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28/03/2010

Charlie Gillett

En ce moment il ne se passe pratiquement pas un jour sans qu’une personnalité du monde du rock ne nous quitte. Cette semaine après Alex Chilton, nous avons appris la disparition, le 17 mars dernier, de Charlie Gillett l’auteur du mythique « The Sound of the City » paru en 1970 et l’un des premiers ouvrages traduit en Français dans la célèbre collection « Rock & Folk » chez Albin Michel cornaquée alors par Jacques Vassal.

Pendant des années, ces deux volumes de Gillett étaient les seuls à être mis à disposition d’un public français longtemps « en manque ».

Cela étant Gillett était avant tout un homme de radio qui a fait les beaux jours de London Radio, Capitol Radio et BBC1 et permis la découverte d’Elvis Costello et Graham Parker, la promotion de Ian Dury ou Lene Lovitch. Depuis plus d’une vingtaine d’années, Charlie Gillett était devenu un fan actif de la World music et les carrières anglaises d’artistes comme Youssou N’Dour ne s’en étaient que mieux portées. En hommage à Gillett voici une vidéo de Graham Parker, artiste injustement oublié.

Lyon, le 28 mars 2010.

04/08/2009

L comme «Lévi (Primo), Kahlo (secundo) »

L1.jpegTout le monde connaît l’écrivain de la Shoah - quelques-uns l’ont lu – auteur de l’inoubliable « Si c’est un homme ». Peu connaissent le poète de « À une heure incertaine ».

Primo, quelle mouche me pique de faire référence à l’aventure terrible de Lévi dans les camps, en plein milieu du temps des vacances et des plages dorées ? Secundo, pourquoi accoler à son nom celui de Frida Kahlo ?

Tout ce que je peux vous dire, c’est que lorsque j’ai retrouvé hier, en feuilletant un livre consacré à l’œuvre de Kahlo, la reproduction du tableau « Colonne brisée » qu’elle a peint en 1944, le nom de Lévi s’est imposé. Etrangement.

L’arrière-plan du tableau avait des allures incertaines de mer ou de plage, mais ce n’est certainement pas ce détail, fut-il de saison, qui a retenu mon attention. Et d’ailleurs si c’était le cas, pourquoi Primo Lévi ? C’est plus vraisemblablement à cause de la souffrance qui suinte du tableau et du regard de cette femme ; ou du blanc en deuil de sa robe ; peut-être de la belle peau satinée aux seins fermes mais semée de clous ; ou des larmes de sueur. Non so. No sé…

ColonneBrisee.jpg

J’admets qu’il y a dans ce choix une bonne part d’arbitraire. Plutôt que le Primo Lévi de la description de l’horreur des camps, c’est l’auteur des poèmes que je relie dans un rebond second et irraisonné, au portrait déchiré de Frida.

S’il fallait raisonner, je dirais : même angoisse sourde ; même souffrance morale autant que physique ; même douleur dans les yeux de Kahlo autant que dans le cœur de Lévi quand il a écrit :

Since then, at an uncertain hour,

Dopo di allora, ad ora incerta,

Quella pena ritorna,

E se non trova chi lo ascolti

Gli brucia in petto il cuore.

Depuis lors, à une heure incertaine,

Cette souffrance lui revient,

Et si, pour l'écouter, il ne trouve personne,

Dans la poitrine, le cœur lui brûle.

Et puis, si vous m’en voulez de nous ramener à des choses trop graves en des heures de congés qui devraient n’être faites que d’insouciance, laissez-moi encore vous citer pour faire bonne mesure cet extrait de Primo Lévi dans « Le système Périodique » (Albin Michel) :« Il faut le désaccord, le différent, le grain de sel et de séné ; le fascisme n’en veut pas, il les interdit, et c’est pour cela que tu n’es pas fasciste ; il nous veut tous pareils, et tu n’es pas pareil… »

Jean-Paul Schmitt

08:34 Publié dans Jean-Paul Schmitt | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : primo levi, frida khalo, peinture, shoah, lyon, albin michel | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

22/08/2007

V comme "Venge-moi !"

medium_V.jpgIl y a quelques jours de cela, je suis tombé dans une Maison de la Presse sur le dernier bouquin de Patrick Cauvin, "Venge-moi!", dont j'avais lu une bonne critique dans un Nouvel Observateur du début de l'été

Cauvin / Klotz n'est en général pas le genre d'écrivain que je cherche à lire mais je dois vous dire que le cru 2007 de l'auteur de "E=MC2, mon amour" est plutôt bon. S'il vous fallait à tout prix lire "un roman populaire de l'été", sachant qu'il ne vous reste plus que quelques jours, n'hésitez pas à vous plonger dans celui de Cauvin.

