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12/09/2007

Tout est bon dans le Puma

medium_Pichot_agustin.jpgJ’ai l’impression que pour l’instant Agustin Pichot, le tonique demi de mêlée et capitaine de l’équipe d’Argentine est la star de cette entame de Coupe du monde de Rugby. Bien entendu la victoire des Pumas sur la France en ouverture de la compétition n’est probablement pas pour rien dans cette notoriété du capitaine de Stade Français. Par ailleurs, au fil des nombreuses interviews que « Cumba » distille dans la presse Française nous découvrons un être cultivé, ouvert sur le monde, un type attachant car humaniste qui arrive, sans problème, à nous faire oublier que certains, du côté du XV de France, sont manifestement avant tout à l’aise dans l’art de promouvoir l’industrie de la salaison, les détergents et les lotions capillaires. 

Après avoir indiqué au Nouvel Observateur que « le rugby est le sport le plus socialiste du Monde » Pichot a livré au Figaro un entretien à Sébastien Lapaque dont je voudrais vous faire déguster quelques tranches qui démontrent aisément que contrairement à d’autres, l’Argentin n’est pas un jambon.

«  J’ai toujours vécu entouré de livres […] c’est en lisant des biographies de Napoléon et de Charles de Gaulle que j’ai connu la France. Et puis il y a eu la découverte de l’existentialisme et des œuvres de Jean-Paul Sartre et de Simone de Beauvoir qui restent très importants en Argentine ». 

Je glisse sur quelques observations relatives à la littérature Argentine et en particulier à Borges pour redonner la parole à un homme qui préfère de toute évidence la fréquentation des livres aux calendriers des dieux du stade.

« Savez-vous » dit Pichot au Figaro « que Victoria Ocampo qui fut la protectrice de Jorge Luis Borges et la grande dame des lettres Argentines avec la Revue Sur, a légué les vastes terrains de sa maison au CASI, mon club de San Isidro, où Ernesto Che Guevara a joué demi de mélée ? »

Je passe les digressions sur la pampa, les territoires indiens et la civilisation des villes pour vus lâcher la conclusion de cet intéressant entretien. « Notre rugby est romantique. Nous sommes à la fois les héritiers du Gaucho, du Général Saint Martin et d’Ernesto Guevarra » nous dit Agustin Pichot.

Avouez que c’est tout de même mieux que : « Notre rugby est mercantile et nous sommes les héritiers de Sarko ».

 
Pour plus d’informations : http://www.apichot.com

10:25 Publié dans Podcasts, Sur le stade... | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : Pichot, Rugby, mondial, 2007, XV, France, argentine | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

01/09/2007

Ce pays dont le prince est un enfant

medium_Yasmina_Reza.2.jpgLe week-end dernier, j'ai lu comme beaucoup de monde l'ouvrage si attendu de Yasmina Reza, "L'aube le soir ou la nuit" dont en vérité je ne comptais pas parler sur ce blog. A la lecture des inrockuptibles de la semaine et de l'article "le vide le vent ou l'ennui" signé Nelly Kapriélan, je voudrais dire tout de même deux mots sur un bouquin dont on ne devrait guère plus parler d'ici quelques semaines.

Tout d'abord, si l'envie vous prenait d'aller acheter le livre de Reza à Carrefour ou Auchan, sachez que c'est au rayon épicerie fine qu'il convient de se précipiter. A un euro la page de 1000 signes, Flammarion et Albin Michel livrent un produit haut de gamme. Le dire ce n'est pas faire offense à Yasmina Reza ce d'autant que l'auteur ne craint qu'une chose, si on lit son interview au Nouvel Observateur, c'est que l'on dise de son bouquin qu'il est mauvais. Que Yasmina Reza se rassure, son livre n'est pas mauvais, loin de là. Il est cher. Mince, cher mais pas mauvais.

Plus important, car on nous avait dit sur tous les modes, n'attendez surtout pas de "L'aube le soir ou la nuit" (sans virgules svp!) des révélations ou d'utiles commentaires politiques. Les Inrockuptibles comme d'autres font ce grief à la dramaturge. Ils se trompent et pour ce qui me concerne j'apprécie que Yasmina Reza ne nous livre pas un bouquin de plus sur Sarkozy, sa campagne et son oeuvre. Par ailleurs, Reza n'est donc pas Nay. 

