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04/11/2010

Grenouilles de marigots

6551-ehlkxyjcx3hr8e4c1w5p.gifAlors que Christine Boutin, la présidente du Parti chrétien-démocrate, annonce sa vraisemblable candidature à l’élection présidentielle de 2012 et que le député UMP Christian Vanneste refait parler de lui en prônant une alliance avec le F.N., les milieux catholiques radicaux qui croisent au large des eaux territoriales mais néanmoins troubles de la droite et de l’extrême-droite annoncent la couleur.

Ce week end à Lyon, lors du Congrès d’un cercle catholique qui avait invité l’incontournable Vanneste, Lemoine le maire UMP de Montfermeil, quelques anciens députés UMP mais aussi Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, on a annoncé la constitution de « Audace 2012 » une structure qui ambitionne, dans la perspective de la prochaine présidentielle, de fédérer tout ce que le monde chrétien compte comme associations réactionnaires. L’objectif de cette côterie née dans l’aile ultra-droite de l’UMP est pour le moins claire. Il s’agit de peser sur les candidats en les sommant de prendre position sur quelques-unes des thématiques chères tout à la fois à l’UMP et au Front National.

Le président de cet « Audace 2012 » n’est autre que François Billot de Lochner le patron de la fédération UMP des métiers de la banque et à ses heures perdues un auteur émérite puisqu’il a commis le bouquin, « L’affaire Vanneste, la mise à mort de la liberté d’opinion ».

Mettre au pied du mur les candidats est donc au centre des préoccupations de « Audace 2012 » pour, explique son fondateur, « inviter les candidats à l’Elysée à adopter des positions claires sur les valeurs qui nous paraissent éssentielles », traduisez l’avortement, la famille fondée sur le mariage et ce que « Audace » nomme la liberté de conscience. Ces petites manœuvres qui concernent pour l’heure essentiellement la pataugeoire de l’aile la plus conservatrice du catholicisme n’en est pas moins inquiétante car jusqu’ici ce type d’agitation provenait essentiellement des rangs du F.N. et de ses associations satellites. Aujourd’hui, c’est du sein même de la majorité qu’émerge ce genre de propos. Aux uns comme aux autres, à l’UMP et au pouvoir, de nous indiquer leur façon de se situer face aux grenouilles qui s’égosillent dans le marigot et si, dans le même temps, l’église avait quelque courage pour nous indiquer son sentiment, la chose ne serait pas inutile.

Lyon, le 4 novembre 2010

Photo:DR

13/10/2010

Le storytelling et DSK

DSKstory.jpgC’est l’âge des histoires. On n’achète plus des produits, on achète grâce à des histoires… Fini les marques.

Un qui prend le temps de prendre ses marques c’est DSK. Un peu trop selon Gérard Collomb qui rappelle à son ami qu’il a « le devoir moral » de répondre à l’attente des Français. Amis et ennemis de DSK se chargent donc en ce moment de préparer le terrain avec des histoires : c’est le storytelling appliqué à la politique. L’homo politicus entre dans l’âge des contes et légendes racontées aux enfants pour leur faire passer commande au Père Noël.

À droite, Fillon murmure à certains de ses invités que « le FMI ne veut plus de DSK pour un second mandat », histoire de faire comprendre que l’engagement du bonhomme dans la présidentielle à venir ne se ferait que faute de mieux.

À gauche, on raconte que « le bonheur, Dominique le connaît au poste qu’il occupe aujourd’hui. Il a tous les avantages du pouvoir sans les inconvénients. Il n’a de compte à rendre à personne, si ce n’est deux fois par an lors des AG du FMI » ou qu’il ne se soustraira pas à l’appel des Français car c’est pour lui un devoir moral. Tout cela, histoire de montrer l’esprit de sacrifice d’un homme absolument désintéressé…

Et pour ne pas être en reste, des conteurs solférinesques nous expliquent que « Les Français ne verront pas en Dominique le candidat des riches. La place est déjà occupée ! ». Gare au double tranchant que souvent la morale des fables comporte : les Français se souviendront peut-être aussi d’autres histoires racontées aux veillées ou des conseils dominicains au Cercle de l’Industrie, ce must de PDG qui préservaient leurs intérêts auprès de Bruxelles.

Les communicants de DSK sont informés heure par heure semble-t-il des histoires de l’adversaire et des attentes de merveilleux du bon peuple : du côté de Sarkozy, les faiseurs d’histoire sont regroupés au sein de « la firme » et du côté de DSK dans « le gang ». Le chef des deux bandes de storytelling est le même discret Stéphane Fouks et le Sarcellois Ramzi Khiroun, l’inamovible conseiller com’ de Dominique et actuel porte-parole d’Arnaud Lagardère fait partie du gang.

