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29/08/2010

Z comme "Zone critique 2010"

Z.jpgLes murs semblent tenir encore quand surgissent les extrêmes.

Les ordres aux visages colorés discutent doctement ou veillent, la violence cachée au creux des robes saintes et des boucliers.

Les peintres sont en bâtiment et le plafond de la Sixtine dégouline. On achète des burkas pendant que les rebelles, visière sur la nuque, bombent rageurs.

Un clown humain dirige le monde et tutoie l’Esprit de son doigt créateur. Il renverse les frontières fraternelles de ses paroles impulsives. Pendant que rêve le spectateur qui dort comme un enfant, d’étranges étrangers incorporés sur des listes d’asile noircies annuellement attendent résignés l’avion qui les emmènera vers le pays inconnu.

Don Quichotte épuisé dort à même le sol. Aux croisements des rues, les vierges ricanent. Qui voit encore Ernest Pignon Ernest sortir le crucifié du tombeau ?

L’état est limite et la zone est grise. Ni démocratie ordinaire, ni dictature. Ferments d’un basculement possible.

Zone critique 2010.jpg

Zone critique 2010, acrylique sur toile, 73x100 cm

Jean-Paul Schmitt

 

03/07/2010

Opiums des peuples

sommaire_2292_grand.jpgEn ce dimanche si décisif dans cette coupe du monde de football 2010, si l’envie vous prenait de lever le pied en vous intéressant également au rock and roll, précipitez-vous sur le numéro de juillet de Rock & Folk qui nous livre un dossier très opium du peuple puisque consacré au foot et au rock. Cette semaine dans Libé c’est le guitariste ricain de The National qui nous expliquait que le football était un sport roi, ce mois-ci, Rock & Folk nous rappelle cette interview de Rivers Cuomo, le binoclard des américains de Weezer, qui rentrait en lévitation en abordant le sujet dans l’excellent « So Foot ». Bref, de Bob Marley qui, avec ses Wailers rencontrait régulièrement en tournée les journalistes lors d’une partie de football, à Rod Stewart ou Iron Maiden, les fans de football sont légion dans le rock. C’est donc essentiellement du côté d’une Albion, automatiquement perfide, que le foot recrute les meilleurs rockeurs. Ils s’appellent les frangins Gallagher et soutiennent Manchester City, Damon Albarn qui ne rêve que de Chelsea F.C., Lily Allen en fan de Fulhan ou les liverpuldiens de the Coral adeptes des Reds. Discographie, article sur le rock des stades, beaux gestes, tout y passe grâce à Jean-Vic Chapus, Basile Farkas, Jérôme Reijasse et quelques-autres. A lire donc dans Rock & Folk, Juillet 2010, numéro 515,6, 10 euros.

Renseignements sur www.rocknfolk.com

Lyon, le 4 juillet 2010.

11/06/2010

Ceinture

fond-ecran-equipe-de-france.jpgJe viens de rejoindre Gérard Collomb à Francfort pour les cérémonies commémoratives du 50eme anniversaire du jumelage entre nos deux villes – le risque est donc grand que nous faisions ceinture, ce soir, pour la diffusion de la rencontre France-Afrique du Sud. Réunions bilatérales, mise en lumière par la ville de Lyon de la Fontaine « Oktogon-Brunnen », coopération entre l'ENS Lyon et l'Université Goethe, visite de réalisations urbaines sont au programme d'un séjour également marqué par l'intervention du Maire de Lyon au Symposium sur les « stratégies d'agglomération et de la gouvernance métropolitaine ».

Pour revenir à l'équipe de France, après les deux premières rencontres amicales mais bien modestes, puis la defaite face à la Chine, nos craintes sont intactes. Même si Ribery, Toulalan et une petite poignée d'autres peuvent nous maintenir un moral pas trop en berne, convenons que  «devant » comme « derrière » l'équipe nationale inspire plus d'impuissance et d'approximation que de confiance.