Enfin, une fois dit que Reza ne parle que de ce qu'elle veut et donc pas de Cécilia, à la lecture du bouquin, force est de constater que l'on se trouve en face d'un objet littéraire non conventionnel mais d'un objet littéraire quand même. L'article massacreur des Inrockuptibles a tendance à faire penser au lecteur que "L'aube le soir ou la nuit" est, je cite, "à la littérature ce que Canada Dry est au whisky", propos plutôt déshonnorant. Je cite toujours, "son auteur, une élève moyenne, scolaire, planquée derrière l'hypocrisie de la neutralité", chose purement gratuite. Je vous invite cependant à  lire cet ouvrage qui à mon sens nous en dit plus sur Yasmina Reza que sur Nicolas Sarkozy.

Quant aux rapports de l'auteur à son sujet c'est à mon sens quasi secondaire même si de toute évidence connivence et auto-censure hantent ce livre qui n'est pas un reportage, ni une chronique, surement pas un journal, encore moins une pensée politique.

Yasmina Reza jette un regard littéraire sur un sujet qui ne semble pas l'intéresser plus que ca. Sarkozy est pour Reza un enfant. Un gosse en politique. Un gamin dont l'ambition et les caprices posent question.

Il n'y a pas de risques, si ce n'est celui du plaisir, à lire cet ouvrage atypique qui nous parle d'un pays dont le prince est un enfant, c'est à dire ni de la France, ni de Sarkozy.

Lyon, 1er septembre 2007.

06/05/2007

5 ans !

medium_Hélas_Sarkozy.2.jpg
Je veux tout d'abord saluer le courage, l'audace et la combativité de Ségolène Royal tout au long d'une campagne difficile et semée d'embûches. Pour la première fois dans notre pays une femme figurait parmi les deux qualifiés du deuxième tour des élections présidentielles. Il est bien entendu symbolique et positif que celle-ci puisse être issue des rangs de la gauche. Nous devons donc ce soir être fier, malgré notre tristesse, de ces dix-huit mois de combat derrière Ségolène Royal. Au cours de cette campagne et dans les résultats des scrutins une série d'évènements et de questions politiques sont venus frapper à la porte des appareils. Le temps de l'analyse, de la réflexion puis de la décision s'ouvre ce soir pour la gauche, toute la gauche, mais aussi pour le centre, à l'évidence pour seulement une partie du centre. Sachons mettre en commun nos intelligences et nos points de convergence pour dominer cette défaite et construire l'alternative dont très vite le pays aura besoin.

Les estimations que l'on nous propose depuis une bonne heure indiquent donc assez nettement que ce second tour est favorable à la droite.

La victoire de Nicolas Sarkozy est donc incontestable et s'impose. Le Président Sarkozy est élu pour 5 ans mais cette victoire n'est pas sans poser problème dans la mesure ou chacun ignore ce que sera la véritable nature de la politique du candidat devenu président. En d'autres termes, ce soir, le paradoxe de cette élection  réside dans la sincérité de Sarkozy à l'égard du noyau le plus dur de ses électeurs, grosso modo ceux du 1er tour.

Après une campagne démagogique cousinant honteusement avec les idées de Le Pen, Sarkozy devra gérer une victoire plus problématique que les chiffres de ce soir ne peuvent le laisser croire. Cette victoire construite sur le désir profond de destruction des acquis, du dégoût d'une France solidaire, du refus définitif d'un Etat impartial et protecteur et, il  faut le dire, de la mise en pâture de la question de l'immigration, cette victoire incontestable risque pourtant de poser problème bien plus vite que ne l'imagine le nouveau Président.

Depuis des mois, la vie politique française battait au rythme d'une démagogie Sarkozyste que le candidat aimait appeler sincérité. Cette sincérité feinte puisait par capillarité son énergie dans la souffrance d'un pays qui ce soir s'est abandonné à une droite dure qui peut s'avérer dangereuse quand elle va se confronter au réel.

Justement quelle va donc être la politique de cette droite victorieuse?

Une attaque généralisée et autoritaire définie pas à pas, de meeting en meeting, pendant la campagne, quitte à refroidir l'adhésion d'électeurs centristes devenus aujourd'hui de simples go-go?

Une sorte de néo-chiraquisme ripoliné visant en fait à éviter toute logique d'affrontement, quitte à désespérer des clientèles conquises par la "révolution Sarkozyste" ?

La question est ouverte mais je suis plutôt enclin à penser que Sarkozy souhaitera pousser son avantage encore plus loin en mettant en œuvre son projet, tout son projet.

