Avertir le modérateur

29/09/2009

Dommage

hotel-dieu.jpgC’est donc décidé l’Hôtel Dieu, qui sera désaffecté de ses activités médicales fin 2010, va devenir un temple du luxe avec Hôtel 4 ou 5 étoiles, commerces et bureaux haut de gamme évidemment.

Il est vrai que, puisqu’on le dit, Lyon est une ville internationale qui doit renforcer sa panoplie dans ce domaine. Cela ne veut pas dire que la clientèle sera au rendez-vous ; le peu d’engouement pour la rue Grolée devrait rendre prudent. Mais cette mutation met fin à une longue histoire de cet établissement avec la ville qui souffre. Symbole de la compassion et de la charité depuis le XIIIème siècle l’Hôtel Dieu accueille toujours ceux qui dans la difficulté et, cela va avec, dans la discrétion viennent y recevoir des soins. C’est donc une longue tradition liée à la branche sociale de l’église catholique lyonnaise et prolongée par la Couverture Maladie Universelle instaurée par la gauche à la fin du XXème siècle qui va disparaître car elle ne se retrouvera nulle part. A cela Gérard Collomb oppose un pragmatisme basé sur le principe de réalité qui rappelle Raymond Barre sinon que l’ancien premier ministre savait lui laisser du temps au temps. Car tel est bien le problème.

L’argument financier brandi par le maire de Lyon paraît d’autant plus incontournable qu’on se trouve face à un calendrier d’urgence qui mêle la fin annoncée des activités médicales, la date de 2013 pour le retour des HCL à l’équilibre financier et peut-être aussi l’échéance électorale de 2014. Tout cela réuni fait que le dossier est mené au pas de charge par un comité de pilotage inévitablement restreint tenu par le bout du nez par un architecte urbaniste qui ne rendra véritablement de comptes qu’au maire. Dommage car ce dossier méritait mieux. 

On savait depuis le début du précédent mandat l’évidence de la mutation de l’Hôtel Dieu alors pourquoi ne pas avoir lancé une véritable concertation qui aurait associé toutes celles et tous ceux qui aujourd’hui se manifestent avec des idées pertinentes. Quel dommage, en effet, que de laisser sur le bord de route des acteurs sincères de la ville comme Régis Neyret, le professeur Mornex ou des militants du monde mutualiste comme Gérard Clavairoly et ses amis parce que leur projet n’est pas financé.

Lancée il y a neuf ans cette réflexion aurait pu mêler les idées, les rendre complémentaires tout en associant de nombreuses forces vives à un projet emblématique. Quant au financement cette anticipation aurait permis d’explorer des pistes où public et privé pouvaient se rencontrer. Les institutions, ville, Grand Lyon, Région, HCL… auraient pu fédérer les Mutuelles et les banques du même nom sans oublier de grands industriels lyonnais des métiers de la santé. On connaît la sensibilité d’Alain Mérieux sur ce sujet. En s’y prenant à la dernière minute on est passé à coté d’un moment citoyen de construction de la ville, laquelle se développe un peu trop au rythme des promoteurs immobiliers. Si c’est vraiment trop tard, dommage !

Philippe Dibilio

Photo: DR

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu