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16/10/2007

Soldats musulmans

medium_Soldats_guerre_1914_1918.jpgHiver 1916, depuis un an et demi, le pays est engagé dans une guerre jonchée de morts. Par exemple dans la commune de La Mulatière qui jouxte au Sud la ville de Lyon, on dénombre en février plus de soixante soldats décédés. Quant aux blessés ils sont kyrielle et dans l’agglomération lyonnaise les hôpitaux et infirmiers poussent comme des champignons. 

Toujours en février 1916, le Major Masson, chef de l’hôpital n°21 demande au Maire de la Mulatière l’autorisation d’inhumer des soldats musulmans. Le Conseil Municipal de la commune accorde 72 places. En fait en 1925 les archives indiqueront qu’au total 202 soldats musulmans seront inhumés dans le cimetière communal.

Puis, passe le temps. Au début des années vingt le ministre Maginot signe avec le Maire de la Mulatière une convention d'entretien des tombes. Déjà en 1924 le Maire de la commune intervient pour que l’on entretienne les tombes de ces soldats. Peu à peu les relations entre la commune et les autorités militaires semblent se dégrader et pour finir, en 1928, l’armée indique au Maire de l’époque qu’elle ne compte plus fournir de l’aide pour l’entretien des tombes limitant ainsi sa collaboration au versement d’une allocation pour les 201 tombes, une famille entre temps ayant retiré les restes d’un proche. 

Au cours des années trente la commune qui souhaite la création d’un caveau ne trouve pas l’écoute nécessaire de la part des autorités. Le dossier s’enlise, l’oubli s’installe peu à peu même si d’une manière constante les municipalités successives déploient l’énergie nécessaire pour faire vivre le souvenir de ces soldats.

Aujourd’hui, Frédéric Couffin et l’association La Fontanière travaillent avec constance et efficacité sur cette « histoire oubliée » et plus particulièrement sur les ossuaires du cimetière de la Mulatière.

Ces soldats venaient du Maghreb et principalement d’Algérie, les autres d’Afrique. Ils avaient 25/26 ans. Nous savons peu de chose de leurs vies qui étaient pour certains celles d’ouvriers-auxiliaires.

Les 201 soldats « morts pour la France » sont les aïeux de certains de nos compatriotes d’origine maghrébine ou Africaine et le travail initié à la Mulatière par Frédéric Couffin est plus que précieux, il est exemplaire. C’est un triste mais ô combien significatif épisode que celui « des soldats musulmans de la Mulatière ». Cette énergie déployée pour que cesse cette « histoire oubliée » mérite d’être saluée et remerciée.

Clermont Ferrand, le 16 octobre 2007.

 
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