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09/03/2010

Casting

Bayrou-Begag-2009.jpgFrançois Bayrou regrettait ce week-end que l’on parle peu des régions en vue de l’élection de dimanche. C’est vrai, mais on ne peut pas dire que sa formation montre l’exemple en particuliers en Rhône-Alpes. En choisissant une tête de liste qui fait campagne par défaut il ne s’est pas donné les moyens de mettre en avant ses propositions pour la Région.

Azouz Begag, toujours adoubé par le leader du Modem, relève de l’erreur parfaite de casting. Une liste électorale est une équipe qui exige un animateur qui connaisse son sujet et mobilise ses troupes. Begag se considère lui-même comme le sujet et déplace son égo d’une situation à l’autre en ignorant tout le monde autour de lui. Ce fût un ministre gag, c’est un candidat farfelu. Certes il nous avait promis une campagne décalée elle l’est tellement qu’elle en devient transparente. Il a d’ailleurs commencé par refuser tous les débats télévisés ce qui laissa à penser qu’il n’avait ni idées ni programme pour la Région et qu’il était le candidat anti-sarkoziste primaire et nostalgique de Dominique De Villepin. Il est vrai que les rares fois où il s’est exprimé sur la politique régionale ce fût dans la plus grande confusion, incapable, notamment, de se situer par rapport à l’exécutif sortant. Quant au must de sa campagne il consistait à apparaître « juché » sur un tabouret pour parler à une foule qui avait tendance à le snober. En fait le tabouret c’était pour la télé car sinon il est beaucoup plus pratique d’être à la hauteur des autres pour leur parler et ses sorties avec son ustensile se sont résumées à de bonnes vieilles distributions de tracts (on peut dire flying pour faire décalé) entouré de co-listiers. Et puis il n’y a rien de nouveau dans tout ça. Dans les années 70 Simone André, adjointe de Francisque Collomb, menait sa campagne pour les élections cantonales munie d’un siège pliant qu’elle posait de temps en temps pour engager la conversation au coin d’une rue. Et elle avait des interlocuteurs car elle était archi connue dans son secteur. D’ailleurs elle fût chaque fois réélue.

Le drame pour Bayrou réside dans le fait qu’il avait de bien meilleurs choix pour mener cette liste. J’ai découvert par exemple lors du débat sur TLM Fabienne Faure, conseillère régionale sortante, bonne connaisseuse des dossiers de la Région et qui exposa quelques propositions construites et en adéquation avec les compétences de l’institution. D’autres noms viennent à l’esprit comme celui d’Eric Laffont , homme engagé et pugnace qui mérite le respect même si l’on ne partage pas ses avis ; ou encore Richard Moralès élu combatif et combattant. François Bayrou a balayé tout ça au nom du syndrome médiatique pensant que parce qu’on l’avait vu à la TV Begag bénéficiait d’une grande notoriété. Mais il en est de lui comme de Georges Marchais naguère ; dans le petit écran il amusait très bien le monde mais dans les urnes il a mis le PC à genoux. Bayrou aurait dû s’en souvenir lui qui risque d’avoir par ce choix donner le coup de grâce au Modem en particuliers dans la Région.

Philippe Dibilio

Photo: DR

09/02/2010

En baisse

Begag.jpgPas plus qu’une hirondelle ne fait le printemps un sondage ne fait une élection . Il en va ainsi pour les régionales. Il reste que  celui effectué ce week-end et  qui donne 10% aux listes Europe Ecologie ramène cette formation à des ambitions certainement plus proches des réalités. Il paraît évident, en effet, que l’aura médiatique du duo Bové-Cohn-Bendit pour les Européennes n’allait pas se démultiplier dans chaque région. Et pourtant c’est le pari fait par les écologistes qui sont allés chercher des figures de prou dans les régions pour conduire leurs listes. Un pari qui risque de faire flop s’il n’est pas soutenu par des enquêtes d’opinion favorables. Alors faut-il penser que le star system est en recul sur le champ politique et électoral ?