Vous l'avez compris, incontestable, la victoire de ce soir peut, selon les options que le nouveau président mettra effectivement en œuvre, devenir contestée à un point encore difficile à imaginer tant les promesses électorales de Sarkozy nourrissent divisions et affrontements, de la souffrance, de la précarité et des larmes.

En attendant, l'échéance des législatives s'annonce. Quitte à s'installer dans une posture défensive, il est urgent de convaincre le pays de ne pas donner une majorité à un président qui détenant déjà les rouages essentiels de l'Etat, le Sénat et les grands médias de masse bénéficie ce soir de la légitimité de l'élection. 

5 ans c'est long et compte tenu de ce qui s'annonce, 5 ans cela risque d'être très long. La seule façon de s'y opposer c'est bien de ne pas laisser les pleins pouvoirs à Sarkozy, de ne pas donner une majorité législative au nouveau Président.

Lyon, le 6 mai 2007.

Live blogging dès 20h

medium_Live_Blogging_6_mai.2.jpg
Je vous donne rendez-vous, comme il y a 15 jours, pour un live blogging à l'occasion de cette soirée électorale du 2ème tour des élections présidentielles.

28/04/2007

Sarkozy peut-il perdre ?

medium_Nicolas_Sarkozy.jpg"Sarkozy peut-il perdre ", telle est la " une " du Point de cette semaine. Poser la question c’est déjà, vous l’avez compris, s’interroger de manière très significative sur le cours des choses. Le fait qu’un hebdomadaire comme le Point s’y risque confirme qu’actuellement les lignes bougent. L’élection présidentielle est en effet de plus en plus ouverte. Tout demeure possible ce d’autant que l’affaire du débat Ségolène Royal/François Bayrou risque d’apparaître au final comme un élément plus important que Sarkozy ne le pense. En effet ce qui pour l’heure demeure une péripétie de campagne, un imbroglio subalterne, en dit en vérité beaucoup sur le cadenas médiatique français mais également sur la vraie nature du champion de l’UMP.

En expliquant que Royal et Bayrou étaient entrain de lui voler son deuxième tour et qu’il était presque illégitime que sa challenger débate avec le leader de l’UDF, Sarkozy étouffé par son ambition et sa soif de domination risque de payer cher sa suffisance. En effet pendant que Sarkozy actionne son moulin à prières devant des caméras complaisantes, j’ai le sentiment que les français, quant à eux, ne renoncent pas à réfléchir. Ce préambule du deuxième tour aux contours et à la nature inédits peut donc nous laisser raisonnablement croire, question de maturation de l’opinion, que Sarkozy ne se dirige, en pente douce, vers des difficultés qu’il n’ose encore imaginer.

Pour ce qui concerne les forces centrifuges qui hantent le paysage politique, il est raisonnable ne pas trop leur laisser le loisir d’encombrer notre réflexion. Que dix, vingt ou trente députés UDF s’alignent comme des petits soldats devant Sarkozy ne dupe personne. Qu’au Parti Socialiste, après une longue période d’indisponibilité pour cause de blessure, un Jean-Luc Mélenchon, avec quelques autres reprenne des gammes toujours aussi peu subtiles ne doit pas nous détourner de la nécessité d’avancer en rassemblant les français pour construire le changement.

Lyon, le 28 avril 2007.

25/04/2007

Bayrou, ce héros de feuilleton

medium_bayrou-tf1.2.jpgLe pitch du nouveau feuilleton est simple. Bayrou se dirige vers un « ni-ni centriste», ni Royal, ni Sarkozy. Le patron de l’UDF veut donc faire l’impasse sur les présidentielles renvoyant dos à dos les deux candidats qualifiés pour le 2ème tour.

A la fin du premier épisode le Béarnais rebelle décide de concentrer ses forces sur une offensive législative prélude à la fondation d’un nouveau mouvement politique. Au passage notre héros taille quelques croupières aux socialistes et se retrouve incontournable jusqu’en 2012, à la tête d’un groupe parlementaire de plus de soixante députés unis dont le destin est entre les mains d’un chef victorieux.

Bayrou se rêve donc en héros récurrent du grand feuilleton de la politique française mais ce que le leader centriste oublie c’est que les héros, même très sympathiques, ne sont pas, dans les bonnes comme dans les mauvaises séries, ceux qui écrivent le script. Ils ne sont pas maîtres de leur avenir. Sans scénariste, point de feuilleton et dans celui qui nous préoccupe en ce moment, ceux qui vont écrire l’histoire sont nombreux.