Rhamzi Khiroun ? Remember : en novembre 2006, il menait les partisans de DSK qui chahutaient Ségolène au Zénith… (voir l’article d’Ariane Chemin dans le Nouvel Obs d'avril 2010. Si DSK « y va » et gagne, RK a de beaux jours devant lui.

Jean-Paul Schmitt

28/06/2010

Ira, Ira pas

promo_5020.jpgIl paraît que Sarkozy ne sait plus faire vendre les hebdos. Parmi les politiques, seul Dominique Strauss-Kahn semble encore faire l’affaire ou plus exactement, comme c’est le cas cette semaine pour l’Express, à faire faire des affaires. Biographie usée mais revisitée, inter-titre comme quoi son père était franc-maçon, liste des diplômes, débat « au sommet » entre Mosco et Mélenchon, tout y passe. Bref, la marmite Strauss-Kahn est sur le feu et le fumet qu’elle peut dégager est dirigé vers nos narines, « Ira, Ira pas ? »  That-is the question.

Pote de Denis Kessler, Schumpétérien à ses heures, plus promoteurs de solutions qu’inventeur, méchant flic du FMI, l’Express tourné vers les courbes de vérités souffle le chaud puis le froid sur un Strauss qui n’en demande d’ailleurs pas tant. « Ce garçon remarquable » comme aime à le définir Sarkozy marque pourtant des points. A la hausse parmi les plus de 65 ans, il est peut-être sur le point d’arriver à la hauteur de Sarko sur le segment de ces séniors traditionnellement acquis à la droite. Déçues par le Chef de l’Etat, les classes moyennes seraient, si l’on en croit certains sondages prêtes à se jeter dans les bras de DSK. Reste la « France qui se lève tôt » qui, pour ce qui la concerne, semble peu attirée vers ce type de gauche dont la droite ne cesse de dire qu’il est des siens.

« Ira, Ira pas ? », vous le savez depuis longtemps, je pense à tort ou à raison que DSK se décidera à y aller uniquement si le contenu de la gamelle lui est délicatement dressé dans l’assiette, prêt à consommer, avec son brin de persil. Dans le cas contraire il faudra bien que les réformistes qui s’affichent dispersés dans le PS s’interrogent et décident de choisir l’un d’entre-eux. C’est alors que nous nous perdrons une fois de plus dans nos calculs les plus effroyables en nous demandant, pour chacun de ces candidats réformistes, « Ira, ira pas ? »

Pour parler d’autre chose. Hier soir à Fourvière, le mot d’ordre était plutôt « ira pas » puisque c’est devant un auditoire modeste que s’est produit à l’Odéon Richard Hawley. D’un équilibre parfait la prestation de l’anglais était pourtant magnifique, les absents avaient encore une fois tort et la lune presque rousse ne s’y était pourtant pas trompée. Elle était là, au balcon, pour saluer le crooner de Scheffield.

Clermont, le 28 juin 2010.

06/06/2010

Melenchais ?

thumb_jean_luc_melenchon_3.jpgDemain, 7 juin, c’est le quatre-vingt-dixième anniversaire de la naissance de Georges Marchais dans un coin perdu du Calvados. Le petit mécano de l’usine Voisin, passé par Messerschmitt puis façonné par les très formatrices écoles de la CGT et du PCF jusqu’à être vingt-deux ans durant le responsable le plus important de l’un des principaux partis du pays, est aujourd’hui presque oublié. Oublié et disparu de notre vie politique, oublié des médias et vous verrez demain matin que rares seront les quotidiens à noircir quelques colonnes sur notre homme. Oublié surtout de ses camarades qui voient probablement dans Marchais tout ce qu’ils veulent oublier méprisant ainsi leur histoire et une trajectoire.

C’est en assistant médusé à la prestation de Mélenchon chez Ruquier que je me suis souvenu de Jojo. Chez les deux hommes il y a de toute évidence une sacré différence mais ils partagent le même goût de la démagogie et de la gouaille censée incarner les intérêts du peuple. Chez Marchais, comme chez Mélenchon, on a le même talent naturel favorisant l’envié statut de « bon client » à la télévision, la même esbroufe frisant le grossier mais aussi cette formidable présence susceptible d’intéresser tout le monde à des propos jugés dans le même temps comme des inepties. Bien entendu avec Mélenchon le compteur est très largement au dessus du baccalauréat et le QI stratosphérique. Alors que Marchais nous faisait très souvent pitié il est clair que l’ancien sénateur socialiste est quant à lui un excellent orateur doublé d’un animal politique au flair affirmé.