A voir certes le soir du premier tour qui est le seul instant de vérité. En revanche on peut dire dès aujourd’hui que le choix d’une « vedette médiatique » ne crée aucune rente de situation en soi. Qu’on en juge avec la liste Modem  conduite par l’ineffable Azouz Begag. Il faut bien reconnaître que l’attitude de François Bayrou dans cette affaire relève d’un aveuglement rarement atteint. Pourtant une répétition générale avait eu lieu pour les municipales de 2008. Déjà au sein du Modem lyonnais les attaques fusaient, les affrontements se succédaient pour aboutir à un abandon du combat en rase campagne par la tête de liste d’alors le même Azouz Begag. L’expérience n’a donc pas suffi et c’est encore  à l’écrivain villepiniste qu’a fait confiance Bayrou contre vent et marée. Résultat une liste qui écarte le président départemental et un certain nombre de figures du Modem comme Eric Laffond ou Richard Moralès. Une liste qui vit dans les contradictions quant à la conduite à tenir vis-à-vis de la gauche rejouant un remake des municipales où l’on trouvait des « oranges » sur toutes les listes.

Pire l’affrontement prend des proportions avec l’envoi de faux email porteurs de fausses informations mais envoyés par de vrais adhérents du Modem. Une confusion qui pourrait faire rire si elle ne faisait pas pleurer pour la politique déjà tant décriée par ailleurs. Car derrière tout cela il y a bien l’indigence politique d’un Begag qui n’offre ni programme ni stratégie ni campagne tout court. Comme si sa nomination pour mener la liste suffisait en soi. Et comme souvent il a annoncé à qui voulait l’entendre que lui allait faire de la politique autrement et comme toujours cela conduit à ne pas faire de politique du tout. 0n reste pantois devant le fait qu’un homme aussi expérimenté que Bayrou soit tombé dans ce panneau et on peut lui souhaiter que ce ne soit que l’unique situation en France mais c’est déjà une de trop dans le mouvement de baisse dans l’opinion qui frappe son parti.

Philippe Dibilio

28/10/2009

Gag

Begag.jpgAzouz le Gag, c’est ainsi que les jeunes militants, tous issus de l’immigration, des associations de Vaulx-en-Velin qui avaient agi avec efficacité pour recréer le lien social au lendemain des « événements » de 1990 avaient surnommé Begag. Le moins que l’on puisse dire est qu’ils avaient vu juste au regard de la carrière politique de l’intéressé. Depuis les régionales de 1992 Azouz Begag se voit conduire une liste à partir de la technique du coucou c’est à dire en faisant son nid chez les autres. Car il n’a pas d’attache politique, il se considère bien au dessus de tout ça, sa valeur intrinsèque valant tous les programmes et tous les engagements. Ce qui tombe bien car il n’en a pas.

En 1992 il se rapproche d’André Vianès qui composait sa liste après avoir été évincé de celle du PS bien qu’étant le président sortant du groupe socialiste à la Région. Moins connu qu’aujourd’hui mais déjà auteur du « Gône du Chaaba » c’est en regardant Vianès dans les yeux qu’il lui dit; » «  je viens mais bien sûr comme tête de liste » ; l’affaire en est restée là. Mais comme la mégalomanie progresse avec l’âge on vit Begag apparaître et disparaître au gré des échéances politiques, enfin surtout dans leur phase préparatoire. Puis vint le couronnement le portefeuille surprise dans le gouvernement Villepin. Begag l’homme qui flirtait avec la gauche plongé dans l’univers impitoyable de la droite libérale voilà qui était aussi triste que pathétique.

De cette expérience il ne retirera qu’une haine féroce pour Sarkozy ce qui ne fait pas un programme politique. Pourtant ce passage discret au conseil des ministres il va le faire fructifier en se rapprochant de François Bayrou, un autre qui ne partira pas en vacances avec Sarko. Et ce fût l’épisode des municipales où Begag fit don de son corps au Modem qui le refusa par la volonté des militants. Alors notre homme s’érigea en victime de manœuvres d’un autre âge conduites par Michel Mercier alors président départemental du mouvement. Et de jurer dans la foulée qu’on ne l’y reprendrait plus… jusqu’aux législatives suivantes où son score à deux chiffres lui a donné des ailes.