Etant donné qu'en football, pour gagner, il suffit de marquer au moins un but de plus que l'adversaire on se demande qui pourrait, dans les rangs de l'équipe de France, glisser au fond des filets le ballon. Ni Anelka, Govou, Gourcuff, Malouda et même Ribery ne possedent pas pour l'instant cette force. Les Gignac ou Cissé, legitiment vautrés sur la banquette, ne peuvent guère en rever. Reste alors William Gallas notre plus certain atout offensif dont seul le mollet nous apporte jusqu'à ici satisfaction. Verdict ce soir.

Francfort, le 11 Juin 2010.

09/06/2010

Mobilisation

fifa_mondial_2010.pngCette semaine nous n’avons pas le choix : il faut être derrière les bleus à la veille du match contre l’Uruguay. De Sophiane Abou, le gentil organisateur des soirées de Zahia, avec les footeux en particuliers qui le clamait sur Europe1, aux ministres de la République incités par Luc Chatel à la plus grande solidarité c’est clair pas une voix ne doit manquer, on se demande d’ailleurs comment se fait-il que Sarkozy n’y soit pas encore allé de son couplet. Pas une voix ne doit manquer mais plus encore aucune critique n’est permise. Alors pensez vous quelle trahison représente la remarque de Rama Yade sur le coût exorbitant de l’hébergement des joueurs en Afrique du Sud. Le tollé est général du président de la fédération à la ministre des sports plus quelques autres tous habitué aux facilités offertes par leur organisme de tutelle, ils y vont de leur cri du cœur : il n’ya rien à dire c’est la FIFA qui paye. Quel bel exemple d’esprit de responsabilité et dire que Marie George Buffet est allée mêler sa voix à ce concert. Et puis ces joueurs qui sont censés nous représenter rien n’est trop beau pour eux. En fait cet appel à la mobilisation tombe à pic pour en faire oublier une autre qui se tisse contre la réforme des retraites et qui fait ce mois encore plonger la côte de popularité de Sarko et de son premier ministre. Les bleus lui servent au moins à ça. Pour le reste c’est peu dire que je n’aime pas cette équipe de mercenaires qui ne chantent même pas la Marseillaise et portent le maillot bleu dans le seul but d’améliorer leur prix sur le marché. Ces joueurs sans engagement ni cohésion drivés par un entraineur surtout enclin à la provocation. Je ne me sentirai donc pas coupable de ne pas m’inscrire dans le bel élan bleu blanc rouge un peu trop convenu pour moi, je garde ça pour d’autres circonstances.

Philippe Dibilio

21/03/2010

Régionales 2ème tour: votez !

 

medium_Aux_urnes.jpg

 

 

16/03/2010

Message

regionales 2004.jpgComme à l’occasion de chaque élection les français ont adressé leur message et en général il reflète l’air du temps de manière simple et empreinte de bon sens. Comme à chaque élection on se dit qu’il faut l’entendre et mieux encore l’écouter. Encore faut-il le décrypter. Et comme après chaque élection chacun peut y aller de son analyse ; alors allons y ! Sans aucun doute le premier tour des régionales est un échec pour Sarkozy et sa tactique d’alliance de toutes les formations de la majorité mais au-delà c’est aussi un vote sanction y compris de la part des électeurs de droite.

Sans aucun doute c’est aussi une victoire du PS qui retrouve sa place de leader dynamique au cœur d’une gauche redevenue combative. Une gauche qui intègre aujourd’hui des écologistes plus « responsables » et prêts à s’inscrire dans un processus de gestion en particuliers des régions. Et sans aucun doute enfin c’est un succès pour Martine Aubry qui a su, quoiqu’en pensent certains, redonner nationalement une image cohérente du PS.

