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20/07/2010

C comme "Craponne-sur-Arzon"

C Abécédaire.jpg

Plus que trois jours pour vous décider car vendredi débute le 23ème Festival de Musique Country de Craponne-sur-Arzon. Devenu le Fatima ou le Lourdes des amateurs de Country music, Craponne n’est pas un de ces rassemblements destiné à se déguiser en cowboy ou bien à apprendre le rude mode de vie des indiens d’Amérique. Craponne-sur-Arzon (Haute Loire) est « The » Festival français du genre, le meilleur, avec ses stars la plupart du temps déboulant des Etats-Unis, ses stages instrumentaux et ses masters classes, ses stages de danses, son festival off, ses animations et sa radio sur internet.

Logo%202010.pngCette année Craponne, véritable « music city » paumée en Auvergne accueille du beau monde avec entre autre Robert Earl Keen, Ray Wylie Hubbard, Daryle Singletary, Radney Foster ou Mitch Webb tous venant des Etats-Unis. On peut réserver dans les lieux habituels ou sur tickenet.fr. Pour de plus amples renseignements contacter www.festivaldecraponne.com, le forfait 3 jours étant à 58 euros et chacune des journées à 35 ou 32 euros.

Hautes-Pyrénées, le 20 juillet 2010.

08/05/2010

Mainstream

994191439.jpgComme certains d’entre-vous, c’est avec plaisir et satisfaction que j’avais dévoré, « De la Culture en Amérique » le précédent et assez novateur ouvrage de Frédéric Martel. Aujourd’hui, le même auteur nous propose « Mainstream » un livre sous-titré « Enquête sur cette culture qui plaît à tout le monde ». Cet ouvrage bien moins rigoureux que son prédécesseur demeure pourtant une lecture non seulement utile mais agréable. Au gré des voyages et des rencontres de Martel aux quatre coins du monde, l’auteur s’essaye à dessiner le panorama des industries créatives. Au cœur du bouquin de Martel figurent bien entendu en bonne place l’Amérique. En allant visiter Valenti, Geffen, Eisner, en parcourant Hollywood mais aussi Bollywood et Naccache, en s’intéressant au Prince Al Waleed, à Al Jazzera tout comme à l’aventure de Berry Gordy, la puissance américaine demeure pourtant au cœur de cette enquête mais la force de Frédéric Martel dans son nouveau bouquin est de nous entraîner aussi vers ces contrées que l’on désigne comme émergentes et qui sont déjà de solides machines à rêve et à divertissement.

Chichiteur, comme parfois il affectionne de l’être, le quotidien Le Monde a été une des rares publications à mettre un bémol à son enthousiasme indiquant, à juste titre d’ailleurs, que l’approche européenne est un peu le parent pauvre du bouquin de Martel. Cela étant, ne cachons pas notre joie, cette chevauchée dans les industries du divertissement concoctée par Frédéric Martel est épatante même si, de temps à autre, on a envie de laisser l’auteur interviewer tel ou tel de ses interlocuteurs sans nous. « Mainstream » est donc une lecture nécessaire et qui donnera la salutaire envie à ceux qui découvriront pour l’occasion l’auteur de se ruer sur son précédent ouvrage. Soyez-en certain.

« Mainstream » de Frédéric Martel, Flammarion, 22,50 euros

« De la Culture en Amérique » de Frédéric Martel, Gallimard, 32 euros.

Egalement disponible en Folio-Gallimard

Lyon, le 8 mai 2010.

07/08/2009

M comme « Mann (Klaus) »

M 1.jpgAlors que plutôt pathétique, ce pauvre Stefan Zweig s’était exclamé après l’arrivée massive des députés nazis au Reichstag à la fin de l’été 1930 qu’il s’agissait de l’expression « d’une révolte de la jeunesse (...) contre la lenteur et l’indécision de la haute politique », Klaus Mann avait répliqué sans concession à l’écrivain autrichien qu’il ne voulait pas « comprendre ces gens-là ». Ceux qui au nom de la jeunesse « avait fait le choix de la régression ». Sans compromis à l’égard du nazisme naissant, Klaus Mann le fût dès les années trente et la publication cette année par Phébus de quelques-uns des textes du romancier allemand ne peut qu’impressionner. Ce recueil intitulé « Contre la barbarie » qui de 1925 à 1948 retrace d’une certaine façon le combat de Klaus Mann et son long exil vers les Etats-Unis, via en particulier la Hollande, sera pour bien des lecteurs un choc tant la clairvoyance et la détermination de l’auteur est sans faille. Sans compromis, intransigeant, Mann l’était contre « Le baratineur à moustache » mais aussi à l’égard de ceux qui « plièrent l’échine ». Lire ces textes et articles, pour moi qui n’a jamais lu l’autobiographie de Klaus Mann, est une révélation.

51j0IubjtML._SL500_AA240_.jpgPetit bourgeois déviant, selon les critères de l’époque, Mann avait pourtant tout pour être le fils insouciant de son père, le grand écrivain Thomas Mann. Ce teufeur profitant des charmes de la République de Weimar avait tout pour rejoindre la grande cohorte des planqués qui tournèrent casaque aux premiers bruits de botes pour rejoindre l’ordre nouveau. Rien de tout cela pour le jeune Klaus. Le romancier précoce qu’il était, et ce « Contre la barbarie » en est la démonstration, entamera un long et solitaire parcours d’exil contre le nazisme, un combat humaniste que Phébus restitue dans cette sélection de textes dont la lecture est utile à tous et pas seulement aux plus jeunes d’entre-nous.