Le voilà donc en piste pour les Régionales, comme tête de liste évidemment. Mais cette fois , il l’a annoncé dans Tribune de Lyon il y a quelques semaines, il ne veut pas de vote des militants. Allons donc que représentent–t-ils ces obscurs qui devraient se sentir honoré de distribuer des tracts ou de coller des affiches avec la photo de la star. Et il est en passe de réussir son coup puisque Bayrou le soutient, ce qui donne la mesure du désarroi du leader orange. Et dans la foulée les dirigeants régionaux du Modem emboîtent le pas. Alors qu’un Eric Laffond pose sa candidature à la candidature dépasse l’entendement pour un Begag au sommet de sa mégalo. Comment se comparer à celui qui se voit déjà président de la Région. Celui qui menace Gérard Collomb, d’une boutade certes mais qui en dit long, en se présentant comme la réincarnation d’Edouard Herriot. A moins que le Parti radical valoisien soit sa prochaine destination politique après un échec avec le Modem.

Bref les jeunes vaudais n’avaient pas tort Begag est bien un gag et dire qu’à gauche il en est encore pour le prendre au sérieux.

Philippe Dibilio

Photo: DR

20/10/2009

Le gone du cabas

AZOUZ.jpgIl y a quelques jours Azouz donnait un entretien à Mag2Lyon qui sous-titrait « C’est le grand retour d’Azouz Begag en politique ».

Je vous passe le titre : « Je ne suis pas un blagueur » tant j’en doute encore vu son parcours depuis quelques années, digne des tours et détours d’un chemin de randonnée dans le Pilat.

Mais après tout, Azouz l’« agnostique qui respecte le ramadan » tel qu’il se serait lui-même décrit a peut-être trouvé son chemin de Damas. D’autant que sa gouaille est parfois sympathique quand il joue, à l’instar de saint Paul, l’avorton politique ou qu’il fustige avec ardeur le prince qui nous gouverne.

Le voilà donc qui plaide pour une grande alliance républicaine contre l’UMP. Why not ! Encore qu’une « alliance contre » ne fasse pas vraiment rêver et qu’un programme ou à défaut quelques grandes lignes seraient mieux venues. Mais passons, cela viendra sûrement en son temps… si les centristes lyonnais adoubent « l’écrivain connu pour son franc-parler » comme l’écrit le mag’ mentionné plus avant.

Et alors, croyez-le sur parole, il ira jusqu’au bout ce coup-ci pour retailler son manteau de futur élu ; un Manteau Ourlé d’Elu du Mitan, un MODEM quoi, comme on les taille de nos jours ; un vrai manteau de rebelle, cousu avec du fil moins blanc que celui de la mercerie du père Michel qui ne cessait de fuser. Coupe droite, mais ligne souple. Col blanc et ceinture serrée. Et puis François Bayrou le lui a promis : il l’aidera à l’enfiler et le soutiendra, lui le mec resté si simple et qui, comme un brave gone, fait ses courses au Franprix, habite à la Guillotière et a toujours sur lui sa carte Vélo’v. Toujours montrer sa carte Vélo’v au journaliste qui l’interviewe : une bonne astuce que Gilles Vesco lui a soufflé dans le creux de l’oreille au cani où depuis près de deux ans selon ses dires, Azouz rencontre un petit groupe d’une dizaine d’élus, dont Thomas Rudigoz que j’aime bien. Azouz déclare qu’ils ne sont pas moins légitimes qu’Éric Laffont : là je souris et, comme je le trouve déjà sympa, j’en arriverais presque à le trouver crédible. Et quand il dit que ce dernier manque de charisme c’est franc-vrai, mais je me bidonne tant ça sent son coup de pied de l’âne à cent lieues.