Par ordre d’entrée en scène, on trouve tout d’abord les Français et singulièrement ceux qui vont, pour écarter Sarkozy, voter Ségolène Royal. Dans tous les dénouements qu’il imagine, François Bayrou ne peut s’empêcher de penser qu’un « happy end » se dessine en sa faveur dans tous les cas de figure. Quel aveuglement !

 Au terme de l’épisode qu’elle sera la crédibilité d’un Bayrou qui aura choisi de ne pas engager sa responsabilité ? Si par malheur Sarkozy devenait le 6 mai président de la République quelle serait alors la côte d’amour de notre héros centriste ? Pire ne serait-il pas montré du doigt ? Drôle de destinée pour un héros qui se veut positif.

Dans le même temps d’autres scénaristes s’activent. Ils tiennent le stylo de Sarkozy. Ils s’appellent De Robien, Simone Weil, Méhaignerie, Santini et probablement demain Borloo. Dans leur scénario Bayrou est le chef du Fort Alamo UDF. Un irresponsable à l’égo surdimensionné, un traître doublé d’un forcené. Collaborent déjà à ce « pilote » un quarteron de parlementaires UDF passés sous la coupe de Sarkozy. D’ici le 2ème tour, ils devraient être nombreux à renouer avec le réalisme et à quitter François Bayrou. Pierre Albertini, le député et Maire de Rouen, par ailleurs auteur du projet du candidat Bayrou, est sur le départ. Dans les jours qui viennent ils seront nombreux à l’imiter.

Lâcheur pour les uns, traître et irresponsable pour les autres la destinée politique de François Bayrou ne va pas s’écrire en dehors des conventions du genre.

En choisissant de devenir un héros positif dans ce feuilleton national, Bayrou doit se convaincre qu’il y a des règles et qu’il convient de parler clair, « vrai » comme le disait Michel Rocard.

Dimanche dernier Bayrou a été retiré de l’antenne. S’il ne se montre que calculateur et uniquement préoccupé par son propre sort les Français pourraient y trouver à redire pour les épisodes suivants ce d’autant que lundi en huit il sera trop tard pour réécrire un nouveau scénario présidentiel.

Lyon, le 25 avril 2007.

20/04/2007

"Je voterais Ségolène Royal sans hésiter"

medium_Ségolène_Royal_-_France_présidente.jpgComment vous convaincre, alors que beaucoup a été dit, de voter Ségolène Royal dès le premier tour ? Comment vous expliquer ce qui peut fonder un tel engagement ? Comment vous dire, sans vous infliger un long pensum indigeste, pourquoi Ségolène Royal est la seule à pouvoir incarner le changement, l’audace et le rassemblement ? 

A quelques heures de la fermeture provisoire de mon blog, je vous confie ces quelques mots rédigés par Patrice Chéreau à l’hebdomadaire « les Inrockuptibles »  de cette semaine : 

« Je voterais Ségolène Royal, sans hésiter.

Parce que je crois en elle et parce qu’elle parle autrement, librement, un langage différent des autres candidats et des hommes politiques en général. Parce que je suis convaincu par ce qu’elle dit et que je suis bluffé par son courage. Courage parce qu’il en faut pour tenir tête face aux dirigeants du Parti socialiste, courage parce qu’il est demandé deux fois plus de preuves qu’il n’en serait demandé à un homme qui se présenterait à sa place, courage parce que dans la situation de la gauche aujourd’hui, elle sait qu’il lui faut rassembler et convaincre au-delà du possible. » 

 

medium_SR-GC.JPGLA VIE SANS SARKO, C’EST PLUS RIGOLO !

Le Maire de Lyon se rendra dans différents cafés et bars Lyonnais pour accompagner les militants mobilisés en faveur de Ségolène Royal dès le premier tour.

Voici les rendez-vous :

  • 17h30, « La Plateforme » quai Augagneur
  • 18h00, « Le Syrius »
  • 18H30, Bar « L’escalier », 8 rue de la Platière
  • 19h00, Bar « L’Apostrophe », - rue Octavio Mey à Saint-Paul
  • 20h00, « Modern Art Café », boulevard de la Croix-Rousse

Bon apéro anti-Sarko à toutes et tous.

Lyon, le 20 avril 2007.

16/04/2007

La droite sait voter utile

medium_SR-Vaulx.jpgChacun doit en convenir l’essentiel pour l’heure, réside dans le vote qui interviendra dimanche prochain. Même si nous pouvons les uns et les autres demeurer expectatifs à la lecture des sondages, une chose est certaine, tout va se jouer dans un mouchoir de poche.