  • Klaus Mann, « Contre la barbarie (1925-1948) », traduction Laure Miermont et Corinna Gepner, Phébus, 23 euros

Amsterdam, le 7 août 2009.

21/01/2009

Décalé

obama.1201801546.jpgAvec cette chronique je vais sans doute commettre un crime de lèse-majesté, ou plutôt un crime de lèse-président-mondial. En effet je ne parlerai pas en ce jour historique de l’investiture de Barak Obama. Certes je ne minimise pas la portée de cet événement historique mais je ne tomberai pas dans l’Obamania universelle qui nous invite à attendre je ne sais quel miracle de cette élection. Bien sûr je mesure la portée de ce résultat sur son point le plus emblématique : l’arrivée du premier président noir aux USA. Moi qui suis de la génération qui a vibrée aux discours de Martin Luther King ; qui garde vivante l’émotion face au podium olympique aux trois hommes au poings noirs gantés dressés vers le ciel ; je mesure le chemin parcouru. Pour le reste j’attends pour voir et je me désole un peu de l’attitude des français qui comptent sur Obama pour améliorer leur sort car sur ce point notre avenir nous appartient et il est entre nos mains au travers de nos choix et de nos actions. C’est à nous de dire « oui nous pouvons ! » et surtout ce que nous voulons. Car, et c’est bien normal Barak lui s’intéressera à ce qui conviendra d’abord à l’Amérique. Alors je m’arrêterais aujourd’hui aux petites manœuvres de notre Sénat national qui nous fait, à juste titre, une crise d’urticaire après le traitement que lui a réservé Sarkozy au sujet de la loi sur la publicité à la télé. Allégrement court-circuité par un président de la République que rien n’arrête, la Haute assemblée lui a rappelé qu’il fallait compter avec elle en votant le texte à une faible majorité et en modifiant un point (l’augmentation de la redevance) cher au locataire de l’Elysée. Une manip qui n’a pu aboutir que grâce au président du groupe centriste ;Michel Mercier. Une attitude bien inattendue de la part de celui qui attend avec impatience un poste au gouvernement. Il s’agît de savoir comment interpréter sa position. Va-t-il mettre en valeur le fait qu’il a réussi à mobiliser les neufs membres de son groupe qui ont assuré la majorité nécessaire ? ou bien qu’il a montré au grand jour que le groupe centriste tient les clés du Sénat et donc qu’il est suffisamment puissant pour être incontournable? Dans les deux cas le président du Conseil Général du Rhône a mis en évidence le poids qui est le sien ce qui selon lui vaut bien un maroquin.

Philippe Dibilio

Lyon, le 21 janvier 2009

16/01/2009

Progressiste

Barack Obama.jpgHistorique. La semaine prochaine est historique puisque Barack Obama deviendra officiellement, très certainement dans une très grande joie populaire, Président des Etats-Unis d’Amérique. Chacun mesure la portée du symbole, la valeur d’exemple et l’immense espoir suscité par cette installation attendue depuis des semaines par le monde entier. Chacun mesure aussi l’ampleur de la tâche et du défi alors que le contexte demeure à très haut risque.

Affronter les inégalités, lutter contre les effets terribles d’une crise loin d’avoir produit la totalité de ses effets pervers, réformer le système de santé et de protection sociale sans oublier l’école, l’Irak, l’environnement sont autant de dossiers qui attendent le Président Obama dans le bureau ovale.

En faisant appel massivement aux anciens cadres de l’administration Clinton le nouveau Président veut manifestement rassurer en indiquant qu’il entend reprendre les choses là ou elles se situaient à l’arrivée de Bush Junior. Cela étant, comme l’écrit Paul Krugman dans son formidable « l’Amérique que nous voulons » (Flammarion), ce qui caractérise la Présidence Clinton c’est aussi la hantise de trancher et voire même une quasi absence de ligne sur fond de bonne gestion. L’échec des réformes inspirées par Hillary sur le terrain de la santé étant peut-être le signe le plus fort des limites de l’orientation Clinton. Au terme de son ouvrage Krugman s’interroge avec intelligence et même malice sur ce qui fonderait les deux options les plus vivantes, mais entremêlées, parmi les démocrates autrement dit la lutte sourde entre « Libéraux » (au sens américain) et les « progressistes ». De quel bois Obama est-il donc fait ? « Un programme progressiste » écrivait donc le prix Nobel avant que n’éclate la crise et l’avènement présidentiel de Obama, « Un programme progressiste exigerait donc des changements majeurs de politique, mais ne serait absolument pas révolutionnaire. Il aurait pour objectif d’achever le travail du New Deal, notamment par une extension du système de sécurité sociale afin de couvrir des risques évitables qui sont devenus beaucoup plus importants dans les dernières décennies. Et économiquement, ce programme serait tout à fait réalisable. Il reviendrait seulement à donner aux citoyens américains, face au risque financier et à l’infortune personnelle, le niveau de protection qu’ont déjà les citoyens des autres pays avancés ».

Nous espérons tous que Obama aura la volonté et les moyens d’imprimer cette nécessaire nouvelle politique progressiste dont l’Amérique et le monde ont tant besoin. Tels sont nos vœux, tel est notre espoir. Ne cachons pas notre joie. Mardi prochain Barack Obama sera président. Avouez qu’il y a de pires façons d’entamer une année nouvelle.

Lyon, le 16 janvier 2009

 
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