Bon, il dit aussi qu’il a eu un déjeuner très sympathique avec Gégé, mais que not’bon maire aurait fait la grimace quand le grand écrivain lui a annoncé qu’il se verrait bien futur maire de Lyon.

À l’immense auteur du « Gone du Chaâba », qui remplit son cabas au Franprix j’ai envie de demander s’il n’a pas enfilé comme vagnotte un nouveau cache-guenilles et si, dégauné comme ça, il nous prend pas un peu pour des grands gognands ou de grandes bugnes. J’y dirai aussi que c’est pas en se lantibardanant comme il l’a fait jusqu’à présent avec des idées hypothéquées sur les brouillards du Rhône qu’y va se dénicher une gâche facile, à cacaboson au milieu de nos échevins, pour jouer à ceux qui – comme on dit dans nos Monts du Lyonnais et pardon pour la phonétique – « I disont qu’i font, i font pas tant qu’i disont !».

Sinon, une fois de plus il va s’abouser et ronfler comme un charretier que c’est la faute à nous autres au lieu d’admettre qu’il a garsaillé.

Jean-Paul Schmitt

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Voici le texte du communiqué commun signé par l’ensemble des groupes qui siègent au conseil municipal de Lyon concernant le spectacle de Dieudonné qui se tient au transbordeur le 24 octobre prochain.

Jean-Yves Sécheresse

Communiqué

L’ensemble des groupes du conseil municipal de la ville de Lyon déplore la tenue du spectacle de M. Dieudonné M’Bala M’Bala, le 24 octobre prochain. Dans une agglomération qui fut capitale de la Résistance dans l’une des périodes les plus terribles de l’Histoire, où les valeurs humanistes et la lutte contre le racisme ont toujours été des préoccupations fortes, il est choquant d’avoir à accueillir toute personne qui, sous couvert d’humour et de création, défend des thèses négationnistes, en lien avec des partis politiques extrémistes, et profère des injures raciales condamnables au regard de la loi, comme en témoigne le jugement du tribunal correctionnel de Paris.

La législation ne donne pas, à la Ville de Lyon, les moyens d’interdire ce spectacle, aussi les groupes politiques réaffirment que la plus grande vigilance doit être observée quant aux propos qui seront tenus durant le spectacle. La loi doit s’appliquer pleinement : si des propos racistes ou injurieux devaient être tenus, ces dérives devront faire l’objet de la plus ferme condamnation.        
Les groupes politiques du conseil municipal renouvellent leur soutien aux associations qui se sont mobilisées.

Lyon, le 19 octobre 2009

Texte signé par

  • PS
  • PC
  • Lyon Demain
  • Groupe Démocrates
  • GAEC
  • Les Verts
  • Lyon Démocrate Modem
  • UMP – Ensemble pour Lyon

15/09/2009

Retour sur un dérapage

hortefeux.jpgJ’ai lu ce week-end, dans les colonnes du « Dauphiné-Libéré Dimanche » un billet bien tourné au sujet du dérapage de Brice Hortefeux. Le journaliste y soulignait non sans à-propos combien la parade du ministre impliquant sa formule (quand il n’y en a qu’un ça va, c’est quand il y en a beaucoup que ça pose problème) non pas aux arabes mais aux auvergnats était tout aussi blessante pour ces derniers.

Car sur le fond c’est le fait de stigmatiser une communauté qui pose problème, une communauté quelle quel soit. Cela montre  bien que l’ami de Nicolas Sarkozy ne sait pas comment se dépêtrer de ce dérapage bien réel. Et ce n’est pas parce que la victime de ces propos se veut consentante que les faits ne sont pas là.

Il était, en effet, pathétique de voir et d’entendre sur les média le jeune militant UMP concerné répéter qu’Hortefeux ne faisait que plaisanter. Décidément on a chacun ses plaisanteries. Je ne suis pas sûr, pour poursuivre le raisonnement du journaliste du Dauphiné- Libéré, que les électeurs de la région Auvergne devant laquelle va se présenter le ministre à l’occasion de Régionales rigolent beaucoup de ce « bon mot », ils risquent plutôt de bouder le vote UMP et ce ne serait que justice.