Mais une fois ceci dit il faut bien se poser les deux vraies questions : celles de l’abstention et de la remontée du FN. Si pour l’abstention on peut évoquer pour partie une bouderie de l’électorat de droite au vu des zig zag de la politique de Sarko par rapport à ses fondamentaux, il faut bien convenir qu’elle reflète aussi autre chose. Et en premier lieu une rupture entre le politique et le citoyen. Le mécontentement réel, en particuliers des couches populaires, ne s’exprime plus majoritairement par le vote à gauche, ni même à l’extrême gauche si l’on en juge par les résultats de LO et du NPA alors que nous traversons une période où les luttes sociales se durcissent. Et ce n’est pas l’OPA, au demeurant réussie, de Mélenchon sur le PC qui infirme la tendance. Dès lors le bulletin de vote perd sa signification et se dilue dans l’abstention. Mais les choses vont encore plus loin, en particuliers dans les milieux populaires, où il se transforme en vote FN. Car c’est là aussi une donnée du scrutin le FN relève la tête d’abord dans les cités et sur l’humus du désespoir et de la colère des couches populaires exposées à la crise et à l’injustice triomphante. Il est donc grand temps de renouer le dialogue avec ce peuple qui souffre et ce ne sont pas les propos convenus prononcés au soir du premier tour qui suffiront. Il faut afficher clairement les propositions pour demain et se positionner sans ambage vis-à-vis du système . Il faut le faire avec des mots simples, avec des mots plu proches de ceux qu’utilise Georges Frèche que ceux des pensionnaires de Normal Sup ou de l’ENA.

Je twisterai les mots s’il fallait les twister chantait Jean Ferrat, peut être convient-il aujourd’hui de passer par le RAP ou le SLAM à condition que ce soit le langage de la clarté et de la sincérité. L’essentiel étant de renouer le dialogue qui permettra d’aller vers le changement.

Philippe Dibilio

01/01/2010

Bonne année !

22/12/2009

Père Noël chiche

P-cresse No-l-1.jpgMerci papa Noël !

 

Merci pour les 7,7 milliards d’euros dans les souliers des Universités, quel beau Noël, non ? Il y aura même des étrennes : 1,3 milliards d’euros de plus pour une Opération Campus qui aura désormais 5 milliards d’euros dans sa tirelire. Tant de milliards ! « C'est tellement énorme que j'arrive plus à compter » disait Valérie Pécresse, sur jouant à tout va la simplicité sur France Inter.

Mais ne soyons pas chagrins et fouillons dans la hotte pour déballer le cadeau.

Sur le paquet, une étiquette : « Bon pour une utilisation à partir de 2012 », une échéance qui rappelle vaguement quelque chose. Peau de balle pour Noël 2009 et rien pour 2010 ou 2011 ? C’est quoi ce cadeau ?! C’est à n’y rien comprendre. Il y a sûrement une explication. Ne boudons pas trop vite et déballons.

Bingo ! Un chèque cadeau avec quelques annotations de bas de page. Vite, déchiffrons :

Alinéa 1 : « Il s’agit d’une dotation en capital en pleine propriété destinée à permettre aux universités de se doter d’un capital générateur de revenus ».

Pas mal.

Alinéa 2 : « Seuls les revenus de ce capital pourront être utilisés ».

Force est de constater que la générosité de l’État a des limites. Mais après tout, avec un bon conseil de surveillance pour éviter des dérives spéculatives hasardeuses, on pourra peut-être faire fructifier le pécule.

Alinéa 3 : « Le capital devra être placé en bons du Trésor ».

Les petits bonshommes du Trésor sont passés par là. Ils nous font le coup des obligations à terme de 10 ans à 4% l’an. Des fois que des universitaires gauchisants et barbus ne connaissant rien à l’économie se mêleraient de vouloir gérer. Vive l’autonomie des universités !

Faisons un calcul rapide : le campus le mieux doté, le superissime campus français (pas sûr du tout que ce soit celui de Lyon, fut-il Lyon Métropole avec Saint-Étienne), doté d’un milliard, pourra disposer de 40 à 50 millions d’euros issus du placement à 4% d’une dotation qui sera faite au mieux d’ici quelques dizaines de mois.

Alinéa 4 à l’usage des ministres et des présidents d’université : « Bien insister lors de chaque intervention publique que vous ferez sur le fait que le gouvernement investit des milliards pour l’avenir du pays ».