Mélenchon a aujourd’hui les yeux rivés sur la présidentielle, il se verrait bien candidat du Front de gauche. Il commence d’ailleurs à faire peur à un PCF qui commence à comprendre pourquoi ce passager sauvé de la noyade n’a fait pleurer personne au sein du Parti socialiste quand il a sauté dans le bouillon. Les communistes s’interrogent, beaucoup appréhendent négativement cette pièce rapportée aux allures d’aventurier qui leur rappelle probablement, en certaines occasions, les illusoires menées médiatiques d’un Marchais qui en avait fait beaucoup pour faire mousser Elkabbach et bien peu pour regonfler le Parti.

Le jour de ses obsèques, c’est la musique de Miles Davis, avec « Bitches brew », qui a accompagné Georges Marchais vers sa dernière demeure démontrant ainsi que lui au moins avait des goûts particulièrement sûrs en matière de musique.

Lyon, le 6 juin 2010.

02/06/2010

Une vraie maison de maçon

martine maçonne.jpgLe nouveau modèle de développement du PS présenté à la Plaine Saint Denis samedi dernier est sur le marché. C’est une vraie maison de maçon si l’on en juge par la réclame des promoteurs : c’est « la première pierre du programme » pour Désir (pas d’Avenir, mais Harlem) ; c’est « une brique pour 2012 » pour Mosco.

Remarquez que l’appareillage de briques et de pierres c’est le chic du chic de la construction haut de gamme. Et en même temps, la brique ça vous donne aussi un petit air ouvrier : la brique crue des vieilles banlieues du Nord avec leur maisons basses aux couleurs passées et qui sentent encore la sueur et le charbon. Voyez les corons chers à Bachelet. Je vous parle du chanteur que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, pas de Guillaume Bachelay : celui de Solférino dont on dit qu’il est fils du peuple et de Fabius (c’est dire si la musique est différente).

Sur le plan – car la maison est vendue sur plan - il ne manque plus que la cour pavée. Histoire de rappeler l’enfer du Nord. En tout cas, on peut juger le nouveau bâtiment à ses fondations : « un vrai socle » d’après la patronne des bâtisseurs qui file la métaphore façon chantier de construction en précisant que l’ouvrage n’a rien à voir avec le « modèle libéral qui nous mène au mur ».

C’est du vrai Bouygues ! Enfin, celui d’avant la télé…

Il n’y a que notre Gérard pour ne pas maçonner à l’unisson des ouvriers. Tous des gauchers. Pas comme lui qui est un franc du tablier. Assez doué, vu ce qu’il construit sur Rhône et Saône, mais un peu ambidextre. Il marmonne Gégé. Il s’abstient. Il râle. Il gâche d’autres mortiers. C’est un pragmatique qui commence à faire l’inventaire. Car on fait toujours l’inventaire. Jospin savait faire et Gérard reprend le métier et marque les fissures dans les murs. Il en a repéré dit-il dans le crépi Mitterrand de 1983 au moment même où un autre artiste, plutôt spécialiste de la flûte, s’essaie à talocher à tout va du Mitterrand - le grand, pas le neveu - à propos de l’âge de la retraite à 60 ans.

Quand on sait qu’avant d’entrer dans la maison, on va aussi devoir passer une couche de primaire sur les boiseries et les murs intérieurs et quand on sait que les goûts et les couleurs sont plus difficiles à uniformiser que les grandes intentions, pas besoin d’être du bâtiment pour savoir que les réunions de chantier seront agitées.

Jean-Paul Schmitt

28/05/2010

Soixante ans

200px-Strauss-Kahn%2C_Dominique_%28official_portrait_2008%29.jpgC’est après tout normal, mardi dernier l’UMP tenait convention à propos des retraites, le Parti du président en profitant pour exiger que saute le verrou du départ en retraite à soixante ans, entérinant ainsi une décision prise depuis belle lurette à l’Elysée. Une fois le mini ramdam Umpiste exécuté, il suffisait au ministre Woerth de claironner la bonne nouvelle sur LCI, en prenant tout de même le soin de préciser que les cheminots ne pouvaient être concernés par une telle décision.