En attendant nous avons eu droit tout le week-end aux contorsions des médias qui ont essayé de  dégonfler les faits en limitant la portée de la phrase en question. Ils ont pu prendre appui sur la solidarité gouvernementale qui s’est exprimée jusque par la bouche de Nora Berra. Seul Azouz Begag y est allé de son excès habituel en nous racontant à la télévision, geste à l’appui, qu’Hortefeux l’avait accueilli au conseil des ministres en lui signifiant qu’il l’égorgerait volontiers. Mais Azouz est tellement mythomane que j’en reste prudent, il est difficile de penser que l’ambiance du conseil ne soit pareille à celle d’un bar mal famé.

En attendant le buzz est retombé et le ministre des cultes ni ne s’excuse  ni ne démissionne mais il ira rompre le jeûne à Paris, ce qui est tout simplement sa place. Un geste qui a d’ailleurs valeur d’aveu car ce ne sont pas les auvergnats qui en finissent avec le ramadam. Brice Hortefeux se sort donc sans trop de dégâts de ce faux pas qui n’a pas vraiment ému les associations anti-racistes, la LICRA, pourtant sourcilleuse sur ces questions, ayant même déclaré dès vendredi l’incident clos.

Philippe Dibilio

Photo: DR

17/06/2009

La mercerie du Père Michel

Mercier.jpgMichel Mercier pourrait « donner une assise plus large encore à Nicolas Sarkozy » affirmait récemment Dominique Paillé, le porte-parole de l’UMP en vadrouille à Lyon. D’ailleurs « il apporte régulièrement les voix qui manquent à l’UMP pour être majoritaire dans cette assemblée [le Sénat] », rajoutait-il.

Certes, Michel Mercier a les épaules larges et de quoi bien remplir toute assise ministérielle suffisamment confortable proposée par Nicolas Sarkozy dans un souci d’ouverture bien compris. Les rumeurs – ces bruits qui transpirent avant d’avoir couru – sont allées bon train ces derniers temps. Et pas un train de sénateur. On le voyait à la Réforme Territoriale récemment, ensuite à l’Agriculture ou, si l’on en croit l’Express de la semaine passée, au Logement à la place de Christine boutée ailleurs.

L’homme connaît son terrain. Un terrain bien centriste, notamment celui de l’Ouest du département où l’on s’affirme sans étiquette pour taire une sympathie somme toute bien démocratique pour la politique qui conserve les choses en l’état et qui craint la nouveauté. Un terrain où l’on n’aime pas trop parler de politique. Où, dans le même temps, la solidarité et le bien vivre ensemble (parfois un peu trop entre soi) jouent plutôt bien. Sa solide silhouette lorsqu’elle arpente ce terrain cache bien la souplesse de son échine.

Sans y toucher, en l’intégrant au gouvernement, Nicolas Sarkozy fait la nique à la direction nationale du PS pour qui les territoires sentent par trop la province et le méthane. Il envisage donc d’acheter le fonds de commerce de Mercier. Le magasin pourrait en même temps lui servir de vitrine Modem. Car il y a de tout dans la mercerie rhodanienne du Père Michel. Même du Modem pas tout à fait Modem. Et il y a du choix si l’on en juge par quelques clients.

En 2008, Azouz Bégag venu chercher de quoi faire un patron pour une veste aux municipales et quelques ourlets façon Modem, est reparti les points dans ses poches. Dans le même mouvement, il a fourgué tout un lot de toile que l’on se ramasse à Geourjon.

Pour la couture dont il est un expert, il excelle à emmêler des fils de diverses nuances pâles - en camaïeux de bleu toujours - et il n’hésite jamais à une petite démonstration de son art. En témoigne l’une des dernières leçons du madré sur du Madras, le mois dernier. En fin de réunion de quartier dans son bourg, fuse la question qui tue « Quand allez-vous redevenir maire de Thizy ? » : le doigt habile et sans dé quittant la couture du pantalon, Michel a cousu d’un joli fil décoloré un « Il faut que je réfléchisse à comment répondre à votre question. Reposez- moi la dans un mois et demi ».