Pas de quoi faire la nique avec notre cadeau aux copains d’outre Atlantique : leurs neuf facultés les plus prestigieuses ont 130 milliards de dollars de dotation. Dix fois plus que ce que nous promet saint Nicolas. Déjà qu’ils dépensent 21.600 dollars par an pour les étudiants (hors recherche et développement), soit trois fois plus que la France si j’en crois les statistiques de l’OCDE.

Merci papa Noël ! Merci saint Com’ ! Joyeux Noël !

Jean-Paul Schmitt

 

28/10/2009

Gag

Begag.jpgAzouz le Gag, c’est ainsi que les jeunes militants, tous issus de l’immigration, des associations de Vaulx-en-Velin qui avaient agi avec efficacité pour recréer le lien social au lendemain des « événements » de 1990 avaient surnommé Begag. Le moins que l’on puisse dire est qu’ils avaient vu juste au regard de la carrière politique de l’intéressé. Depuis les régionales de 1992 Azouz Begag se voit conduire une liste à partir de la technique du coucou c’est à dire en faisant son nid chez les autres. Car il n’a pas d’attache politique, il se considère bien au dessus de tout ça, sa valeur intrinsèque valant tous les programmes et tous les engagements. Ce qui tombe bien car il n’en a pas.

En 1992 il se rapproche d’André Vianès qui composait sa liste après avoir été évincé de celle du PS bien qu’étant le président sortant du groupe socialiste à la Région. Moins connu qu’aujourd’hui mais déjà auteur du « Gône du Chaaba » c’est en regardant Vianès dans les yeux qu’il lui dit; » «  je viens mais bien sûr comme tête de liste » ; l’affaire en est restée là. Mais comme la mégalomanie progresse avec l’âge on vit Begag apparaître et disparaître au gré des échéances politiques, enfin surtout dans leur phase préparatoire. Puis vint le couronnement le portefeuille surprise dans le gouvernement Villepin. Begag l’homme qui flirtait avec la gauche plongé dans l’univers impitoyable de la droite libérale voilà qui était aussi triste que pathétique.

De cette expérience il ne retirera qu’une haine féroce pour Sarkozy ce qui ne fait pas un programme politique. Pourtant ce passage discret au conseil des ministres il va le faire fructifier en se rapprochant de François Bayrou, un autre qui ne partira pas en vacances avec Sarko. Et ce fût l’épisode des municipales où Begag fit don de son corps au Modem qui le refusa par la volonté des militants. Alors notre homme s’érigea en victime de manœuvres d’un autre âge conduites par Michel Mercier alors président départemental du mouvement. Et de jurer dans la foulée qu’on ne l’y reprendrait plus… jusqu’aux législatives suivantes où son score à deux chiffres lui a donné des ailes.

Le voilà donc en piste pour les Régionales, comme tête de liste évidemment. Mais cette fois , il l’a annoncé dans Tribune de Lyon il y a quelques semaines, il ne veut pas de vote des militants. Allons donc que représentent–t-ils ces obscurs qui devraient se sentir honoré de distribuer des tracts ou de coller des affiches avec la photo de la star. Et il est en passe de réussir son coup puisque Bayrou le soutient, ce qui donne la mesure du désarroi du leader orange. Et dans la foulée les dirigeants régionaux du Modem emboîtent le pas. Alors qu’un Eric Laffond pose sa candidature à la candidature dépasse l’entendement pour un Begag au sommet de sa mégalo. Comment se comparer à celui qui se voit déjà président de la Région. Celui qui menace Gérard Collomb, d’une boutade certes mais qui en dit long, en se présentant comme la réincarnation d’Edouard Herriot. A moins que le Parti radical valoisien soit sa prochaine destination politique après un échec avec le Modem.

Bref les jeunes vaudais n’avaient pas tort Begag est bien un gag et dire qu’à gauche il en est encore pour le prendre au sérieux.

Philippe Dibilio

Photo: DR

 
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