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18/03/2009

Obama l’Afghan

OBAMA.jpgAvec son crane rasé et son visage très souvent inexpressif, Gérard Chaliand est un spécialiste de la geo-politique connu et apprécié des Français. Très souvent invité à la télévision, à la tête d’une impressionnante bibliographie, Chaliand était l’invité, il y a peu, de Gilles Anquetil et François Armanet, journalistes au Nouvel Observateur.

Alors que le nouveau Président Obama souhaite engager son pays dans une présence encore plus active en Afghanistan, il est probablement utile de se pencher sur le concept de « guerre zéro mort » mis en avant par Gérard Chaliand. Echaudés, depuis le Vietnam, par des pertes en hommes politiquement inassumables, les Etats-Unis militent, depuis la première guerre en Irak, confortés par l’intervention au Kosovo, pour ce type de « guerre propre » et « sans mort ». Il est bon tout d’abord de rappeler, comme le fait Gérard Chaliand, que ces guerres « zéro mort » ne sont pas une réalité. C’est ainsi que la première guerre d’Irak, si elle s’est soldée par environ 70 morts du côté américain, n’en totalisait pas moins de 40 000 dans le camp opposé. Plus décisif, l’actuelle guerre en Irak enregistre, quant à elle, de très lourdes pertes parmi les GI démontrant ainsi que, malgré un désir de « guerre propre », le bilan est catastrophique. Au bout du compte, en Irak, comme en Afghanistan, la simple présence aérienne est un leurre. C’est « au sol » que se conduisent de telles opérations et les armées occidentales connaissent le prix à payer pour de tels choix.

Le Président Obama a beau considérer que la présence renforcée des troupes américaines en Afghanistan est essentielle, cela ne le dédouane pas d’une réflexion sur l’utilité politique de son choix et du « prix à en payer ». Obama est loin d’être un imbécile, il mesure bien la nécessité de déboucher, au terme du renforcement de la présence militaire en Afghanistan, sur des négociations dont il est juste de dire qu’elles ne sont pas envisageables pour l’heure. Comme le dit d’ailleurs Gérard Chaliand, nous sommes, loin d’une « guerre zéro mort » et « le temps ne travaille pas pour les occidentaux ». Dans ce type de guerre considérée par les militaires comme « asymétrique », il est clair que les talibans intègrent l’impossibilité pour les occidentaux d’utiliser les moyens technologiques les plus en pointe et, sont prêts à assumer des pertes par dizaines, par centaines et voire même par milliers. De ce point de vue de réajustement prévisible des relations avec Téhéran pourrait s’avérer porteur d’avenir pour une politique américaine fort heureusement moins manichéenne que celle de G.W.Bush.

Barack Obama devra donc prendre en considération l’ensemble de ces éléments, une « guerre propre à zéro mort » étant à l’évidence contradictoire avec les inévitables combats au sol, leurs tristes bilans mortuaires et au bout du compte une issue politique particulièrement incertaine.

Lyon, le 18 mars 2009

Photo:DR

03/02/2009

La guerre asymétrique

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L’annonce faite ce week-end par Elhut Olmert de « riposte disproportionnée » d’Israël aux reprises de tirs du Hamas vient comme en écho à un étonnant et décapant article d’un général italien, publié dans « La Republica » et repris par le « Courrier International ». Fabio Mini, c’est son nom, général d’infanterie, fût commandant de la KFOR au Kosovo, dans cet article il nous explique comment les victimes civiles sont redevenues les véritables objectifs de guerres. Il écrit : «  les dégâts collatéraux sont, par définition, ceux qui sont causés à des civils lorsque l’on tente d’atteindre des cibles militaires. Ce sont des dégâts, prévus ou imprévus, dus au manque de précision des armes ou à l’erreur. Pendant la guerre du Kosovo en 1999, le porte-parole de l’OTAN avait abondamment utilisé ce terme pour se dédouaner, y compris lorsque les frappes sur des bâtiments civils étaient intentionnelles. Cela revenait à minimiser un acte qui pouvait être assimilé à un crime de guerre et à rendre les victimes responsables de s’être trouvées au mauvais endroit au mauvais moment. Le cas du Kosovo a fait école… En Tchétchénie, en Afghanistan, au Liban et tout récemment à Gaza, la stratégie délibérée de frapper les civils pour affaiblir le soutien de la population aux insurgés, aux rebelles et aux dits terroristes est une autre régression, qui nous ramène aux guerres contre-révolutionnaires, qui du reste ont toujours abouties à la victoire des rebelles, et aux exactions du temps des occupations coloniales. Le recours à la propagande pour justifier et dissimuler ces régressions a des airs de déjà-vu… La guerre psychologique visant à démontrer que les civils ne font pas partie de nos objectifs mais sont victimes de l’adversaire qui s’en sert comme boucliers n’a pas changé depuis des millénaires, et c’est pourquoi l’ennemi a toujours été un scélérat. »

Cette situation qu’il interprète comme une régression par rapport au temps où l’on a cherché à établir une distinction entre forces combattantes et non combattantes, au nom de l’éthique et de l’intérêt à limiter les dégâts car « l’ennemi d’aujourd’hui est le client de demain et l’allié du futur ». Cette situation d’aujourd’hui découle pour lui de ce qu’il appelle la « guerre asymétrique » dont les armées les plus modernes ne savent pas reconnaître ni affronter les nouvelles formes « elles ne savent pas pénétrer, identifier, sélectionner et opérer avec précision. Elles ne savent pas gérer leur excès de puissance et elles ont perdu la conscience de l’inutilité et de l’illégalité des destructions civiles. Elles ne comprennent pas que cela ne sert qu’à rendre la guerre encore plus barbare. C’est un luxe que les terroristes peuvent se permettre. Pas nous. »

J’avoue n’avoir que très rarement trouvé une profondeur intellectuelle dans un texte de militaire, j’avais donc envie de faire partager ce moment.

Philippe Dibilio

Lyon, le 3 février 2009

10/10/2007

Précisons la précision

medium_BHL.jpgLa chasse au BHL est ouverte. Pensez donc Levy vient de sortir un bouquin, qui plus est sur la gauche, alors pourquoi ne pas ressortir les vieux troublons se disent nombre de chroniqueurs. Eric Aeschimann lundi dans Libération ne souhaitait pas rater l’ouverture démontrant ainsi que les chasseurs sont des gens dangereux, mais le plus étonnant n’est pas là.

Hier matin, dans un recoin de la page 5 de Libération on pouvait lire un rectificatif titré, je vous le donne en mille, « Précision ». Que nous disait donc cette fameuse précision qui transpirait tout de même la honte ? « Dans le portrait de Bernard-Henry Levy publié (lundi) en deuxième page, une formule donnait à croire, à tort, que BHL n’a jamais rencontré le chef de la résistance afghane. BHL, a rencontré Massoud au moins à deux reprises, en 1992 et 1998 » nous indiquait, profil bas, notre quotidien préféré.

A l’aide de cette pseudo précision, Libération voulait en vérité se dédouaner d’un dérapage coupable car il ne s'agissait pas d'une simple formule qui donnait à croire que BHL n’avait pas rencontré Massoud mais bien des propos d'Eric Aeschimann qui écrivait lundi au sujet de BHL que « son imagination fertile (la fausse rencontre avec le commandant Massoud, le « romanquête » sur Daniel Pearl) » était suspecte.

Que Aeschimann cesse de nous "donner à croire" et qu’il fasse valoir son imagination fertile en écrivant de véritables fictions.

Lyon,  le 10 octobre 2007.

 
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