La tribune de Bernard Kouchner dans le Journal du Dimanche d’hier est intéressante et ceux qui savent lire constatent que l’ancien Ministre, en entourant ses propos d’éléments tout sauf nouveaux dans sa bouche, indique clairement que l’avenir passe par un vote pour Ségolène Royal dès le premier tour. Au second, pour Kouchner, de nouvelles alliances devront se nouer pour battre Nicolas Sarkozy en attendant il invite, parce qu’elle seule « peut orchestrer calmement cette indispensable mutation », à voter Ségolène et j’ajoute que tout au long de son texte Kouchner s’abstient de citer le nom de François Bayrou. C’est peut être un signe ?

Même si le mot peut choquer ou heurter certains, il est grand temps que dans la semaine décisive qui s’ouvre, une réflexion sur le vote utile s’engage. Je sais bien que parmi les électeurs de Marie-Georges Buffet, de Dominique Voynet, de José Bové et d’Olivier Besancenot la chose est difficile, non seulement à entendre, mais surtout à digérer, mais je suggère que tous examinent très concrètement cette question en fonction des enjeux réels pour le pays laissant ainsi de côté un certain patriotisme idéologique utile mais dangereux. Observation identique et donc même punition pour celles et ceux qui cherchent dans le vote Bayrou une espèce de nouvel eldorado politique construit sur le sable d’une mythique recomposition politique généralisée. 

Malgré une campagne semée d’embûches et de coups bas, Ségolène Royal trace sa route avec une détermination qui en étonne aujourd’hui plus d’un. Pour la première fois dans notre pays une femme est en situation de devenir Présidente de la République en représentant une alternative crédible et construite face à une droite dont nous sommes certains qu’elle accentuerait sa politique violente en se maintenant au pouvoir.

Cette droite, justement, sait voter utile. Malgré les aléas de la campagne, on va retrouver derrière Sarkozy une unité inscrite dès le 1er tour. Pour s’en convaincre il suffit de voir les prévisions des scores de De Villiers et d’observer avec quelle détermination les patrons de l’UMP cible les électeurs du Front National. Quand Sarkozy explique « les voix ne servent à rien quand elles se portent sur Le Pen », le message est clair. Il s’agit bien pour Nicolas Sarkozy à 7 jours de ce premier tour de cristalliser un vote utile dès le 22 avril.

En refusant d’intégrer une telle réalité électorale il serait tant de même curieux que « la gauche la plus intelligente du monde » laisse une seconde fois « la droite la plus bête du monde » triompher pour le plus grand malheur de ce pays.

Lyon, le 16 avril 2007.

12/04/2007

Le manifeste de l'envie

medium_Manifeste-des-100---Le-Poin.jpgJusqu'ici, on connaissait les appels de personnalités destinés à mobiliser la population autour d'une cause ou d'une revendication. On connaissait aussi les manifestes capables d'avancer ou d'exiger des droits nouveaux ou des propositions d'action. Qu'il s'agisse de mettre en avant les droits démocratiques dans des casernes françaises dans les années soixante-dix (Appel des 100) ou un combat pour l'avortement libre (Manifeste du Nouvel observateur), dans chaque cas, le mouvement se cristallisait autour d'un texte qui se voulait fort, fondateur et rassembleur..

L'hebdomadaire "Le Point", en mettant en place "Le manifeste de l'envie", c'est-à-dire celui de 100 jeunes de 30 à 40 ans porteurs de "100 idées pour une France ouverte, unie et en mouvement", Le Point donc, révolutionne le genre en publiant un manifeste qui est la simple addition des courtes contributions de signataires qui, en vérité, ne signent rien d'autre que leur propre production, faute d'avoir un texte collectif à parapher. Chaque contributeur est en réalité signataire du centième du Manifeste de l'envie. Vous voyez donc que ce truc est vraiment nouveau puisque les jeunes en question se retrouvent conjointement signataires, avec d'autres qu'ils ne connaissent pas, d'un Manifeste qui n'existe pas. Trop fort Le Point.

En vérité, la paternité de ce Manifeste de type nouveau ne revient pas totalement au Point mais pour une bonne partie à Arnaud Lagardère et à quelques uns de ses amis qui veulent voir émerger "un modèle social régénéré" en donnant la parole à des jeunes qui sont "dans la société qui travaille" (sic!) et qui "constituent l'avenir du pays" (re-sic!) pour aider à construire "une France humaniste, unie et conquérante" ce qui, vous l'avouerez ne mange pas trop de pain.