Parlant de démagogie et d’irresponsabilité à propos de la position défendue par Martine Aubry d’un maintien du départ à 60 ans, le petit monde de l’UMP s’autorisait à jouer DSK contre le PS. Malgré la défense serrée de son équilibriste en chef, Jean-Christophe Cambadélis, les amis de DSK commençaient ainsi à percevoir les contours de l’épreuve qui les attend même si leur volonté de jouer l’opinion contre le parti apparaît comme de plus en plus nécessaire. En effet en épousant les thèses défendues à Paris, Rome, Athènes ou Londres, en surjouant son rôle de « Sachant », DSK a commis l’erreur de s’affaiblir dans le contexte qui devrait être celui de la désignation du candidat socialiste. En acceptant de toucher à la retraite à 60 ans, c'est-à-dire à participer à une agression contre un symbole, DSK a peut-être fait l’erreur de trop. En vérité, sur cette question de l’âge du départ en retraite, la seule possibilité pour la gauche est de passer un pacte avec les Français, un deal indiquant d’un côté que des salariés usés par une vie de labeur ne travailleront désormais plus que jusqu’à l’âge de 56 ou 57 ans, de l’autre que des catégories comme les enseignants ou les cadres voient l’âge légal reporté à 62 ou 63 ans. Sans pacte de ce type devant la nation, la question de l’âge de départ en retraite est un piège dans lequel DSK vient de plonger avec d’ailleurs une certaine délectation. Quant à Martine Aubry, si pour l’heure elle peut bénéficier d’un certain doute, il conviendrait, compte tenu de ses ambitions, qu’elle nous en dise un peu plus, question de principe.

Lyon, le 28 mai 2010.

29/04/2010

Même plus cap

dominique-strauss.jpgLe fait est suffisamment tenace pour que l’on s’y penche une fois de plus. Quand Dominique Strauss-Kahn déclare, « je dirige une institution internationale. Je suis heureux de ce que je fais. Je n’ai pas d’autre projet. Peut-être que je resterai encore au FMI pendant des années et des années, qui sait ? », il y a toujours une cohorte de spécialistes autoproclamés et de dévots aveuglés pour nous dire que de tels propos sont bien la preuve que l’ancien député de Sarcelles est candidat à la candidature pour les présidentielles de 2012. Il va pourtant falloir s’y faire. Au train où vont les choses, DSK ne sera pas candidat aux dites présidentielles, il devrait donc rester en transit à Marrakech, entre Paris et Washington, laissant les Cambadélis, Le Guen et toute la tribu à leurs destins les plus divers. The brain, l’idole des droites, le plus brillant des socialistes, l’ami des puissants, le charmeur, celui qui a effacé les frontières entre politique et argent va donc renoncer parce que la fonction présidentielle n’est pas un don mais un combat. Le regain d’agitation actuel atteste bien entendu de cette donne qui se précise de jour en jour. Puisque DSK préfère épuiser les charmes du FMI plutôt que d’affronter les difficultés d’un incertain combat électoral, peu à peu les candidatures se ramassent à la pèle au point que, grand rénovateur devant l’éternel, Arnaud Montebourg va devoir imaginer un processus d’organisation des primaires particulièrement alambiqué. Cela promet !

Lyon, le 29 avril 2010.

28/04/2010

Primaires primaires ?

SégoRostand.jpgÀ en croire le bel Arnaud, elles permettront en toute transparence et après une campagne très ouverte de choisir le meilleur candidat pour représenter la gauche dans son acception la plus large lors des prochaines échéances de 2012. Adviennent donc les primaires pour que l’on choisisse le meilleur candidat ou la meilleure candidate !

À écouter et à entendre - dans ces primaires dont les militants du PS ont demandé qu’elles soient ouvertes - les valeurs qui sont celles des postulantes et postulants (sans réelle surprise gageons-le), les objectifs prioritaires (plus difficile), les moyens à mettre en œuvre pour atteindre ces objectifs (encore plus difficile, compte tenu de la dette et de la crise). Une sacrée foire d’empoigne se prépare-là à n’en pas douter. Après l’indispensable castagne des idées, il faudra des soins d’urgence. Le temps du mercurochrome et de la poche à glace sera court avant de rejoindre l’équipe plus vite que des joueurs de foot taclés après le pschitt-pschitt miracle du soigneur. D’autant plus vite que les fameuses primaires auront lieu assez tard en 2011 pour satisfaire les tenants de DSK, dont notre cher Gérard semble fan si j’en crois les récentes déclarations qu’il a faites sur la chaine Public Sénat, le 22 avril dernier. I want my DSK back dit GC qui déclare « À mon avis c’est le meilleur pour faire à la fois une politique économique crédible et performante et faire de grandes réformes sociales ». Ouf ! Voici l’homme providentiel nouveau. Qui l’eu cru ? GC nous l’a pourtant dit dès le 25 mars sur son blog : « Au regard du projet réformiste que j’appelle de mes vœux, Martine Aubry est aujourd’hui trop conservatrice. » sans oublier d’ajouter aussitôt, in cauda venenum, « Quant à Ségolène Royal, elle avance trop en zigzag pour pouvoir ranimer cette flamme qui a fait autrefois son succès. » Le tacle sur les gambettes des miss a lieu avant même d’entrer sur le terrain.