Thriller de très bonne facture, "Venge-moi!" raconte l'histoire de Simon, fils de parents juifs déportés, dont le père n'est jamais revenu de l'enfer des camps. Sa mère, sur son lit de mort, lui montre la photo de celle qu'elle soupçonne de les avoir dénoncés. Elle demande à Simon de la venger. La traque commence. L'infernale machine littéraire de Cauvin aussi. Je ne sais pas si "Venge-moi!" va être le "Best Seller de l'été" en tout état de cause si tel était le cas cela serait mérité. C'est chez Albin Michel, 200 pages, 16 Euros.

Hautes Pyrénées, 22 août 2007.

21/08/2007

U comme "Un goût de rouille et d'os"

medium_U.jpgHistoire d'attirer le chaland qui passe, les Editions Albin Michel livrent le bouquin d'un  canadien inconnu, Craig Davidson, avec un bandeau qui invite le lecteur à saliver. Pensez donc, comment résister à un tel artifice qui, en lettres blanches sur fond rouge porte la mention "Croyez-moi, vous n'avez jamais rien lu de tel" le tout signé Bret Easton Ellis. Il faudrait être fou, après un tel aguichage, pour ne pas se précipiter sur une quatrième de couverture qui dans un deuxième temps, et c'est là que c'est déloyal, vous choppe au colback en vous disant, toujours signé du même parrain littéraire, "Ces formidables nouvelles sont les meilleures  que j'aie lues depuis longtemps. Il y a là matière à un douzaine de romans". Albin, deux. Moi, zéro.

Le lecteur méfiant que je suis se dit que chez Albin on en fait peut-être un peu trop ce d'autant qu'en retournant le livre côté jaquette le visuel grisâtre représentant les mains d'un boxeur ne me plonge pas dans un état second. Retour au texte de la quatrième de couve qui n'est pas loin de me faire lâcher prise, la bobine du Craig Davidson en question m'invitant à exercer ce droit de retrait dont chaque acheteur potentiel est dépositaire. A ce moment là, Albin me ferre en ponctuant du nom de Chuck Palahniuk son texte promotionnel mais j'étais encore loin de passer à la caisse dans la mesure ou l'œuvre du pote de Bret valait tout de même 21,50 Euros. Albin, deux. Moi, deux.

C'est là que l'histoire bascule. Alors que je pouvais  reposer tranquillement le bouquin sur la table de présentation, fier d'avoir déjoué les stratagèmes de l'éditeur de la droite française, je me piège moi-même en faisant machinalement le geste qui tue. Je feuillette et tombe sur les premières lignes d'une des nouvelles, "A deux mois de mon vingt-huitième anniversaire, je bats à mort Johnny "the kid" Starkley, à Tupelo, Mississipi. Un méchant coup droit au plexus solaire l'a envoyé dans les cordes, le souffle coupé. Je lui avait filé un paire de coups…". Pas de chance pour Albin, je tombe sur une coquille. "Un" paire et non "une" paire de coups. Albin, trois. Moi, trois.

Alors que je pouvais me retirer du jeu et acheter, en confiance, un de ces polars griffés "Rivages", me voilà comme un imbécile, Easton Ellis et Palahniuk aidant, à continuer mon feuilletage en commençant cette fois-ci à lire le premier texte, "Un goût de rouille et d'os" qui donne son titre au recueil. Page sept, "Il y a vingt-sept os dans la main humaine. Entre autres, le lunatum, le capitatum et le naviculaire, le scaphoïde et le triquétrum, ou bien encore les minuscules pisiformes cornus de la face extèrieure du poignet ", je saute quelques lignes en me demandant dans quelle direction l'ami Craig veut m'entraîner. "Cassez-vous un bras ou une jambe, et l'os vas s'envelopper de calcium en se ressoudant, si bien qu'il sera plus solide qu'avant. Mais cassez-vous un os de la main, et cela ne guérit jamais correctement" poursuit l'auteur canadien. Quelques lignes supplémentaires et je me retrouve page huit, "Vous verrez des hommes pleurer lorsqu'ils se fracturent la main durant un combat, des Mexicains à la peau dure ou des ouvriers metallos, des malabars effondrés sur leur tabouret avec des larmes qui leur jaillissent des yeux", coup d'œil au milieu de la page neuf, "Je m'appelle Eddie Brown Junior, je suis né le 19 juillet 1966 à San Benito, un petite ville misérable située à quinze kilomètres au nord de la frontière entre le Texas et le Mexique; quelque part "entre nulle part et adios", comme disait ma mère de sa ville d'adoption"….

Albin, 21,50 Euros, moi au tapis après la lecture de ce recueil de nouvelles. Vous l'avez compris c'est chez Albin Michel, 292 pages et, si les agents littéraires ne lui grignotent pas son énorme potentiel, on a probablement droit avec ce Craig Davidson, à un futur grand de la littérature américaine. 

Hautes Pyrénées, le 21 août 2007.

 
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