqu’ici rien à dire, Marielle de Sarnez, tout est normal, mais aussi, plus qu’étonnant, Michel Mercier autrement dit l’ami de François Bayrou.

Le problème de Michel Mercier c’est qu’il a trop d’amis au point que vendredi, jour d’ouverture du congrès de Fondation du Modem, il est passé faire un petit tour du côté de Villepinte afin de saluer l’ami François puis s’est très vite éclipsé histoire d’assister, je vous le donne en mille, au pot de départ d’un ami pompier à Thizy. Entre le pyromane qui a fait cramer l’UDF et son pote pompier de Thizy, Mercier a donc choisi le second.

Il faut dire que Michel Mercier n’a pas besoin de « meetic » pour se faire des amis. Il en a partout et les aime tous. Prenez Sarkozy, c’est également un ami de Mercier et le Président est paraît-il tout disposé à lui offrir un poste de Secrétaire d’Etat. Ami du pyromane, ami du pompier, ami du flambeur de l’Elysée, Mercier est également l’ami de tous au Modem. Il est donc l’ami de ceux qui devraient rejoindre l’alliance Perben-Millon, ici à Lyon.

Il est également l’ami de quelques naïfs qui vont se faire refiler un plat de lentilles en guise de remerciements pour leur renoncement. Au bout du compte il n’y a guère qu’Azouz Begag et Gilles Vesco pour ne plus compter parmi les amis de Michel Mercier, autant dire un truc qui vaut toutes les médailles du monde.

Lyon, le 4 décembre 2007.

08/07/2007

La septième Compagnie

medium_7e_compagnie.jpgAprès son ralliement avec armes et bagages à Sarkozy, l’ancien ami de François Bayrou et actuel Ministre de la Défense, Hervé Morin avait décidé de créer son parti du « Nouveau Centre ».

Pour remplir les caisses de son groupuscule, Morin avait décidé de présenter 50 candidats aux législatives, seuil minimum pour toucher de l’argent public, à condition d’obtenir au moins 1% des voix dans chaque circonscription.

On se souvient que le dit Morin qui, je vous le rappelle, est notre actuel Ministre des armées, avait mobilisé des membres de sa famille pour se présenter un peu partout au nom du « Nouveau Centre ». Son chauffeur avait lui aussi été candidat, c’est dire la surface militante           de cette amicale pseudopote de l’UMP.

Aujourd’hui, le chef d’état-major Morin vient de s’apercevoir que sur les 50 candidats du « Nouveau Centre », sept ne se sont pas présentés sous cette appellation interdisant ainsi à la filiale de l’UMP de prétendre au financement public des partis politiques.

Une légende indique, qu’en temps de guerre, l’armée aurait droit à 7% de pertes. Morin avec son « Nouveau Centre » en a perdu 7 sur 50. Tout le monde, paraît-il se moque de lui, le traitant d’amateur. Que cessent ces attaques perfides contre notre Ministre de la Défense. Rendez-vous compte, en moins d’un mois, Morin a enfin retrouvé la 7ème compagnie.

Lyon, le 8 juillet 2007.

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