Primaires, vous avez dit primaire ? Comme c’est primaire…

Et si on laissait se jouer le match devant deux ou trois millions de citoyens ?

Quant à parler du flair politique soi-disant sinueux de la sorcière du Poitou :

Ah ! Non ! C’est un peu court, jeune homme !

On pouvait dire… Oh ! Dieu !... Bien des choses en somme !

En variant le ton, par exemple, pour plaire :

Agressif : « Moi, Madame, si j’avais un tel flair,

Il faudrait tout le temps que je me mouchasse ! »

Timoré : « Trop souvent vos intuitions nous glacent,

Souffrez Madame, que pour d’autres on retape ! »

Descriptif : « C’est du toc !... C’est le hic !... C’est du rap !

Que dis-je, c’est du rap ?... Cette fraternitude ! »

Sentencieux : « Martine, Fabius ont des études

Que gênent Madame votre persévérance ! »

Amical : « Laissez Madame vos espérances

Les planches des tréteaux sont si souvent glissantes ! »

Jean-Paul Schmitt

31/03/2010

La prière dominicaine

Laudate Dominique.jpgLa prière dominicaine est une prière silencieuse paraît-il. Pas sûr, à en croire celle qui monte en ce moment et qui semble fébrile.

Amis dominicains de Strausskahnie, attendez un peu cette fois avant de revêtir vos attributs d’inquisiteurs et de brûler la sorcière charentaise. Je sais que dans nos chapelles on souffle parfois le chaud et le froid, mais, à défaut de la mettre à nouveau au frigo (peut-être s’y mettra-t-elle d’ailleurs de son propre chef, mais il ne faut pas compter lui dicter quoi que ce soit) ou avant de la mener au bûcher, ne rêvez pas trop vite de la voir, comme les vestales fautives, enterrée vive dans sa région.

Amis dominicains, j’entends vos suppliques lyonnaises à votre saint patron. J’entends aussi, patelin, Cambadélis distraire les servants de la messe à Solférino pour tenter de les retenir en sacristie le temps que le grand expatrié revête un surplis rose. J’entends encore dom Mosco qui conseille au saint providentiel de ne pas attendre pour se déclarer prêt à revêtir la tiare française. J’ai entendu l’appel de Gérard de Lyon qui retrouve sa foi dans le grand inquisiteur international et monétaire depuis que l’on annonce que sainte Martine pourrait en 2012, peut-être, qui sait, des fois…. Lyon la rétive et son grand échevin ne rendent plus depuis quelques temps le culte titinesque à la sainte patronne des roses lilloises sacrée à Reims dans la fumée épaisse des encens.

Amis dominicains, craignez encore le charme royal. Il opère.

Sur France 2, le 25 mars dernier, dans À vous de Juger, le débat entre le prophète Daniel et la madone avait je vous assure la qualité des vraies disputes (au sens ancien du terme). Il y avait longtemps que la « grande télévision publique » - malgré les efforts d’Arlette Chabot pour saboter sa propre émission - ne nous avait gratifié d’un vrai échange politique sur le fond. Un échange passionné où, avec simplicité et dans un langage accessible, les divergences étaient argumentées avec franchise. Cela donnerait presque l’envie d’entrer dans l’une de ces futures coopératives du genre auberge espagnole à l’enseigne du 22 mars. Cela donne envie en tous cas de continuer ces échanges entre coopérateurs éventuels et désireux d’avenir.

Amis dominicains qui en d’autres temps avez tant aimé informer via You Tube, Dailymotion et maintenant Twitter, voyez ou revoyez l’émission. Notamment la partie concernant feu la taxe carbone (http://www.lepost.fr/article/2010/03/25/2005206_debat-segolene-royal-daniel-cohn-bendit-videos_1_0_1.html )…

Jean-Paul Schmitt

23/02/2010

Bonne idée

TF16B_B_BonneIdee.jpgL’idée pouvait paraître bonne et même courageuse de la part d’un gouvernement libéral mais elle ne vécût que le temps que vivent les roses. Le gouvernement, en effet, se proposait de noter les entreprises en trois catégories quant à leur action pour lutter contre le stress des salariés. Rouge pour les mauvais élèves qui n’ont rien entrepris et même pas répondu au questionnaire du gouvernement, orange pour celles qui ont tenu quelques réunions ou engagés quelques discussions avec les salariés et vert pour les bons élèves qui ont signé un accord de fond ou de méthode. Bref du plus pur esprit sarkozyste dont le mérite est la valeur cardinale. Mais au demeurant il est plus facile de noter les ministres que les entreprises, encore que, car pour le moment les bulletins n’ont pas été communiqués.

