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22/05/2007

Délocalisator

medium_Perben_Bleu_ciel.jpg A Lyon, je peux, sans me tromper vous dire que les coups tordus de Dominique Perben pour accéder à la Mairie n’impressionnent plus grand monde. Ailleurs, j’imagine que les agissements de l’ex-ministre indiffèrent et c’est après tout bien normal. Cela étant, les comportements de Dominique Perben méritent d’être contés tant ils sont représentatifs d’une façon de faire de la politique à l’ancienne, ici, à Lyon, mais aussi ailleurs.

Vous ne le savez donc peut être pas mais Dominique Perben était Maire de Châlon-sur-Saône. Un beau matin il décide de quitter sa ville pour s’installer à Lyon ou plus exactement pour faire don de son corps à sa ville natale.

Ce qui motive notre homme, vous l’imaginez, est assez simple. Il veut devenir Maire de la ville. Il trouve obscène qu’un Maire socialiste occupe le poste. Perben annonce donc « urbi et orbi » qu’il sera Maire de Lyon parce qu’il s’agit pour lui de favoriser une sorte de retour à l’ordre naturel des choses. Pour ce faire il décide de remettre de l’ordre au sein de la droite locale.

Vous l’avez compris c’est ici que les choses intéressantes commencent car, chez Dominique Perben l’essentiel ne relève pas de la vie des idées mais plus prosaïquement de la méthode. Très vite, celui qui va devenir patron de l’UMP du Rhône, rencontre un premier problème, il s’appelle Charles Millon. C’est là que va naître la méthode Perben, celle qui consiste à délocaliser ses concurrents car Charles Millon est un concurrent de notre Ministre.

Un beau jour, n’ayant même pas la correction républicaine d’attendre, Perben annonce lui-même sur le perron de l’Elysée, après un Conseil des ministres, que Millon est délocalisé à Rome comme ambassadeur auprès de la F.A.O. Exit Millon.

Quelques mois plus tard un ancien adjoint de Michel Noir ayant des envies municipales est quant à lui délocalisé à Villeurbanne pour tenter sa chance sous d’autres cieux. Exit Henry Chabert, c’est son nom, qui dégage illico du terrain.

Il en restait un troisième, l’ancien 1er adjoint de Raymond Barre, député UMP sortant de la circonscription sur laquelle lorgnait Perben. Après avoir proposé, dans un premier temps sans succès, à Christian Philip, c’est le nom du député sortant, la présidence d’une grande entreprise nationale, un poste d’ambassadeur pour en échange se faire refiler la circonscription, nous apprenons que Perben avait trouvé une solution, puisque le député UMP en question vient de retirer sa candidature aux législatives. Perben est donc maintenant le seul candidat UMP pour la députation. Après Millon, Chabert c’est maintenant Philip qui est délocalisé. Pour l’instant l’histoire n’indique pas où, mais l’avenir devrait nous en dire plus sur cette nouvelle délocalisation.

Vous le voyez la méthode Perben est simple. D’un côté vous avez un homme qui pour dégager le terrain délocalise des concurrents, de l’autre un appareil d’Etat riche en postes d’ambassadeurs, en présidences de sociétés nationales voire même en sous-secrétariats d’Etat. Il suffit alors, au détour d’un Conseil des Ministres, de puiser dans le bric-à-brac des niches douillettes de l’Etat pour trouver les solutions aux problèmes de Dominique Perben.

Délocalisator est donc à Lyon, imaginez une seule seconde que Dominique Perben dépense autant d’énergie pour trouver du boulot aux chômeurs, la vie serait tout de même plus sympathique.

Lyon, le 22 mai 2007.

 
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