Parmi ces manifestants, je compte quelques très chers amis et loin de moi l'idée de dénigrer le propos des autres tant cette accumulation d'envies doit être considérée comme sympathique. Cela étant, si notre centaine de jeunes constitue "manifestement" pour Le Point le rassemblement des meilleurs élèves de la classe France, je suis certain que ceux qui se trouvent au premier rang, juste sous le nez du professeur, représentent l'excellence.

Au pied de l'estrade, en tête de liste, page trois, on trouve donc l'élève Mathieu Laine. Vous ne pouvez pas le rater Mathieu, c'est lui qui lève la main bien haut en hurlant à Lagardère "Mssieur! Mssieur! Moi Mssieur!". Avec Mathieu on reconnaît illico la fougue de l'avocat qui attaque de suite par crainte de ne pouvoir écluser dans un petit feuillet la totalité de ses lubies libérales et réactionnaires pour faire plaisir au Professeur. Quelles sont donc les envies de Mathieu? Elles sont simples comme un licenciement, aussi évidentes qu'une délocalisation, fraîches comme une reconduite à la frontière sur le coup de six heures du matin, jouissives comme la destruction en place publique d'un container de codes du travail. Pour Mathieu il faut, je cite, "supprimer l'impôt sur le revenu, l'impôt sur les successions et l'ISF, créer un impôt unique dont le taux maximal serait plafonné à 30%". Dans sa juvénile quête de libéralisme notre avocat commis d'office rêve "d'un assouplissement du droit du travail" et pourquoi pas du "retour de ceux qui ont fui le modèle social français" qui, après la concrétisation de telles envies ne manqueraient pas de se réinstaller dans un pays qui conjugue "bon vin", "savoir vivre" et "fiscalité dynamisante".

Si vous voulez lire les autres "envies" de notre jeunesse sélectionnée par Le Point, reportez-vous sans attendre au numéro 1803 de l'hebdomadaire mais, attention, n'oubliez pas de parcourir la conclusion de l'économiste Christian de Boissieu qui nous dit au détour de la première colonne que, "la France manque d'entrepreneurs Schumpétériens". Je propose au Point d'élaborer sans attendre un Manifeste Schumpétérien. Je vois d'ici notre ami Mathieu Laine s'installer déjà au premier rang.

Lyon, le 12 avril 2007

08/04/2007

Histoire du méchant petit Nicolas

medium_Mark_Twain.jpgMes excuses à Mark Twain, qui de toute façon s'en contrefiche, d'avoir détourné cette histoire  et aux Editions du Mercure de France, qui ont, je l'espère d'autres chats à fouetter. Le texte original est donc disponible chez cet éditeur sous le nom de "Contes humoristiques", collection "Mille Pages", édition établie par Alain Delahaye. 

Il y avait une fois un méchant petit garçon qui s'appelait Nicolas. Cependant, si l'on veut bien le remarquer, les méchants petits garçons s’appellent presque toujours Jean-Marie ou Philippe dans les livres de l'école du dimanche. C'est bizarre, mais on n'y peut rien. Celui –là s'appelait Nicolas.

Il n'avait pas non plus une mère malade du côté de la Trinité-sur-Mer, une pauvre mère pieuse et poitrinaire, et qui eût souhaité mourir et se reposer dans la tombe, sans le grand amour qu'elle portait à son fils, et la crainte qu'elle avait que le monde fût méchant et dur pour lui, quand elle aurait disparu. Tous les méchants petits garçons dans les livres de l'école du dimanche s'appellent Jean-Marie ou Philippe, et ont une mère malade qui leur enseigne à répéter "maintenant je vais m'en aller…" et chantent pour les endormir d'une voix douce et plaintive, et les embrassent, et leur souhaitent bonne nuit, et s'agenouillent au pied du lit pour pleurer. Il en était autrement pour notre garçon. Il s'appelait Nicolas. Et rien de semblable chez sa mère, ni phtisie, ni autre chose. Elle était plutôt corpulente, et n'avait nulle piété. En outre elle ne se tourmentait pas outre mesure au sujet de Nicolas. Elle avait coutume de dire que s'il se cassait le cou, ce ne serait pas une grande perte. Elle l'envoyait coucher d'une claque, et ne l'embrassait jamais pour lui souhaiter bonne nuit. Au contraire, elle lui frottait les oreilles quand il la quittait pour dormir.