J’oubliais : la mercerie est aussi abondamment dotée de toile thermocollante double face dont il maîtrise toutes les techniques. Jusqu’aux étamines à fromage que les fabricants de Rigotte de Condrieu reconnaissants lui achètent désormais en quantité pour son intervention en faveur de l’inoubliable AOC.

Quant aux boutons, il ne les vend pas. Parfois, il en donne...

Jean-Paul Schmitt

23/03/2009

Martin Luther King

martin luther.jpgAprès mon petit « Mea Culpa » de ce matin, je voulais vous parler des misères faites aux dirigeants de la Société Générale, de l’acharnement d’Alain Minc contre les patrons « autistes », des malheurs de la famille Wendel au bord de la crise de nerf mais les impératifs du calendrier lyonnais m’imposent de changer mon fusil d’épaule.
En effet la semaine qui débute est placée sous le signe de Martin Luther King puisque samedi on inaugure, Parc de la Tête d’Or, un espace destiné à rendre hommage au leader américain. Il y a quarante-trois ans de cela, le 29 mars 1966, une trentaine d’associations se constituaient en collectif de parrainage pour accueillir à Lyon, le Prix Nobel de la Paix. C’était à la Bourse du Travail et, ignorée par les autorités municipales de l’époque, cette manifestation unitaire qui fut un immense succès est toujours dans la mémoire de nombre de lyonnais. Dans un ouvrage collectif coordonné par Robert Vial les Editions Mémoire Active reviennent, par le biais de nombreux témoignages, sur ce moment important de la vie lyonnaise qui a permis de voir côte à côté, autour du Pasteur américain, des personnalités, associations et courants de pensée d’horizons les plus divers. Ce livre intitulé « Martin Luther King à Lyon » revient de manière approfondie sur le message de celui qui venait d’obtenir le Prix Nobel mais aussi sur toute une époque à l’aide des contributions et témoignages les plus divers.

  • « Martin Luther King à Lyon » de Robert Vial, Préface de Gérard Collomb,

Mémoire active, 20 euros (Franco de port)

L’ouvrage peut-être commandé à « L’hospitalité d’Abraham »,
22 rue Voltaire, 69600 Oullins


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Martin Luther King à Lyon

  • Jeudi 26 mars, 18h30 - Hôtel de Ville

Conférence de Jean-Louis Touraine, Député du Rhône, Premier Adjoint au Maire de Lyon
« Martin Luther King, un visionnaire humaniste »

  • Lundi 30 mars, 10h et 18h - Mairie annexe du 5ème arrondissement

10h : conférence-débat sur le thème des discriminations
Avec la participation d’Azouz Begag, de Pascale Coton et de Jacques Perney.

  • Mardi 31 mars, 20h - Mairie annexe du 5ème arrondissement

Projection du court métrage : "Nashville, nous étions des guerriers"
Débat avec Serge Perrin et Guillaume Gamblin sur le thème
« La non violence, une force pour agir »

  • Mercredi 1er Avril, 20h – Mairie annexe du 5ème arrondissement

Conférence-débat avec le Pasteur Eddy Nisus et Harry Sullivan Consul des Etats-Unis sur le thème « Barack Obama, concrétisation du rêve de Martin Luther King ? »

  • Jeudi 2 avril, 19h-20h30 – Mairie annexe du 5ème arrondissement

« Quand les esclaves chantaient », concert de negro-spirituals par le Lyon Glee Club

  • Jeudi 2 avril, 20h30 – Cinéma Le Zola 117 Cours Emile Zola, Villeurbanne

Ciné-débat : « Actualité du message de Martin Luther King »
Avec la participation de Christian Delorme