Car cette initiative de Xavier Darcos a immédiatement soulevé un tollé de la part du patronat et y compris de certains syndicats mais bon il y a toujours eu des « jaunes ». Le Medef est monté sur ses grands chevaux dénonçant ce « name and shame » (nommer et faire honte) qu’il veut ne réserver qu’aux cas extrêmes, France Telecom par exemple ? Et face à ce froncement de sourcil de la farouche Laurence Parisot le gouvernement a retiré son texte illico, au moins on sait qui commande dans le monde de l’entreprise. A moins que dans la liste rouge n’ait figuré trop de participants à la soirée du Fouquet’s.

Cet exemple montre bien comment les mesure que Sarkozy voulaient fortes pour ciseler sa rupture tombent à plat sinon à l’eau les unes après les autres. Abandonné par l’opinion, il a encore perdu trois points ce week-end, Nicolas Sarkozy n’impose plus rien ni à sa majorité ni à son gouvernement. Aussi il doit vraiment trouver le métier de président de moins en moins ludique et penser que le jouet qu’il avait gagné a perdu tout son charme. Alors il doit regarder s’il n’y a pas en magasin quelque chose de plus amusant et valorisant à faire, gagner de l’argent, beaucoup d’argent, par exemple. D’ici que pour cela il nous abandonne en 2012 il n’y a qu’un pas que je ne franchirai pas…enc ore. Mais l’idée n’apparaît pas comme aussi mauvaise.

Philippe Dibilio

20/02/2010

Cochon de Brest


Sarkozy un petit cochon ? De Villepin se lâche !
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Les trois petits cochons veulent vivre leur vie et quittent le foyer familial pour tenter leur chance dans le monde. Le premier petit cochon se construit une maison de paille. Le deuxième petit cochon se construit une maison faite de brindilles. Le troisième petit cochon se construit une maison de briques et de ciment. Le grand méchant loup parvient à détruire les maisons des deux premiers petits cochons en soufflant dessus et les dévore. En revanche, il est impuissant contre celle du troisième petit cochon. Pour faire sortir le cochon de sa maison, le loup lui propose d’aller chercher des navets avec lui, mais le cochon sort tôt le matin et rentre chez lui avec des navets avant l’arrivée du loup. Le loup propose au cochon d’aller cueillir des pommes, le cochon lance une pomme très loin et se sauve chez lui pendant que le loup court après la pomme. Le loup propose ensuite au cochon d’aller à la foire. Arrivé le premier à la foire, le cochon achète une barrate. Sur le chemin du retour il voit venir le loup, il se cache alors dans la barrate qui dévale une pente et fait peur au loup. Ce dernier décide alors de rentrer chez le cochon par la cheminée, il tombe dans une marmite de soupe et s’ébouillante. Le cochon le mange pour son dîner.

Si ce troisième cochon se prénommait « Nicolas », Dominique de Villepin devrait donc se méfier sauf à se rêver finissant dans la soupe aux choux du Président.

Lyon, le 20 février 2010

(Texte emprunté à wikipidia)

 

13/01/2010

Anticipation

SR Culture.jpgQue n’a-t-on pas raillé Ségolène Royal après sa soirée au Zénith et le fameux fra-ter-nité et quel silence des média lorsque Nicolas Sarkozy reprend la formule lors de ses vœux au pays. Ce qui chez Ségo était tourné en dérision devient dans la bouche de Sarko un propos ordinaire. Fantastiques média dont l’indépendance s’arrête à la porte de l’Elysée et qui ne vont pas, ne serait ce qu’égratigner, un Président en pleine déconfiture dans l’opinion. Avec 32% seulement de satisfaits de sa politique il est en totale chute libre mais c’est là le sort d’un homme qui à force de gesticuler dans tous les sens perd tout le monde en route. Et s’il reparle de fraternité c’est que l’opinion lui renvoie l’image de sa politique totalement anti-fraternelle ce qu’avait bien compris Ségolène avant lui. Car la politique sarkozienne cultive la haine et l’affrontement ; haine de l’autre, du migrant comme de l’immigré ; haine du concurrent comme de l’adversaire. Dès lors il n’est pas étonnant qu’une partie de l’opinion aspire à la fraternité.