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08:30 Publié dans Ainsi va la vie... | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Twain, Mark, Sarozy, Nicolas, UMP, candidat, 2007 | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

31/03/2007

Pour un vote "à l'ancienne"

medium_machine_à_voter.jpgLe 22 avril prochain, au premier tour de la présidentielle, à Issy-les-Moulineaux, ville du Maire centriste sarko compatible Santini, les électeurs voteront électroniquement à l'aide de machines.

En vérité ce ne sont pas seulement  les 40000 électeurs d'Issy-les-Moulineaux qui voteront ainsi, mais bien plus, puisqu'on estime que près 2 millions de Français utiliseront ces machines dès le 1er tour.  Il y a quelques temps une chaine de télévision française, je crois que c'est Canal +, faisait la démonstration avec des informaticiens hollandais que le piratage de machines de marque Nedap (80% du parc français) était un jeu d'enfant.

Aujourd'hui, tant du côté de chercheurs et universitaires que du PS, de l'UDF, des Verts, du PCF, on exige un moratoire.

Lyon, le 31 mars 2007. 

29/03/2007

Mailhac, été 2002

medium_Gérard_schivardi.jpgIl a l’accent rocailleux du pays des frères Spanghero. Vu de loin il a l’air plutôt bonasse. Il est artisan-maçon, fils d’immigré italien, Maire de son village de Maillhac. Un soupçon « grande gueule », un soupçon macho, Gérard Schivardi, le nouvel ovni de la campagne présidentielle a plus une tête d’abonné à Midi-olympique que d’un nostalgique de la 4ème internationale.

Schivardi en réalité est la nouvelle créature des lambertistes du Parti des Travailleurs. D’ailleurs Daniel Gluckstein, candidat malheureux aux dernières présidentielles, est son directeur de campagne. Autant dire que Schivardi a autant d’autonomie dans cette campagne que Tom Cruise avec certains de ses mentors. Schivardi, si on veut bien l’écouter, n’a rien à voir avec le P.T. Tout au contraire vieux militant socialiste comme il aime à le répéter, il dit avoir rompu avec le PS au moment du referendum sur la constitution européenne et avoir entendu parler pour la première fois du groupe Troskyste vers 2002.

Imaginez la scène – Mailhac été 2002. Daniel Gluckstein, bermuda sable lafuma et tee-shirt kaki columbia fait de la rando dans le secteur avec quelques amis syndiqués FO. Dix neuf heures, assis gentiment en terrasse à siroter son pastis avec quelques olives noires, il observe depuis le rade Gérard Schivardi en train de taquiner le cochonnet. Tout d’un coup notre bon maire ratant le point et s’emportant dans une colère noire comme pour se libérer du mauvais sort se met à hurler «  Maastricht ! Maastricht ! Putain de Maastricht ! ».

Surpris par tant de vigueur anti européenne de la part d’un maire rural, Gluckstein se dit qu’il tient là un véritable futur cadre organisateur de la classe ouvrière.

Vous connaissez comme moi mal la suite mais on peut imaginer que de l’émotion plein les yeux Daniel dit à Gérard en cette fin de paisible journée estivale : «  Gérard, tu seras mon candidat des Maires en 2007. Celui de la France des territoires ruraux qui souffrent à cause de Bruxelles. Candidat des libertés de nos villages tu renverras dos à dos gauche et droite, tu suspendras les aides aux écoles privées. Du Front unique ouvrier tu ne parleras point mais les grandes surfaces tu dénonceras, les vins néo-zeolandais tu attaqueras, les bureaux de poste tu implanteras, l’article 87 de Maastricht tu abrogeras, l’Europe au final tu quitteras… »

Depuis, grâce à l’aide logistique dévouée des Maires dont Gérard Schivardi aime dire qu’ils viennent du PS, du PC, de nul part, de l’UDF et de l’UMP, l’ami de Daniel trace sa route de meeting en meeting toujours câliné par un directeur de campagne attentif qui coordonne amicalement les énergies de ce nouvel élan de nos provinces.

Il est décidément bon de vivre dans un pays ou l’on compte trois organisations se réclamant de ce bon vieux Léon, qui plus est, figurant régulièrement lors de nos grands rendez-vous électoraux. Celle dont je vous parle aujourd’hui représente, dans cette campagne, un authentique dépassement du marxisme.

Le capital est malade, Schivardi va probablement l’aider à mourir !

