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10/07/2007

Live earth

medium_Al-gore.jpgLe week-end dernier se tenait le grand rendez-vous planétaire de 24 heures initié par Al Gore, plus connu sous le nom de « Live Earth » et sous-titré « Concert for a Climate in Crisis ». Avec un succès très mitigé puisque Copacana était noire de monde alors que Hambourg était un flop, Tokyo et New York des semi-échecs, Al Gore doit maintenant s’interroger, mais le veut-il réellement, sur les voies et chemins d’une lutte efficace contre le réchauffement de la planète. Mais revenons à « Live Earth ».

Passons tout d’abord sur la musique dont l’intérêt était inversement proportionnel à l’épaisseur de la couche d’ozone. Je note juste que Snoopy Dogg, rappeur à l’hyper activité sexuelle revendiquée et chantre assumé de la phallocratie militante, était en page d’accueil du site de Live Earth et vedette du concert de Hambourg. Pour les moins informés d’entre-vous je préciserais que Madame Gore, de son prénom Tipper, a été le fer de lance en alliance avec les milieux les plus obscurs de la vie politique américaine, de l’offensive visant à extirper de la musique toutes les références au sexe. En deux mots si vous voyez sur vos CD les mentions « Avis Parental », vous le devez à cette brave Tipper, qui aujourd’hui pour assurer la promotion de son cher Albert semble moins regardante sur la morale. Mais passons.

Passons aussi sur la crise d’urticaire de Bob Geldof qui, s’étant fait piqué son concept par Gore (Live 8, Live Band…), était furax.

Passons même sur la prévisible Madonna qui, ne ratant jamais la moindre opportunité, caritative ou pas, a trouvé le moyen, d’enregistrer un titre (« hey you ») afin de le présenter le jour même du concert  après un teasing d’enfer de plusieurs semaines.

A la limite passons également l’éponge sur MSN, devenu pour l’occasion MSN Live Earth, la multinationale étant sur le point de déclarer la guerre définitive au réchauffement de la planète, Nicolas Hulot n’a qu’à bien se tenir.

Pendant que nous y sommes passons aussi sur le fait que Daimler Chrysler était le parrain de l’opération. Une plaisanterie qui est allée droit au cœur de Greenpeace Allemagne.

Mais me concernant il y a un truc qui ne passe vraiment pas. Pourquoi, au prétexte de sauver la planète faut-il en passer, samedi à Wembley, par la reformation du groupe Duran Duran ? Je sais que vous allez trouver cette question incongrue mais à ce train là vous verrez qu’on demandera un jour à  un chanteur, ex-exilé fiscal, de chanter, à Paris, un soir de fête nationale du 14 juillet.

Lyon, le 10 juillet 2007.

07/07/2007

Halleluyah !

medium_Al_green-I_can_t_stop.jpgHalleluyah ! L’équipe de « Jazz à Vienne » m’invite ce soir au show de Al Green. Même s’il est largement distancé par l’extraordinaire Marvin Gaye mais aussi par Sam Cooke voire Otis Redding, Al Green demeure le dernier Dieu (vivant) de la soul music, James Brown s’étant excusé à Noël dernier.

Son dernier opus en date, « I can’t stop » (EMI, 2003) enregistré dans le célèbre studio Royal de Willie Mitchell à Memphis est une bénédiction tant le pasteur Green était dans une abstinence discographique depuis belle lurette. Même si l’album est un peu figé dans le patrimoine soul, comme la plupart d’entre-vous, je préfère avoir de temps à autre des nouvelles du pasteur sur ma platine ou à Vienne comme ce soir, plutôt que de faire le voyage de Memphis histoire de le voir faire son préchi-précha dans sa chapelle le dimanche.

Il faut dire que cette grande figure de la musique soul à un itinéraire pour le moins étonnant pour nos yeux et nos oreilles du vieux continent. Né dans l’Arkansas en 1946, Albert Greene chantonne à l’office jusqu’à former à l’age de 16 ans avec ses potes d’école, Al Green and The Creations puis Al Green and the Soul Mates. Jusqu’ici, vous en conviendrez, rien d’exceptionnel. A la fin des années soixante, sa rencontre avec Willie Mitchell est un tournant mais l’histoire se corse en 1974.

Une ancienne maîtresse l’ébouillante puis se suicide. Après son séjour à l’hôpital, Albert décide de rentrer dans les ordres. Deux ans plus tard, il achète une église à Memphis qu’il rebaptise « Full Gospel Tabernacle » et devient pasteur tout en continuant à jouer de la musique du diable. En 1979, les choses se compliquent. Al Green tombe de scène et pensant qu’il s’agit d’un avertissement de la part du Dieu tout puissant, il décide de stopper net sa carrière en se consacrant à plein temps à ses tâches de prédicateur.

Je me dis que nous n’avons pas de chance. Au lieu de faire un rappel aussi sévère à l’ordre de Al Green, nous privant ainsi d’un merveilleux artiste, si Dieu avait fait le choix de Sardou, Pagny ou Barbelivien, la vie serait tout de même plus chouette.

Que Dieu me pardonne. Al Green a obtenu une permission et c’est très bien ainsi. Tous à l’office ce soir à Vienne. Cerise sur le gâteau, Magic Slim est de la cérémonie.

Halleluyah !

Lyon, le 7 juillet 2007         

08:00 Publié dans Culture & cultures... | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Al, green, festival, vienne, soul, jazz, james | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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