Mais il n’est pas que sur ce sujet que Ségolène Royal anticipe, c’est aussi le cas dans la composition de ses listes en vue des élections régionales en Poitou-Charentes. On y notera la présence de deux syndicalistes l’un de chez Heulliez entreprise pour le sauvetage de laquelle elle s’est particulièrement impliquée, l’autre de l’équipementier Fabris. Rien d’extraordinaire si l’on se réfère à l’histoire de la gauche et à ses liens avec le mouvement syndical. Véritable révolution à l’heure où le monde du travail n’a plus droit de cité dans les circuits institutionnels. Il n’est de ce point de vue qu’à se reporter à la liste socialiste du Rhône pour mesurer la différence, une liste que même l’arrivée au deuxième tour de candidats issus des partenaires ne comptera toujours pas de représentants du monde du travail en activité. A l’heure où le chômage reste la principale préoccupation des français, où les derniers conflits sociaux portent essentiellement sur le sauvetage d’emplois cette défection interroge. Le rassemblement nécessaire pour battre la droite en 2012 ne se fera pas sans une vraie sensibilisation des actifs de ce pays. Et l’on ne pourra pas longtemps les oublier dans la représentation politique. Apparemment Ségolène a anticipé la question la première.

Philippe Dibilio

22/12/2009

Père Noël chiche

P-cresse No-l-1.jpgMerci papa Noël !

 

Merci pour les 7,7 milliards d’euros dans les souliers des Universités, quel beau Noël, non ? Il y aura même des étrennes : 1,3 milliards d’euros de plus pour une Opération Campus qui aura désormais 5 milliards d’euros dans sa tirelire. Tant de milliards ! « C'est tellement énorme que j'arrive plus à compter » disait Valérie Pécresse, sur jouant à tout va la simplicité sur France Inter.

Mais ne soyons pas chagrins et fouillons dans la hotte pour déballer le cadeau.

Sur le paquet, une étiquette : « Bon pour une utilisation à partir de 2012 », une échéance qui rappelle vaguement quelque chose. Peau de balle pour Noël 2009 et rien pour 2010 ou 2011 ? C’est quoi ce cadeau ?! C’est à n’y rien comprendre. Il y a sûrement une explication. Ne boudons pas trop vite et déballons.

Bingo ! Un chèque cadeau avec quelques annotations de bas de page. Vite, déchiffrons :

Alinéa 1 : « Il s’agit d’une dotation en capital en pleine propriété destinée à permettre aux universités de se doter d’un capital générateur de revenus ».

Pas mal.

Alinéa 2 : « Seuls les revenus de ce capital pourront être utilisés ».

Force est de constater que la générosité de l’État a des limites. Mais après tout, avec un bon conseil de surveillance pour éviter des dérives spéculatives hasardeuses, on pourra peut-être faire fructifier le pécule.

Alinéa 3 : « Le capital devra être placé en bons du Trésor ».

Les petits bonshommes du Trésor sont passés par là. Ils nous font le coup des obligations à terme de 10 ans à 4% l’an. Des fois que des universitaires gauchisants et barbus ne connaissant rien à l’économie se mêleraient de vouloir gérer. Vive l’autonomie des universités !

Faisons un calcul rapide : le campus le mieux doté, le superissime campus français (pas sûr du tout que ce soit celui de Lyon, fut-il Lyon Métropole avec Saint-Étienne), doté d’un milliard, pourra disposer de 40 à 50 millions d’euros issus du placement à 4% d’une dotation qui sera faite au mieux d’ici quelques dizaines de mois.

Alinéa 4 à l’usage des ministres et des présidents d’université : « Bien insister lors de chaque intervention publique que vous ferez sur le fait que le gouvernement investit des milliards pour l’avenir du pays ».

Pas de quoi faire la nique avec notre cadeau aux copains d’outre Atlantique : leurs neuf facultés les plus prestigieuses ont 130 milliards de dollars de dotation. Dix fois plus que ce que nous promet saint Nicolas. Déjà qu’ils dépensent 21.600 dollars par an pour les étudiants (hors recherche et développement), soit trois fois plus que la France si j’en crois les statistiques de l’OCDE.

Merci papa Noël ! Merci saint Com’ ! Joyeux Noël !

Jean-Paul Schmitt

 

01/09/2009

Primaire

Organiser des « primaires » l’idée nous vient d’un »think tank » Terra Nova en l’occurrence et le « think tank » semble  être la formule magique découverte par la gauche qui se veut moderne mais est surtout un brin bobo-caviar pour s’approprier la pensée et laisser au militant le soin de coller des affiches, arpenter les montées d’escalier et se faire engueuler par les électeurs. La formule magique nous viendrait des USA labellisée par le succès de Barak Obama. Seulement voilà l’Amérique a son histoire et nous la notre et la démocratie américaine n’a jamais réussi à s’imposer ailleurs, ni par la force des baïonnettes, voir l’Irak, ni par les fonds dispensés, voir le plan Marshall. Et puis aux Etats Unis, Etat continent s’il en est, les primaires se déroulent dans chacun des deux camps et les « petits » partis en sont exclus.