Lyon, le 29 mars 2007

28/03/2007

Le petit Nicolas passe le bac philo

medium_Philosophie_mag.jpgDans la revue « philosophie magazine » d’avril 2007 un étrange dialogue entre Michel Onfray et Nicolas Sarkozy nous est proposé. Ayant manifestement lu les propos le concernant sur le blog du philosophe qui parle de Sarko comme « d’un démagogue animé par une obsession pathologique : jouir de la puissance donnée par le pouvoir », le candidat UMP attaque d’entrée : « Qu’est-ce que je représente pour vous ? Osez pousser jusqu’au bout la logique que vous exposez dans votre blog : vous me voyez comme un démagogue, la réincarnation de la bête immonde ? ». L’autre lui répond aussi sec, « Il y a de la démagogie dans vos derniers discours, celui de l’investiture et celui de la Mutualité. J’y ai découvert des affirmations inhabituelles chez vous ». « Par exemple » coupe Sarkozy. « Le fait que vous vous revendiquiez comme républicain, cela m’a semblé assez neuf » rétorque Onfray.

En vérité, au-delà de cette entame plutôt enlevée, l’essentiel de ce dialogue est sans véritable intérêt, nos deux interlocuteurs échangeant assez superficiellement sur le Gaullisme, les Etat-Unis, la religion et bien d’autres sujets. Lisez bien entendu l’intégralité du texte de ce magazine, vous trouverez peut-être comme moi que tout au long de ces huit pages le petit Nicolas, notamment dans une deuxième manche sous forme de petit déjeuner, est de temps à autre pathétique mais parfois une victime sympathique du professeur Onfray.

Le petit Nicolas passe donc ce mois ci le bac philo et le nietzschéen Docteur Onfray, comme bien d’autres, est au bout du compte piégé par un candidat plutôt malin, capable de caser le peu de choses qu’il a révisé.

J’espère que Nicolas Sarkozy ne sera pas président de la République mais avouons qu’il mérite la moyenne à l’épreuve de philo tant, malgré un début d’oral difficile, il a su se défaire d’un professeur émerite bien plus cultivé mais bien moins agile et roublard que lui.

Lyon, le 28 mars 2007. 

27/03/2007

Gouvernement Bayrou, tout est dans Harry Potter

medium_Harry_Potter.jpgLa vérité, paraît-il, ne peut sortir que de la bouche des enfants. Je vous livre aujourd’hui cette hypothèse. La vérité peut-elle sortir également des livres pour enfants ?

A celles et ceux qui s’interrogent encore sur le futur gouvernement « de l’extrême centre-gauche-droite présidé par un Delors jeune » que le Président Bayrou nous concocte voici un extrait prémonitoire (?) contenu dans « Harry Potter, à l’école des sorciers » (Folio junior, Gallimard jeunesse, 2003, page 69.)

« Harry resta assis en silence pendant que hagrid lisait son journal, La Gazette du sorcier. Harry avait apprit au contact de l’oncle Vernon qu’il ne fallait jamais déranger quelqu’un qui lit son journal, mais il avait tant de questions à poser qu’il était très difficile de résister.

- Le Ministère de la Magie ? demanda Harry

- Bien sûr. Ils voulaient nommer Dumbledore ministre, mais il ne quitterait Poudlard pour rien au monde et c’est ce vieux gâteux de Cornelius Fudge qui a hérité du poste. Un vrai gaffeur, celui-là. Chaque matin, il envoie un hibou à Dumbledore pour lui demander conseil.

- Et ça sert à quoi, un ministère de la Magie ?

- Oh, ça sert surtout à garder nos secrets. Il ne faut pas que les Moldus sachent qu’il y a toujours des mages et des sorcières d’un bout à l’autre du pays. Sinon ils essaieraient de faire appel à nous pour résoudre leurs problèmes. On préfère qu’ils nous laissent tranquilles.

A ce moment, le bateau heurta en douceur le quai du port. Hagrid replia son journal et ils montèrent l’escalier de pierre qui menait à la rue ».

Lyon, le 27 mars 2007

23/03/2007

9ème parlement des quartiers populaires

medium_9e_parlement_des_quartiers_populaires.2.jpg
A l'invitation de Karim Zeribi, Fondateur d'APC, Agir pour la Citoyenneté,
Ségolène Royal est l'invitée du 9ème parlement des quartiers populaires
Samedi 24 mars 2007 à 14h
Salle Raphaël de Barros
Maison des sports - 251 cours Emile Zola - 69100 Villeurbanne - Métro A Station Flachet 
Inscription par email: apc69@hotmail.fr  

 
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