  • Samedi 4 avril, 11h – Parc de la Tête d’Or

Inauguration de l’espace Martin Luther King
Chœurs de negro-spirituals interprétés par les chorales Parousia et Lyon Glee Club

Expositions

  • Du 30 mars au 6 avril, 10h -19h

Maison des Passages, 44 rue Saint-Georges, métro Vieux-Lyon
« De la discrimination à la citoyenneté, la longue marche de Martin Luther King »

  • Du 31 mars au 3 avril, 15h – 19h

Mairie annexe du 5ème arrondissement
« Martin Luther King, un héritage impérissable »


Lyon, le 23 mars 2009

Photo:DR

05/12/2007

Azouz Begag lâche prise

aa8c660c5a8fefa621949371ca3b0f63.jpgAvant qu’Azouz Begag annonce hier soir sur le plateau de Canal plus son retrait de la compétition à l’investiture municipale lyonnaise, la situation était déjà tendue au sein du Modem rhôdanien. Le blog de Robert Marmoz l’attestait et donnait déjà quelques indications sur l’issue possible de cette confrontation qui n’aura donc pas lieu.

« Absence de sérénité et de transparence », « ambiance délétère », « manœuvres sourdes » sont manifestement les ingrédients qui permettent d’expliquer le renoncement d’Azouz Begag. Le regain de tension intervenu depuis quelques semaines au sein du Modem lyonnais ne devrait pas s’estomper.

Au train où vont les choses, bien malin celui qui serait capable aujourd’hui de dire de quoi demain sera fait mais, car c’est une évidence, le travail de sape effectué depuis des mois par Michel Mercier aura eu raison d’Azouz Begag et de quelques uns de ses amis.

Le Modem lyonnais, loin des principes mis en avant par François Bayrou lui-même, risque de redevenir un simple outil destiné à assurer la prospérité du Président du Conseil Général du Rhône. L’émotion du congrès de Villepinte passée, la dure réalité d’appareil risque d’invalider l’engagement de celles et ceux que se faisaient fort de changer la donne.

Lyon, le 5 décembre 2007.

04/12/2007

Avoir un bon copain.

c1f7d323a202538e26b544659f2e4be2.jpgHier le Figaro s’essayait à dessiner la galaxie centriste avec, en plein centre le Modem et à la périphérie de l’UMP une cohorte d’étoiles éteintes mais satellisées portant les noms de Morin, Cavada, Bourlanges et autres De Robien.

Dans la rondelle centrale, celle du Modem, trois personnages figuraient. François Bayrou, jusqu’ici rien à dire, Marielle de Sarnez, tout est normal, mais aussi, plus qu’étonnant, Michel Mercier autrement dit l’ami de François Bayrou.

Le problème de Michel Mercier c’est qu’il a trop d’amis au point que vendredi, jour d’ouverture du congrès de Fondation du Modem, il est passé faire un petit tour du côté de Villepinte afin de saluer l’ami François puis s’est très vite éclipsé histoire d’assister, je vous le donne en mille, au pot de départ d’un ami pompier à Thizy. Entre le pyromane qui a fait cramer l’UDF et son pote pompier de Thizy, Mercier a donc choisi le second.

Il faut dire que Michel Mercier n’a pas besoin de « meetic » pour se faire des amis. Il en a partout et les aime tous. Prenez Sarkozy, c’est également un ami de Mercier et le Président est paraît-il tout disposé à lui offrir un poste de Secrétaire d’Etat. Ami du pyromane, ami du pompier, ami du flambeur de l’Elysée, Mercier est également l’ami de tous au Modem. Il est donc l’ami de ceux qui devraient rejoindre l’alliance Perben-Millon, ici à Lyon.

Il est également l’ami de quelques naïfs qui vont se faire refiler un plat de lentilles en guise de remerciements pour leur renoncement. Au bout du compte il n’y a guère qu’Azouz Begag et Gilles Vesco pour ne plus compter parmi les amis de Michel Mercier, autant dire un truc qui vaut toutes les médailles du monde.

Lyon, le 4 décembre 2007.

 
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