Alors si les primaires consistent à faire désigner le candidat socialiste de 2012 par les adhérents et au-delà les sympathisants socialistes qui se déclareront comme tel, pourquoi pas ? ce serait sans doute une belle ouverture démocratique et un excellent baromètre. Mais il ne faut pas négliger le chantier que cela représente et il faudra un certain doigté pour que ce temps là ne se déroule pas au détriment de la vie politique du moment. Mais pour nos penseurs les primaires sont « ouvertes » à toute la gauche et même à tous les opposants à Sarkozy, Modem compris. Comme si l’on pouvait créer le bi-partisme en France par le biais magique de « primaires ». Or la démocratie française a aussi son histoire plus ancienne que celle de states, même si ce n’est pas un argument, et l’on effacera pas les sensibilités de ce pays par le  biais d’une idée, forcement géniale, de la rive gauche parisienne.

Des « primaires « de ce type serait sans aucun doute un merveilleux cadeau à Nicolas Sarkozy. Quelle cacophonie, en effet, que de vouloir faire choisir des opposants plus ou moins bien identifiés entre la pléiade de candidats socialistes, celui des verts, du PCF ou encore entre Melenchon, J.M Baylet ou François Bayrou. D’autant que ce dernier n’a rien à faire dans une opération où il jouerait sur un coup de dès sa chance d’être présent au second tour. Et ce tour de chauffe mobiliserait toute l’opposition dans une action intériorisée qui laisserait des semaines durant la champ libre à Sarko. Lequel d’ailleurs ne se priverait pas de vanter l’unité de sa majorité fermant ainsi la porte à toute candidature alternative à la sienne à droite.

Non, décidément, les « primaires ouvertes » sont la vrai fausse bonne idée qui ne pouvait sortir que de quelques crânes d’œuf toujours réfractaires au bon sens. Dans l’histoire de la démocratie française les « primaires » s’effectuent lors du premier tour d’une élection où, selon le bon sens populaire, on choisit alors qu’au deuxième on élimine. C’est peut-être primaire mais il serait sage d’en rester là.

Philippe Dibilio

11/06/2009

En profondeur

logo PS.gifC’est tout frais. Dans six mois, nous socialistes, auront changé de cap. Comme dirait l’autre, si les socialistes se donnent six mois pour changer de cap c’est que le cap choisi jusqu’ici n’était pas le bon. Ça tombe mal parce que ceux qui parlent aujourd’hui ainsi sont les mêmes qui expliquaient il y a six mois, au moment du congrès de Reims, qu’il convenait surtout de ne pas changer de cap.
Une chose est donc certaine le cap suivi jusqu’à dimanche n’était pas le bon, encore faut-il, et nous avons six mois pour le faire, trouver le bon. Cependant un autre aspect semble inéluctable, si j’écoute bien nos dirigeants, nous atteindrons ce nouveau cap en pratiquant « une refondation profonde ». Attention, disent tous en chœur ceux qui il y a six mois poussaient des cris d’horreur à chaque fois que le simple mot « rénovation » était cité, il s’agit maintenant, non seulement de refonder, qui plus est de le faire en Pro-fon-deur !
Comme dirait l’autre, si les socialistes veulent refonder en profondeur et tout ça en six mois, ils doivent bien dès à présent avoir une petite idée derrière la tête. Scrutons donc ce qui émane du conclave socialiste de mardi soir. Au rayon nouveauté je note que le porte-parole du PS qui tout naturellement demeure dans sa fonction, souhaiterait être aussi chargé « du rassemblement de la gauche ». Voilà une première bonne idée qui sera utile dans le processus profond qui va se mettre en place. Deuxième évolution, Ségolène Royal est nommée représentante du PS à l’Internationale Socialiste, autant dire que ce que nous n’osions imaginer dans nos rêves les plus fous est enfin une réalité. Troisième riche perspective, Martine Aubry et Ségolène Royal ont décidé « d’intervenir ensemble lors des moments forts du Parti ». Le feuilleton ne fait que commencer mais depuis que je sais que nous en avons pour six mois, et en profondeur, je me dis qu’on a tout compte fait de la chance de ne pas avoir de bol.

Lyon, le 11 juin 2009.

 
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